WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

les problèmes fonciers en zone de front pionnier agricole: cas de Dèrègouè dans la province de la Comoé

( Télécharger le fichier original )
par Sihé NEYA
Université de Ouagadougou - URF/SH - département de géographie - Maîtrise 2006
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

3.2. L'ACCES Á LA TERRE À DEREGOUE

L'accès à la terre, préalable pour la pratique des activités agricoles, se déroule selon des modalités diverses qui se distinguent de par la nature, le type de droits conférés, la contrepartie versée en échange d'une parcelle. Ces éléments qui permettent de distinguer les transactions foncières laissent apparaître de nos jours diverses formes d'accès à la terre qui découlent du système foncier traditionnel.

3.2.1. LE SYSTEME FONCIER TRADITIONNEL

La gestion des terres est assurée par les chefs de terre qui interviennent dans leurs domaines fonciers respectifs (Cf. carte n°3, page 50). Ils y installent et attribuent les terres selon des principes coutumiers dont l'application change selon que le demandeur d'une parcelle est autochtone ou migrant.

Selon les chefs de terre de la zone d'étude la « terre est un bien collectif. Nous ne la refusons pas à quiconque voudrait l'exploiter pour subvenir à ces besoins de subsistance. On ne la vend pas». La superficie des terres attribuées aux « étrangers » est fonction de la taille de leurs ménages respectifs. Certes la terre est un bien collectif à Dèrègouè comme dans toute société traditionnelle africaine, mais les règles qui régissent la mise en valeur des parcelles attribuées permettent de distinguer deux types de droits :

- le droit de « propriété » ou droit « éminent » dévolu aux propriétaires terriens ;

- le droit d'usufruit, c'est-à-dire « un droit réel de jouissance qui confère à son titulaire (usufruitier), le droit d'utiliser une chose, d'en percevoir les revenus, mais non d'en disposer » (Gérard Ciparisse, 2005) ; il est délégué aux individus n'appartenant pas aux groupes des propriétaires terriens.

L'installation des étrangers et le défrichement de l'espace à des fins agricoles par ceux-ci sont précédés de rituel accompli avec :

- des poulets lorsque l'usager ne doit pas habiter dans son champ ;

- des poulets plus une chèvre lorsque l'usager doit construire une concession dans son champ.

Le versement de cette contrepartie appelé « landa » doit précéder le défrichement et l'exploitation de l'espace attribué. Á la fin de la saison agricole, chaque exploitant offre une part non-définie de sa récolte pour les cérémonies, dont le but est d'adresser des remerciements aux ancêtres pour la saison écoulée et les implorer pour de bonnes récoltes à l'avenir. Par ailleurs, les migrants sont tenus de respecter des interdits et les obligations relatifs à la mise en valeur des terres par les populations dites « étrangère ».

Á priori, lorsque la terre est attribuée à un exploitant allochtone qui n'est pas membre du lignage d'un chef de terre celui-ci est dans l'obligation de cultiver du « siman », qui correspond aux cultures vivrières destinées à la consommation (sorgho, millet, maïs). En conséquence, il ne bénéficie pas du droit de planter des arbres pérennes. En plus, pour éviter que son droit ne lui soit retiré par les propriétaires terriens, il doit par conséquent respecter les interdits suivants :

- ne pas travailler dans le champ les lundis et vendredi ;

- ne pas jouir des certains arbres présents dans le champ : Karité, Néré, Tamarinier ; - interdiction de creuser des puits et des forages ;

- S'abstenir de faire des rapports sexuels dans le champ, etc.

Selon les chefs de terre le « non-respect des interdits entraîne le retrait de la parcelle, voir l'expulsion de celui qui en est l'auteur ».

Ces principes coutumiers régissant la gestion foncière dans la zone ne sont pas stables, ils évoluent. En effet, les travaux de terrain ont révélé l'évolution de plusieurs éléments qui caractérisent l'accès à la terre dans la zone d'étude : les contreparties versées lors de l'attribution des terres, les interdits relatifs à l'exploitation des parcelles, etc. Ainsi, plusieurs modes d'accès à la terre se distinguent dans la zone d'étude.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard