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La justice aristocratique dans la généalogie de la morale de Nietzsche

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par Pierre Morien MOYO KABEYA
Faculté de philosophie Saint Pierre Canisius - Bachelier en philosophie 0000
  

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CHAP. I.  CLARIFICATION CONCEPTUELLE

Nietzsche ne porte pas seulement un masque, mais il est aussi conscient du fait  que: «maintenant, dans tout effort de connaissance, on trébuche sur des mots pétrifiés [...]»12(*). Le langage dont le philosophe philologue est le créateur a une double fonction. D'une part, ce langage exprime avec précision, dans leurs nuances, des pensées neuves que l'auteur de la Généalogie de la morale considère comme ne pouvant pas s'exprimer, dans le langage ordinaire. De l'autre, un style d'écriture à caractère sélectif. Il sélectionne à volonté son lecteur, le mettant ainsi constamment à l'épreuve. Sa technicité conceptuelle est souvent masquée sous des termes extérieurement usuels.13(*) Voilà pourquoi son texte déroute. Nietzsche utilise des termes de la tradition philosophique dont il vide le sens commun. Il utilise aussi beaucoup des néologismes, formules et périphrases. Enfin, au contact de son texte on est frappé par d'abondants précisions, parenthèses, guillemets et définitions des termes utilisés. Il faut préciser avec Patrick Wotling que : « ce travail définitionnel change lui-même de nature ; au sein de sa pensée de l'interprétation, la définition ne peut plus se comprendre comme expression d'essence, mais comme résultat d'une investigation généalogique.»14(*)

Ainsi, il nous semble important, de préciser dans cette partie, le sens des termes clefs de notre réflexion : la généalogie, les termes proches de la sphère des classes sociales et le concept de la justice.

I. 1. La généalogie comme méthode

La généalogie est essentiellement méthode. Ce terme participe au projet qui consiste à introduire en philosophie des concepts de sens et de valeurs15(*). « Généalogie » est le terme qui exprime le mieux et de manière synthétique les déterminations du mode de pensée que définit notre auteur. Elle définit un problème authentiquement critique. Aussi s'oppose-t-elle à la traditionnelle recherche de l'essence, l'analytique et de manière générale, ce terme disqualifie toute idée sans référence à une origine. Pour Nietzsche, elle est une perspective et une exigence nouvelles. Il estime que

 nous avons besoin d'une critique des valeurs morales, et la valeur de ces valeurs doit tout d'abord être mise en question - et, pour cela, il est de toute nécessité de connaître les conditions et les milieux qui leur ont donné naissance, au milieu desquels elles se sont développées et déformées [...]16(*)

Désormais la valeur des valeurs n'est plus une donnée de fait. Il s'en suit que les valeurs n'ont ni un caractère absolu, ni un caractère relatif ou utilitaire. Lorsque la généalogie est appliquée à l'enquête sur les morales, elle fait ressortir deux sphères d'origines différentes et de valeur différente : le couple bon/mauvais, propre aux maîtres, aux créateurs, et le couple bon/méchant comme création des esclaves, des faibles. Ainsi, comme le commente Deleuze :

« Généalogie veut donc dire origine ou naissance, mais aussi différence ou distance dans l'origine, généalogie veut dire noblesse et bassesse, noblesse et vilénie, noblesse et décadence dans l'origine. Le noble et le vil, le haut et le bas, tel est l'élément proprement généalogique ou critique. Mais ainsi comprise, la critique est en même temps le plus positif. »17(*)

On se souviendra que pour Nietzsche critiquer n'est pas réagir, mais agir. L'activité est le propre des maîtres, des nobles ; la vengeance, la réaction, sont le propre de la bassesse, fruit du ressentiment.

* 12 F. NIETZSCHE, Aurore, §47, p. 48.

* 13 P. WOTLING, «  Nietzsche », in Le vocabulaire des philosophes, III Philosophie moderne, p. 647.

* 14 Ibid., p. 648.

* 15 G. DELEUZE, Nietzsche et la philosophie, PUF, Paris, 1962, p.1.

* 16 G.M., p. 18.

* 17 G. DELEUZE, Op. cit. p. 03.

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