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La maintenance des aménagements hydroagricoles dans le delta du fleuve Sénégal: Le cas du périmêtre de Boundoum

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par Ousseynou Diéle
Université Gaston Berger de Saint Louis - Maitrise 2006
  

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B- Les difficultés et les perspectives de la mise en oeuvre de la nouvelle politique de maintenance dans le casier

1- Les blocages de la mise en oeuvre de la nouvelle politique de maintenance
1.1) Les problèmes rencontrés par les entreprises dans l'exécution des travaux

Au niveau du casier de Boundoum, la mise en oeuvre de la nouvelle politique de

maintenance est rendue difficile par un lot de problèmes. D'abord, les entreprises
adjudicataires des marchés de travaux sont souvent confrontées à des difficultés notables dans
l'exécution de ces derniers. Ces problèmes sont relatifs à la fréquence des pannes (Scrapers,

Grader, pelle hydraulique, et camions qui occasionnent des arrêts de chantiers de
l'entreprise) ; la vétusté des engins ; le ravitaillement des engins en carburant pose également

problème (ICA, 2005).

Par ailleurs, dans les FOMIIG la réhabilitation des pistes était souvent contraignante dans la mesure où les carrières étaient situées à des endroits très lointains. Ce qui réduit sans conteste le nombre de rotations journalières des camions.

En outre, dans certains sites on note des difficultés d'accès. A titre d'exemple, tous les travaux qui devaient s'opérer dans l'émissaire du Delta, en 2006, n'ont pas pu être réalisés en raison notamment du fait que les producteurs de Boundoum drainaient leurs eaux (d'où des

sols humides) et il en est résulté d'énormes problèmes pour l'entreprise THAYTOU d'y
accéder. L'entreprise attend jusqu'à présent une période favorable pour y faire intervenir ses

engins (SCIEPS, 2006).

1.2) La facturation et le recouvrement : facteurs bloquants de la mise en oeuvre des
fonds de maintenance dans le casier de Boundoum

Facturation et recouvrement sont aujourd'hui des facteurs qui entravent la réussite de

la nouvelle de maintenance des aménagements hydro agricoles dans le périmètre.

a) La facturation

En 2003, l'année où on a commencé l'application de la nouvelle politique de maintenance (Th. Diallo, com. Orale, mercredi du GIRARDEL), débute également des malentendus entre DAM et producteurs. En effet, la publication des factures à recouvrer en

février 2004, avait suscité le courroux des paysans de l'union des OP de Boundoum qui
avançaient l'idée selon laquelle ils n'avaient pas mis dans leurs expressions de besoins la
redevance FOMAED. Donc ces derniers n'étaient pas bien préparés et par voie de
conséquence le règlement a été faible voire nul.

Lors du conseil des délégués tenu au village de Ndiaye en 2003, une décision de taille fut alors prise : 50% du montant facturé devait obligatoirement être payés et pour le reste, le remboursement était prévu ultérieurement.

D'une manière globale, les problèmes liés à la facturation dans la zone, selon M.

Mamadou Wane (chef de service de la clientèle de la DAM) sont :
- la collecte des données pose un réel problème : les données ne sont pas toujours fiables. Ce

qui entraîne l'annulation de certaines factures ;

- la détermination des superficies redevables semble être une équation sans solution ;
- il n'est pas toujours aisé de localiser tous les usagers ;

- le refus catégorique de certains usagers de prendre les factures ;

- l'acheminement des factures : ça doit se faire main à main sans quoi certains usagers
n'hésiteront pas à dire qu'ils n'ont encore rien reçu.

b) le recouvrement

A ce niveau, ce qu'il faut surtout noter c'est que les usagers commencent le plus souvent à payer la redevance mais pour la plupart du temps ils proposent le remboursement en

nature (riz paddy) ce qui est contraire aux aspirations de la banque (CNCAS) qui préfère

plutôt le paiement en espèce.

Le taux de recouvrement est relativement faible pour l'ensemble de la zone du Delta (Délégation de Dagana). Cette situation découle en grande partie du fait que bon nombre d'usagers ne s'acquittent plus de leurs redevances.

L'union de Boundoum n'est assujettie qu'au service de drainage. Ici, contrairement

aux autres types d'aménagement (PPNT, PIV, PIP), la facturation est en fonction de la
superficie affectée. Donc, que les gens cultivent ou non la facture reste la même. Le tableau

suivant montre la situation du recouvrement de 2003 à 2006 dans le casier.

Tableau 6 : Situation du recouvrement de 2003 à 2006 dans le casier de Boundoum.

Secteur

Usager

Année

Montant

Montant

Solde en

Taux en %

 
 
 

facturé en

réglé en

FCFA

 
 
 
 

FCFA

FCFA

 
 

Delta

Union de

2003

49 539 840

36 833 800

12 706 040

74%

central

Boundoum

2004

49 539 840

47 003 960

2 535 880

95%

 
 

2005

49 539 840

--

49 539 840

00%

 
 

2006

49 539 840

--

49 539 840

00%

Total

198 159 360

83 837 760

114 321 600

42%

Source : DAM 2007

L'analyse du tableau ci-dessus montre de bons taux de recouvrement durant les premières années de mise en application de la nouvelle politique de maintenance (74% et 95%

respectivement en 2003 et 2004). Pour les années 2005 et 2006, il n'y a pas eu de

recouvrement. Cette situation peut trouver son explication sur le fait que les deux dernières

campagnes ont été catastrophiques et une telle situation ne permettait pas aux paysans de

rembourser leurs dettes. D'ailleurs à travers le célèbre mouvement dénommé Forces

Paysannes, ces derniers tendent la main aux autorités étatiques afin que leurs dettes soient

annulées (voir annexes).

Cependant il convient de souligner qu'il existe une typologie dans le comportement des clients (producteurs) de la DAM :

- un client qui peut et veut payer mais qui se contente de dire tant que la DAM ne viendra pas
chez lui il ne paierait jamais ;

- un client qui veut payer mais qui ne le peut pas faute de moyens financiers ;
- un client qui peut payer mais qui n'est pas satisfait du service fourni ;
- un client qui peut payer mais qui refuse par mauvaise foi.

En définitive nous pouvons déduire que c'est l'avenir même du FOMAED qui est rendu incertain, au regard de la situation qui prévaut actuellement. De même, la DAM est un

service autonome, donc qui va bientôt se prendre en charge. Mais avec ce rythme de

recouvrement, force est de reconnaître qu'elle est loin de voir un tel souhait se réaliser.
Partant de là, c'est la nouvelle politique de maintenance qui risque d'échouer dans cette partie

du Delta si des solutions ne sont pas trouvées.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway