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La radiodiffusion au cameroun de 1941 à 1990


par Louis Marie ENAMA ATEBA
Université de Yaoundé I - Master II en Histoire des Relations Internationales 2011
  

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I.3.2. Le déploiement des radios étrangères : l'exemple de quelques radios de référence françaises

Dans son flash d'informations du 06 avril 1984, la R.F.I., la station de radio française, annonce :

Il règne au Cameroun la grande incertitude. Des combats très violents auraient eu lieu autour du Palais présidentiel et aux abords de l'aéroport de Yaoundé. Les putschistes, dirigés par un colonel de la Garde Républicaine, ont proclamé la destitution du Président Biya dans un canal différent de celui de la radio nationale. Dans l'après-midi, les forces loyales au Président Biya ont repris la radio. Les combats ont déjà fait de nombreuses victimes civiles et militaires.

À 20 h 15, la R.F.I. affirme :

La radio (P.N.) indique que la station nationale de Radio Cameroun à Yaoundé à repris ses émissions à 18 h 40. Elle diffuse exclusivement de la musique variée. Le présentateur reprend les circonstances dans lesquelles se déroule la mutinerie. Une déclaration du Ministre des Forces Armées est attendue. Personne ne l'entendra. Dans son commentaire, Bernard Nageotte assimile les troubles à un « affrontement entre le Sud et le Nord », deux communautés qui se sont toujours méfiées sur l'échiquier camerounais.

Le samedi, 07 avril 1984, entre 6 h et 6 h 30, la R.F.I affirme être sans nouvelles précises sur le Cameroun, les communications étant coupées. Le présentateur affirme :

D'une part, hier soir, Radio Cameroun a diffusé des variétés africaines entrecoupées de messages. L'un de ceux-ci, probablement diffusé par les forces loyalistes, fidèles au Président Biya, demandait aux populations de Yaoundé de rester chez elles afin de permettre le nettoyage des poches de résistance des forces rebelles...Ceux-ci ont cru que le soulèvement se produirait comme ils l'ont prévu : facilement. Mais mal leur en a pris. Il semble que les combats se sont déroulés jusque plus tard dans la nuit.

R.F.I. constate que la situation reste confuse au Cameroun et que les forces loyalistes semblent avoir maté l'insurrection. Tout au long de ses bulletins de 07h à 15 h, la chaîne confirmera toujours que les combats continuent. Le dimanche, 08 avril 1984, R.F.I. annonce : « La tentative de coup d'État a été matée ». Entre-temps, l'ancien Président de la République, Ahmadou Ahidjo, parti en exil en France, avant la tentative de putsch, est interrogé par les journalistes de Radio Monte Carlo. Il répond : « J'ai été insulté et calomnié par les Camerounais ; ils n'ont qu'à se débrouiller tous seuls. Si ce sont mes partisans, ils auront le dessus... » Le dimanche, 08 avril 1984, à 13 h 30, Africa n°1 indique : « Les hommes du Général Semengue ont pris le dessus. » La radio diffuse aussi une grande partie du message du Président Biya. À 13 h 45, R.F.I. confirme qu'au Cameroun, tout est rentré dans l'ordre, que la mutinerie de la Garde Républicaine est bannie.

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