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Changements climatiques et production agricole dans les pays de la CEEAC


par Blaise Ondoua Beyene
Université de Yaoundé 2 - Master Degree 2019
  

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2.2.2.2 Présentation des résultats des estimations et interprétation

Afin de déterminer comment les stratégies d'adaptation agricole aux changements climatiques influencent le rendement agricole dans les pays membres de la CEEAC, nous avons effectué les régressions en panels. Le tableau ci-dessous présente la synthèse des différents résultats.

Tableau 4.3: Résultats des estimations

Variables

Modèle 1 (banane)

Modèle 2 (cacao)

Modèle 3

(café)

Modèle 4 (coton)

Engrais

-0,099**

(0,044)

0,006

(0,026)

-0,014

(0,019)

0,045

(0,025)

Insecticide

-0,008

(0,009)

-0,101***

(0,033)

0,018

(0,065)

0,015

(0,012)

Fongicide

/

0,095***

(0,020)

/

/

Herbicide

0,026

(0,028)

-0,026***

(0,010)

-0,015**

(0,013)

-0,002*

(0,006)

Investissement

0,203**

(0,091)

-0,068

(0,088)

0,005

(0,033)

-0,100**

(0,042)

Inflation

0,005**

(0,002)

-0,005**

(0,002)

-0,008**

(0,004)

-0,002**

(0,001)

Emploi

2,456**

(1,072)

2,358***

(0,368)

0,732*

(0,442)

0,373

(0,637)

Croissance économique

0,855

(0,716)

1,465**

(0,575)

0,477

(0,824)

0,106

(0,387)

p-value

Prob>F=0,00

Prob>chi2=0,00

Prob>chi2=0,00

Prob>F=0,00

Nombre d'observations=27

Nombre de pays= 3

Nombre d'années= 9

Les valeurs entre parentheses représentent les écart-types corrigés de l'hétéroscédasticité.*** p<0,01, ** p<0,05, * p<0,1 sont respectivement la significativité à 1%, 5% et 10%.

Source: Auteur, estimations réalisées à partir de STATA 15.1 avec les données de FAOSTAT (2018), CCKP (2018) et de la WDI (2018)

Interprétation des résultats des estimations

Au regard du tableau (tableau 4.3) ci-dessus, les résultats obtenus se révèlent satisfaisant dans l'ensemble tant au plan économétrique qu'au plan théorique :

Au plan économétrique, les tests de Fisher et de Wald nous permettent de conclure que nos quatre modèles sont globalement et fortement significatifs. En effet, les p-values associées à ces statistiques (prob>F=0,00 ; prob>chi2=0,00; prob>chi2=0,00 ; prob>F=0,00) sont inférieures à 1% pour toutes les estimations. Les résultats de nos estimations sont optimaux car nous avons corrigés les problèmes liés à l'hétéroscédasticité.

Sur le plan théorique, en ce qui concerne le premier modèle estimé (modèle 1), le coefficient associé à la variable engrais est négatif et significatif au seuil de 5% ; cela suppose qu'une augmentation de l'utilisation des engrais dans les plantations de banane entraîne une baisse du rendement, ce résultat pourrait être dû au non-respect par les agriculteurs des doses prescrites par les ingénieurs ou alors du non-respect des périodes d'application des engrais. Pour ce qui est de l'insecticide, son influence n'est pas encore perceptible sur le rendement de banane car le coefficient associé à cet indicateur est de signe négatif et non significatif.Ce résultat montre donc l'influence négative que l'utilisation d'insecticides peut avoir sur le rendement de banane. Pour ce qui est de l'herbicide, le coefficient associé à cette variable est de signe positif mais non significatif ; ce résultat montre l'influence positive que pourrait avoir l'utilisation des herbicides dans les plantations de banane dans les pays membres de la CEEAC.

S'agissant de l'influence de indicateurs macroéconomique sur le rendement de banane dans le contexte d'adaptation, il ressort de l'estimation que : le coefficient associé à la variable investissement agricole est de signe positif et significatif au seuil de 5%.Ce résultat se justifie du point de vue théorique car l'investissement agricole permet d'accroître le niveau de rendement agricole. Pour ce qui est de l'inflation, le coefficient associé à cette variable est positif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation ; une augmentation du niveau des prix entraîne un accroissement du rendement de banane.Ce résultat est contraire à nos attentes car l'inflation contribue à limiter l'accès aux intrants agricole. En ce qui concerne l'indicateur d'emploi, le coefficient qui lui est associé est de signe positif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation ; lorsque le taux d'emploi en agriculture augmente le rendement de banane augmente plus que proportionnellement.Ce résultat se justifie du point de vue théorique car la main d'oeuvre permet aux agriculteurs de mieux prendre en charge leur plantation, ce qui contribue à accroître efficacement le rendement. Concernant l'indicateur de la croissance économique, le coefficient qui lui est associé est de signe positif mais non significatif.Ce résultat montre l'influence positive que pourrait avoir le taux de croissance du produit intérieur brut réel sur le rendement de banane dans les pays de la CEEAC.

Les résultats du modèle 1 semblent corroborer avec ceux trouvé par Boonwichai et al.(2019) qui ont évalué les mesures d'adaptation potentielles sur les pratiques de gestion sur le terrain pour la production de riz dans des scénarios des changements climatiques en Thaïlande.Ils trouvent que l'augmentation de la dose d'engrais peut toutefois réduire le rendement futur du riz. Ainsi, nous relevons que l'augmentation de la quantité d'engrais dans la culture de banane est inefficace pour booster le rendement.

Pour ce qui est du modèle 2, le coefficient associé à l'indicateur quantité d'engrais utilisée est de signe positif et non significatif ; ce résultat montre l'influence positive que pourrait avoir l'utilisation du fertilisant dans la plantation de cacao, il est conforme à nos attentes mais la non significativité de ce paramètre pourrait s'expliquer par le fait que les effets positifs ne sont pas encore perceptibles, de plus, le cacao se développe plus dans un climat ou il y'a assez de précipitations. En ce qui concerne l'utilisation d'insecticide, le coefficient associé à cet indicateur est de signe négatif et significatif au seuil de 1% dans l'estimation ; ce résultat montre qu'une augmentation de l'utilisation des engrais engendre une diminution du rendement du cacao, il est contraire à nos attentes car l'insecticide permet de combattre les attaques d'insectes dans les plantations de cacao, son signe négatif serait dû au non-respect des périodes de pulvérisation. S'agissant de l'utilisation du fongicide, le coefficient associé à cet indicateur est de signe positif et significatif au seuil de 1% dans l'estimation ; ce résultat est conforme à la théorie et à nos attentes, il montre qu'une augmentation de l'utilisation du fongicide dans les plantations de cacao engendre une hausse du rendement. Contrairement à l'utilisation de l'herbicide, le coefficient associé à cette variable est de signe négatif et significatif au seuil de 1% dans l'estimation ; ce résultat est non conforme à nos attentes.Il démontre que la hausse des quantités utilisées d'herbicide engendre une diminution du rendement du cacao.Cet effet négatif serait causé par un mauvais usage de ce produit.

Pour ce qui est des résultats des indicateurs macroéconomiques, le coefficient associé à l'indicateur investissement agricole est de signe négatif et non significatif ; ce résultat nous montre l'impact négatif que pourrait avoir l'investissement agricole sur le rendement du cacao, ce signe négatif peut s'expliquer par les contraintes que connait la production du cacao. Concernant l'inflation, le coefficient associé à cet indicateur est de signe négatif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation ; ce résultat répond à nos attentes car une hausse de l'inflation est caractérisée par la baisse du rendement, l'activité de production du cacao étantliée aux intrants. Ainsi, l'effet de la hausse des prix des intrants agricole aura pour conséquence la limitation de l'accès à ces produits. En ce qui concerne l'emploi dans le secteur agricole, il ressort de l'estimation que le coefficient associé à cet indicateur est positif et significatif au seuil de 1% ; la hausse de l'emploi dans le secteur de l'agriculture s'accompagne de l'augmentation du rendement de cacao, ce résultat est conforme à la théorie économique car la hausse de l'emploi dans le secteur agricole entraîne une hausse de la production plus que proportionnelle, le rendement du cacao passant plus par l'entretien des plantations. Pour ce qui est du taux de croissance de l'économie, le coefficient associé à cette variable est de signe positif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation ; ce résultat est conforme à nos attentes car la croissance économique permet de développer la cacaoculture en puisant les ressources provenant d'autres secteurs. Au final, la hausse de la croissance économique est bénéfique pour le développement du rendement du cacao dans les pays de la CEEAC.

Les résultats du modèle 3 nous montrent que le coefficient associé à la variable engrais est de signe négatif et non significatif ; ce résultat est non conforme à la théorie, il montre l'influence négative que pourrait avoir la quantité d'engrais utilisée sur le rendement du café. L'utilisation des insecticides quant à elle est non significative ; le résultat obtenu met en évidence l'influence positive que pourrait avoir l'utilisation des insecticides sur le rendement du café. Pour ce qui est de l'herbicide, ce dernier a un effet négatif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation ; le résultat est non conforme à la théorie car l'utilisation de ce produit permet de combattre la mauvaise herbe qui pousse dans les plantations de café ; ce résultat peut être expliqué par le non-respect des doses prescrites et des périodes d'aspersion sur les adventices.

Pour ce qui est des indicateurs macroéconomiques dans le troisième modèle, le coefficient associé à la variable investissement agricole est positif et non significatif ; les effets de l'augmentation des investissements agricoles ne se font pas encore ressentir dans le secteur du café. Concernant l'inflation, le paramètre estimé qui lui est associé est négatif et significatif au seuil de 5% ; ce résultat est conforme aux attentes de la théorie, il montre que l'effet de l'augmentation des prix contribue à réduire le rendement de café. Quant au niveau d'emploi dans l'agriculture, l'indicateur associé à cette variable est de signe positif et significatif au seuil de 10% dans l'estimation ; ce résultat prouve que l'accroissement de la main d'oeuvre dans le secteur de l'agriculture entraîne la hausse du rendement du café. Le taux de croissance de l'économie quant à lui est non significatif sur le rendement de café, ses effets ne sont pas encore perceptibles dans les pays membres de la CEEAC.

S'agissant du modèle 4, les indicateurs associés à l'utilisation des engrais et des insecticides sont positifs mais non significatif ; ces résultats montrent l'influence positive que pourrait avoir l'utilisation des engrais et des insecticides sur le rendement du coton. Quant à l'utilisation des herbicides, le coefficient qui lui est associé est négatif et significatif au seuil de 10% dans l'estimation ; ce résultat montre que l'utilisation des herbicides n'est pas propice au rendement du coton, ceci s'expliquerait par une utilisation d'herbicides inappropriée à la culture du coton.

Quant aux indicateurs macroéconomiques, le coefficient associé à la variable investissement agricole est négatif et significatif au seuil de 5% dans l'estimation ; ce résultat peut s'expliquer par le fait que le secteur du coton ne bénéficie pas des investissements alloués au secteur agricole. Pour ce qui est de l'inflation, le coefficient qui lui est associé est de signe négatif et significatif au seuil de 5%, ce résultat est conforme à la théorie et à nos attentes. S'agissant de l'emploi et du taux de croissance de l'économie, ces deux variables sont positives et non significatives sur le rendement du coton, leurs effets ne sont pas encore perceptibles sur le rendement du coton des pays de la CEEAC.

Dans les travaux de Quan et al. (2019), il a été prouvé que l'utilisation des herbicides comme stratégies d'adaptation aux effets des changements climatiques par les agriculteurs est inefficace pour stimuler le rendement du blé, malgré son effet lent sur la culture à long terme il contribue à diminuer le rendement. En s'appuyant sur cette analyse et conformément à notre résultat, nous constatons que l'emploi d'herbicides dans les plantations de café et de coton est inefficace pour stimuler suffisamment leur rendement.

Au demeurant, les indicateurs ci-dessus développés ont respectivement démontré à juste titre l'intérêt relatif à la deuxième hypothèse. Les effets négatifs observés sur les variables d'adaptation sont dus en majorité aux mauvaisespratiques des agriculteurs, aux conditions des précipitations et surtout des températures qui ont tendance à augmenter dans les pays membres de la CEEAC. Ces résultats montrent qu'effectivement les indicateurs des stratégies d'adaptation aux effets des changements climatiques sont des déterminants potentiels du rendement agricole. Ces déterminants permettent d'accroître le rendement par hectare des cultures, cependant leur application reste floue.

Au plan macroéconomique, plus d'éléments théoriques tendent à démontrer que l'investissement dans le secteur agricole est l'un des moyens les plus efficaces pour augmenter la production. Il peut produire des avantages très divers en faveur du développement agricole. On ne peut cependant pas s'attendre à ce que ces avantages se produisent automatiquement. L'inflation amène les agriculteurs à débourser davantage de moyens pour acquérir un certain nombre d'intrants, des semences, d'où son influence négative sur le rendement agricole. Le niveau d'emploi quant à lui permet de recruter plus de mains d'oeuvre pour assurer l'entretien des exploitations, il permet d'accroître les capacités de production des agriculteurs d'où son influence positive sur le rendement agricole. S'agissant de la croissance économique, elle est bénéfique pour la production agricole car elle permet de puiser les ressources dans d'autres secteurs pour étendre les capacités de production des agriculteurs.

Au regard des résultats précédents, bien que les agriculteurs soient techniquement équipés pour s'adapter aux effets des changements climatiques observés, il n'en reste pas moins que certaines stratégies d'adaptation mises en oeuvre dans le cadre des pays de la CEEAC demeurentinefficaces,ce quiserait dû à une mauvaise adaptation.

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