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Les Comités de Défense de la Révolution(CDR) dans la politique du Conseil National de la Révolution(CNR)de 1983 à  1987: une approche historique à  partir de la ville de Ouagadougou

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par Kakiswendépoulmdé Marcel Marie Anselme LALSAGA
Université de Ouagadougou - Maîtrise 2007
  

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IV.3. Les CDR dans la réforme révolutionnaire de la justice : conscientiser et responsabiliser la société

IV.3.1. La vision révolutionnaire de la justice

La création des CDR était une aspiration du CNR à construire une société nouvelle sur des bases révolutionnaires, comme le stipule le DOP en ces termes : « Elle [révolution] a pour objectif final l'édification d'une société voltaïque nouvelle au sein de laquelle le citoyen voltaïque animé d'une conscience révolutionnaire sera l'artisan de son propre bonheur [...]. Pour ce faire, la révolution sera, n'en déplaise aux forces conservatrices et rétrogrades, un bouleversement total et profond qui n'épargnera aucun domaine, aucun secteur de l'activité économique, sociale et culturelle ».194 Ce fut dans cette vision que le secteur judiciaire a été, à l'instar d'autres, réformé.

La révolutionnarisation de la justice constitua une démarche du CNR pour matérialiser sa rupture avec les autres régimes, qui selon le DOP faillirent, parce que impotents de promouvoir l'équité de la société. Le CNR stipulait que la justice d'avant la révolution d'août était conçue à l'image des régimes dans lesquels elle était exercée. C'était une justice qui connotait la bourgeoisie, donc l'exploitation du peuple par une minorité de personnes bourgeoises qui se servaient de juridictions embourgeoisées. La justice partageait les perversions de ceux-là qui l'avaient installée. C'était une justice de classe que Thomas SANKARA avait significativement méprisée en ces propos : « Dans une société comme la notre oft la population est a 95% analphabete, maintenue dans l'obscurantisme et l'ignorance par les classes dominantes, le droit bourgeois, en dépit du bon sens, ose affirmer que le nul n'est censé ignorer la loi. C'est a l'aide de tels artifices que les classes dominantes et oisives oppressent les larges masses populaires, paysans de nos campagnes et ouvriers de nos villes ».195 C'était une justice qui ne pouvait pas se vanter d'être impartiale et de ce fait républicaine.

Avec l'avènement de la révolution d'août 1983, l'opportunité de corriger la justice en disant le droit par le peuple et pour tout le peuple, et de faire d'elle une école de conscientisation et de responsabilisation était venue. Ainsi, le CNR par une série de réformes procéda à la révolutionnarisation de la justice en y investissant largement les CDR. La mise en scène des CDR dans l'instauration d'une justice dite populaire, conscientisant et responsabilisant par le CNR était bien dans un rapport d'équivalence à la préoccupation de ce dernier de s'approprier les institutions judiciaires et faire

194 CNR, 1983, DOP «Pour une révolutionnarisation de tous les secteurs de la société Voltaïque », page 31.

195 Thomas SANKARA, « Le peuple voltaïque accuse », Discours d'ouverture des premières assises des TPR in CARREFOUR AFRICAIN N°812 du 06 janvier 1984, page 22.

72 d'elles des cadres de défense et de légitimation politique. La justification de cette volonté trouva sa plus forte illustration à travers les tribunaux populaires.

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