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Le lien entre la théorie de l'esprit et le conflit sociocognitif

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par Sarah Begert
Université Paris 8 - M1 psychologie du développement 2007
  

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3.3.5. L'impact du conflit socio-cognitif

Le conflit socio-cognitif favorise le développement de nombreuses compétences, dans des domaines très variés. Il influe sur le développement et certaines fonctions cognitives mais également sur les compétences sociales.

Le conflit socio-cognitif facilite les apprentissages cognitifs. Les progrès réalisés sont généralisables à d'autres connaissances du même type. Par exemple, lorsqu'un enfant fait des progrès dans des problèmes concernant la conservation des longueurs, il généralisera cette acquisition. Ainsi, les problèmes concernant la conservation des quantités seront résolus avec davantage de facilité. Le conflit socio-cognitif permet donc à l'enfant d'accéder à un schème de niveau supérieur. En effet, il parvient à repérer dans une action ou une situation ce qui est généralisable et à le transposer dans une autre situation représentant des éléments communs avec la précédente.

D'autres progrès ont lieu dans le domaine cognitif, plus particulièrement au niveau des fonctions cognitives comme les « régulateurs d'action ». Ces progrès ont lieu grâce aux déstabilisations provoquées par les interventions du partenaire. Cette déstabilisation concerne la représentation du problème et des possibilités d'action. En effet, après une intervention « déstabilisante », le sujet change la représentation qu'il s'était faite du problème ou sa représentation de la manière d'exécuter la tâche. Ainsi, les progrès se rapportent à certaines fonctions cognitives fortement liées aux relations sociales comme les régulateurs de l'action. Ces derniers désignent les capacités d'organisation, de contrôle et de vérification impliqués dans la résolution de problème. Ainsi, le sujet développe ses capacités d'identification du problème (déduction d'un certain nombre de faits à partir de la situation de problème permettant sa résolution), de création de stratégie, planification (anticipation des actions ainsi que les résultats de celles-ci), de contrôle des opérations (attention aux résultats des actions, et mémorisation des erreurs pour éviter de les reproduire), ou encore la capacité de changement de représentation du problème en cas d'impasse ...

D'autre part, les compétences sociales seront facilitées par la participation du sujet à de telles situations d'interactions. Les catégories mentales se mettraient en place lors de la participation de l'enfant à des interactions sociales de nature très variées. Le développement cognitif se structurerait à partir de la structuration de l'environnement social (normes représentations, règles) qui organiserait les interactions sociales. Ces nouvelles compétences cognitives favoriseraient le développement des compétences sociales et permettraient à l'enfant de participer à des interactions sociales plus élaborées. C'est dans ce contexte que Doise affirme «A tout moment de son développement, des compétences spécifiques permettent à l'individu de participer à des interactions sociales relativement complexes qui peuvent donner lieu à de nouvelles compétences individuelles qui pourront s'enrichir de nouveau lors de participations à d'autres interactions sociales.» (pp.125-126, 1993)

De cette manière, une sorte de spirale développementale se réaliserait dans le conflit socio-cognitif. Les apprentissages cognitifs servent de prérequis à de futurs apprentissages. Ils servent de base à la régulation d'interactions sociales plus complexes, qui, elles-mêmes, permettront l'émergence de processus cognitifs plus évolués. C'est ce qu'exprime Doise (p. 37, 1997) en disant qu'en coordonnant ses propres actions avec celles d'autrui, il élabore des systèmes de coordination de ses actions et arrive à les reproduire tout seul par la suite. La causalité que nous attribuons à l'interaction sociale n'est pas unidirectionnelle; elle est circulaire et progresse en spirale : par l'interaction, l'individu maitrise certaines coordinations lui permettant alors de participer à des interactions sociales plus élaborées, qui, à leur tour, deviennent source de développement cognitif. Ainsi, à des niveaux précis du développement cognitif, certaines interactions sociales, agissant comme un de ces inducteurs de l'embryogenèse, entraînent le développement d'une nouvelle organisation cognitive. 

 

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"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille