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La justice aristocratique dans la généalogie de la morale de Nietzsche

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par Pierre Morien MOYO KABEYA
Faculté de philosophie Saint Pierre Canisius - Bachelier en philosophie 0000
  

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IV. 4. 2. La justice au service de l'homme

La justice doit être mise au service de l'homme. Il ne faut pas faire le ridicule d'élever la justice au rend d'une divinité à invoquer et perdre de vue l'essentiel : la protection et la promotion de la vie sociale. La vie en commun doit être protégée (Protéger les garde-fous qui nous permettent d'être ensemble). Cela suppose une libération continuelle de l'appareil judiciaire. Personne n'est au-delà du contrat (de la justice, du compromis). Même si habituellement on considère l'institution judiciaire comme un troisième pouvoir, nous savons que aussi que les magistrats sont nommés. Pourtant cela ne change en rien la finalité de leur travail : veiller à ce que les différentes parties engagées dans le contrat respectent les clauses. Nous savons combien les sociétés africaines sont loin de cet idéal. On assiste à une perversion qui consiste en la sauvegarde du petit intérêt personnel au mépris du compromis qui engage un grand nombre. Dans ce sens, la justice s'est avilie en se mettant au service des poches remplies et des prédateurs. On craint d'immobiliser le contrat qui nous fonde au centre de la société. Chacun le déplace autant qu'il le veut, pourvu que cela lui soit bénéfique. Traduire en justice une autorité est une audace. On refuse de créer un contentieux judiciaire en traduisant en justice une autorité de n'importe quel genre.

La libération du service judiciaire suppose aussi exorciser la justice de la vengeance. (Protéger l'auteur du dommage d'une vengeance possible pour qu'il réponde de ses actes devant le tribunal reconnu et habilité à cet effet) Souvent lorsque l'on fait allusion à la justice, inconsciemment on pense au châtiment, c'est la contrainte qui vient à l'esprit. Quoiqu'il arrive la vie doit être protégée, sinon la justice aura raté sa mission. C'est là l'objectif de la justice : protéger la vie peu importe ce qui arrive. Avec cette perspective, chacun est bien placé pour juger de la nécessité de la peine de mort.

En outre, mettre la justice au service de l'homme va de pair avec la prise en compte du fait que la « justice est dynamique. » Il est question d'éviter ce que l'on appelle le « statu quo embelli. » On est en présence d'une réflexion audacieuse et novatrice. Il faut prendre conscience de la place de l'homme dans la mise en place de la justice. Il est vrai il y a une peur que puissent se défaire les bases même du contrat, de la justice. Mais en se référant au grand projet de la justice au service de la vie, il faut se servir de cet aspect pour démasquer là où la justice a déraillé, parce que trop violente, ou uniquement au service des intérêts individuels ; ou encore voir telle loi qui n'est pas au profit de la société parce que source d'un laisser-aller compromettant pour la société.

La justice a beaucoup contribué au progrès des sociétés humaines et contribue de manière significative aujourd'hui encore. Nous ne devons pas perdre de vue cet aspect de service rendu à la société, parce qu'elle a été mise en place par l'homme conscient de ses potentialités d'autodestruction. L'homme doit rester vigilant pour ne pas s'autodétruire lui-même en se dérobant de cette responsabilité de créateur. L'homme veut-il rester la mesure de toute chose ? Que garder de cette méditation à l'école de Nietzsche ?

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