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La maintenance des aménagements hydroagricoles dans le delta du fleuve Sénégal: Le cas du périmêtre de Boundoum


par Ousseynou Diéle
Université Gaston Berger de Saint Louis - Maitrise 2006
  

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Problématique

La région du Delta s'étend sur 500 km2, de Saint-Louis à Dagana (Dia. I., LE Gal. P.Y, 1991). Cette partie du pays, depuis l'indépendance, a retenu l'attention des autorités sénégalaises pour être le lieu d'application des politiques d'aménagements hydro agricoles. La création, en 1965, de la SAED matérialise cette ferme volonté de la part des pouvoirs publics d'assurer un développement économique et social en général et hydro agricole, en

particulier dans le Delta.

L'étude des aménagements présents dans le delta du fleuve Sénégal révèle différents types. On y rencontre les grands aménagements transférés, les grands aménagements non transférés, les petits périmètres transférés et les aménagements intermédiaires transférés qui sont l'oeuvre de la SAED ; les périmètres irrigués villageois (PIV), les périmètres irrigués

privés (PIP) et l'agro industrie (CSS, SOCAS) qui sont hors SAED.

Les grands aménagements (GA) y présentent une importance sans égal car plus de

85% des GA recensés dans la rive gauche se trouvent dans le Delta. En terme
d'investissement, ils sont relativement onéreux et le prix à l'hectare se situe entre 5 et 6,5

millions de Fcfa (Wade.M et al. 1996).

Le mode de fonctionnement, de gestion et la maintenance des aménagements hydro agricoles varient suivant l'évolution des politiques étatiques en matière d'aménagement. En fait, selon l'attitude des pouvoirs publics, deux grandes périodes marquent l'aménagement du

delta du fleuve Sénégal.

Pour la période allant des indépendances (1960) jusqu'aux années 1980, c'est l'Etat

qui assurait, par le biais de l'OAD puis de la SAED, toutes les charges relatives au
fonctionnement, à la gestion et aux travaux d'entretien. Sa présence dans l'activité agricole se

sentait d'amont en aval puisqu'il intervenait dans l'étude des aménagements jusqu'à

l'exploitation éventuelle en régie (Maïga.M, 1995).

Vers la fin des années 1980, la gestion étatique qui prédominait, se heurta à des problèmes de coûts et de charges : faible performance du système irrigué due en grande partie à des insuffisances d'entretien.

La seconde période est caractérisée par le désengagement de l'Etat de la gestion des

aménagements réalisés ou réhabilités sur fonds publics : c'est l'ère du transfert des
aménagements hydro agricoles et des responsabilités aux organisations de producteurs.

Le transfert de responsabilités aux producteurs signifie aussi un transfert de charges aux producteurs (Lavigne Delville. Ph, 1991). Mais ce transfert a occasionné l'établissement de contrats de concession et des NEG (Note d'entretien et de Gestion) entre la SAED et les OP. Ce sont des mesures consistant à définir les modalités de fonctionnement des réseaux et des équipements, la nature, l'intérêt et les coûts des travaux d'entretien à réaliser pour assurer

la durabilité des performances des aménagements.

Ainsi, l'entretien des périmètres, des stations de pompage, des réseaux, des mailles

hydrauliques et des parcelles relève désormais de la compétence des usagers et de leurs
organisations. Concernant les aménagements structurants ou collectifs, c'est l'Etat qui assure

aussi bien leur réalisation que leur entretien. Un aménagement structurant est un type
d'aménagement hydro agricole dont la vocation est de desservir d'autres aménagements, soit
dans un objectif unique d'adduction d'eau (exemple : l'axe Gorom-Lampsar) soit de drainage

(exemple : l'Emissaire du Delta) soit de circulation ou de protection contre les crues

(exemple : la digue de ceinture du Delta).

Prés d'une décennie après la concession, on s'est rendu compte que les paysans n'étaient pas en mesure d'assurer pleinement la relève de la SAED. Les résultats que l'on

espérait obtenir étaient décevants suite à des difficultés telles que l'insuffisance de la
maintenance. Alors des mesures d'accompagnement ne sont-elles pas à mettre en oeuvre si
l'on veut réussir totalement ce souhait de responsabiliser les paysans? Mieux, ne doit-on pas
appuyer davantage les unions concessionnaires dans l'exercice de certaines tâches comme la
maintenance afin de lever toute inquiétude pour ce qui est de la pérennité des infrastructures

hydro agricoles?

C'est ce que l'Etat du Sénégal, secondé par ses partenaires au développement (Banque Mondiale, KFW, AFD, etc.), a très vite compris en prenant à bras le corps la maintenance. Cette ferme volonté se traduira par : d'abord, la Division Autonome de Maintenance (DAM) voit le jour en janvier 1998 et deviendra une Direction en Mars 2002 ; ensuite, une étude relative à la mise en place des fonds de maintenance a été lancée pour mener à bien cette nouvelle politique de maintenance. Les fonds créés sont les suivants : les FOMAED (Fonds de Maintenance des Adducteurs et Emissaires de Drainage), les FOMUR (Fonds Mutuel de Renouvellement des stations de pompage), les FOMPI (Fonds de Maintenance des Périmètres

Irrigué) et les FOMIIG (Fonds de Maintenance des Infrastructures d'Intérêt Général).

A la suite de Moulaye.A et Almadjir.R (1996) nous pouvons définir la maintenance

« comme l'entretien de tous les constituants complexes d'un aménagement mais aussi et
surtout l'ensemble des actions qui visent la pérennité du fonctionnement »
. Un aménagement
est constitué d'une partie équipements électromécaniques (par exemple : station de pompage,

d'exhaure) et d'une autre partie aménagement proprement dit (par exemple : les modules à
masque, vannes, prises à parcelle, etc.). La mobilisation de ressources financières à un niveau

suffisant pour la réalisation des travaux d'entretien et de renouvellement est à inclure dans

cette définition de la maintenance car étant une condition indispensable pour le bon

fonctionnement permanent des installations (Ponsy.P, 1998).

Nous avons choisi de travailler sur les grands périmètres plus précisément sur le

périmètre de Boundoum pour plusieurs raisons :

- D'abord, l'aménagement de Boundoum fait partie des réalisations les plus anciennes (1964).
Donc le périmètre est assez vieux (plus de trente ans) ;

- Ensuite, le casier a fait l'objet de plusieurs travaux de réhabilitations ; ce qui fait qu'il
constitue un cas exemplaire des difficultés de gestion et de maintenance des grands
aménagements dans le Delta ;

- Enfin, la gestion du périmètre n'est plus assurée par la SAED : elle est confiée aux
organisations paysannes regroupées autour de l'Union des OP et qui sont appelées à assurer la
maintenance.

Notre travail d'étude et de recherche se fixe comme objectifs de contribuer à une

meilleure compréhension de l'importance de la maintenance et de l'entretien des
aménagements hydro agricoles mais surtout des exigences ainsi que des aspects financiers,

techniques et sociologiques rattachés à ce programme. Ce modeste travail prétend être un
complément par rapport aux nombreuses études menées dans le Delta et se veut une
contribution en direction des chercheurs et décideurs qui y interviendraient.

Pour mener à bien notre étude, nous avons posé les hypothèses suivantes :

- Les potentialités naturelles ont joué un rôle considérable dans l'artificialisation du delta du

fleuve Sénégal ;

- l'organisation actuelle de la gestion et de la maintenance dans le périmètre de Boundoum,
laissée à l'Union des OP seulement ne permet pas d'espérer une durabilité de
l'aménagement ;

- La nouvelle politique de maintenance va servir de cadre de dialogue entre l'Etat, les
collectivités locales et les usagers.

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