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Réflexion sur la prise en compte du changement climatique à  Rennes : eau, végétation & àŪlot de chaleur urbain


par Thibaut FILLIOL
Université de Strasbourg - Master 2 Géographie Environnementale 2016
  

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3.2.1 Les autres effets de la végétation

Selon l'APPA26 (2014), la végétation apporte un effet bénéfique sur plusieurs composantes :

26 Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique

A. 32

Sur la qualité de l'air

Les composés gazeux pénètrent dans les feuilles via les stomates et peuvent ainsi être métabolisés. Les végétaux sont donc capables d'absorber et de dégrader les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Les particules peuvent être quant à elles être fortement interceptées par les feuilles, même si la majorité reste retenue à la surface.

Les arbres et forêts en périphérie des villes permettraient également une diminution des concentrations d'ozone (O3) dans l'air. Seulement, cette molécule phytotoxique peut provoquer des effets à long terme sur les végétaux. De plus, les arbres sont aussi émetteurs de composés organiques volatiles (COV), en quantité variable selon les espèces, qui sont précurseurs de l'ozone.

En ce qui concerne les grosses particules et PM10 (diamètre inférieur à 10 microns), le piégeage est plus important pour les espèces qui possèdent une importante surface foliaire. Les conifères seraient alors plus efficaces (grande surface de dépôt et surface foliaire adhésive). Les arbres isolés sont plus efficaces pour l'accumulation des particules par rapport aux arbres de forêts urbaines. En effet, une densité trop forte d'arbres (surtout dans les rues encaissées et mal ventilées) peut entraîner une concentration de la pollution.

Enfin, les arbres, les plantes grimpantes (lierre) et les toitures végétalisées avec des herbacées (dispositif intensif) semblent capables de piéger les particules plus fines (PM 2.5 - PM 1) avec un bon rendement.

B. Sur la santé et le bien être

La végétation permet ainsi d'améliorer la santé physique au travers de son action de captage des particules polluantes. On note clairement une correspondance entre santé publique et espaces végétalisés. Ceux-ci permettent une activité physique via les parcs et procurent dans un même temps un bien-être psychologique (esthétisme). Ils apportent également confort thermique, phonique et protègent contre les conditions climatiques peu intenses (blocage des déplacements d'air).

Les espaces verts permettent également de créer du lien social à travers les jardins familiaux27, les jardins partagés28, ou encore les jardins d'insertion sociale et professionnelle, pour les personnes en situation précaire.

27 Parcelles mises à disposition des personnes souhaitant cultiver la terre pour leur propre consommation (Fédération Nationale des Jardins Familiaux)

28 Parcelles ouvertes au public et entretenues collectivement par les habitants d'un quartier (Agence Régionale de l'Environnement de Haute-Normandie)

33

En revanche, les problèmes allergiques restent assez préoccupants dans certaines villes et font d'ailleurs l'objet d'une attention particulière depuis quelques années, notamment en Ile-De-France.

Les différentes propriétés du végétal, citées précédemment, sont évidemment recherchées par les professionnels de l'aménagement, notamment pour lutter contre les épisodes caniculaires. Les questions liées aux méthodes de végétalisation employées se posent alors.

Cette partie a permis de décrire les principales variables qui démontrent le changement climatique. La ville de Rennes n'est pas épargnée, même si elle apparaît moins touchée jusqu'à présent, par rapport à d'autres régions françaises. Le changement climatique a des effets sur l'environnement « physique », mais aussi sur l'environnement urbain et les villes, qui voient leur vulnérabilité augmenter. C'est en partie à cause de cette vulnérabilité face aux évènements extrêmes et aux évolutions climatiques qu'émerge de plus en plus de réflexions concernant l'adaptation, en lien avec la végétation et l'aménagement du territoire. Les collectivités se doivent d'anticiper et de mettre en place des stratégies réfléchies en fonction des potentiels impacts climatiques, eux-mêmes influencés par la localisation géographique et les conditions météorologiques associées.

4. Les méthodes d'adaptation au changement climatique : la ville comme terrain d'expérimentation

Aux vues des manifestations probantes du changement climatique, les collectivités territoriales sont dans l'obligation d'adapter leur façon de concevoir la ville. Les grandes agglomérations françaises comme Lyon ou Paris font office de leader en la matière, tandis que d'autres ont décidé d'intégrer de manière plus importante les enjeux climatiques et la notion d'adaptation au sein de leurs documents d'urbanisme, comme c'est le cas à Rennes. La plupart du temps, ces agglomérations n'ont que peu, voire pas d'expérience concernant cette thématique qui reste relativement nouvelle pour les collectivités. Le maillage urbain doit donc être pensé comme un territoire d'expérimentations.

4.1 L'action sur le secteur privé au travers du coefficient de biotope

Si l'espace public constitue l'un des terrains d'action privilégié des collectivités concernant la thématique de la végétation en ville, il est plus difficile depuis quelques années d'investir et d'aménager de nouveaux espaces, en raison du manque de surfaces disponibles, mais aussi surtout des contraintes budgétaires qui limitent fortement l'action des collectivités.

34

Dans ce contexte tendu, les professionnels de l'aménagement de certaines communes se tournent depuis peu vers le domaine de l'espace privé, qui représente un levier d'action important, en raison de sa proportion majoritaire au sein des villes.

Le coefficient de biotope, initialement instauré à Berlin en 1998, a été adapté et reformulé par certaines agglomérations françaises, qui l'ont ensuite intégré dans la partie réglementaire de leur PLU. À Rennes, la réflexion s'est engagée au cours de l'année 2016, après un appui politique.

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