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Une conquête existentielle et une autofiction perturbées : les effets d'un miroir brisé dans le Livre brisé de Serge Doubrovsky

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par Jérôme Peras
Université François-Rabelais de Touraine - Maïtrise 1998
  

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2. L'écriture fragmentaire146(*) ou l'échec avoué

2.1. La fiction freudienne et le roman familial

Le recours à la psychanalyse freudienne s'explique par les mêmes raisons que le recours à la philosophie sartrienne. D'une part, il s'agit de tisser une « ligne de fiction » (psych)analytique, comme le montre l'extrait suivant, où apparaît justement l'image du tissage : « À l'aide de mes histoires décousues, Akeret m'a rebâti une vie, cousue main. Il a tissé une histoire solide, avec mes anecdotes, mes ana. En analyse. » [p. 263]. D'autre part, il s'agit d'arriver à une « conquête existentielle », à travers la dialectique de cette fiction et de l'autobiographie. D'ailleurs, Doubrovsky n'en est pas à son premier coup d'essai, puisque dans Fils il était déjà amplement question de psychanalyse et d'Akeret - celui avec qui il suivit durant une dizaine d'années, de 1968 à 1978, une thérapie psychanalytique. On peut même affirmer que la psychanalyse est à l'origine de l'écriture de Doubrovsky. Pour seule preuve, nous pouvons nous référer aux pages 42-43 d'Un amour de soi (op. cit.) :

Je me suis recousu main, à la plume. Premier roman, la Dispersion, raconter soulage. Avec [Akeret], aussi. En même temps. Les deux à la fois. Comme ça que j'ai commencé à écrire. Quand il s'est mis à me fouiller dans le trou de l'âme.

- ou encore à la page 38 de L'Après-vivre (op. cit.) : « Moi, [la psychanalyse] m'a, ce n'est pas rien, libéré la plume, elle a accouché de l'écrivain. ». Aussi, ce passage du Livre brisé révèle combien la psychanalyse a été profitable à Doubrovsky :

Dans mon capharnaüm,[Akeret] a mis de l'ordre. L'ordre règne dans ma vie [...]. Mon existence filandreuse, désossée, il lui a donné une structure. Il m'a enfin reconstruit une enfance logique : désormais, je suis racontable. Avant, je n'étais que des bribes dispersées, sans queue ni tête. Maintenant, je suis fermement regroupé, côté tête et côté queue. Akeret m'a permis de comprendre mon enfance. [p. 269]

Ce passage indique clairement l'apport de la psychanalyse : au même titre que la philosophie existentialo-marxiste de Sartre, la psychanalyse freudienne d'Akeret offre à Doubrovsky une mise en ordre logique de son vécu. Plus encore, elle rend possible la construction d'une fiction. Comme nous l'avons vu plus haut147(*), cette fiction permet de dépasser les lacunes et les fragilités de la mémoire, de compenser les « trou[s] de mémoire » (cf. le titre du premier chapitre du Livre brisé), et ce « fondement » théorique ouvre l'accès à une vérité fiable sur son être et a posteriori sur son vécu. Pour preuve, nous pouvons nous reporter à cet autre passage, où Doubrovsky se trouve soudainement atteint d'amnésie quant à la chambre qu'il partageait, enfant, avec ses parents148(*), et où, pour combler ce « trou béant » [p. 266], il s'en remet à Akeret et à sa fiction psychanalytique :

Ce morceau vital de réalité est à jamais disparu : une tombe. J'y suis mort et enterré. À la place, on a mis une fiction. Vraie. Au lieu d'une vision, je dispose d'une vue. Théorique. Théôrein, en grec : contempler. Je me contemple par un regard théorique. [p. 266-267]

S'agissant de l'enfance, la fiction a ici pour « fondement » le complexe d'OEdipe149(*). Notre auteur présente cette fiction théorique en ces termes :

Avec un père qui voulait essentiellement une épouse pour avoir un fils. Une mère qui, avant d'avoir un fils, aurait voulu avoir d'abord un mari. Des années et des années d'analyse pour repérer mon porte-à-faux dans le désir parental. [p. 59]150(*)

Cette fiction psychanalytique est assez simple à reconstruire. Tout d'abord, elle considère trois sujets : l'enfant et ses deux parents, et pour qu'elle soit bien apparente dans son récit, Doubrovsky utilise à maintes reprises ce nombre trois, écrit en chiffre : « Rue de l'Arcade, au 39, 3è étage, dans les années 30 : je suis né sous le signe du 3. » [p. 264] ; « Rue de l'Arcade, au 39, 3è étage, dans les années 30 : j'y suis. » [p. 265] ; « Ma chambre à coucher d'enfance, au 39, rue de l'Arcade, où j'ai passé jour et nuit de 1930 à 39 [...]. » [p. 266] ; « En 33, une chambre à coucher pour 3. » [ibid.] ; « Akeret sourit : toujours 3, une chambre pour 3. » [ibid.]. Cette fiction s'attache ensuite à décrire la relation entre l'enfant et ses parents : à l'égard de sa mère, il éprouve du désir et à l'égard de son père, le rival, de la jalousie et de la rancune. Précisément, ceci expliquerait le trou de mémoire de notre auteur : en perdant le souvenir de la chambre parentale, il tend inconsciemment à nier l'amour spirituel et charnel entre ses parents. Comme l'indique de toute évidence le passage suivant, l'enfant a dû théoriquement s'y sentir frustré, soit se sentir exclu par son père/rival de son amour et de son désir pour sa mère :

Qu'est-ce qu'elle a dû m'en faire voir, la scène primitive. Mon Urszene, qu'est-ce que j'ai dû en baver. De désir, d'angoisse. Une seule chambre, ça je suis sûr, il n'y en a qu'une. Mon père, il n'a pas dû toujours s'ennuyer avec ma mère. Ils ont dû y aller à grand ahan, dans le grand lit, tous deux. Moi, tout seul, dans le petit. [ibid.]

Mais l'auteur du Livre brisé n'analyse pas seulement son « cas ». Tout en écrivant son récit d'enfance, il lit celui de Sartre. Il note effectivement, à partir d'un extrait des Mots : « Naturellement, Sartre sait le plus important : que sa mère n'aimait pas son père. » [p. 112] ; et à partir de la chronologie de la Pléiade : « Plus tard, avec le beau-père [...]. Sa mère, elle ne peut aimer ni son père ni son beau-père : elle ne peut aimer que lui. Seulement, avec le fiston, elle ne peut pas jouir. Donc, elle ne jouit pas. Jamais. C.Q.F.D. » [p. 113]. On peut dès lors remarquer que cette « version Akeret » [p. 270] de l'enfance est appliquée parallèlement à la lecture des Mots et à l'écriture du récit de Doubrovsky.

Conformément à la théorie du complexe d'OEdipe, notre auteur présente l'état de bisexualité originelle de l'enfant. Si, chez Doubrovsky et chez Sartre, cet enfant est un garçon, celui-ci se conduit effectivement en fille :

On naît femme, on devient homme. [...] On est tous d'abord femelles. Après, il faut se débrouiller pour devenir mâles. Sartre le sait, lui qui le dit. Il y insiste. Beaucoup. Nous ne fîmes plus, Anne-Marie et moi, qu'une seule jeune fille effarouchée... [p. 117]

À la suite de quoi, Doubrovsky met en application le second stade de la théorie freudienne qui correspond au premier développement psychique de l'enfant et qui se caractérise d'une part, par la prise de conscience de la différence sexuelle, d'autre part, par l'orientation sexuelle. Cette prise de conscience par l'enfant commence par la découverte d'un certain regard masculin sur sa mère. En effet, en revenant [p. 121] sur la dernière phrase du passage ci-dessus, extraite des Mots, Doubrovsky décèle chez l'enfant une jalousie suscitée par les regards de désir portés sur sa mère, et en cela, un certain attrait de cet enfant pour celle-ci. Il remarque d'ailleurs que « beaucoup de collègues ont insisté là-dessus, maints critiques ont relevé ce passage. On parle de délices fusionnelles avec la mère [...]. » [ibid.]. Ou en rapportant de sa mère l'anecdote où, enfant, il frappa son grand-père d'un coup de poing pour la venger d'une moquerie, Doubrovsky met en évidence ce même effarouchement de l'enfant et cette même attirance de celui-ci pour sa mère [pp. 117 et 268]. Arrivé à ce point du raisonnement, notre auteur en vient proprement dit au complexe d'OEdipe, à savoir l'intrusion du père dans cette relation filiale. Celui-ci joue effectivement un rôle primordial dans l'orientation sexuelle de l'enfant : il cherche à le viriliser pour qu'il devienne homme. Aussi, exerce-t-il la fonction du surmoi, dans la mesure où il tend à retenir la pulsion sexuelle de l'enfant pour sa mère et à la rendre compatible avec les normes sociales, soit la civilisation : il cherche à le séparer de sa mère en allant à l'encontre de celle-ci qui aimerait voir une fille en ce fils [p. 121]. Doubrovsky rappelle justement que, si Sartre prétend échapper à l'interprétation de la psychanalyse du fait de la mort prématurée de son père (alors que Poulou-Sartre est âgé seulement d'un an) - « La configuration familiale : la prompte retraite de mon père m'avait gratifié d'un `OEdipe' fort incomplet : pas de Sur-moi [...]. Ma mère était à moi. » [Le Livre brisé, p. 106] -, son grand-père prend manifestement cette figure du père, ou en terme freudien, cette fonction de surmoi. Pour preuve, Doubrovsky retient l'anecdote où le grand-père emmène l'enfant de sept ans chez le coiffeur pour couper ses « bouclettes » [p. 118], pour qu'il ressemble enfin à un garçon. De la même façon, Doubrovsky évoque les fois où son père l'emmenait de force à une leçon de natation ou de bicyclette [pp. 115 et 116]. Pour mettre en évidence cette fonction du surmoi, Doubrovsky juxtapose les paroles que le grand-père de Sartre et son propre père adressaient aux mères respectives des garçons ; le premier dit : « Tu vas en faire une fille ; je ne veux pas que mon petit-fils devienne une poule mouillée ! » [pp. 114, 116 et cf. p. 120], et le second : « Nénette, tu vas en faire une poule mouillée !  » [pp. 114, 116, et cf. p. 120]. La volonté chez ce dernier de voir son fils devenir un homme est renforcée par l'affirmation suivante : « je déteste les femmelettes » [p. 116] ou « je n'aime pas les hommelettes » [p. 118]. En poussant son enfant à changer son comportement sexuel, à se transformer en homme fort physiquement et dans ses principes, le père représente une censure pour l'enfant et en cela, une menace de castration, comme l'indique l'extrait suivant : « [...] son dicton favori : on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeuf. À force d'en avoir bavé, il me les casse. Devant lui, je marche toujours sur des oeufs. Faut faire gaffe. » [p. 118]. À travers ces quelques extraits, il apparaît également que le père de Doubrovsky représente, au même titre que le grand-père de Sartre, un obstacle à la jouissance charnelle de l'enfant avec sa mère. Aussi, S. Doubrovsky parvient au stade où le complexe d'OEdipe se brise par la menace de castration. En effet, si l'enfant renonce finalement à assouvir ses désirs envers sa mère, c'est par crainte du châtiment paternel, ce que souligne particulièrement ce passage :

Ma mère, objet absolu d'amour [...]. Mais il y a mon père. Sale garnement, il me corrige. Faiblesses, peurs, il me rectifie. Il est habitué à la coupe : idéal, pour le complexe de castration. Je ferai de toi un homme. Mon père, pilier de virilité, parangon de courage, me désespère. Il est l'empêcheur de danser en rond avec ma mère. [p. 264]

Selon la théorie freudienne, l'enfant ou l'adulte névrosé cherche alors dans le fantasme une compensation à son renoncement : d'une part, en s'imaginant séparer ses parents et tuer (physiquement ou symboliquement) son père, d'autre part, en s'inventant par ambition une autre famille que la sienne propre, où il serait le fils d'un homme important. Cela explique sans aucun doute qu'il y ait dans Le Livre brisé, et ce, à partir de la « version Akeret » [p. 270] de l'enfance, un « roman familial »151(*), à savoir une autobiographie dans laquelle l'auteur est un fabulateur.

Doubrovsky donne une description de son père qui vise à le déposséder de ses apanages paternels. Afin d'accomplir une partie de ses désirs oedipiens, séparer son père et sa mère et enlever toute menace de castration, l'auteur du Livre brisé tend par cette description à déviriliser celui que sa mère surnomme justement « Zizi » [pp. 114 et 115]. En effet, il fait apparaître une image radicalement autre que celle du père-surmoi, qui est celle du père infirme et mourant, du « tubard recroquevillé, rabougri, des années 40, crachant ses poumons à longueur de quintes. » [p. 267]. Notre auteur en arrive ainsi à ébranler la figure du père. Symboliquement, il est sans père : alors que celui-ci a la foi en son pays, la Russie, Doubrovsky ne peut avoir la foi ni en la Russie, étant français, ni en la France, étant durant la guerre un Français qui doit se cacher de la France. Il écrit d'ailleurs : « [...] moi, la foi, je ne l'ai pas. Sans feu ni lieu, sans foi ni loi. » [p. 151]152(*). En somme, pour reprendre le titre initial des Mots, il se présente comme « Jean-sans-terre », ce qui sous-entend « Jean-sans-père »153(*), et la filiation paternelle s'en trouve littéralement évacuée. Concrètement, son père décède peu de temps après la guerre.

Après cette déconstruction de la filiation paternelle, Doubrovsky élabore dans l'imaginaire une « filiation narcissique ». En effet, il tend à s'inventer une famille fictive qui comprend sa mère et son père spirituel, Sartre : alors que son père biologique est au seuil de la mort, il rencontre par ses lectures celui qui va prendre l'image fantasmée du père. En d'autres termes, la paternité naturelle disparaît derrière la paternité spirituelle : « Quand j'avais vingt ans, mon père est mort. Sartre a pris sa suite. De loin, à travers ses livres. » [p. 150]. Aussi, peut-on remarquer que cette lecture est décisive pour Doubrovsky, puisque la philosophie (contenu dans L'Être et le néant ; cf. p. 151) et la morale (présente dans Les Mouches ; ibid.) qu'il y découvre le sortent, après la guerre, soit « à la fin des années quarante » [p. 150], du « trou » existentiel [cf. p. 151]. On voit alors clairement que Sartre se substitue à la fonction du père, comme la confirme ce passage :

Un père, c'est quoi. Quelqu'un qui guide, qui éduque, s'il le faut, vous force. Vous forme, par la valeur de l'exemple, par l'exemple de sa valeur. [...] Sartre m'a formé. [p. 150]

On peut d'ailleurs observer que cette « filiation » [ibid.] se trouve légitimée par la mère : « Sartre, c'est ton père spirituel » [p. 79] ; « tiens, on annonce un nouveau livre de ton père spirituel. » [p. 150] - et même par Sartre : « au fond, vous êtes un peu mon fils. » [p. 78].

Ainsi, il nous a été possible de vérifier en ces quelques mots forcément schématiques que la théorie freudienne offrait à l'auteur du Livre brisé la même possibilité que la théorie sartrienne, à savoir l'écriture d'une fiction analytique à travers laquelle notre auteur conquiert quelque peu son être, c'est-à-dire sa vérité reconnue et assumée, à partir de laquelle s'élabore le « roman familial ». Mais encore, nous avons pu constater qu'il imposait dans le même temps et selon la même logique que pour son récit d'enfance, une interprétation psychanalytique des Mots. Pour cette raison, nous pouvons affirmer sans risque que Doubrovsky vise à se détacher de son principal modèle d'écriture, à savoir le modèle sartrien, et par là même de sa fiction sartrienne. À vouloir montrer l'existence d'une autre vérité que celle donnée par le philosophe - vérité que celui-ci récuse en bloc, quand bien même elle serait contenue dans ses écrits et a fortiori dans Les Mots -, S. Doubrovsky tend effectivement à se distancier de son « Maître » [p. 156] ou père spirituel. C'est ce que nous avions déjà relevé dans la scène où S. Doubrovsky soumet à Sartre une lecture psychanalytique de La Nausée : cette lecture est bien l'expression d'une prise d'indépendance du « fils », et il n'est pas surprenant, qu'à cette occasion, ce « fils » voit le « cadavre anticipé » [p. 76] de Sartre. Aussi, pouvons-nous déceler dans Le Livre brisé une fragmentation du récit d'enfance et l'effilage de la fiction, car ce récit se partage manifestement entre deux fictions théoriques.

* 146 L'expression est empruntée à Fr. Susini-Anastopoulos, L'Écriture fragmentaire (définitions et enjeux), P.U.F., coll. « Écriture », 1997, p. 49. Quant à la formule « l'écriture fragmentaire », elle est tirée de M. Blanchot, L'Entretien infini, Gallimard, 1969.

* 147 Cf. p. 16.

* 148 Cette amnésie est déjà constatée dans Fils, op. cit., p. 450.

* 149 On peut ainsi retrouver dans L'Après-vivre, op. cit., p. 30 : « Avec Fils, chez mon analyste. Naturellement, on découvre mon oedipe. Si coriace, que, pour pouvoir m'attacher à une autre femme, réussir à me marier, il m'a fallu, entre ma mère et moi, mettre l'Atlantique. ».

* 150 Cette présentation du complexe d'OEdipe se retrouve à la page 264 de ce roman.

* 151 Ce terme, désormais connu, est tiré d'un texte de Freud, intitulé Der Familienroman der Neurotiker (trad. « Le Roman familial des névrosés ») et publié pour la première fois dans le livre d'Otto Rank, Der Mythus der Geburt des Helden (trad. « Le Mythe de la naissance du héros »), 1909. Cette théorie du « roman familial » a été amplement reprise par la critique littéraire et ce, pour l'analyse du roman ; voir surtout M. Robert, Roman des origines et origines du roman, Grasset, 1972 ; Gallimard, coll. « Tel », 1977. Il est à noter que la compensation au renoncement à la mère peut aussi apparaître dans le rêve, comme le démontre l'interprétation du rêve dans Fils, op. cit., p. 286-187.

* 152 Cette expression, qui se retrouve, au moins partiellement, à la page 89 de ce roman, dans Un amour de soi (op. cit., p. 64 : « sans feu ni lieu »), dans Fils (op. cit., pp. 59 et 257 : « Sans feu ni lieu. Sans foi ni loi. »), et dans L'Après-vivre (op. cit., p. 51 : « sans feu ni lieu »), décrit le Juif errant, qui plus tard, arrivé à l'âge adulte, n'aura de cesse de voyager entre la France et les États Unis.

* 153 À propos de Sartre et de ce lien étroit entre « Jean-sans-terre » et « Jean-sans-père », voir entre autres : Ph. Lejeune, Le Pacte autobiographique, op. cit., p. 215 ; les propos de J.-B. Pontalis dans Annie Cohen-Solal, Sartre (1905-1980), 1985, trad. Gallimard, coll. « Folio/Essai », 1989, p. 735.

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