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Essai d'évaluation de la politique laitière en perspective de l'adhésion de lAlgérie à l'Organisation Mondiale du Commerce et à la Zone de Libre Echange avec l'Union Européenne


par KHERZAT Bahidja
Institut National Agronomique -ELHARRACH- - magister en sciences agronomiques 2007
  

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PARTIE IV

TENTATIVE D'AJUSTEMENT DES POLITIQUES LAITIERES AUX REGLES DU COMMERCE INTERNATIONAL

I.- INTRODUCTION :

A la veille de l'entrée du pays dans le domaine du libre échange global, en adhérant à l'Organisation Mondiale du Commerce et en mettant en application les protocoles d'Accords avec l'Union Européenne dont l'entrée en vigueur date de septembre 2005, les questions fondamentales auxquelles les politiques laitières seront confrontées à l'avenir, dans ce contexte, sont fortement liées à la part d'influence de la politique de protection tarifaire qui n'existera plus.

La marge de manoeuvre de la politique laitière actuelle par rapport aux disciplines de l'OMC reste très limitée. Les formes d'intervention de l'Etat en matière de prix et de soutien à l'investissement au profit de la filière lait n'ont pas permis d'obtenir les résultats escomptés. Cet état de fait conduit nécessairement les pouvoirs publics à une réadaptation de la politique financière dans toute sa dimension d'appui au développement du pays. La participation à l'amélioration des ressources physiques par la capitalisation effective des moyens de production constitue une des voies classiques de reformulation du système et du dispositif d'appui économique et financier à la filière. Toutefois, d'autres voies seraient à prospecter.

Dans cette quatrième partie de notre étude, nous tenterons de cerner les possibilités éventuelles de changement de la politique d'intervention et d'évaluer les effets sur les principaux acteurs de la filière dans le cadre du nouveau contexte économique mondial accéléré par le processus d'intégration économique régionale.

Nous essayerons, sur la base d'un aperçu analytique de la production mondiale de lait et des mécanismes qui la régissent, d'une part, et d'autre part l'impact des règles du commerce international sur la production locale, de proposer des voies à prospecter en vue d'asseoir une politique laitière appropriée aux besoins du moment et dotée de dispositifs de régulation lui permettant de s'adapter au aléas du commerce international.

II.- LE LAIT A L' ECHELLE MONDIALE :

La production mondiale de lait est en accroissement constant ; elle a été de 557 millions de tonnes en 1998, et se situe en fin 2004 aux environs de 600 millions de tonnes (FAO Last Reviewed 24/05/2005). Elle est structurée de manière simple :

-Lait de Vaches : 85 %

-Lait de Bufflonnes: 11%

-Lait de Brebis : 2%

-Lait de Chèvres : 2%

Les pôles les plus importants de la production laitière, en fin 2004, sont les Etats-Unis, (premier pays producteur mondial de lait de vache avec 77,2 millions de tonnes) et l'Union Européenne (des 15) avec 130,4 millions de tonnes (regroupant les zones les plus intensives de production et de concentration du cheptel bovin laitier telles que la Hollande, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie où l'on rencontre souvent des moyennes journalières de lactation supérieures à 40 litres / vache).

Avec les nouvelles intégrations en cours des pays de l'Europe de l'Est (10 pays) dans la «  Zone Euro », la reprise après le fléchissement des années 90 de la production laitière dans cette région a favorisé la recherche de nouveaux modèles d'organisation et l'élaboration de stratégies en mesure de maintenir à moyen terme la prédominance de l'UE sur le marché international du lait. Toutefois de nouveaux pôles de développement de la production laitière à croissance rapide (supérieure à 5% /an) ont fait jour, notamment le Brésil (passant de 10 à 23,5 Mt entre 1990 et 2004) et l'Inde (de 40 à 88 Mt durant cette période en incluant le lait des bufflonnes).

Les volumes en équivalent lait faisant l'objet de transactions dans le commerce international ne représentent qu'une petite fraction de la production mondiale (environ 7% en 2004) mais constituent, par la diversité des zones d'importation, un facteur d'équilibre essentiel pour le maintien de l'activité socio-économique des pays exportateurs (USA, UE et notamment l'Océanie qui avec une production de 25 Mt contrôle le tiers du commerce international du lait). D'autres pays producteurs de lait, capables de modifier l'équilibre établi sur le marché international, tel le Canada, tentent de s'introduire à travers les cloisonnements réglementaires défendus par d'autres pays détenteurs de parts de marché tels les USA et la Nouvelle Zélande.

Les principales zones d'importation sont l'Afrique du Nord, le Proche et Moyen Orient (20%), l'Amérique latine (33%), l'Asie du Sud Est (33%) ; le reste concerne les pays de l'Afrique Sub-saharienne.

Les prix au titre des transactions commerciales du lait, ont augmenté au cours de ces dernières années. Cet état de fait est dû essentiellement à l'influence des augmentations successives des prix des hydrocarbures, du fléchissement du dollar US et de la réduction des subventions accordées par l'UE à l'exportation. Ce dernier aspect qui a une influence importante sur la stabilisation du marché à l'exportation, fait l'objet d'âpres négociations entre les Membres de l'UE pour arriver à une solution en conformité avec les règles de l'OMC. A titre indicatif, la réduction des restitutions à l'exportation les a portés de 640 $US la tonne en 2000 à 150 $US en 2005.

Le prix de la tonne métrique de poudre de lait est passé de 1500 $ US en 2000 à 2300 $ US en 2005 (Smati S.).

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