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Accords de partenariat économique et système agricole centrafricain

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par Hermas Guy Socrate Dieu Béni DJAMAWA ENDJIKPENO
Université de Bangui République Centrafricaine - Maà®trise 2009
  

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1.2.2.Impact des APE sur la culture de rente (ou d'exportation)

A titre de précision, les produits de rente centrafricains (café, coton et tabac) sont principalement des produits tropicaux qui ne sont presque pas produits dans tous les pays de l'Union Européenne.

En effet, dans l'ensemble de l'espace de l'Union Européenne seuls la Grèce et l'Espagne produisent le coton. Ainsi, avec la libéralisation des échanges avec l'UE, la RCA ne sera pas confrontée à une éventuelle compétition en ce qui concerne ses produits de rente. Mais le véritable danger qui pourra se produire concernant ces produits (de rente) se situe notamment du côté du démantèlement du Stabex.

En effet, il était prévu dans les APE que les mécanismes compensatoires (Stabex Sysmin) seront démantelés et seule la loi du marché va donc réguler les achats et les ventes ; or il convient de rappeler que les cours des matières premières ne cessent de connaître de fluctuations qui affectent souvent très négativement les recettes d'exportation centrafricaine provoquant ainsi une baisse des revenus de ces produits exportés : cette baisse est souvent compensée par le transfert des ressources de STABEX33(*) Ceci en vue de soutenir les pays ACP à continuer d'exporter leurs produits agricoles. En situation de démantèlement du système compensatoire (STABEX), les recettes d'exportation des produits primaires centrafricains seront donc constamment soumises aux fluctuations des cours mondiaux provoquant ainsi la baisse des revenus d'exportation. A long terme cette baisse va donc décourager les cultivateurs centrafricains qui vont abandonner progressivement ces cultures du fait notamment de leur faible rentabilité. L'abandon de ces cultures va donc générer des pertes énormes pour le pays. Ceci nous montre donc que les APE auront un impact négatif sur l'agriculture d'exportation centrafricaine à cause notamment du démantèlement du STABLEX.

1.2.3.Impact des APE sur l'élevage centrafricain

Après l'agriculture, l'élevage contribue lui aussi pour une part non moins négligeable au PIB centrafricain. Il fait aussi l'objet des échanges avec l'extérieur ; ceci nous amène donc à étendre notre analyse sur ce secteur. Mais bien avant de commencer cette analyse, il est très intéressant de donner tout d'abord un bref aperçu sur l'importance des ce secteur dans l'économie centrafricaine.

En République Centrafricaine, l'élevage englobe le petit élevage villageois traditionnel, l'élevage sédentaire et transhumant ainsi que le petit élevage moderne. D'après le document de stratégie de développement du secteur rural (DSDER) de décembre 2007, le secteur d'élevage génère 13,0% du PIB total contre 13,3% en 1997 ; ceci nous montre très concrètement que la contribution de l'élevage au PIB centrafricain est aussi très importante mais reste relativement stable depuis plus d'une période décennale. Par ailleurs ce secteur contribue pour 6,6% de l'effectif des employés. En 2007, les estimations du cheptel centrafricain portent sur 14416000 têtes contre 13842000 en 2006, soit une hausse de 4,1%34(*). La valeur des exportations atteint en ces mêmes périodes 3 milliards de FCFA.

Ainsi, au regard du nombre si important de bétails centrafricains que nous venons ici de constater, nous estimons a priori que l'insertion des APE dans l'économie centrafricaine n'aura probablement pas des impacts négatifs sur le système d'élevage. En effet, le tableau ci-dessous va donc nous faire l'état du secteur d'élevage centrafricain avec des projections jusqu'en 2010.

Tableau 25: Projection des effectifs du cheptel jusqu'en 2010.

Libellés

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

 
 
 
 
 
 
 
 

Effectifs du cheptel

Dont Bovins

Ovins

Caprins

Volailles

3425

272

3264

805

4972

3501

286

3450

840

5183

3482

301

3680

877

5402

3663

317

3890

915

5631

3723

334

4112

955

5869

3807

351

4347

997

6117

3893

369

4599

1041

6378

 
 
 
 
 
 
 
 

Importations

2,5

3,0

3,0

3,5

3,5

4,0

4,0

 
 
 
 
 
 
 
 

Exportations

49,8

50,0

50,0

55,5

55,5

56,0

56,0

Source : Ministère de l'agriculture et l'élevage (direction de statistiques, du suivi, de l'évaluation et de la documentation).

Les importations mentionnées dans le tableau ci-dessus concernent plus particulièrement les volailles en provenance de l'UE. Les exportations portent quant à elles sur les bovins qui sont exportés principalement vers les pays côtiers de la CEMAC (Cameroun et Congo).

L'insertion de la réciprocité dans les échanges de la RCA avec l'UE en ce qui concerne le secteur d'élevage aura pour impact direct l'augmentation rapide du nombre de volailles importées de l'Union Européenne. Cette augmentation affectera négativement l'élevage centrafricain à trois niveaux :

· Au premier niveau c'est-à-dire à court terme, la compétition entre volailles importées et volailles locales sera en faveur de la volaille importée. En effet, avec la libéralisation, le prix de revient de volailles importées sera très faible (nous le verrons dans les analyses qui vont suivre). Ce faible prix, ajouté à la bonne qualité de la viande de ces volailles importées, va donc concurrencer les petits élevages locaux de volailles centrafricaines qui vont progressivement disparaître et mettant ainsi en chômage ceux qui y pratiquent.

· Au deuxième niveau c'est-à-dire dans un espace de moyen terme, les habitudes de consommation des ménages centrafricains seront progressivement orientées de préférence vers la consommation des volailles importées du fait de leur bas niveau de prix et de la meilleure qualité de leur viande.

· Enfin, au troisième niveau c'est-à-dire à long terme, l'augmentation de l'importation de volailles de l'UE aura un impact négatif sur le secteur d'élevage en général. Ceci, notamment du fait que le poulet est généralement considéré comme un produit de substitution pour la viande des autres bétails. De ce fait, la hausse des importations des volailles aura donc un effet inverse sur la consommation de la viande des autres bétails. Cette condition à long terme va donc générer des effets négatifs sur l'ensemble du secteur d'élevage et la plupart des petits éleveurs centrafricains abandonneront progressivement leurs activités. 

En résumé, l'insertion de la réciprocité dans les échanges centrafricains analysée du côté du système de culture et du système d'élevage va générer des impacts de la manière suivante :

L'impact sur l'agriculture vivrière sera nul mais négatif pour les cultures de rente et négatif aussi sur l'élevage des petits bétails tels que élevages de volailles.

* 33 Lire le premier chapitre pour voir les ressources de Stabex transférées en RCA à titre compensatoire.

* 34 BEAC. Note de conjoncture octobre 2008. Pages 16.

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld