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Contribution à l'histoire économique du Soudan Français, le commerce colonial de 1870 à 1960

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par Djibril Issa Niaré
Université de Bamako Faculté des Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines (FLASH) - Maitr??se 2003
  

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Elles sont des grandes compagnies issues de la métropole (France). C'est des compagnies qui font l'importation en gros et l'exportation en gros. Leur implantation en Afrique commence à partir de la fin du XIXe siècle et le but du XX ème siècle. Une distinction s'impose: les sociétés commerciales négrières et les compagnies qui font le commerce colonial. L'implantation des compagnies négrières commence à partir de la deuxième moitie du XV ème siècle. L'implantation des maisons de commerce a débuté au Sénégal qui constitua la porte d'entrée du Soudan Occidental. Avant, pendant et après la conquête coloniale, elles s `installèrent à l'intérieur du nouveau territoire. Elles s'occupaient du commerce des produits africains constituant les matières premières pour l'industrie européenne  et également du ravitaillement de l'Afrique en produits européens. Elles ont développé en Afrique la culture de certains produits, ainsi que le ramassage et la cueillette d'autres.

Elles étaient liées entre elles par un système financier afin de résister aux crises. Cette interpénétration se traduisait par la création d'une grande société. Selon Jean Suret-Canale, les grandes maisons de commerce sont la transformation des maisons familiales et des associés qui se regroupent en sociétés anonymes (S.A.). Bien que la société anonyme réponde à un statut juridique, mais leur origine fut cette interpénétration financière. Ainsi en 1907 les Etablissements Ryff et Roth deviennent Société Commerciale de l'Ouest Africain (S.C.O.A.) ; les maisons bordelaises et la C.F.A.O. organisées en holding contrôlaient la manutention africaine les salines du Sine-Saloum, les Eaux et Electricité de l'Ouest-Africain. Ces maisons de commerce étaient soutenues par un consortium d'institutions financières. Au sein duquel, on retrouvait la Banque Commerciale Africaine (B.C.A.), le Crédit Foncier de l'Ouest-Africain, la Banque Française d'Afrique et la Banque de l'Afrique Occidentale (B.A.O.). La B.C.A. et la Banque Française de l'Afrique elles-mêmes ne résisteront pas à la crise économique de 1929. Aucune maison ne se limite à une seule activité, ce qui fut probablement la cause de la survie de plusieurs jusqu'à nos jours.

Les maisons les plus importantes sont les bordelaises (Peyrissac, Maurel et Prom) et celles marseillaises (C.F.A.O et la C.I.C.A.). La plus part de ces maisons étaient représentées hors des frontières coloniales de l'A.O.F.. La France dans le cadre de sa politique protectionniste décourageait l'installation des maisons étrangères, de même que le changement de nationalité des siennes. Elle concevait le changement de nationalité de ses compagnies comme la fin de leur existence. Il faut reconnaître que certaines des maisons d'ici étaient tentées de s'implanter dans d'autres territoires beaucoup plus libre-échangistes. Alors toute société faisant un tel acte recevait les mêmes restrictions que celles étrangères. Par contre l'installation des maisons françaises était très encouragée, pour ce faire la France avait entamé une politique de création et de développement des infrastructures de transport.

Ces maisons de commerce furent appelées aussi `'Sociétés Coloniales''. Elles avaient des ramifications allant de la succursale à la factorerie qui aussi ravitaillent des points de vente et les colporteurs

b- Les petites maisons de commerce :

Les petites maisons de commerce sont tenues par des Européens ou des Syro-libanais ayant un capital moins important que ceux des grandes maisons. Elles sont indépendantes. Certaines des petites maisons se ravitaillaient chez les grandes qui peuvent importer une grande quantité de marchandises. Le plus souvent elles sont tenues par une famille ou des familles. Elles ont les mêmes statuts que les grands négociants. Elles se confondaient avec ceux-ci par leurs statuts juridiques et par les traitements fiscaux. Il arrivait aussi qu'elles effectuent le système d'interpénétration financière. Elles étaient également éligibles au crédit des institutions financières de la colonie. Si l'on se réfère aux propos de Jean Suret-Canale, on peut affirmer que les petites maisons sont les grandes maisons a l'étape embryonnaire. Une crise affectant les prix entraînait souvent la fermeture de certaines d'entre elles. Il y en a parmi elles qui ont eu une survie jusqu'à nos jours. Cela s'explique par la capacité dont disposent leurs familles depuis l'Europe. Certains Syro-libanais réussirent à faire une telle évolution. La survie des quelques petites maisons de commerce réside dans le soutien qu `apportent les grandes maisons et celui des institutions financières de la commune. Comme les grandes maisons les petites maisons aussi disposent des ramifications pour certaines d'entre elles. Le nombre de ces ramifications était plus réduit par rapport à celles dont disposent les grandes maisons de commerce :

c- Les ramifications des maisons de commerce :

Les ramifications sont la continuité de la compagnie. Elles sont affiliées au comptoir, principal représentation de la compagnie. Elles tirent une relation de subordination entre elles. Cela s'explique par l'importance des uns par rapport aux autres. Pour notre étude nous avons retenu essentiellement quatre types de ramifications classées par ordre d'importance à savoir : la succursale, la factorerie, le point de vente et le colporteur.

? La succursale :

La succursale est une représentation secondaire de la maison de commerce. Elle reçoit toute la variété d'articles que peut disposer la maison. Elle suit juste le comptoir, première représentation de la maison de commerce. Et c'est de ce dernier qu'elle reçoit ses marchandises. Elles sont surtout importantes dans les centres démographiquement importants. L'on pouvait retrouver plusieurs succursales dans une même ville, ou observer leur concentration dans les villes proches. Elle achetait les produits de l'indigène destiné à l `exportation. Ses gérants doivent leur richesse aux activités de crédit qu'ils pratiquaient avec les indigènes. Ceux-ci pouvaient vendre les marchandises à crédit que les indigènes payaient avec intérêt. Souvent les indigènes vendaient leurs produits aux gérants à bas prix pour compenser les intérêts qu'ils leurs doivent.

? La factorerie :

Une factorerie est moins importante qu'une succursale. C'est un établissement résidant dans une enceinte pouvant accueillir une quantité de marchandises correspondant à la demande des consommateurs moyens sans rupture de stock. Elle reçoit ses marchandises de la succursale. Cela n'était pas toujours le cas, certaines factoreries recevaient leurs produits directement du comptoir principal lui-même, principale représentation de la maison. Sa capacité d'affaire et sa quantité de marchandise étaient plus réduites que celles de la succursale. Elles sont avec les succursales des demi-grossistes. Les factoreries comme les succursales faisaient cette activité de crédit avec les indigènes surtout pendant les périodes de traite.

? Les points de vente :

Un point de vente est le local d'un détaillant installé dans un coin d'une ville ou de campagne pour traiter la demande des clients de petites capacités de consommation. Nous pouvons affirmer qu'ils étaient surtout présents dans les campagnes et les centres accueillant les foires hebdomadaires. Pour le cas de ceux qui étaient logés dans une enceinte, il faut noter qu'ils n'avaient pas besoin d'assez de confort. Ils se trouvent dans des centres importants comme dans les campagnes. Ils constituent une des dernières ramifications des maisons du commerce colonial.

? Les colporteurs :

Le colporteur est un vendeur ambulant qui fait son activité de village en village ou de ville en ville en fonction des jours de foire, ou au sein d'une même ville. Le colporteur constitue un des maillons importants du commerce colonial. Il connaît mieux que quiconque les gouts de l'indigène, car étant lui-même indigène.

2- Les agents du commerce colonial

Les agents sont ceux qui servent dans les structures de commerce. Ils sont les principaux animateurs des maisons de commerce. On les classe en trois grands groupes à savoir : Les Européens, les Syro-Libanais ou Libano-Syriens ou encore les Lévantins et les indigènes.

a - Les Européens

Ce sont les représentants des maisons de commerce dans les comptoirs ou des commerçants installés à leur propre compte. Ils sont généralement des Français. Ils ne s'installaient pas dans la région par hasard. Ils étaient des connaissances des gouverneurs, et bénéficiaient de leur faveur en compensation des pots-de-vin qu'ils leur versaient. Les gouverneurs les déclaraient aux chambres de commerce. L'administration soumettait ces grands commerçants à une surveillance secrète. Et une fiche permettait de traiter leur honorabilité, la marche de leurs affaires, leurs rapports avec l'administration et leurs rapports avec les maisons de commerce pour lesquelles ils travaillent. Tous les commerçants étaient fichés. Ils résidaient dans les villes puisqu'ils travaillent dans les comptoirs qui ne sont implantés que dans les villes. Pour réduire le risque de corruption et de faillite les maisons de commerce préféraient envoyer dans les comptoirs des éléments soit issus de la famille des actionnaires du groupe ou issus du cercle restreint de ceux-ci. Il arrivait souvent que ces Européens rentraient au pays devant la morosité des affaires ou devant une crise d'autres natures. La Guerre de 1914-1918 et la crise économique de 1929 ont vu beaucoup d'Européens rentrer en laissant derrière eux des maisons de commerce fermées ou ruinées.

b- Les Syro-Libanais ou Libano-Syriens ou Levantins :

Ils sont issus de la migration des habitants des territoires sous-tutelle française de l'Orient, d'ou leur nom de Levantins. Ils venaient effectivement du Levant c'est à dire l'est. Ils sont surtout des Libanais chrétiens. Il faut noter qu'ils étaient installés en A.O.F. bien avant la Première Guerre Mondiale, plus précisément à la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Le départ de certains Européens pendant et après la même guerre entraîna leur profusion dans le Soudan Français. Le deuxième évènement qui favorisa leur arrivée fut le fait que la Syrie et le Liban furent placés sous-mandat français après la défaite ottomane à la fin de cette guerre.

La Syrie et le Liban étaient des annexions ottomanes avant cette date, et la S.D.N. pour imposer des réparations de guerre à l'Empire Ottoman va placer ses territoires sous-tutelle de ses membres : la France et l'Angleterre.

Les Syro-Libanais sont des demi-grossistes, soit dans les succursales et des factoreries des maisons de commerce, soit le plus souvent installés à leur propre compte. C'est des intermédiaires très actifs qui réussirent à créer des maisons de commerce tout en assurant la survie de ces maisons de commerce même après les indépendances africaines. Ils vont livrer une concurrence très rude aux Européens en accumulant une grande fortune et provoquer la faillite de certains d'entre eux. Ils acceptaient les difficultés et les aléas du commerce4(*). Ils disposent de plusieurs boutiques. Ils affectent surtout le commerce des particuliers français. L'administration, dans ses politiques de protection des intérêts français, frappait les Syro-Libanais de surtaxe. Ainsi en 1910 ils étaient obligés de payer 30 Francs supplémentaires en plus des impôts et taxes normaux. Et le Lieutenant-gouverneur du Soudan Français, Terrasson de Fougères dans une correspondance à Carde gouverneur de l'A.O.F attestent ces mesures5(*).

  • c- Les Indigènes :

On les désigne sous le nom de ''Dyula''. Ce groupe est constitué de Wolofs et de Soudanais (Soudan Français). Ils sont les piliers du commerce colonial. Ils opèrent dans les lieux difficiles d'accès. C'était de grands courtiers Eux aussi vont concurrencer les Levantins. Parmi eux on distingue deux groupes : ceux qui étaient installés à leur compte et ceux travaillant pour les maisons de commerce. Parmi les indigènes on retrouve certains qui ont réussi à créer leurs propres sociétés qui par la suite sont devenues très importantes à la veille de l'indépendance et après l'indépendance du Soudan Français. La Société Dossolo et Frères est un exemple illustrant ce cas, elle était dans la pharmacie, le commerce du divers ainsi que la boulangerie.

* 4 Mme Rokiatou N'Diaye Keïta, ''Kayes et le Haut-Sénégal '' Tome1 Page 103 ; « Il faut noter qu'ils acceptent les conditions de vie les plus dures, passant souvent la nuit dans leurs boutiques, couchés à même le sol sur une natte, souvent ils conservent un train de vie modeste même lorsque les affaires deviennent prospères »

* 5 IQ 115 Fonds Récents Archives Nationales du Mali à Koulouba

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