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De la representation du français et du créole dans le cinéma haïtien: le cas du film "Barikad"

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par Schwarz Coulange Méroné
Université d'Etat D'Haiti - Licence 2008
  

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3.3- Approches du cinéma

Plusieurs approches théoriques tentent d'appréhender et d'expliquer le cinéma, son rapport avec la société et ses conséquences sur celle-ci. Chaque approche propose des explications sur le cinéma et, du même coup, fournit des éléments méthodologiques pour l'analyser. Deux de ces approches sont présentées ici en raison de leur lien étroit avec l'objet de la présente étude.

3.3.1- Le cinéma comme réalité

Certains auteurs voient dans le cinéma la restitution de la réalité sociale. Pour ces auteurs en effet, le cinéma représente le miroir grâce auquel il est possible d'accéder à la réalité. KRAKAUER par exemple, soutient que « le cinéma reconstitue un univers dédoublé, reflet de l'univers réel, se supprimant à lui, doté de la qualité magique [...]  Le cinéma offre et offrira à l'homme un reflet de lui-même et du monde, en même temps qu'il puisera sans cesse une conscience nouvelle.»111(*)

S'inscrivant dans la même veine André BRAUN-LARRIEU parle du cinéma comme révélant « l'originalité des civilisations disparues, les grands drames de l'histoire, les splendeurs d'outre-mer, la diversité des cadres humains...»112(*)

Ce courant théorique qui voit au cinéma le "reflet de la réalité" a connu un très grand essor avec la théorie du "cinéma-oeil" du documentaliste soviétique Dziga VERTOV et avec le courant "cinéma-vérité" ou "cinéma-direct" fondé par l'ethnologue Jean ROUCH et le sociologue Edgar MORIN113(*).

3.3.2- Le cinéma comme construction

A l'opposé de l'approche cinéma-vérité se trouve l'approche qui considère le cinéma comme une construction. Selon ce courant « aucun film ne peut se soustraire au travail créateur, c'est-à-dire à une interprétation donnée par ses réalisateurs.»114(*) La succession de tranches de la vie sociale ne suffit donc pas pour faire du film un "reflet du réel" selon le courant "constructiviste" du cinéma.

Jacques DURAND, par exemple, prévient qu'il ne faut pas se hâter de rechercher dans le film une image fidèle des relations sociales réelles. Les aspects fondamentaux de la réalité n'étant [...] pas saisis directement par la caméra, les traits sociaux présentés (qui n'ont, elles non plus, aucune garantie d'exactitude), soit le résultat spontané du processus de création.115(*)

DURAND souligne un ensemble de distorsions qui éloignent le cinéma de la réalité. Ces distorsions, selon lui, sont exprimées dans le choix le traitement des sujets qui sont limités et partiels ; dans le choix des personnages où certaines catégories de personnages (hommes, riches, adultes, célibataires...) sont privilégiées par rapport à d'autres ; dans les falsifications dues au  "trucage à la prise de vue, adjonctions de sons, de musique, de commentaires tendancieux, omissions volontaires ou forcées etc."116(*) Il en résume donc que pour ce courant, le cinéma est un construit qui peut partir de la réalité certes, mais l'éloigner à la fin.

Quoi qu'il en soit, le cinéma ne peut pas être considéré ni comme pure réalité puisque, comme les tenants de l'approche constructiviste le montrent, les films portent l'empreinte de leurs auteurs (acteurs, producteurs, réalisateurs etc.). De même, il ne peut être considéré non plus comme étant pure construction ; les auteurs des films puisant leur histoire, dans la plupart des cas, dans la réalité. Aussi, pour répéter DOFNY, l'organisation économique même du cinéma fait qu'il ne peut se dissocier du reste de la société.

Dans cette étude par conséquent, le cinéma est considéré comme étant à la fois  produit social  et construction. En conséquence, il est considéré comme combiné d'éléments de la société productrice et de l'empreinte de ses producteurs directs. Et par le fait même, les résultats qui découlent de l'étude ne doivent pas être considérés comme étant les résultats de l'utilisation réelle des langues de la société mais comme comportant certains éléments de cette utilisation. Cette position est appuyée par Jacques DOFNY. En effet, DOFNY déclare que le cinéma n'est pas seulement un miroir qui reflète la société. « (Il) fait partie de la réalité sociale par son organisation économique et par la médiation de l'auteur, avec les chocs en retour qui s'y produisent, avec les décalages temporels entre le cinéma et la réalité. »117(*)

* 111 S. KRAKAUER dans Edgar MORIN, Sociologie, Paris, fayard, 1984, pp. 387-406

* 112 André BRAUN-LARRIEU cité par Jacques DURAND, « La représentation de la réalité économique et sociale au cinéma » dans Revue internationale de filmologie, Tome XI, no 36-37, janvier-juin 1961, pp. 21-32

* 113 Bibliothèque Laffont des grands thèmes, Le cinéma contemporain, Robert Laffont-Gramont, Paris, 1975, pp. 34-35

* 114 Bibliothèque Laffont des grands thèmes, idem.

* 115 Jacques DURAND, « La représentation de la réalité économique et sociale au cinéma » dans Revue internationale de filmologie, Tome XI, no 36-37, janvier-juin 1961, pp. 21-32

* 116 J. DURAND, idem

* 117 Jacques DOFNY (dir.), Sociologie et société- Pour une sociologie du cinéma, Presses universitaires de Montréal,

Vol. 8, no 1, avril 1976

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