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Pour l'amélioration des performances des entreprises publiques camerounaises: le rôle du conseil d'administration

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par André Marie MBILI ONANA
Université de Yaoundé II SOA - DEA ès Sciences de Gestion, option Finance 2004
  

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I-1-2 Les conséquences sur l'économie

L'incertitude, mieux l'instabilité du politique a inévitablement déteint sur l'économique. Hormis les entreprises rentrant dans le domaine public français et britannique, qui devaient, quelque temps après changer de nationalité (Electricité du Cameroun, Power Cameroon, Imprimerie Nationale, Régie des Chemins de Fer, Cameroon Development Corporation ...), très peu d'entreprises furent créées entre 1960 et 1969. Le tableau ci-dessous retrace un peu le rythme de création des entreprises publiques sur cette période.

Tableau II-1 Entreprises publiques créées entre 1960 et 1969 par secteur

Entreprise

Secteur d'activité

Année de création

Société Sucrière du

 
 

Cameroun (SOSUCAM)

Primaire

1964

Contreplaquées du

 
 

Cameroun

Primaire

1966

Société camarounaise des
palmeraies (SOCAPALM)

Primaire

1968

Crevettes du Cameroun

primaire

1968

Equatoriale électrique

Secondaire

1964

Société Nationale des Eaux du Cameroun (SNEC)

Secondaire

1967

Parc national de génie civil

Secondaire

1967

Banque camerounaise de
développement (BCD)

Tertiaire

1962

Société Nationale
d'Investissement (SNI)

tertiaire

1963

Source: L'auteur à partir des informations contenues dans Tedga P.J-M., (1990).

Au total, l'Etat n'avait pu créer qu'une dizaine d'entreprises publiques en dix ans d'indépendance. La situation était autrement pour les pays comme la Côte-d'Ivoire et le Sénégal ; les autorités n'y ont eu pour seul souci que le développement économique et social de leurs jeunes nations certainement favorisé par ce calme qui prévalait sur le plan politique.

Avant d'entamer le volet des actes qui ont vraiment contribué à créer le secteur public camerounais, il est une société qui mérite qu'on s'y attarde un peu, parce que constituant le symbole de l'Etat camerounais investisseur.

I-1-3 La Société Nationale d'Investissement (SNI)25

La SNI constitue un véritable holding26 pour l'Etat camerounais. En effet, quand on parle de l'Etat investisseur, c'est surtout au regard de la place prépondérante que la SNI occupe dans l'économie de notre pays. Ce rôle va être mis en valeur successivement en déclinant l'identité de cet outil et dans une autre mesure en présentant dans le détail les moyens dont elle dispose pour atteindre ses objectifs.

I-1-3-1 Les objectifs de la SNI

Mobilisation, fixation et orientation de l'épargne nationale en vue de favoriser, par des moyens appropriés, les opérations d'investissements d'intérêt économique et social, dans les domaines industriel, agricole et commercial, sont les maître-mots de l'objectif assigné à la SNI dès sa création en 1963. La volonté de l'Etat de faciliter l'émergence d'un secteur industriel national, non pas dans l'optique de la création d'un capitalisme étatique, mais pour suppléer temporairement à une insuffisance des investissements privés nationaux est la clé de voûte de l'existence de la SNI.

Ses actions concrètes au sein de l'économie camerounaise se dévoilent ainsi qu'il suit :

25 Cette partie a été réalisée grâce aux informations fournies en grande partie par la SNI elle-même.

26 Une société holding est par définition, une société dépourvue d'activité industrielle ou commerciale propre, détenant des participations dans d'autres sociétés en nombre important, pour pouvoir se réserver le droit d'exercer un contrôle politique sur elle.

- Elle participe à l'éclosion de la grande industrie, mais aussi et surtout de la petite. Depuis l 'échec de la stratégie des industries industrialisantes27, la SNI a recentré ses activités dans la création des PMI/PME. Néanmoins, certains secteurs lourds ne peuvent se passer des concours de l'Etat. Il revient de ce fait à la SNI d'investir et de gérer les intérêts de la nation quand une telle opportunité se présente.

- Elle intervient également aux cotés de l'Etat et assiste les entreprises. Elle participe, avec l'Etat, à l'élaboration de la politique industrielle mais elle est en même temps l'opérateur chargé de sa mise en place effective.

Si ces missions sont louables sur le plan du développement économique du Cameroun, il reste cependant que l'on peut s'interroger sur les moyens dont dispose la SNI pour parvenir à concrétiser ses ambitions.

I-1-3-2 Les moyens de la SNI sur le plan économique et financier

Sur le plan financier donc, le capital de la SNI est fort révélateur de son importance. En effet, le capital social de la SNI s'élève à 7 milliards de F CFA, un chiffre supérieur à celui de la défunte banque camerounaise de développement, institution de financement rivale.

Ses ressources sont composées de ses réserves mais aussi et surtout de bons d'équipement. Il s'agit d'une sorte d'emprunt forcé auquel toutes les institutions financières sont obligées de souscrire périodiquement pour financer des investissements dans l'industrie et l'agro-alimentaire. La SNI rembourse avec un taux d'intérêt fixé par le gouvernement.

La SNI peut aussi s'endetter auprès des organismes internationaux de financement ou auprès des banques regroupées dans le cadre du financement d'une opération commune. Elle autofinance aussi certains projets.

Eu égard ces énormes moyens financiers, la SNI a connu une sorte de piétinement de son activité. Pour s'en convaincre, observons que l'importance de son porte-feuille est allée décroissant sur la période 1983-1988. En effet, au 30 juin 1983 la SNI totalisait 77 sociétés dans son porte-feuille contre 59 seulement au 30 juin 1988. Cette situation

27 C'est l'idéologie qui veut que le développement économique passe par la constitution de grosses entreprises industrielles.

étant contradictoire à la conjoncture de l'heure, laquelle faisait état de finances intérieures et extérieures excédentaires grâce aux recettes pétrolières. Au fil des ans, la situation ne s'est guère améliorée, on passe ainsi de 59 entreprises constituant le portefeuille de la SNI au 30 juin 1988 à 39 entreprises au 30 juin 2001.

I-1-3-3 Les moyens de la SNI sur le plan politique

Sur le plan politique, l'influence de la SNI s'explique par le fait que la SNI remplacerait un ministère des entreprises publiques que l'Etat n'a pas voulu créer pour des raisons de souplesse et un légitime souci d'éviter la bureaucratie (Tedga, 1990). De par la liberté des mouvements qui est la sienne, la SNI ne s'apparente à aucune autre société d'Etat de la place. Par exemple, la SNI peut initier, financer - y associer des investisseurs privés (nationaux ou étrangers) - des projets qu'elle a identifiés et jugés financièrement viables. Le MINDIC peut aussi en faire autant, à condition cependant de négocier le volet financement avec le ministère des finances, les banques ou la SNI, ce qui est de nature à limiter sa marge de manoeuvre.

L'importance de la SNI, sur le plan politique, découle aussi des enjeux de la politique industrielle du pays. « Le gouvernement étant incapable de créer de nouveaux emplois, » il revient à la SNI de le relayer dans cette mission en multipliant les sociétés d'économie mixte. Cette situation favorise l'étroitesse des liens entre cette société et la présidence de la république et accroît par la même occasion son poids dans la politique de nation.

Tableau II-2 Liste des entreprises à participation SNI en 2001

Raison sociale

Capital social*

Pourcentage SNI

1- SCT

1750

66.67

2- CICAM

1500

30,00

3- CIMENCAM

5600

63,07

4- SOSUCAM

2500

7,83

5- SOCATRAL

750

25,02

6- SHNC

2414

57,55

 

7- SGHC

962,72

89,50

8- SOCAVER

1100

35,00

 

9-SATC

100

25,00

10- SCS

2074,895

20,16

11- SABC

11.083,630

15,82

12- SONEL

30.000

ND

13- CPE

40

63,00

14- SODEPA

375

33,33

15- CAMSHIP

3010

30,26

16- ECAM PLACAGES

950

35,00

17- SOHLI

1000

88,98

18- SAFACAM

1820

35,44

19- CAMELCAB

600

40,00

20- SONARA

17. 800

17,00

21- ALUBASSA

185,42

17,26

22- SEMC

859,680

37,50

23- SCDP

3500

11,00

24- ALUCAM

17.388

6,94

25- SIC CACAO

1147,5

15,03

26- SHE

400

23,80

27- SCDM

1474,8

86,89

28- CHC

10.000

14,87

29- CAC

4850

4,12

30- TANICAM

500

10,00

31- SCAN

900

49,00

32- MAISCAM

3250,006

15,00

33- MILKY WAY

1065

34,00

34- BLC

5

9,86

35- CELF

10

10,00

36- CACOCOM

600

25,00

37- HUA LONG

480

10,00

 

38- SINOCAM

108

24,98

Source: Construction de l'auteur à partir des états financiers de la SNI au 30 juin 2001. * lire en millions de F CFA.

I-2 Les actes constitutifs du secteur public camerounais

Outre la construction des entreprises publiques, la constitution du secteur public camerounais s'est faite au moyen de nombreux textes juridiques. En effet, il est admis avec Tedga (1990) que, à une certaine période les entreprises publiques se sont trouvées en difficulté du fait de l'incertitude juridique les caractérisant. Le gouvernement s'est donc attelé à préciser le cadre juridique de nos entreprises publiques. Nous voulons ici en retracer les principaux axes notamment en revenant sur les actes juridiques majeurs de la vie des entreprises publiques camerounaises. L'accent sera mis sur la loi n° 99/016 du 22 décembre 1999 portant statut général des établissements publics et des entreprises du secteur public et parapublic. Cependant, avant d'y arriver nous présenterons d'abord la loi du 11 juin 1968 ainsi que le décret de juin 1986 qui constituent les prémisses de l'action juridique en faveur des entreprises public au Cameroun.

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"Je voudrais vivre pour étudier, non pas étudier pour vivre"   Francis Bacon