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Mondialisation et travail des enfants

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par Edward de Wismes, Inès El Haimar et Caroline de Turckheim
Université Panthéon-Sorbonne - 3ème année Eco-Gestion 2007
  

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c) Les déterminants du travail des enfants.

La mise au travail des enfants ne repose sur aucun facteur isolé mais sur une multitude de phénomènes tels que la pauvreté de leur famille, un accès trop limité à l'école, les carences des politiques sociales et publiques et enfin certains comportements culturels.

Une des raisons essentielles est la pauvreté. En effet les liens entre pauvreté et travail des enfants ont été clairement établis. Le travail des enfants fait parti des stratégies de survie : plus une famille est pauvre, plus chacun de ses membres doit contribuer à gagner ce qu'il coûte, en argent ou en production alimentaire. Cette question essentielle se pose avec plus d'acuité quand il y a de nombreux enfants à nourrir, ce qui est le cas de beaucoup de familles rurales dans les pays en développement. L'ampleur du travail des enfants dans le monde ne peut s'expliquer que par celle de la pauvreté : plus de 1,2 milliards de personnes dans le monde survivent avec moins de l'équivalent de d'un dollar US par jour selon le PNUD. Un chiffre plus révélateur est que 3 milliards de personnes, c'est-à-dire un être humain sur deux vit avec moins de 2 dollars US par jour, et l'immense majorité des pauvres de la planète vivent dans les pays en développement. De plus la pauvreté n'est pas un phénomène en régression : le BIT constate que dans la décennie 90, elle a augmenté de 25% en Afrique, et elle a triplé en Europe de l'Est. En Amérique Latine, 11 millions de personnes sont venues grossir les rangs des plus démunis sur la même période, ce qui n'inclut pas les conséquences de la profonde crise économique et sociale. La crise financière en Asie en 1998 a eu les mêmes effets. Enfin certaines circonstances peuvent venir aggraver une situation déjà précaire : l'épidémie de SIDA a fait en Afrique des millions d'orphelins, qui sont souvent livrés à eux-mêmes pour survivre. Etre pauvre, c'est lutter sans cesse pour disposer du minimum vital, chercher chaque jour de quoi nourrir sa famille et, sur le long terme, être privé de tout pouvoir de décision sur sa vie : la pauvreté revient à vivre dans l'insécurité permanente et tenter d'éviter le pire. Ce dénuement complété à l'analphabétisme, fréquent dans le tiers monde amène des familles à accepter n'import quelle proposition. Cependant cette explication ne doit pas conduire à faire le procès des parents. Les familles démunies ignorent de quoi demain sera fait, et prennent toute activité qui se présente comme un léger soulagement pour leur survie.

Un des facteurs essentiels de la pauvreté et de mise au travail des enfants est l'absence de revenu des parents, soit parce qu'ils sont sans emploi, soit parce que leur revenu ne suffit pas à nourrir leur famille. En Egypte par exemple, il a été estimé qu'une hausse de seulement 10% des salaires des femmes ferait reculer de 15% le travail des enfants de douze a quatorze ans, et de 2è% celui des enfants de six à onze ans. Les pays concernés par le travail des enfants connaissent en effet un taux très élevé d'adultes sans emploi ou en situation de sous emploi. Le BIT recense qu'un tiers de la population active mondiale se trouve ainsi privé de moyens décent de vivre. Cette population adulte en quête d'argent pour subvenir à leur besoin est en partie absorbée par le secteur informel, secteur qui progresse beaucoup plus rapidement que l'emploi formel dans les pays en développement, et se maintient de façon marginale dans les pays industrialisés. Mais sa capacité d'absorption n'est pas illimitée, et il n'assure pas de ressources stables : les familles qui en vivent sollicitent donc souvent les enfants pour compléter leur revenu. Par ailleurs dans un marché du travail où la demande d'emploi excède l'offre, les employeurs sont à même de poser leur conditions, et de choisir la main d'oeuvre la plus facile à exploiter. C'est pourquoi on voit des enfants travailler, alors que leurs parents sont au chômage : ils forment malgré eux une main d'oeuvre concurrente de leurs parents. Trouver un revenu stable et suffisant aux parents est donc primordial si l'on veut que leurs enfants ne soient pas amenés à travailler.

Dans le monde entier, les enfants qui travaillent ont un point commun. Leur famille est toujours située au bas de l'échelle sociale : paysans sans terre, urbains sans travail, basses castes en Inde, minorité ethniques ou religieuses. Ces catégories pauvres ne détiennent aucun capital productif, ou celui-ci est insuffisant pour garantir leur autonomie sociale. Leur seul capital est leur force de travail, loué à l'extérieur ou utilisé pour leur subsistance. Cette vulnérabilité sociale est responsable de multiples situations d'exploitation. On peut prendre l'exemple du Brésil qui est loin d'être le pays le plus pauvre mais qui reste un des plus inégalitaires. En effet les 10% des Brésiliens les plus riches se partagent 63% du revenu national et les 50% des plus pauvres se partagent 11% du revenu. La situation du Brésil est assez démonstrative du fléau de la pauvreté et du travail des enfants. Le pays compte 1è millions de pauvres, et 4 à 5 millions de paysans sans terre, alors que les ¾ des terres sont entre les mains de quelques milliers de propriétaires de grands domaines agricoles que l'on appelle les fazendas. Les fazendeiros emploient, et quelquefois soumettent au travail forcé pour dettes, des familles entières qui n'ont pas d'autres possibilité pour vivre. Ces grand propriétaires sont influents : ils s'opposent à toute réforme agraire qui attribuerait des terres aux pauvres afin de maintenir cette main d'oeuvre. La structure fortement inégalitaire des pays en développement explique donc également l'exploitation des enfants pauvres.

L'échec de la scolarisation et le travail des enfants sont deux phénomènes étroitement liés, et qui, s'alimentent mutuellement : un enfant ne va pas à l'école parce qu'il travaille, et un enfant travaille parce qu'il n'a pas pu accéder à l'école. L'UNICEF estime que 120 millions d'enfants dans le monde ne sont pas scolarisés. Pourtant des progrès indéniables ont été réalisés ces dernières décennies : le monde en développement assure un taux d'inscription en primaire de 80% en moyenne. Mais avec de fortes disparités : seuls 59% des enfants d'Afrique subsaharienne sont ainsi scolarisés.

L'échec de la scolarisation universelle est largement dû au manque de moyens pour financer l'éducation. Beaucoup de pays d'Afrique ont fait de l'école une priorité dans les années qui ont suivi la décolonisation, mais cette politique est restée insuffisante pour répondre à la demande, et la forte croissance démographique augmente rapidement les effectifs d'âge scolaire : en Afrique par exemple, les moins de 15 ans représentent plus de 40% de la population. On peut nommer deux facteurs qui pèsent sur les budgets des gouvernements des pays en développement, les empêchant de développer l'éducation : leur dette extérieure et l'austérité budgétaire. En effet la dette des PED a globalement quadruplé entre 1980 et 2000. Dans de nombreux pays d'Afrique, elle est deux à trois fois plus élevée que le PNB, et son remboursement occupe une grande place dans leur budget. En plus on sait que ces pays ont peu de revenu et que ceux-ci proviennent surtout de l'exploitation de matières premières. Enfin l'aide publique au développement financé par les pays riches a considérablement baissé en trente ans, les pays industrialisés n'y consacrent plus en moyenne que 0,25% de leur PNB. Dans cette aide la part d'aide à l'éducation a toujours été très faible et en dépit de leurs engagements publics, l'aide sociale des pays riches aux pays pauvres n'a jamais été aussi basse.

Ensuite un autre déterminant du travail des enfants concerne la rigueur budgétaire imposée. En effet la pression financière sur les PED s'est alourdie depuis que le FMIU leur ont imposé des plans d'assainissement financier, qui passent par une forte réduction des dépenses publiques. Cela entraîne des baisses consécutives de la consommation et ces baisses répétées de niveau de vie tendent à épuiser la solidarité familiale, qui est l'amortisseur traditionnel des chocs économiques, et les plus pauvres doivent multiplier les stratégies de survie : si rien n'inverse la montée de la pauvreté, le travail des enfants ne peut donc que s'amplifier. De plus les pays sous ajustement structurel ont enfin été contraints de réduire encore les budgets d'éducation, déjà insuffisant. Les classes y comportent souvent une centaine d'élèves, et le matériel scolaire est complètement insuffisant.

Enfin le dernier déterminant du travail des enfants concerne les priorités des familles pauvres. En effet même lorsque l'inscription dans le primaire atteint des niveaux honorables, de nombreux enfants abandonnent l'école : dans le monde, un enfant scolarisé sur trois seulement achève le cycle primaire. La pauvreté est le principal motif de cette déperdition scolaire. Quand les besoins essentiels ne sont pas couverts alors les coûts scolaires pour une famille ne deviennent pas prioritaires, et c'est le travail de l'enfant qui l'emporte. L'éloignement de l'école est aussi dissuasif : dans les pays pauvres, le système scolaire atteint rarement les zones rurales reculées ou les bidonvilles des périphéries. Enfin, une fois l'enfant installé dans une activité, il lui est très difficile d'étudier. La moitié des enfants actifs dans le monde parviendrait à suivre quelques heures de classe, mais un travail qui prend plus de 20 heures par semaine handicape l'assiduité et les résultats scolaires.

Après avoir défini le travail des enfants, traité de sa répartition géographique et étudié ses multiples déterminants fondamentaux, on peut désormais se demander quel est l'impact de la mondialisation sur le travail des enfants?

Ainsi, on va montrer que la mondialisation qui se définit comme étant la libéralisation du commerce international, la pénétration des investissements directs à l'étranger , la mondialisation des marchés monétaires et la confirmation du rôle que jouent les institutions financières internationales dans les politiques financières, monétaires et commerciales des États, peut aussi bien avoir des effets négatifs que positifs sur le travails des enfants dans les pays en développement.

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"Il faudrait pour le bonheur des états que les philosophes fussent roi ou que les rois fussent philosophes"   Platon