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Réflexion sur la prise en compte du changement climatique à  Rennes : eau, végétation & àŪlot de chaleur urbain


par Thibaut FILLIOL
Université de Strasbourg - Master 2 Géographie Environnementale 2016
  

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2.3 Les effets majeurs associés au changement climatique

L'augmentation du niveau marin et du risque de submersion marine associé est une des préoccupations principales de la région Bretagne. En effet, on estime une élévation entre +40 et +98 cm d'ici 2100, selon les scénarios du GIEC (Annexe 10). Ceci est dû à deux processus : d'une part, l'augmentation des températures des océans provoque une augmentation de la densité de l'eau. D'autre part, les échanges de masses d'eau avec les autres réservoirs permettent également l'élévation du niveau marin (fonte des calottes polaires et des glaciers de montagne).

Ce phénomène de montée des eaux est d'autant plus problématique que les littoraux bretons sont déjà sensibles aux risques de submersions marines lors de tempêtes violentes. Des mesures de prévention devront donc probablement être entreprises (en plus de celles actuelles), afin de limiter la vulnérabilité des infrastructures portuaires et des sociétés qui les entourent. La question du coût de ces infrastructures sera probablement source de problème, quand on connaît les difficultés financières de certaines petites collectivités (Cazenave, 2006).

Le changement climatique influe également sur les déterminants sociaux et environnementaux de la santé.

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Entre 2030 et 2050, on s'attend à ce que le changement climatique entraîne près de 250 000 décès supplémentaires par an, à cause notamment de la malnutrition, du paludisme, de la diarrhée et du stress occasionné par les épisodes caniculaires.

Le stress thermique occasionné par les vagues de chaleur, qui risquent d'être plus nombreuses à l'avenir, constitue une problématique majeure, surtout au niveau des zones urbaines. En parallèle, il est prédit que les parasites pourraient étendre leur aire de distribution actuelle en réponse à l'augmentation des températures, en colonisant plus particulièrement les régions du Nord, qui deviendraient alors plus accueillantes (Loot, 2011).

L'augmentation du nombre d'évènement caniculaires et le développement des maladies constituent une réelle menace pour les régions urbanisées. En effet, les villes sont plus vulnérables du fait de la concentration d'individus sur un espace relativement restreint (OMS, 2015).

La faune et la flore sont également menacées par les fluctuations liées au climat. Les changements de concentration en CO2 de l'atmosphère, les modifications des températures et celles des précipitations touchent le métabolisme et le développement des animaux, la croissance, la respiration, la composition des tissus végétaux et les mécanismes de photosynthèse. Les cycles de vie de la faune et de la flore peuvent alors être fortement perturbés et conduire à la migration voir à la disparition des espèces. La biodiversité d'un très grand nombre d'écosystèmes est aujourd'hui menacée par la hausse des températures, la fonte des glaces, ou les modifications de la composition de l'atmosphère à venir, notamment les pollutions (Harrois-Monin, date inconnue).

Il existe aussi un lien entre pollution et changement climatique, qui se retrouve essentiellement au niveau de l'effet de serre (Annexe 11). Ce phénomène bien connu résulte du piégeage plus ou moins important du rayonnement infrarouge émis par la surface de la Terre par son atmosphère (Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie). Ce processus permet de réchauffer l'atmosphère de manière efficace. Ce réchauffement est d'autant plus important que les rejets de GES liées aux activités humaines continuent d'augmenter, à commencer par le CO2 lui-même, mais aussi le CH4 (méthane) ou le N2O (protoxyde d'azote).

L'augmentation des températures favorise parallèlement l'apparition des pics d'ozone, que l'on observe essentiellement pendant les journées d'été très chaudes. La formation de l'ozone troposphérique, c'est-à-dire de l'ozone des basses couches de l'atmosphère, résulte de la transformation physico-chimique des polluants primaires (oxydes d'azote (Nox), composés organiques volatils (COV) ou encore monoxyde de carbone (CO)) au cours de leur « séjour » dans l'atmosphère (Respire, 2011).

Enfin, la question de l'eau est bien évidemment une des préoccupations principales liée au changement climatique, tant sa présence est importante. Si on considère que les périodes de sécheresses seront de plus en plus fréquentes, on sait qu'il existera des conflits et des pressions très fortes entre les territoires et les sociétés pour l'accès à l'eau, plus particulièrement à l'eau potable.

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Ce risque de conflits est d'autant plus présent que la situation économique mondiale n'est pas forcément propice à l'apaisement général. À terme, on pourrait craindre des conflits armés rattachés aux enjeux liés à cette ressource au combien importante (IRIN20, 2015).

Il y a une réelle inégalité de la disponibilité de l'eau à travers le monde. Si on se concentre plus spécialement à l'échelle de la France, on observe déjà ces inégalités. On constate notamment que la région Bretagne ne dispose pas de réelle nappe phréatique, comme cela est le cas pour l'Alsace par exemple, qui a facilement accès à l'une des plus grandes nappes phréatiques d'Europe (Figure 12). La question de l'eau se pose de manière plus marquée dans les villes du Sud et même à Rennes, qui se doivent d'établir des stratégies afin d'économiser cette ressource difficile à stocker. Le territoire rennais repose d'ailleurs sur un sol majoritairement schisteux/argileux, ce qui n'empêche pas l'infiltration des eaux même si elle est rendue plus difficile que sur d'autres types de sols. Un travail est d'ailleurs en cours pour établir une carte de sensibilité des sols vis-à-vis de l'infiltration sur le territoire rennais (réalisé par Agrocampus Ouest). Il y a donc une vraie réflexion à mener sur la gestion et le stockage de cette eau parfois excédentaire, mais pourtant « éphémère ».

Figure 12 : État hydrologique des nappes en 2013 en France ( http://wikiagri.fr)

Les grands thèmes évoqués ci-dessus regroupent une partie des effets du changement climatique sur notre environnement et les sociétés qui y sont associées. Il existe cependant des impacts plus spécifiques dans chaque domaine qu'il est nécessaire d'appréhender pour affiner sa perception de l'évolution du climat et de ses incidences. Les villes sont la plupart du temps les plus exposées, notamment pour les inondations, les évènements extrêmes ou encore les vagues de chaleur.

20 Integrated Regional Information Networks (ONU)

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Ces dernières sont intensifiées par un phénomène bien connu des scientifiques, lié à l'environnement urbain. Il s'agit de l'îlot de chaleur urbain (ICU).

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