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L'approche interculturelle en Prevention Specialisée

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par Yassine Jelouali
Université Paris 13 - IRTS - DEES-Licence 2003
  

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CHAPITRE I : l'IDENTITE CULTURELLE

Terme récurent au cours de ces dernières années, l'immigration devient un enjeu politique. Malheureusement, l'immigration au travers de cet enjeu est pointée du doigt comme une des causes des difficultés sociales actuelles. Comment en sommes-nous arrivés à cette situation et surtout pour quelle raison l'immigration a été choisie comme bouc émissaire.

I/L'IMMIGRATION

« Il y a eu, à travers la Gaule, indépendamment des invasions une constante perfusion de sang barbare »

Fernand Brandel

Cette phrase de Fernand Brandel nous révèle que l'immigration n'est pas un phénomène récent en France mais plutôt une « vielle » histoire commencée il y a de nombreuses années : En passant par les Wisigoths, Francs, Burgondes pour en arrivés à l'immigration limitrophes (hollandais, anglais, suisses, italiens) en 1850 où l'on recense 380 000 étrangers soit 1 % de la population totale du pays, la France est donc un carrefour de populations diverses et les deux vagues d'immigration du 20è siècle ne sont que la continuité d'une histoire riche en migrations.

En raison de la baisse de la fécondité amorcée au cours du 19è siècle, la croissance démographique était faible et la main d'oeuvre devenait insuffisante pour un pays qui s'industrialisait. Les courants migratoires ont contribués à la richesse et à la diversité de la population française.

Il est à noter que les deux vagues d'immigrations du 20è siècle ne sont que le résultat des deux guerres mondiales. Ces flux migratoires répondent à une démographie « déréglée » et une croissance économique soutenue.

La première vague d'immigration

On peut la situer entre 1919 et 1930. Elle est le résultat des milliers de morts de la première guerre mondiale. La France a donc conclut durant cette période des conventions d'immigration avec plusieurs pays européens, mais une grande partie des arrivées est assurée par des organismes privés. Cela lui a permit de remédier à la pénurie de main-d'oeuvre.

Cette première vague est essentiellement composée de polonais (mines du nord et nord-est de la France), des italiens (secteur agricole), des portugais et des espagnols (bâtiments et secteur agricole).

La crise économique de 1929 a fortement ralenti l'immigration. D'ailleurs plusieurs lois en 1932 ont été voté afin de rendre difficile l'installation des populations immigrées et de favoriser le retour au pays.

Malgré une vague de ressortissants espagnols venus en France pour échapper au régime Franquiste, il faudra attendre la seconde guerre mondiale pour voir une nouvelle arrivée massive de populations étrangères.

La Seconde vague d'immigration

Débutant en 1945, après la seconde guerre mondiale et ayant la même cause qui vise à la reconstruction du pays. Cependant, ce flux migratoire fût plus étalé dans le temps puisqu'il dura jusqu'au premier choc pétrolier en 1973 (en 1974 on récence 3,5 millions d'immigrés soit 6,5 % de la population). Elle fût également plus contrôlée grâce à la création en 1945 de l'ONI (Office national de l'immigration).

Cette seconde vague d'immigration est principalement composée de personnes venant d'anciennes colonies française (Algérie, Maroc, Tunisie, etc...) mais on y trouve également une forte propension de portugais.

L'intégration de ces deux vagues d'immigration dans la société française

Ce processus s'inscrit dans la durée, a parfois fait l'objet de tensions plus ou moins avivées en période de difficultés économiques.

Autant pour la première que la seconde vague d'immigration, la société française a considéré ces immigrants uniquement pour leur force de travail.

Il existe à l'heure actuelle de nombreux témoignages1(*) d'italiens, de polonais révèlent la difficulté de s'intégrer dans la société française du fait du racisme ambiant : « ...chaque jour lorsque j'allais chercher le pain après le travail le boulanger m'appelais Polka et chaque jour je lui disais que mon prénom était Kalesh mais il en avait rien à foutre de moi », de l'ignorance des cultures et de la peur de l'étranger. Cependant cette difficile intégration s'estompera lorsque la seconde vague d'immigration arrivera. Cette difficulté sera, en effet, atténué par l'arrivée d'une population d'un autre continent (Afrique) qui de par son éloignement géographique et son passé d'anciens colonisés va rassembler toutes les aversions de la population d'accueil. Il s'effectue en fait une transition voire une transposition de ce rejet sociétal pour l'étranger. Cette transition s'explique par une ethnicité géographique, social et religieuse. En effet, la première vague d'immigration provient principalement des pays limitrophes avec des « architectures » de sociétés similaires. La seconde vague qui provient d'Afrique, apporte des personnes ayant vécu dans des sociétés différentes du pays d'accueil (et ceci malgré l'effet d'acculturation commencé dans le pays d'origine lors de la colonisation).

L'arrêt de l'immigration

L'immigration contrôlée ne commence qu'en 1974 suite au choc de pétrolier de 1973 qui eu des répercussions économiques importantes sur la plupart des pays industrialisés. Dans certaines circonstances et pour certains emplois les travailleurs immigrés sont donc devenus des personnes indésirables. En effet, pour le pays d'accueil, la raison de l'immigration de l'étranger est économique, c'est une force de travail. Dès que le travail manque (chômage) son existence sur le territoire n'a plus lieu d'être. D'ailleurs, initialement le projet migratoire de ces immigrés était de travailler pendant une certaine période puis de retourner au pays avec un pécule financier. Mais l'évolution des moeurs des étrangers et les problèmes économiques de leur pays d'origine a entraîné une volonté de rester sur le territoire et d'effectuer ce que l'on a communément appelé dans le droit français : le regroupement familial. Celui-ci visait à redonner l'accès à des droits humains (droits de l'homme, droits des enfants) qui est la reconnaissance de son droit de vivre en famille et d'élever ses enfants.

A partir de 1974, l'immigration est contrôlée et on favorise même le retour au pays (moyennant une aide financière) mais cette initiative controversée a été enlevée suite à l'arrivée au gouvernement du parti socialiste en 1981.

Ensuite, la législation française s'est durcie par différentes lois (la loi Pasqua par exemple). Ce qui a eu pour conséquence d'encadrer l'accès au pays et de limiter l'immigration mais pas de la stopper. En effet, l'entrée clandestine en France s'est accentuée et il existe actuellement un grand nombre de « sans-papiers », c'est à dire sans aucune existence juridique.

État des lieux

La répartition géographique des immigrés en France ne suit pas une tendance particulière mais se calque sur la mobilité de l'ensemble de la population française. C'est à dire qu'elle tend à s'urbaniser. On peut noter que 38,5 % de l'ensemble de cette population résident en Île de France. Il est tout de même à noter que cette répartition, ayant tendance à s'urbaniser, se concentre essentiellement sur le Centre (Paris et ses environs) et l'Est de la France.

Les nouveaux arrivants des 20 dernières années sont plus éloignés de la culture française que ne l'étaient ceux qui les ont précédés : l'immigration en provenance des autres pays Européens a diminué alors que celle venant d'Asie, de l'Europe de l'Est a passablement augmenté.

La population immigrée en France en 1990 est de 4,13 millions de personnes (1)(hors immigration clandestine). De plus, on dénombre 3,6 millions d'étrangers ayant leur résidence permanente en France mais qui n'ont pas la nationalité française. Une autre catégorie de personnes représente 5 millions de personnes, ce sont les enfants et petits-enfants d'immigrés ( ayant pour la plupart la nationalité française acquise par leur naissance sur le territoire). De plus, malgré l'arrêt de la politique d'immigration, il y a maintenant presque 20 ans, la migration continue et vient d'horizons variables : Maghreb, afrique noire, pays de l'est, pays asiatiques, etc... Cette population qui a dû pour venir en France à dépenser une fortune pour venir découvrir ce qu'il est pour eux un « eldorado ». Il n'y a d'ailleurs qu'à voir les trajectoires empruntées pour se rendre dans notre pays :

- M, un jeune algérien de 20 ans pour venir en France demande au consulat d'Argentine un visa de tourisme. Après l'avoir obtenu, il achète un billet d'avion qui a une escale à Paris. Il prend cet avion et lors de l'escale arrive à se faufiler entre les mailles de la police douanière et se rend chez de la famille en attendant de stabiliser cette situation

- T, un jeune mauritanien de 19 ans passe par le Maroc en compagnie de compatriotes, où il reste 3 mois (durant lesquels il fait des menus boulots). Après cette période il arrive à se joindre à un groupe de jeunes africains et s'embarquent avec eux à bord d'un bateau de pêche (moyennant finance, apparemment l'équivalent de 5000 francs français) et arrivent tant bien que mal (un marocain est tombé du bateau et a été porté disparu) sur la côte espagnole. Il leur faudra un mois pour se rendre à la région parisienne.

Ces deux cas qui ne sont pas malheuresement exceptionnels proviennent de témoignages de personnes que j'ais rencontré durant mes stages (le stage à responsabilité : club de prévention, association d'aide aux étrangers). L'éducateur travaille au quotidien.

Après cette présentation succincte qui m'a permis de vous présenter un historique de l'immigration je vais maintenant m'intéresser aux interactions entre les migrants ou enfants de migrants et la population installée en France depuis de nombreuses générations. Afin de déterminer ces interactions je vous propose un cadre théorique exposant les notions d'identité et de culture.

* 1 « Les immigrés en France », éditions INSEE Contours et caractères, Paris, 1997

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