WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Changements climatiques et production agricole dans les pays de la CEEAC


par Blaise Ondoua Beyene
Université de Yaoundé 2 - Master Degree 2019
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

2.2.2.2 Présentation des résultats des estimations et interprétation

Pour déterminer les effets des indicateurs des changements climatiques sur le rendement agricole dans les pays de la CEEAC sur la période 2003 à 2011, nous avons effectué quatre régressions. Les résultats sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 2.3:Présentation des résultats des estimations

Modèle

Variables

Modèle 1 : Rendement de banane

Modèle 2 : Rendement de cacao

Modèle 3 : Rendement de café

Modèle 4 : Rendement de coton

Température

-0,528**

(0,323)

-0,555***

(0,131)

-0,001

(0,001)

-0,044*

(0,170)

Précipitation

0,013***

(0,003)

-0,003

(0,003)

-0,040**

(0,083)

0,010

(0,002)

Investissement agricole

-0,154*

(0,087)

0,406***

(0,110)

-0,013

(0,025)

-0,003

(0,043)

Taux de croissance de la main d'oeuvre agricole

4,533***

(0,891)

-1,934*

(0,993)

1,396***

(0,313)

-3,226***

(0,466)

Taux d'inflation

-0,005

(0,003)

-0,002

(0,004)

-0,004*

(0,002)

-0,004**

(0,002)

Taux de croissance de l'économie

-2,117

(1,345)

-2,701**

(1,256)

0,491*

(0,570)

-1,336*

(0,685)

p-value

0,000

0,0000

0,0055

0,0000

Observation= 36

Nombre de pays=4

Nombre de période=9

Les valeurs entre parenthèses représentent les écart-types corrigés de l'hétéroscédasticité.*** p<0,01, ** p<0,05, * p<0,1 sont respectivement la significativité à 1%, 5% et 10%.

Source: Auteur, estimations réalisées par le logicielSTATA 15.1 à partir des données de FAOSTAT (2018) et CCKP (2018) et de WDI(2018)

Interprétation des résultats des estimations

Au regard des résultats du tableau 2.3 ci-dessus, dans l'ensemble les estimations de nos modèles sont satisfaisantes sur le plan économétrique et sur le plan théorique :

S'agissant du plan économétrique, les tests de significativité global de Wald sont significatifs, indiquant que globalement, les variables explicatives expliquent les variables expliquées. Les probabilités associées à ces tests sont p-value=0,0000?1%, p-value=0,0000?1%, p-value=0,0055?1% et p-value=0,0000?1% pour le modèle 1, modèle 2, modèle 3 et 4 respectivement.

Sur le plan théorique, les résultats de nos estimations sont pour la plupart conformes aux travaux antérieurs pour les indicateurs des changements climatiques. En ce qui concerne l'influence des changements climatiques sur le rendement de la banane (modèle 1), le coefficient associé à l'indicateur température est de signe négatif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation.Ce résultat est conforme à nos attentes, car lorsque les températures augmentent les plantations de banane souffrent de stress thermique. Elles sont plus exposées aux attaques des parasites. En ce qui concerne l'effet des précipitations sur le rendement de la banane, le coefficient associé à l'indicateur précipitation est positif et significatif au seuil de 1% dans l'estimation.Ce résultat est conforme à la théorie, car une augmentationdes précipitations permet au bananier d'absorber les nutriments du sol pour assurer sa croissance rapide et une meilleure production.

Concernant les indicateurs macroéconomiques, le résultat de l'indicateur relatif àl'investissement agricole est de signe négatif et significatif au seuil de 10%. Iln'est pas conforme à nos attentes et à la théorie économique qui stipule que l'investissement agricole correspond aux dépenses destinées à augmenter le potentiel productif, cela serait dû à l'influence des conditions climatiques. Pour ce qui est de l'influence du taux de croissance de la main d'oeuvre agricole sur le rendement de la banane, le coefficient associé à cette variable est de signe positif et significatif au seuil de 1%.Ce résultat est conforme à nos attentes. La croissance du rendement doit être renforcée par une main d'oeuvre disponible, en ce sens, la population doit être un élément moteur. S'agissant du taux d'inflation et du taux de croissance de l'économie, les coefficients associés à ces deux indicateurs sont de signes négatifs et non significatifs.Les résultats mettent en évidence l'influence négative que pourraient avoir le taux de croissance de l'économie et le taux d'inflation sur le rendement de la banane dans les pays de la CEEAC.

Les résultats du modèle 1 corroborent à ceux de --Salvacion (2019) qui a montré que par rapport aux précipitations, la variable température a la plus grande influence sur le rendement de la banane au niveau provincial au Philippine. Ainsi, en conformité avec nos estimations, on relève effectivement que la variable température donc les changements climatiques influencent négativement le rendement de la banane dans les pays de la CEEAC.

Pour ce qui est de l'influence des changements climatiques sur le rendement de cacao (modèle 2), les résultats de l'estimation montrent que le coefficient associé à l'indicateur température est de signe négatif et significatif au seuil de 1%. Ce résultat conforme à nos attentes,montre que la températureinfluence négativement le rendement du cacao. La température affecte les cherelles de cacao en changeant leur forme et couleur.Elles deviennent jaunes et sont vouées à dégénérer, ce qui engendre la baisse du rendement. Pour ce qui est des précipitations, le signe associé au coefficient decet indicateur est négatif et non significatif. Le signe de cerésultat bien que conforme à nos attentes est non significatif. La non significativité pourrait s'expliquer par le fait que les effets négatifs des précipitations sur le rendement du cacao ne sont pas encore perceptibles, car la production du cacao se développe dans des régions pluvieuses.

Concernant l'influence des indicateurs macroéconomique sur le rendement du cacao. Le coefficient associé à la variable investissement agricole est de signe positif et significatif au seuil de 1%. Ce résultat est conforme à la théorie économique qui stipule que l'accroissement del'investissementagricole permet d'augmenter les capacités de production des agriculteurs,il est bénéfique au rendement du cacao. Pour ce qui est du taux de croissance de la main d'oeuvre agricole, le coefficient associé à cet indicateur est de signe négatif et significatif au seuil de 10%. Ce résultat montre que la hausse du taux de croissance de la main d'oeuvre agricole engendre une diminution du rendement du cacao.Ce résultat serait expliqué par la présence des facteurs environnementaux. S'agissant du taux d'inflation, le coefficient associé à cette variable est de signe négatif et non significatif. Ce résultat met en évidence l'influence négative que pourrait avoir la hausse du taux d'inflation sur le rendement du cacao. En ce qui concerne le taux de croissance de l'économie, le coefficient associé à cet indicateur est de signe négatif et significatif au seuil de 5%. Ce résultat montre que la hausse du taux de croissance de l'économie n'est pas bénéfique au rendement du cacao. Or, en théorie, la croissance permet de puiser les capitaux dans les secteurs porteurs pour financer d'autres.

Nos résultats semblent êtreen accordavec ceux de Oyekale (2012) qui analyse l'influence des changements de température et de précipitations sur le rendement du cacao dans trois Etats du Nigeria, il montre queles précipitations influence négativement. De cette analyse et conformément aux résultats de notre estimation, il ressort que les changements climatiques influencent négativement le rendement du cacao dans les pays de la CEEAC.

S'agissant de l'influence des changements climatiques sur les rendements du café (modèle 3), le coefficient associé à la variable température est négatif et non significatif dans l'estimation. Ce résultat met en évidencel'influence négative que pourrait avoir une hausse de la températuresur le rendement du café. La culture du café répond rapidement au stress de températures, car le café est produit dans des régions pluvieuses. Pour ce qui est de l'indicateur précipitation sur le rendement du café, il est négatif et significatif au seuil de 5%. Ce résultatest non conforme à nos attentes puisque le café s'épanouit plus en présence d'eau douce, l'influence négative serait due aux fortes précipitations qui tombent en période de fleurissement.

Pour ce qui est de l'influence des indicateurs macroéconomiques sur le rendement du café, le coefficient associé à l'investissement agricole est négatif et non significatif. Ce résultat met en évidence l'influence négative que pourrait avoir une augmentation de l'investissement agricole sur le rendement du café. Concernant le taux de croissance de la main d'oeuvre agricole, le coefficient associé à l'indicateur est de signe positif et significatif au seuil de 1%. Ce résultat montre que l'accroissement de la main d'oeuvre dans le secteur agricole engendre une augmentation du rendement du café, car avec une main d'oeuvre élevée, l'entretien des plantations de café est mieux assuré, ces dernières sont ainsi moins exposé aux attaques des rats et des insectes du café. Pour l'inflation, le coefficient associé à cet indicateur est de signe négatif et significatif au seuil de 10%. Ce résultat met en évidence l'influence négative de l'inflation sur le rendement de café. Concernant le taux de croissance de l'économie, le coefficient associé à cette variable est de signe positif mais non-significatif. Ce résultat montre l'influence positive que pourrait avoir le taux de croissance de l'économie sur le rendement de café.

De ce qui précède, nos résultats semblent corroborer avec les orientations au sens de -`'Davis et al. (2012) qui montrent que le café est considérécomme une espèce sensible au climat. Au regard des résultats de nos estimations, il ressort que les changements climatiques influencent négativement le rendement du café dans les pays de la CEEAC.

Pour ce qui est de l'influence des indicateurs des changements climatiques sur le rendement du coton (modèle 4).Il ressort notamment de l'estimation que le coefficient associé à l'indicateur température est négatif et significatif au seuil de 10%. Ce résultat est non conforme à nos attentes, car le coton est une plante qui se développe dans les régions à température élevée. En ce qui concerne la précipitation, le signe associé à cette variable est positif et non significatif. Ce résultat ne correspond pas à nos attentes car, en phase de maturation, les précipitations ont pour effet de réduire le rendement de coton à travers les agents porteurs de maladies. Ils déposent les larves sur les capsules qui donnent naissance à des verres qui détruisent les fruits du coton. Cela a pour effet de réduire le rendement du coton.

Concernant l'influence des indicateurs macroéconomiques sur le rendement du coton, le coefficient associé à la variable investissement agricole est de signe négatif et non significatif. Ce résultat nous montre l'influence négative que pourrait avoir l'investissement agricole sur le rendement du coton. Pour ce qui est du taux de croissance de l'économie, le coefficient associé à cet indicateur est négatif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation. Ce résultat met en évidence l'influence négative du taux de croissance de l'économie sur le rendement du coton. Pour la variable inflation, il ressort de l'estimation que le coefficient qui lui est associé est négatif et significatif au seuil de 10%. Le résultat met en évidence l'influence négative que l'augmentation du taux d'inflation a sur le rendement du Coton. Le taux de croissance de l'économie quant à lui est de signe négatif et significatif au seuil de 10% dans l'estimation. Ce résultat nous montre l'influence négative que l'augmentation du taux de croissance de l'économie a sur le rendement du coton.

Les résultats du modèle ci-dessus semblent être en divergence avec ceux trouver par Bodjongo (2018)qui a montré que bien qu'il ne soit pas significatif, l'accroissement des températures est favorable à la culture du coton au Cameroun. Cependant, Barrios et al.(2008) indiquent que la hausse des températures a eu une incidence négative sur la production cotonnière ; de plus, ils trouvent que la baisse des précipitations a entraîné la diminution de la production cotonnière. De ces analyses, il ressort effectivement que les changements climatiques influencent négativement le rendement du coton dans les pays de la CEEAC.

précédent sommaire suivant