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les problèmes fonciers en zone de front pionnier agricole: cas de Dèrègouè dans la province de la Comoé

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par Sihé NEYA
Université de Ouagadougou - URF/SH - département de géographie - Maîtrise 2006
  

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6.2. LES STRATEGIES DE SECURISATION DES AUTOCHTONES

Parmi les initiatives de prévention prises par les autochtones en vue de consolider leur contrôle foncier dans le long terme, nous pouvons mentionner :

· Le refus de formaliser les règles d'accès à la terre

Lorsque les migrants accèdent à la terre en contrepartie d'argent qu'ils estiment élevées, certains d'entre eux tentent de réclamer des écrits attestant la transaction. Cette logique n'est pas appréciée par les propriétaires terriens qui préfèrent conclure avec les migrants des contrats oraux. Au fait le recours à l'écrit dans les transactions est perçu comme une perspective de remise en cause de leur contrôle foncier sur les espaces cultivables.

Le refus de formaliser par l'écrit les transactions permet aux propriétaires terriens de garantir leur emprise foncière en anticipant sur toutes les tentatives de revendication des terres qu'ils ont cédées aux migrants. Mais, il y'a aussi le fait de percevoir le loyer en nature qui rend les migrants redevables auprès des autochtones sur le plan foncier.

· La perception du loyer en nature

La rente en nature que les chefs de terre perçoivent auprès des migrants métayers est un élément qui leur permet de maintenir une relation de dépendance entre ces derniers et eux. En effet, il rappelle aux métayers que la terre ne leur appartient pas, et qu'une quelconque opposition au versement de cette rente peut entraîner la remise en cause des contrats qui leur lient.

Lorsqu'un exploitant exploite un bien qui lui rend redevable vis à vis de la personne qui l'a cédé, cela sous-entendrait qu'il ne t'appartient pas. C'est ce rapport de dépendance qui lie la majorité des exploitants migrants aux propriétaires terriens. Car, Ceux que nous appelons migrants métayers sont dans l'obligation de verser une partie de leurs récoltes ; dans le cas contraire les champs qu'ils exploitent peuvent être retirés.


· L'acquisition individuelle des parcelles

L'attribution des terres du patrimoine collectif aux migrants est perçue comme une source d'insécurité par de nombreux jeunes autochtones. Pour garantir leur sécurité en matière de gestion foncière, ces jeunes revendiquent leurs parts du patrimoine foncier collectif, en tentant d'acquérir et de gérer de façon individuelle les terres. Par ailleurs, certains jeunes qui s'impliquent dans la gestion foncière remettent en cause des contrats que leurs aînés ont conclus avec des migrants. Cette attitude permet à cette jeune génération d'autochtones d'étendre et consolider leur assise foncière dans un contexte où « la terre est finie ».

CONCLUSION PARTIELLE

La recrudescence des problèmes fonciers ainsi que leurs incidences à Dèrègouè sont la conséquence de l'accroissement démographique consécutif à la migration et au croît naturel. Á ces facteurs démographiques s'ajoutent des facteurs socio-économiques et politiques liés à la culture du coton, à l'influence socio-économique des migrants, à la politique de l'Etat en matière de la gestion des ressources naturelles, etc.

Cette situation amène certains exploitants à adopter des stratégies en vue de consolider leurs droits fonciers. L'accès au droit de planter et le versement régulier du loyer de céréales sont autant de stratégies mises en oeuvre par les migrants pour rendre durables leurs droits sur la terre. Par contre, le refus de formaliser les transactions foncières et la perception du loyer en nature auprès de ces derniers sont des moyens qui permettent aux propriétaires terriens d'affirmer leur autorité sur les espaces cultivables.

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