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Effets de l'ouverture commerciale sur la croissance économique du Burkina Faso.

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par Yempabou Landry Clotaire MANO
ENAM - Conseiller des affaires économiques 2015
  

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Chapitre II : Analyse de l'évolution de la croissance économique et

de l'ouverture commerciale du Burkina Faso 21

Section I : Analyse de la dynamique économique 21

Section II : Évolution de l'ouverture commerciale du Burkina Faso 24

PARTIE II : STRUCTURE DU COMMERCE EXTÉRIEUR ET EFFETS DE

L'OUVERTURE SUR LA CROISSANCE 31

Chapitre I : Environnement des échanges extérieurs 32

Section I : Analyse du solde commercial 32

Section II : Partenaires commerciaux 36

CHAPITRE II : Étude empirique 39

Section I : Aspects méthodologiques et cadre opératoire 39

Section II : Interprétation des résultats et suggestions 50

Conclusion Générale 55

Références bibliographiques 56

Table des matières 59

ANNEXES I

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Introduction générale

Après la seconde guerre mondiale, les politiques économiques étaient marquées par deux tendances majeures. D'une part, on note la suppression progressive des barrières commerciales des économies industrialisées. Ces politiques reposaient sur l'idée selon laquelle le libre-échange est non seulement une force pour la prospérité économique des nations, mais aussi pour la promotion de la paix (Krugman et Obstfeld, 2009).

D'autre part, les politiques économiques de bon nombre de pays en développement (PED) à l'exception de certains pays du Sud-est asiatique ont été conditionnées par la croyance que la clé du développement résidait dans la constitution d'un secteur manufacturier puissant, et que le meilleur moyen de créer un tel secteur était de protéger les industries locales de la concurrence internationale notamment par des politiques de substitution aux importations 1 . Parallèlement les pays asiatiques (Japon, Hong Kong, Corée du Sud, Singapour...) se sont davantage ouverts au commerce mondial et aux capitaux étrangers.

Toutefois au début des années 1980, après les chocs pétroliers de 1973 et 1979 et la crise de la dette de 1982, les pays qui avaient mis en place des politiques d'ouverture ont connu une croissance économique soutenue et ont mieux résisté à différents chocs économiques tandis que les pays qui avaient opté pour le protectionnisme ont vu leurs revenus baisser. C'est dans ce contexte de surendettement et de déséquilibres économiques que certains PED ont dû adopter des programmes d'ajustement structurel (PAS) sous la supervision de la Banque Mondiale (BM) et du Fonds Monétaire International (FMI). Beaucoup de pays (les pays africains et d'Amérique latine) ont, par la même occasion, entamé des réformes commerciales visant à libéraliser leur commerce extérieur et à réduire les distorsions des prix ; la finalité de ces programmes étant de réduire leurs déséquilibres budgétaires et commerciaux.

Cependant, une décennie2 après la mise en place de ces réformes, le bilan est resté très mitigé : un article du FMI publié en novembre 2001 sous le thème « libéralisation

1 Produire au niveau national ce qui était autrefois importé grâce à l'utilisation des ressources locales ou à défaut faire recours aux IDE.

2 L'adoption des PAS en Afrique a débuté dans les années 1980. Il faudra attendre les années 1990 pour que la quasi-totalité des pays pauvres y adhèrent. La décennie se décompte ici à partir de 1990.

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du commerce mondial et pays en développement » révèle que pour environ soixante quinze (75) économies en développement et en transition, dont la quasi-totalité des pays les moins avancés (PMA), les résultats ont été moins satisfaisants. Ces pays ont vu leur part dans le commerce mondial décliner substantiellement. Contrairement aux pays qui ont réussi leur intégration, ils dépendent de façon disproportionnée de la production et de l'exportation de produits de base traditionnels dont les cours mondiaux ont une tendance baissière. Les politiques économiques visant la promotion des échanges commerciaux n'ont donc pas donné les résultats escomptés dans le contexte africain. Pourtant, elles continuent d'être suivies par différents États et sont, même, vivement encouragées par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). La question qui se pose est de savoir pourquoi les politiques d'ouverture qui ont réussi en Amérique du Nord, en Europe et même en Asie du Sud-est n'ont pas fonctionné efficacement ailleurs ? Une plus grande ouverture aux échanges internationaux peut -elle créer une dynamique de croissance pour un pays en développement comme le Burkina Faso ?

Ces questions méritent une attention particulière dans la mesure où le Burkina Faso s'est engagé sur la voie de la libéralisation depuis 1991 avec l'adoption des PAS, l'intégration à l'Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) en 1994 et à l'OMC en 1995. La tendance à l'ouverture de l'économie burkinabè est aussi marquée par de multiples accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux à l'instar des APE (Accords de Partenariat Économique) en cours de négociation. Au-delà de ces faits, l'ouverture au reste du monde est considérée comme une stratégie pour promouvoir le commerce extérieur du pays ; en témoigne son inscription dans le référentiel central de la politique économique 2011-2015 (Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable : SCADD) notamment en son axe stratégique I intitulé : développement des piliers de la croissance accélérée.

Jusqu'à une date récente, les travaux qui ont étudié pour les PED la relation ouverture-croissance étaient pratiquement unanimes au sujet des effets positifs de la libéralisation sur la croissance et le développement économique. L'ouverture sur l'extérieur devrait assurer une meilleure allocation des ressources et favoriser une orientation des investissements vers les secteurs exportateurs. Elle devrait à terme se traduire par une relance des dynamiques de croissance et une insertion plus compétitive des économies en développement dans le processus de globalisation.

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Toutefois, le consensus sur la relation entre l'ouverture commerciale et la croissance économique a commencé, depuis une quinzaine d'années (1999), à faire l'objet d'importants débats et controverses dans le champ de l'économie de développement. Francisco Rodriguez et Dani Rodrik dans un article paru en 1999 portent un regard critique sur les principaux travaux qui stipulent l'existence d'une forte corrélation positive entre l'ouverture sur l'extérieur et la croissance économique dans les PED. Ils suggèrent que les choix méthodologiques et les séries empiriques utilisées aient exercé une influence prépondérante sur la nature des résultats et particulièrement sur la conclusion d'une relation positive entre l'ouverture au commerce et la croissance. Ils insistent sur les limites des méthodes utilisées par les différents auteurs, et font l'hypothèse que cette relation n'est pas aussi évidente qu'on a eu tendance à le croire durant les dernières années. La contribution de Francisco Rodriguez et Dani Rodrik s'est attaquée à une question que plusieurs économistes pensaient définitivement réglée. Elle a le mérite de relancer le débat sur l'une des questions les plus importantes de la littérature économique (Berrached, 2013).

Notre étude s'inscrit dans ce débat et cherche particulièrement à apporter à partir de l'expérience de développement du Burkina Faso quelques éléments de réponses sur les rapports entre la libéralisation des échanges et la croissance économique.

L'objectif général de ce travail est donc de tester empiriquement les effets de l'ouverture commerciale sur la croissance de l'économie burkinabè.

De façon spécifique, il s'agira :

- de déterminer les conditions dans lesquelles l'ouverture est facteur de croissance ;

- d'apprécier l'influence du degré d'ouverture de l'économie sur la croissance sur l'horizon temporel 1990-2012.

Pour ce faire nous formulons les hypothèses suivantes :

- le Burkina Faso ne profite pas pleinement de ses échanges extérieurs ;

- l'ouverture commerciale influence positivement la croissance économique du

Burkina Faso.

Au niveau méthodologique, nous avons choisi d'analyser le degré d'ouverture commerciale du pays par rapport au volume global de ses échanges et non par

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rapport à ses orientations économiques pour prendre en compte l'ensemble des nouvelles formes de protection non tarifaires à savoir les quotas d'importations et d'exportations, les barrières sanitaires et phytosanitaires qui se répercutent en dernier ressort sur le volume des échanges. De ce fait l'indicateur d'ouverture retenu est le taux d'ouverture commerciale traduit par la formule suivante : moyenne des exportations et des importations divisée par le PIB. Cet indicateur offre l'avantage d'être statistiquement quantifiable pour permettre une modélisation économétrique même si plusieurs critiques lui sont adressées, entre autres, le risque d'une mauvaise spécification du fait de l'endogénéité des variables du coefficient. Pour quantifier la croissance économique, l'indicateur retenu est le PIB réel. Les estimations économétriques seront effectuées par la méthode des moindres carrés à l'aide du logiciel économétrique EVIEWS 8. Pour ce faire, des données statistiques recueillies à l'Institut National de la Statistique et de la Démographie (INSD), au Ministère des Enseignements Secondaire et Supérieur (MESS), à la Direction Générale du Commerce (DGC) et sur les serveurs de la BM et du CCI seront utilisées.

Cette contribution sera articulée autour de deux parties subdivisées chacune en deux chapitres. Dans la première partie, il sera question du cadre conceptuel et de l'analyse de l'évolution de la croissance économique et de l'ouverture commerciale. Dans la seconde et dernière partie, nous examinerons la structure du commerce extérieur burkinabè et analyserons empiriquement les effets de l'ouverture sur la croissance tout en formulant des propositions.

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