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Stratégies de sortie de crise pour le coton africain à  l'OMC et au-delà . Défis actuels et futurs

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par Hadi Honoré YONLI
Global Business School, Tarragona (Espagne) - Master en relations internationales 2013
  

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Résumé

Il y a quelques années, le coton était pour l'Afrique en général et particulièrement pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, une source de richesse. De nos jours, il est devenu un fardeau pour ces pays, un facteur d'appauvrissement.

Quoique plusieurs facteurs notamment la dépréciation des prix au niveau international, l'environnement, les problèmes de compétitivité et de productivité et les subventions des Pays développés aient conduis à cette situation. Les subventions agricoles sont la principale cause de cette dérégulation du marché qui a de sérieuses conséquences sur les économies des pays africains producteurs de coton.

A côté de l'impact macroéconomie des pertes de recettes dues aux subventions des pays développés, il faut ajouter les répercutions socio-économiques pour les vingt (20) millions de personnes qui vivent directement du coton en Afrique.

Le paradoxe de cette situation est que le producteur africain n'arrive plus à vivre de son coton qui est pourtant le plus compétitif au monde.

Les subventions des pays développés ont toujours été donc considérées comme un élément important du problème du coton africain.

Beaucoup de concertations formelles et informelles ont été organisées. Plusieurs organisations, intergouvernementales et de la société civile, ont été impliquées.

Les négociations sur le coton durent depuis 10 ans maintenant et le Cycle de Doha ne semble pas donner une solution heureuse jusqu'à maintenant pour les pays africains.

Globalement, l'objectif de cet thème est de faire l'état des lieux du dossier du coton africain à l'OMC et de fournir aux différentes parties prenantes sur le coton des modalités pratiques de sorties de crise pour le coton africain, à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et dans les autres instances internationales pertinentes.

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Introduction

Le coton et son importance pour les économies d'un groupe de pays de l'Afrique remonte à la révolution industrielle en Europe, qui a vu la naissance d'une industrie textile mécanisée approvisionnée par le coton des colonies. Depuis le milieu du XIXe siècle, la hausse des prix du coton en Inde et la diminution de la production américaine ont forcé les puissances européennes à chercher des marchés d'importation alternatifs. À l'époque, la France qui contrôlait une partie non négligeable de l'Afrique de l'Ouest résolut d'établir une entreprise publique, la Compagnie Française pour le Développement des Fibres Textiles (CFDT), qui entreprit de fournir la métropole en coton bon marché pour approvisionner en quantité suffisante l'industrie européenne du vêtement alors en plein essor.

Après les indépendances des années 1960, les pays ouest-africains mirent en place leurs propres entreprises publiques de coton et intensifièrent le développement du secteur avec un grand succès. Ils ont constamment amélioré et augmenté la production de cette matière première au point d'en faire la principale, sinon la seule, filière pourvoyeuse de devises étrangères et d'emplois à la ville comme à la campagne. Dans les usines d'égrenage, dans les huileries utilisant la graine de coton, dans les usines de filature et les transports, nombreux étaient ceux qui vivaient de cette filière.

Quarante ans plus tard, la production avait décuplé jusqu'à atteindre 5% de la production mondiale de coton, la surface destinée à sa production avait quadruplé, et l'Afrique de l'Ouest se plaçait à la troisième place des plus gros exportateurs de coton avec 15 % des exportations mondiales. Près de 10 millions de personnes dans toute l'Afrique francophone tiraient leurs moyens d'existence du coton1 . Cet avantage concurrentiel dans la production de coton a généré des revenus d'exportation et a favorisé le développement des zones rurales où se faisait la production. Même les paysans d'autres pays africains moins dépendants du coton tiraient une partie de leurs revenus de la culture de ce que l'on avait appelé « l'or blanc ». Au total, 36 pays africains et d'autres pays membres du Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont aujourd'hui des intérêts liés à la culture du coton. Cependant, la dépendance des pays d'Afrique de l'Ouest vis-à-vis de l'exportation du coton n'a cessé de croître jusqu'à ce que celle-ci représente un tiers des exportations totales en 20092.

Pourtant, en 2003, quatre pays africains producteurs de coton : le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad (ci-après après dénommés C_4) restaient parmi les pays les plus pauvres du monde, tous les quatre ayant quasiment 50 % voir plus de leur population vivant en dessous du seuil de pauvreté international de 1,25 $3. Dans un monde exempt de distorsions commerciales, ce à quoi tous les pays membres de l'OMC aspirent, leur avantage concurrentiel dans la production de coton combinée avec l'augmentation de la demande mondiale aurait dû permettre à l'Afrique de l'Ouest de sortir de la pauvreté par le commerce.

1 Le cas du coton brésilien à l'OMC : entre la négociation et le contentieux » Ray A. Goldberg, Robert Lawrence and J. Katherine Milligan, 2005

3 World Development Indicators , Banque mondiale, consulté le 14 avril 2011

2 ITC Trade Map. Consulté le 14 avril 2011

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En effet, à la même époque, certains pays développés comme les Etats-Unis et l'Union européenne (en particulier la Grèce et l'Espagne) ont décidé de stimuler la production du coton dans leur espace économique en allouant d'énormes subventions à leurs producteurs de coton à travers des lois agricoles (Farm Bill aux Etats-Unis et Politique Agricole Commune en Europe). Ainsi, les cotonculteurs américains (au nombre de 25 000) perçoivent des subventions à hauteur de 5 milliards de dollars par an. En Europe, les producteurs de coton sont moins nombreux et le volume des subventions est moins élevé, mais il reste le plus élevé à l'hectare. En offrant des incitations à produire des quantités que le marché ne peut absorber et en accordant des subventions à l'exportation, ces programmes ont fait chuter les prix de 12,9 %, selon la Banque Mondiale4. Malgré le fait que les pays d'Afrique de l'Ouest produisent du coton 50% moins cher que l'UE ou les Etats-Unis, les graves distorsions causées par les programmes de subventions occidentaux empêchent ces pays d'écouler efficacement leur production sur le marché international5.

Le prix du coton sur le marché mondial s'est effondré de 54 % entre le milieu des années 1990 et 2003, diminuant ainsi considérablement le revenu des 10 millions d'Africains de l'Ouest et du Centre qui dépendent directement de sa production. La perte des recettes d'exportation a sérieusement affecté le budget de ces pays, alors que dans le même temps, le FMI poussait pour le remboursement de leur dette. Bien que les facteurs qui expliquent la baisse des prix sont nombreux et complexes, le plus significatif est l'augmentation des subventions allouées par les États-Unis et l'Union européenne à quelques producteurs de coton dans leurs pays. D'ailleurs, un rapport publié par la Fairtrade Foundation fait remarquer que "le retrait des seules subventions américaines entraînerait la hausse des cours mondiaux de 6 à 14 %, la hausse des prix payés aux producteurs d'AOC de 5 à 12 %, et la hausse du revenu moyen des ménages d'Afrique de l'Ouest et du Centre de 2 à 9 %, soit l'équivalent des dépenses alimentaires d'un million de personnes6.

Les pays africains ne sont pas les seuls affectés par la chute des prix mondiaux, comme en témoigne l'affaire du coton portée par le Brésil devant l'organe de règlement de différends de l'OMC7.

Alors que la question fut soulevée quant à savoir si le C_4 devait se joindre à la plainte, il fut réticent à le faire notamment parce que le règlement des différends à l'OMC prend beaucoup de temps, et quand bien même la décision serait en leur faveur ils ne seraient pas en mesure d'exercer des représailles contre les Etats-Unis en cas de non-respect. Finalement le C-4 a choisi la voie de la négociation à travers l'Organisation Mondiale du Commerce.

L'objectif de cet thème est de faire l'état des lieux du dossier du coton africain à l'OMC et de fournir aux différentes parties prenantes sur le coton des modalités pratiques de sorties de crise pour le coton africain, à l'OMC et dans les autres

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6Coton : le roman noir de l'or blanc», Fair Trade Foundation, janvier 2011 7Ibid.

4 Coton : le roman noir de l'or blanc», Fair Trade Foundation, janvier 2011 «Coton : le roman noir de l'or blanc», Fair Trade Foundation, janvier 2011

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instances internationales pertinentes. Pour ce faire nous allons dans un premier chapitre faire une présentation détaillée de l'initiative sectorielle en faveur du coton présentée par le C_4 dans les négociations multilatérales. Il s'agira dans ce chapitre de présenter le volet commercial du dossier coton en rappelant les faits saillants, son évolution et les acquis. Un point relatif au volet développement du dossier coton notamment une analyse du mécanisme du Directeur Général de l'Organisation Mondiale du Commerce en faveur du coton et sera également fait. La dernière partie de ce chapitre sera consacrée au différend Etats Unis-Brésil sur le coton à l'OMC. Il s'agira dans cette partie d'analyser les résultats de ce recours et qu'auraient gagné les pays africains en allant au recours.

Un deuxième chapitre fera un état des lieux des filières cotonnières en Afrique notamment les difficultés rencontrées et les différentes réformes internes entreprises pour rendre plus compétitif le coton africain.

Un troisième chapitre sera consacré aux leçons à tirées et les perspectives notamment aux défis futurs à l'OMC et dans les autres enceintes internationales pour les pays africains producteurs de coton.

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"La première panacée d'une nation mal gouvernée est l'inflation monétaire, la seconde, c'est la guerre. Tous deux apportent une prospérité temporaire, tous deux apportent une ruine permanente. Mais tous deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques"   Hemingway