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Les AVC au Maroc: etude des maladies à  risque et analyse des déterminants du degré d'handicap


par Rajae TOUZANI
CERDI / LASAARE - Master 2 économie de la santé et développement international  2013
  

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CONCLUSION CHAPITRE II

Suite à des données internationales recueillies et analysées par l'OMS 29 , l'AVC représente la première cause d'handicap dans le monde, car à long terme, la moitié des survivants seront dépendants. La gravité des séquelles associées à l'AVC sont diverses. Elles sont liées à la présence des facteurs de risque qu'ils soient évitables ou non. Les neurologues précisent, que les conséquences de l'AVC sont surtout liées au type pathologique de l'AVC (Ischémique, hémorragique) et à la rapidité de la prise en charge (une hospitalisation et un traitement rapides)30.

Notre analyse a porté sur les 127 cas d'AVC avérés. Elle nous a permis d'en tirer d'importantes conclusions. La gravité de l'handicap dans la population marocaine est plus

29 Rapport de l'OMS consacré aux pathologies neurologiques

30 Notre base de données sur laquelle nous travaillons manque d'informations sur l'hospitalisation après l'AVC, la durée de prise en charge, les informations sur la rééducation

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importante chez les femmes âgées de plus de 65 ans avec des antécédents médicaux (HTA et diabète). Ainsi que l'adhésion à une couverture sociale diminue fortement la gravité des séquelles associées aux AVC, surtout dans le milieu rural.

CONCLUSION GENERALE

L'impact des maladies non transmissibles a augmenté dans les pays en développement de 10% à cause de la transition épidémiologique (Lopez. Et al, 2006). Les AVC se trouvent au premier rang dans l'épidémie de maladies non transmissibles. D'après le rapport de l'OMS de 2004, cette épidémie deviendrait la première cause de mortalité en 2020 au niveau des pays à revenus faibles et intermédiaires. Et la tendance naturelle est amenée vers l'augmentation en raison du vieillissement de la population. L'AVC représente alors un enjeu majeur de santé publique. L'étude AVC réalisée en Février 2009 au Maroc est une enquête riche. Elle permettra, dans le futur, de mettre en place une politique de santé qui vise à stopper l'augmentation des nouveaux cas d'AVC.

Notre étude sur la base de données AVC, nous a permis d'analyser l'amont et l'aval d'un AVC au Maroc. Dans le but de réduire la fréquence et les gravités des séquelles associées aux AVC. D'après nos traitements économétriques ou nous avons modélisé la survenance des trois maladies à risque en fonction des facteurs socio-économiques et comportementaux des marocains. Nous avons conclus, suite aux résultats obtenus, que la présence d'une maladie à risque expose fortement l'individu à en avoir d'autres maladies à risque d'AVC. Ensuite, le niveau d'éducation des femmes diminue la probabilité d'avoir les maladies à risque, contrairement aux hommes. Concernant l'hygiène de vie des marocains, nous l'avons mesuré par la pratique du sport et le tabagisme (nombre de paquets fumés). Ceci peut être compléter dans d'autres études par l'intégration du système nutritionnel, ce qui pourra renforcer nos résultats. Tous les facteurs à risque étudiés sont évitables (sauf l'âge) par une meilleure discipline sanitaire, hygiène de vie et alimentaire ce qui pourrait ainsi baisser indirectement la prévalence de l'AVC.

Toute fois l'élimination de l'AVC n'est pas possible du fait de la présence de facteurs de risque dont on ne pourra pas agir (sexe et âge). Nous avons soulevé suite à notre analyse de la base médicale (127 cas d'AVC), que les femmes marocaines âgées de plus de 65 ans deviennent globalement dépendantes. Et que les antécédents médicaux n'agissent pas fortement sur la gravité des séquelles. Il s'agit donc de surveiller autant que possible les facteurs de risque

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contrôlables tout en ciblant les femmes âgées. Les prendre en charge pourrait diminuer systématiquement le degré de l'handicap et surtout la récidive.

Nous avons bien démontré que les maladies à risque (HTA, Diabète et les MC) agissent fortement sur la probabilité de la survenance de l'AVC. Donc une meilleure prévention contre cette maladie se ferait par la maitrise des facteurs à risque évitables. Ceci diminuera fortement la mortalité et la morbidité évitable, en particulier chez les personnes de moins de 65 ans.

Les AVC surviennent brutalement et ses séquelles sont d'autant moins graves que les patients sont pris en charge rapidement par des structures spécialisées. Cet objectif ne pourra pas être réalisé avec la présence d'une grande inégalité régionale (entre les zones rurales et urbaines) et les inégalités sociales en santé. Assurer l'accès à la majorité des patients à des soins de qualité serait un objectif parmi d'autres.

Finalement, il est clair que la mise en place d'actions publiques et la prévention contre les facteurs de risque permettront, non pas de réduire à zéro, mais de diminuer de manière considérable les cas d'AVC. Certaines mesures préventives doivent être réalisées par les professionnels de santé tandis que d'autres peuvent être effectuées par tout un chacun.

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