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Microfinance en République Démocratique du Congo: Cas du site maraîcher de N'djili/CECOMAF à Kinshasa

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par Patience MPANZU BALOMBA
Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux (FUSAGx) et Université Catholique de Louvain (UCL) - Diplôme d'Etudes Spécialisées en Economie et Sociologie Rurales 2005
  

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3.1.5 Pauvreté

Le concept de microfinance est toujours associé à celui de la pauvreté, d`où la nécessité d`apporter un éclairage sur la compréhension que nous nous faisons de cette notion dans le cadre

de ce travail.

La pauvreté est une notion toute relative et assez complexe. Alors que dans l`Union Européenne, on définit comme pauvre, toute personne dont le revenu est inférieur à la moitié du revenu moyen de l`ensemble de la population du pays considéré (Hausser et Pilgram, 1999), beaucoup d`organisations internationales de développement se base sur la notion de pauvreté absolue, laquelle définit le pauvre comme étant toute personne dont le revenu journalier ne dépasse pas un dollar américain.

Se basant sur les déclarations des pauvres, la banque Mondiale (2000) propose la définition synthétique suivante : « la pauvreté est un profond dénuement, un manque aigu de bien-être. Etre pauvre, c`est avoir faim, ne pas avoir un toit, ne pas avoir des vêtements décents, être malade et ne pas pouvoir se faire soigner ; c`est être illettré et sans instruction. Les personnes démunies sont particulièrement exposées à des événements extérieurs qui échappent à leur contrôle : maltraitées par les institutions et la société, n`ont les moyens de se faire entendre,

ni d`exercer une influence quelconque »

En nous basant sur un des quatre niveaux de pauvreté définis par l`OCDE, nous pouvons résumer en considérant comme pauvre une personne privée de certains cinq capitaux suivant : Le capital naturel (l`eau, la terre, les ressources environnementales), le capital social (les liens de solidarités entre membres d`un groupe social, l`accès aux institutions, ...), le capital humain (les connaissances, l`aptitude au travail, la santé,...), le capital physique (le patrimoine, l`accès aux infrastructures de base, les moyens de productions,...) et le capital financier (l`épargne, l`accès

au crédit, assurances).

C`est de ces pauvres que la microfinance tente de s`occuper dans le but les faire sortir de

la situation précaire dans laquelle ils se trouvent.

3.1.6 Définition de la microfinance

Selon Marc Labie (1999), on appelle microfinance, l`octroi de services financiers (généralement du crédit et/ou de l`épargne), à des personnes développant une activité économique productive, le plus souvent de l`artisanat ou du commerce, et n`ayant pas accès aux institutions financières commerciales en raison de leur profil socio-économique (il s`agit des pauvres, sans revenus fixes, qui n`offrent aucune des garanties en vigueur dans les institutions bancaires commerciales).

L`aspect le plus connu de la microfinance est le microcrédit. Il consiste le plus souvent à octroyer des prêts à cours terme, soit pour permettre la constitution du fonds de roulement, soit pour réaliser de petits investissements (par exemple une machine à coudre pour un artisan, achat

des semences pour les maraîchers, etc.). Les prêts sont ainsi octroyés à des individus ou à des groupes appelés « groupes solidaires » en raison de l`obligation faite à leurs membres de se couvrir les uns les autres (si un membre du groupe ne remplit pas ses obligation en matière de remboursement, les autres doivent les assumer). Les taux d`intérêts appliqués sur ces prêts sont

au moins égaux, voire supérieurs, à ceux du système bancaire traditionnel. Quant aux garanties, elles peuvent être réelles ou morales mais elles reposent avant tout sur des mécanismes de pression sociale (groupe solidaire ou chef du village) et sur la motivation de se préserver un accès à des services financiers (notamment à des crédits dont les montants peuvent aller croissant). Ici, il faut noter que les mécanismes de pression sociale souvent utilisés comme garantie semblent de plus en plus critiqués car tendant à restreindre les libertés individuelles. En effet, très généralement dès qu`un membre d`un groupe est en retard, les autres membres se rabattent sur sa famille pour le remboursement.

Reste à mentionner une caractéristique méthodologique essentielle : le concept de proximité. En effet, quelles que soient les mesures envisagées, un point commun à l`ensemble

des programmes et institutions de microfinance est constitué par la proximité avec les clients micro-entreprenneurs, proximité à la fois géographique, mais aussi sociale. Cette caractéristique directement inspirée de la finance informelle est une condition indispensable pour établir une relation fiable entre le micro-entreprenneur et le prêteur. Elle est, dans une large mesure, à l`origine des succès rencontrés par les organisations actives en microfinance.

Dans ce travail il est plus question, bien entendu, du microcrédit qui est la forme la plus pratiquée de la microfinance à travers le monde, notamment en RDC et à Kinshasa en particulier.

Tendances bancaires et développementalistes

Si l`objectif des IMF est bien de donner accès à des services financiers aux personnes exclues du système financier classique, on observe toutefois deux grandes tendances oe bancaire

et développementaliste oe opposées en terme de logique d`intervention (Tollenaere, 2002) :

· Pour la tendance dite « bancaire », le crédit est une opération financière sérieuse. Il doit

se rembourser et le risque doit être couvert par des garanties (matérielles et juridiques).

Le taux d`intérêt doit couvrir les coûts de gestion et les risques, voire permettre de dégager des profits. L`accent est mis sur le taux de remboursement, un différentiel d`intérêt suffisant pour atteindre l`équilibre financier de l`institution et le professionnalisme des agents. Cette tendance a comme inconvénient l`exclusion de tous

ceux qui ne peuvent fournir des garanties matérielles, or dans la plupart des cas il s`agit des plus pauvres.

· Pour la tendance « développementaliste », le crédit est un instrument pour atteindre d`autres objectifs. L`essentiel est de distribuer des crédits à un maximum de bénéficiaires. Le crédit a alors des effets positifs sur l`adoption de certaines innovations technologiques, sur la production et sur la diversification des produits et services. Dans ces conditions, le taux de remboursement n`est pas un problème prioritaire et les taux d`intérêts (souvent subsidiés) doivent être les plus bas possibles.

Figure 2. Structuration de l`espace des systèmes financiers

· Tontines

· Gardes-monnaies

· Caisses de solidarité

Forte implication

des bénéficiaires

· Banquiers ambulants

· Usuriers

· Clubs d`investisseurs

Normes de développement

Fédération

d`organisations paysannes

ONG spécialisées

· COOPEC

· Caisses villageoises

· Organismes de crédit solidaire

· Institutions de microfinance urbaines

Normes bancaires

· Fonds de développement

· Projets agricoles

· Projets artisanaux

· Projets petites entreprises

Faible implication des bénéficiaires

· Banques commerciales

· Banques de développement

· Banques ou Caisses de crédit agricole

Source : Microfinance oe Orientations méthodologiques, CE, 2000

Les conceptions développementalistes n`apportent que des solutions temporaires très dépendantes des financements extérieurs. En outre, elles peuvent avoir des graves effets pervers

en introduisant une culture de non remboursement. Elles rendent difficile l`émergence de systèmes financiers viables à long terme, alors même que le financement des activités économiques des populations cibles est un besoin constant pour les emprunteurs. De plus en plus, donc, les IMF se rangent dans la sphère de la tendance bancaire, par souci et devoir de pérennisation des institutions et des services financiers. Ce qui en outre produit des externalités positives en terme notamment de formation des populations à la gestion de l`argent, au remboursement, à la création de l`épargne, ...

Toutefois la tendance bancaire ne doit pas faire oublier les raisons du recours à ce mode financement. Car ici le grand risque serait d`ignorer certaines couches de la population, déjà exclues des banques traditionnelles et pour qui la microfinance a été mise en place.

Eléments méthodologiques de la microfinance.

En microfinance, la méthodologie de crédit repose plus sur le profil de l`emprunteur

(l`évaluation des crédits est centrée sur la volonté et la capacité des clients à rembourser), que

sur les actifs pouvant être saisis en cas de non-remboursement. Même si certaines institutions de microfinance prennent des garanties matérielles en dépôt, ces dernières constituent rarement le fondement de leurs décisions d`octroi de crédit.

Les méthodologies de crédit peuvent être classées en deux grands groupes (Nsabimana,

2004) : les modèles de crédits individuels et les modèles de crédit de groupe.

Les modèles de crédits individuels recourent, lorsque c`est possible, à des garanties matérielles, comme le nantissement des actifs, terrains et constructions, etc. Cependant, la légalité et la pratique de ce type de mesures de garanties sont souvent remises en cause. Dans la pratique, la plus part des institutions de microfinance adoptent des techniques de sélection fondées sur une évaluation sur base du profil individuel.

Les modèles de crédit de groupe recourent à des groupes solidaires, constitués généralement de quatre à six membres, qui sont voisins, ou qui exercent des métiers dans le même quartier ou dans le même secteur d`activité. Le système de sélection mutuelle qui est à l`origine de la constitution de tels groupes renforce la confiance de l`institution envers le groupe.

Dans la méthodologie de crédit aux groupes, et plus particulièrement dans le cas de groupes de grande taille, les agents de crédit ont tendance à mener une analyse minimale des caractéristiques individuelles du client ou de son activité. Cette analyse est plutôt implicitement déléguée aux autres membres du groupe, qui ont une connaissance les uns des autres plus complète que celle des agents de crédit.

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius