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Mondialisation et travail des enfants

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par Edward de Wismes, Inès El Haimar et Caroline de Turckheim
Université Panthéon-Sorbonne - 3ème année Eco-Gestion 2007
  

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II/ Les effets négatifs de la mondialisation sur le travail des enfants :

a) Pourquoi la mondialisation contribue t-elle à augmenter le nombre d'enfants au travail ?

Tout d'abord, on peut souligner les effets négatifs que peut avoir la mondialisation sur l'emploi dans les pays en développement et en transition, lesquels se trouvent contraints de s'ajuster à la nouvelle conjoncture mondiale caractérisée par une forte concurrence, aussi bien régionale qu'internationale. Et cela dans un contexte où un grand nombre de ces pays souffrent des difficultés que leur posent les déficits financiers internes et externes, ou l'accroissement démographique renforce le chômage et ou l'essor de la pauvreté est persistante. A cela, se joint l'alourdissement du coût social auxquels sont souvent associés la libéralisation économique et le passage à l'économie de marché.

Comme nous avons pu le voir précédemment, le point commun de tous les enfants actifs est d'être absent des secteurs nécessitant un niveau technologique élevé, mais d'être présent dans les secteurs à forte intensité de main d'oeuvre comme les grandes plantations commerciales, les industries manufacturières ou encore les services où l'on trouve une qualification peu élevée. La production de ces secteurs est fondée sur l'intensité de la main d'oeuvre. La masse salariale constitue donc une variable importante pour ajuster les coûts, ce qui explique la recherche d'une main d'oeuvre peu chère, comme les enfants.

Or la mondialisation, se caractérise notamment par une parfaite mobilité des capitaux et par une croissance accrue entre les firmes et les nations. Ainsi la globalisation de l'économie pousse les grandes entreprises à se délocaliser pour trouver la main-d'oeuvre la moins chère et la plus flexible pour pouvoir remporter les marchés. Les enfants sont alors une cible privilégiée. En effet la logique de contraction des coûts, devenue l'un des moteurs de l'économie mondiale, se traduit par une délocalisation massive des productions vers le Tiers-Monde. Dans les années 70 les grandes marques américaines de confection et de chaussures telles que Nike, Reebock ou Adidas montrent que les multinationales sous-traitent des entreprises qui emploient des enfants. Elles ont ainsi déplacé leurs productions vers l'Asie, où la main d'oeuvre est quatre fois moins chère que dans les pays industrialisés. La recherche du salaire le plus bas est donc constante. Les maquiladoras d'Amérique Latine sont ainsi appelées « entreprises hirondelles » en raison de leur habitude de fermer pour rouvrir dans des régions plus avantageuses. Ce type de productions décentralisées repose sur une multitude de petits sous-traitants qui doivent offrir la main d'oeuvre la moins coûteuse possible. Cette dispersion rend alors l'emploi des enfants assez facile à dissimuler.

Selon un rapport du Bureau International du Travail en 1996, aux États-Unis, l'essor du temps partiel et la recherche d'une main d'oeuvre plus flexible contribuent à transférer une partie des emplois des adultes vers des adolescents. Mais cette analyse est également valable pour le monde entier. Les enfants sont considérés comme des petits travailleurs « jetables » et sans défense. Il s'agit donc du salarié le plus flexible et le moins cher qui soit. Par conséquent il entre malgré lui en concurrence avec des salariés jugés moins rentables. En 1997, l'Unicef estime que « la ruée mondiale vers la compétitivité aspire les enfants dans le monde du travail au nom de la liberté du marché à n'importe quel prix ».

Par ailleurs les accords internationaux de commerce ont aussi des conséquences sur l'activité des enfants. Aussi, quand un pays en développement est contraint de s'ouvrir aux importations agricoles, son agriculture locale subit cette concurrence. On assiste alors à une montée de la pauvreté rurale qui encourage le travail des enfants. On retrouve notamment ce type de situation au Mexique : En 1994, les États-Unis, le Canada et le Mexique signent un traité de libre-échange qui marque l'entrée en vigueur de l'Alena. Cette ouverture va engendrer un afflux de produits agroalimentaires américains comme le maïs ou le poulet vers le Mexique. Cette concurrence va alors être fatale aux fermiers qui vont, avec leur famille, grossir les rangs des pauvres sans emploi dit « working poors » (Cette expression, signifie groupe d'individus qui malgré leur emploi, n'arrivent pas à acquérir un revenu suffisant afin les préserver de la pauvreté.), et favoriser par la même le travail des enfants. On peut également citer l'exemple du Zimbabwe ou on assiste à une véritable hausse du travail des enfants. En effet, pour faire face aux insuffisances de main d'oeuvre, les fermiers font davantage appel au travail des enfants dans les plantations de coton, de tabac, ou de thé . Ainsi, sur 200 000 ouvriers agricoles, les enfants de moins de 16 ans représentent 10 % de la main d`oeuvre . Ces pays se spécialisent dans les produits qui leur permettent d'avoir un avantage comparatif. Or, pour les pays pauvres en voie de développement l'agriculture est souvent leur secteur principal , autrement dit celui dont la part dans le PIB du pays est la plus élevée. Ainsi, ils veulent intensifier leurs capacités productives à moindres coûts notamment en embauchant plus de main d'oeuvre à faibles coûts, d'ou une hausse du travail des enfants.

On peut ainsi légitimement se demander, si l'organisation mondiale du travail due à la mondialisation rend inévitable le recourt aux enfants et si leur travail contribue à l'industrialisation de certains pays émergents.

La réponse ne peut être que nuancée dans la mesure ou seule une minorité des enfants actifs est salarié et les industries émergentes du Tiers Monde ne reposent pas entièrement sur l'emploi d'enfants. Néanmoins, les enfants représentent une main d'oeuvre à très faibles coûts ce qui est un atout majeur pour ces pays dans le commerce mondial.

De plus, il semble également que des réseaux en pleine propagation de commerce d'enfants dans l'agriculture de plantations sont créés dans diverses parties du continent africain. Ce commerce du travail des enfants est à la source du trafic transfrontalier de jeunes personnes ; ce trafic a été accentué ces dernières années par l'augmentation persistante du commerce informel dans le travail domestique ce qui implique le recrutement d'enfants d'un pays pour travailler en tant que domestiques dans d'autres pays dans des conditions dignes de « l'esclavage moderne ». Les difficiles conditions économiques qui dominent dans le continent africain, affiliées au développement des limites de pauvreté et de la marginalisation, les conséquences fondamentales des conflits violents, le problème croissant des personnes déplacées et des réfugiés , l' essor du tourisme, et la portée dévastatrice de l'épidémie du VIH/sida ont concouru à l'aggravation de la vulnérabilité des enfants face à l'exploitation par le travail. On assiste à l'émergence d'enfants qui subviennent aux besoins financiers de leur famille. En effet, les effets négatifs de la mondialisation se font directement sentir sur la vie des familles et par voie de conséquence sur celle des enfants. Marginalisation de la famille et marginalisation des enfants sont donc étroitement liés. L'accélération du mouvement d'urbanisation qui n'est pas accompagnée d'une croissance économique équivalente, la conjoncture économique mondiale défavorable, l'explosion démographique et les politiques de scolarisation inadaptées constituent les causes majeures du phénomène.

Comme nous avons pu le voir dans le chapitre précédent, tout ce qui diminue le retour à l'éducation peut être supposé comme quelque chose qui favorise la fréquence du travail des enfants dans le monde. Ainsi, la libéralisation du commerce dans un pays en développement, qui est donc abondant en travail peu qualifié, augmente le taux de profit du travail peu qualifié, et par la même diminue la motivation à investir dans les compétences professionnelles ou l'éducation. En effet, de la pauvreté découle la difficulté, pour les défavorisés à investir dans le capital humain de leurs enfants, difficulté surtout financière.

Par conséquent le profit du travail des enfants augmente, engendrant alors un effet de substitution envers l'augmentation du travail fourni par les enfants. De façon plus spécifique, les enfants peuvent remplacer les adultes sur le marché du travail. Ainsi, on peut également mettre en avant le fait que la mondialisation occasionnera une hausse des salaires des travailleurs peu qualifiés par rapport aux travailleurs qualifiés, incitant donc l'essor du travail des enfants dans le cas d'un pays avec une main-d'oeuvre qui est en grande partie analphabète.

On estime aujourd'hui qu'environ 5% des enfants qui travaillent sont employés dans le secteur de l'export industriel. Cependant les enfants n'ont pas besoin de travailler dans le secteur de l'exportation pour que la libéralisation du commerce augmente la demande pour le travail des enfants. Les sceptiques envers la mondialisation considèrent que le libre-échange conduit les pays à « une course vers le bas ». Par conséquent, augmenter l'ouverture du commerce pourrait faire augmenter le nombre d'enfants au travail dans le monde entier.

Les sciences politiques et la sociologie ont donc démontré à travers de nombreuses études, que l'accumulation de stocks d'investissement directs à l'étranger (mesure du pouvoir structurel des multinationales sur les gouvernements) entraîne des externalités négatives accompagnées de résultats préjudiciables tels que la hausse du travail des enfants dans le monde.

De fait, de nombreuses entreprises multinationales jouissent du travail des enfants, directement ou indirectement . La mondialisation ne fait que détériorer la situation. Le comportement de ces multinationales repose sur la coopération d'une majorité de pays afin de permettre la libre circulation des capitaux et des biens grâce à des lois énoncées par la Banque mondiale et le Fond monétaire international, dés lors il ne suffit que de garantir le contrôle d'une main-d'oeuvre « docile, corvéable et transférable d'un lieu à un autre».
Le travail des enfants permet à ces entreprises de minimiser au maximum leurs coûts ce qui leur permet de réaliser des profits très élevés. Il semble évident de préciser qu'aucune entreprise faisant appel au travail des enfants afin de fabriquer leur produits à bas prix, ne reconnaîtra participer à cette exploitation. En réalité, les fabricants font souvent appel à « des marchands de main-d'oeuvre» qui sont des agences ou des sous-traitants qui emploient des travailleurs à bas salaires notamment les enfants.


On peut ainsi donner quelques exemples telles que le Malawi avec la culture du tabac pour Philip Morris ou Altadis, l' Équateur avec la production de fruits pour Chiquita ou Del Monte, la Côte-d'Ivoire avec la culture du cacao pour Cargill,.

On sait qu'une grande partie des enfants travaille pour moins de 2 $ par jour. On peut illustrer ce propos avec le cas du Pakistan, ou chaque ballon cousu rapporte à l'enfant l'équivalent de 0,20 à 0,50 euros, il est revendu par les fabricants 4,5 euros aux donneurs d'ordres et il est commercialisé en magasin entre 22 et 38 euros. On voit combien il est facile de comprimer la masse salariale par l'emploi d'enfants.

Dans de multiples contrées du monde, le travail des enfants est également lié au trafic de personnes. C'est le cas en Afrique de l'Ouest ou le trafic d'enfants, achetés et vendus, est toujours une réalité qui permet à nombre d'entreprises de réduire leurs coûts de main-d'oeuvre. Selon une déclaration de l'UNICEF en 2002 il y aurait 700 000 enfants par an victimes du trafic de personne et, en général, dans des conditions d'esclavage à cause «de la demande de main-d'oeuvre bon marché et celle, croissante, de filles et de garçons pour le commerce sexuel».

En outre, selon José Antonio Ocampo pendant les années 1990 la libéralisation, qui devait être une alternative efficace aux stratégies de développement basées sur le protectionnisme et sur un seuil d'intervention publique soutenu , a dévoilé ses limites. La naissance de la crise asiatique, les taux de croissance de l`Amérique du sud insatisfaisants (puisque elle fut le sein de diverses réformes libérales), le désastre argentin ou encore les résultats économiques décevants des pays les moins développés ont effectivement dévoilé qu'un développement fondé sur la libéralisation pouvait aussi conduire à des échecs.

Ainsi, il semble intéressant de constater l'impact des crises sur le travail des enfants.

La crise qui a frappée l'Asie en 1998 a provoqué le licenciement et l'appauvrissement de millions de personnes ce qui a entraîné une hausse de l'abandon scolaire très variable selon les pays mais assortie d'une entrée d'enfants dans le secteur informel. Leur travail est venu amortir les chutes de revenus de familles.

Le même phénomène a été observé en Argentine en 2002 après l'effondrement économique et social. La doctrine de L'École de Chicago adoptée en Argentine après le coup d'état favorisait l' enrichissement des classes aisées détenant des capitaux à l'étranger et a contribué à l'apparition de multiples multinationales étrangères telles que Ford, Suez, Carrefour... Leur politique engendre une forte hausse du chômage chez les classes défavorisées (5 % en 1974, 20 % en 1992) et la dévaluation de la monnaie nationale, l'austral. Pour contribuer à la stabilité de l'économie, le gouvernement met en place en 1991 la création d'une nouvelle monnaie, le peso. Elle vaut alors autant que le dollar américain. Entre 1992 et 1998 les classes moyennes s'enrichissent, puis en 1998 elles doivent faire face à l'éclatement de la bulle spéculative..

Entre 1998 et 2002, la situation économique en Argentine se dégradait progressivement. Les effets négatifs de la crise furent, tout d'abord, la récession de 1998/ 99 et la chute du système financier de 2001/02. Ainsi entre 1998 et 2002, le Produit intérieur brut (PIB) de l'Argentine a chuté de 21%. Entraînant au pire moment de la crise, un taux de pauvreté dépassant 57% et un taux de chômage atteignant 23%.

Donc la mondialisation de l'économie peut entraîner l'aggravation sérieuse des perspectives économiques et la détérioration de la cohésion sociale des tranches les plus pauvres des communautés rurales dans les pays en voie de développement , ce qui entraîne la mise sur le marché du travail de nombreux enfants.

Dès lors la misère, la nécessité de gagner de l'argent et la forte vulnérabilité des enfants conduisent malheureusement à leur exploitation sexuelle.

La prostitution enfantine est un phénomène difficilement quantifiable puisqu'il est par définition contenu dans le secteur informel; on ne connaît ni le nombre exact d'enfants exploités ni le chiffre d'affaire des proxénètes.

Toutefois, il ne fait aucun doute que cette exploitation génère des millions de dollars au niveau mondial. Elle fait vivre plus ou moins directement des dizaines de métiers: proxénètes, tenanciers de bars, taxis, concierges d'hôtels... En Thaïlande, une étude en fait la première activité illégale du pays devant la drogue ou le trafic d'armes. Le « commerce du sexe » pourrait peser jusqu'à 14% du PIB thaïlandais.

La mondialisation a donc permis l'essor du tourisme notamment le tourisme dit « sexuel » comme dans de nombreux pays asiatiques. La forte demande a entraîné une hausse de la rentabilité pour les proxénètes et par la même une hausse de l'exploitation sexuelle des enfants.

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"Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit."   La Rochefoucault