WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Activités agricoles et perceptions des populations de Nassian face aux changements et variabilités climatiques.


par Kadjo RaphaàƒÂ«l KOBENAN
Université Félix HOUPHOUET BOIGNY Abidjan - Cocody - Master de Géographie physique et Environnement (Climatologie) 2018
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

3.2.3. Principales activités

Dans la localité de Nassian, l'agriculture et l'élevage consacrent l'essentiel des activités des populations.

63

3.2.3.1. Agriculture

L'agriculture représente la principale activité avec une importance qui varie d'un secteur à un autre (Figure 11).

Figure 11: Etendue spatiale des activités agricoles à Nassian (adapté de l'OIPR, 2013)

L'agriculture constitue la principale source de revenu des populations et occupe plus de 90% de la population active. Elle est dominée par les exploitations familiales de type traditionnel. C'est une agriculture itinérante utilisant les outils archaïques et les feux pour le défrichement des parcelles. Cette agriculture est dominée par les cultures vivrières. Ainsi, trois zones (Faible, moyenne et forte) se partagent la localité selon l'intensité des activités agricoles. En effet, toutes les parties de la sous-préfecture sont considérées comme étant de fortes zones agricoles à l'exception des espaces qualifiés de moyennes et faibles zones agricoles qui se rencontrent au sud et au centre de la localité. Deux types de cultures, à savoir les cultures vivrières et les cultures industrielles sont observées à Nassian. D'année en année une augmentation des superficies s'observe dans l'intensification de ces cultures comme on le verra plus bas.

64

Les cultures vivrières

Les cultures vivrières sont pratiquement identiques à celles pratiquées partout sur le territoire ivoirien. Elle porte sur les céréales (maïs, riz, haricot) et les tubercules (manioc, igname etc.). Ces différentes cultures sont associées à d'autres telles que les oléagineux (arachide) et les potagers (piment, gombo, tomate). Les cultures vivrières sont généralement pratiquées dans les grandes exploitations familiales et selon les règles coutumières. Aujourd'hui avec l'augmentation du nombre d'actifs agricoles, on assiste à l'éclatement de ces grands ensembles en de petites exploitations individuelles, grandes consommatrices de terre. La production vivrière était pour la plupart autoconsommée. Mais aujourd'hui, les paysans mettent en culture de vastes espaces afin de pouvoir assurer la consommation familiale et vendre l'excédent sur le marché local. La figure suivante réalisée à partir des données du tableau 1 en annexe 3 présente l'évolution de quelques cultures vivrières dans le temps de certains producteurs encadrés par les services déconcentrés car les chiffres inscrits dans le tableau ne sont pas exhaustifs et sont en dessous de la réalité.

Superficie (en ha)

3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0

2011 2013 2014 2015 2016 2017

Années

Igname MaÏs

Figure 12: Evolution des superficies emblavées pour le maïs et l'igname de 2011- 2017 (adapté de la

DDA Nassian)

Parmi les produits qui sont consommés par les producteurs, l'igname occupe la première place à la lecture de la figure 12 car supportant mieux que les autres cultures les irrégularités inter annuelles des pluies dans la localité. C'est par excellence un tubercule alimentaire de la localité de Nassian. Cette situation s'explique par le faite que l'igname est l'aliment de base des populations autochtones de cette localité. Chaque année, de nouvelles terres sont défrichées pour la culture de l'igname. Les superficies emblavées pour l'igname sont passées de 2456 hectares en 2011 à 3080 en 2017 soit un accroissement de 25,40% en six ans. Au cours de la même période, la production passe de 15912 tonnes à 47040 tonnes soit un accroissement de 195,62%.

65

Pour le manioc, les superficies consacrées à sa culture ont baissé de 2011 à 2017. Elle passe de 3204 hectares à 2136 hectares (Tableau 1 en annexe 3). Cette baisse s'explique par le fait que, le manioc est surtout cultivé en association avec l'igname. Le maïs et le riz sont souvent cultivés également en association. On observe aussi une décroissance continue des surfaces emblavées de maïs et les rendements ne répondent pas aux normes requises pour les céréales. Ainsi, la production du maïs a connu une décroissance assez spectaculaire entre 2011 et 2017 passant respectivement de 2249 tonnes à 250 tonnes (DDA, 2018). Cette faiblesse de la production du maïs s'explique par une réponse de plus en plus défavorable des différents sols à cette culture. Elle s'explique également par le faite que le maïs n'est pas un aliment de base des populations de cette localité.

Quant à la culture de riz, sa production est en forte régression par manque de bas-fonds aménagés et par son abandon progressive. Cette régression s'explique aussi par le manque de nouvelles variétés de semence moins sensible aux aléas climatiques. Les projets d'aménagements rizicoles des bas-fonds de Nassian (10 ha) et Parhadi (8 ha) pourraient favoriser la production en riz.

Les cultures industrielles

L'agriculture industrielle porte prioritairement sur l'anacarde, la cola et le palmier à huile. Ces cultures sont intégrées dans une économie internationale de marché. Les paysans apprécient les cultures de rente dans la mesure où elles apportent l'argent nécessaire pour leur besoin. Le palmier à huile (très risquée sur le plan agro-climatique) est moins cultivé. L'anacardier (Anacardium occidentale), de la famille des anacardiacées est la culture industrielle la plus importante au regard des tonnages et des superficies emblavées chaque année. C'est une plante qui demande peu de soins, s'adapte à tous les climats et fructifie au bout de 2 à 3 ans.

Elle supporte les fortes chaleurs mais est sensible aux basses températures. Cette culture, grande consommatrice d'espace a enregistré de grands progrès depuis la dernière décennie où elle domine entièrement le paysage agricole réduisant, de ce fait, la disponibilité en terre cultivable au détriment des cultures vivrières. L'évolution des superficies consacrées à l'anacarde rend entièrement compte de l'importance qu'a cette culture dans la zone rurale. En effet, l'anacarde connaît aujourd'hui, un engouement extraordinaire auprès des populations au point de s'accaparer les meilleures terres et les grandes superficies, entrainant un profond bouleversement dans les pratiques agricoles locales. Dans l'ensemble l'extension des surfaces consacrées aux cultures commerciales est notable.

66

Cependant, l'anacarde étant la principale culture commerciale, il importe de noter que, sa superficie ne cesse de grimper au point de ne plus en resté des espaces cultivables d'ici quelques années.

Pour la campagne 2016-2017, les nouvelles superficies consacrées à la culture d'anacarde est de 7020 hectares pour une production estimée à 5887 tonnes (Tableau 2 en annexe 3). Pendant la même campagne, la superficie emblavée pour l'igname fait environ la moitié de celle de l'anacarde et est estimée à 3080 hectares. Au niveau de la production, la culture d'igname a enregistré 47040 tonnes et fait ainsi huit (8) fois la production d'anacarde. Cette comparaison était nécessaire pour montrer que l'anacarde est une nouvelle culture en pleine expansion dans cette localité.

Commercialisation des produits agricoles

La commercialisation des produits agricoles constitue la principale source de revenu du paysan à Nassian. Le transport et les stratégies commerciales sont deux facteurs importants dans le système commercial qui lie les régions excédentaires aux régions déficitaires. Ainsi le réseau routier constitue l'élément primordial de l'accès aux différents marchés.

Situé à 95 km de Bondoukou la sous-préfecture de Nassian est d'accès difficile parce qu'elle est enclavée. Toutes les voies ne sont pas bitumées et sont en très mauvaise état de praticabilité surtout pendant les saisons pluvieuses. De ce fait, certains villages importants du fait de leur potentiel productif, sont isolés du reste du marché dès les premières pluies. Ce réseau mal entretenu relie les différents marchés de toute la sous-préfecture. En effet, l'économie de la sous-préfecture se matérialise par un réseau à deux niveaux d'organisation. Au premier niveau, se trouvent de nombreux petits marchés d'impact villageois qui sont largement informels ; où les échanges sont animés presque exclusivement par les produits agricoles transformés pour l'alimentation.

Aussi, les paysans font des ventes à bord champ ou à domicile qui souffre de l'instabilité des prix. Au deuxième niveau, viennent les coopératives (COPABO, SCOOPS. CANAS, ...) pour l'achat de certaines cultures de rente comme l'anacarde. Mis à part pour l'anacarde, le degré régional d'intégration aux filières agro-industrielles reste donc encore faible. Les produits les plus commercialisés sur les marchés locaux sont surtout les vivriers. Ces produits maraîchers peuvent être récoltés en contre-saison, ce qui les rend dans certains cas plus intéressants que l'anacarde qui fournit des revenus par hectare très inférieurs et parfois même des revenus par journée de travail plus bas.

67

Le tableau suivant présente certains produits vivriers commercialisés par quelques groupements informels avec leurs superficies en 2016.

Tableau 10: Commercialisation de quelques vivriers à Nassian en 2016 (adapté de PROVINA)

Production

Superficie (en ha)

Rendement
(en t)

Vente
(en t)

Prix en saison
(F CFA/kg)

Valeur (F CFA)

Oignon

7

17, 449

12, 450

400

4 980 000

Manioc

11

16

10, 50

75

787 500

Maïs

37,25

60, 195

33, 952

150

5 092 800

Arachide

2

5, 040

3

200

600 000

La commercialisation de ces produits agricoles sur les marchés permet de comprendre leur importance dans économie des populations locales. En effet, suivant les informations du tableau ci-dessus, la valorisation des vivriers pourraient améliorer les conditions de vie des populations face à la fluctuation des coûts et au problème d'achat que rencontre l'anacarde.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Enrichissons-nous de nos différences mutuelles "   Paul Valery