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Incidence de la mécanisation sur la production agricole en ville de bunia, de 2009 à  2014


par Serge ASIMWE ISSAMBA
Université de Bunia - Ingenieur A0 Agroeconomiste 2016
  

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1.2. La motorisation

1.2.1. Ses principaux usages

La motorisation agricole englobe tout ce qui concerne l'emploi des moteurs pour effectuer les travaux agricoles :

ü Les tracteurs avec leurs équipements et les automoteurs ;

ü les motoculteurs et autres engins spécialisés ;

ü les moteurs pour entraîner les machines utilisées à poste fixe ou portées à dos d'homme.

En 1997, plus de 80 % des 26 millions de tracteurs agricoles sont utilisés en Amérique du Nord, en Europe et en Asie. L'Afrique et l'Amérique du Sud n'en comptaient que 1,8 million, soit 6 %.

Les machines de récolte automotrices utilisées en Afrique sont principalement des moissonneuses-batteuses, dont 90 % sont utilisées en Afrique du Nord et en Afrique du Sud. Les motoculteurs sont souvent moins utilisés dans les pays africains.

Par contre, l'emploi de moteurs sur des machines utilisées à poste fixe ou portées à dos d'homme est très développé. Leur utilisation est facilitée par la diffusion de cellules autonomes, compactes et légères, faciles à déplacer tant pour les travaux au champ (irrigation, traitement) qu'en bordure de champ après la récolte (battage, triage, vannage, broyage). Le nombre de moteurs ainsi utilisé est nettement supérieur au nombre de tracteurs (BALLUT, 2004 : 21)

En agriculture, le concept de motorisation dépasse donc le cadre strict de l'emploi destracteurs et autres machines automotrices pour s'appliquer à tout ce qui touche à l'utilisation des moteurs comme source d'énergie pour réaliser des travaux. En Afrique subsaharienne, la motorisation concerne, à des degrés variables, les travaux de défrichement et d'aménagement des terres, et les transports.

La motorisation des travaux culturaux concerne principalement le travail du sol. Les autres façons culturales sont réalisées manuellement et en traction animale. La combinaison d'opérations mécanisées et manuelles, ainsi que l'utilisation à poste fixe de quelques matériels spécifiques comme les batteuses à mil, les égreneuses à maïs ou les décortiqueuses à riz est originale. Pour les transformations post-récolte, les installations industrielles traitent surtout les produits destinés à l'exportation. Les unités artisanales ou semi-industrielles sont beaucoup plus adaptées aux besoins des marchés locaux (MONDE, 2012).

I.2.2. Les critères de choix d'un équipement motorisé

I.2.2.1. Les critères généraux

À l'échelle d'un pays, la motorisation agricole pose des problèmes qui dépassent largement le cadre du choix technique et du coût des équipements. Il s'agit de choisir les formules les plus appropriées pour atteindre des objectifs de développement économique.

Il faut :

Ø Prendre en compte l'environnement dans lequel sera utilisée cette motorisation,

Ø évaluer l'intérêt de son introduction,

Ø étudier les conditions de sa mise en oeuvre,

Ø proposer les niveaux de puissance et les équipements les plus adaptés.

Plusieurs éléments déterminent le type de mécanisation à adopter et son développement: la demande de produits agricoles, l'offre et le coût de la main d'oeuvre, le volume et le coût des capitaux disponibles et le coût d'exploitation des machines. Il est fréquent que l'option retenue combine l'utilisation de divers niveaux de mécanisation.

Comment, dans un contexte déterminé, choisir une solution motorisée adaptée à l'environnement économique et social, permettant de satisfaire les exigences de productions, de superficies à mettre en culture, de calendriers culturaux, des variétés cultivées et des conditions de transformation post-récolte (BALLUT, Op Cit).

Globalement, les choix techniques s'articulent autour de deux axes :

Ø Les niveaux de puissance ;

Ø Le type de motorisation.

La recherche d'économies d'échelle(diminution des coûts unitaires de production liée à l'augmentation des quantités produites et du volume des ventes) favorisait autrefois le choix de gros matériels que seules les grandes exploitations pouvaient acquérir. Actuellement, grâce aux innovations techniques et aux possibilités de location, la motorisation peut aussi s'appliquer aux petites exploitations, soit partiellement pour une opération culturale, soit pour la majorité des opérations.

1.2.2.2. Les problèmes d'utilisation

1. L'approvisionnement

Les possibilités d'approvisionnement en équipements varient énormément suivant les pays. Rares sont ceux disposant d'unités de fabrication industrielle. Quelques-uns possèdent des unités de montage ou d'assemblage pour un nombre restreint de matériels. Les pays africains sont donc fortement dépendant des conditions d'approvisionnement en machines et en pièces détachées : problèmes de devises, de délais d'acheminement, de disparité des marques et des modèles.

Le marché de l'occasion, issu du parc de réforme des matériels des pays industrialisés, offre de nouvelles perspectives. Mais les circuits ne sont pas encore très organisés et ne permettent pas, le plus souvent, le contrôle de qualité.

2. Les infrastructures

Les infrastructures d'entretien et de réparation s'organisent assez rapidement aux abords des grands centres urbains et commerciaux, mais restent quasi inexistantes dans les zones rurales éloignées. La maintenance est fortement pénalisée par l'impossibilité de s'approvisionner rapidement en pièces détachées d'usure courante qui sont importées à la demande. Elle est rendue difficile par le manque d'infrastructures techniques de qualité pour les réparations et les contrôles, et par la rareté ou le manque de compétence des mécaniciens. Ces derniers sont souvent contraints de procéder à du bricolage avec du matériel de récupération (BALLUT, Op Cit).

3. Les moyens financiers

La motorisation coûte relativement cher à l'achat et en fonctionnement. Le recours aux emprunts est fréquent. Des mesures d'accompagnement en matière de fiscalité et de crédit favorisent l'introduction des équipements. Dans certaines situations, les producteurs sont contraints de réaliser des prestations de service pour obtenir les liquidités nécessaires au fonctionnement.

4. La compétence du personnel

La compétence du personnel chargé d'utiliser et de gérer des matériels aussi coûteux est impérative, et ce facteur est trop souvent négligé. Pour les utilisateurs, la formation s'opère le plus souvent sur le tas par approche progressive. Trop souvent, cette formation insuffisante se traduit par une mauvaise utilisation pénalisant la qualité du travail ou du produit, le rendement et la durée de vie de la machine, ce qui génère un coût de fonctionnement exagérément élevé et une diminution des recettes.

1.2.2.3. Des compétences variées et complémentaires

Les compétences sont différentes pour les mécaniciens, les chauffeurs et les responsables et elles doivent se compléter. Les mécaniciens chargés de l'entretien et des réparations, doivent posséder un minimum de notions sur les conditions d'utilisation et les différents réglages des machines pour en assurer le bon fonctionnement. Les chauffeurs doivent connaître la conduite de leur machine avec leurs matériels d'accompagnement, ainsi que tous les réglages et les entretiens courants.

Les responsables, qu'ils soient propriétaires, présidents ou gestionnaires d'organisations paysannes, doivent avoir des notions sur la conduite et l'entretien des matériels pour être en mesure de dialoguer avec les chauffeurs et les réparateurs. Ils doivent aussi posséder un minimum de connaissances sur les conditions d'intervention pour apprécier, contrôler et faire rectifier les réglages permettant d'améliorer la qualité du travail et la rentabilité de la machine (KABONGO, 2014).

Généralement, on se préoccupe peu des responsables dans les programmes de formation technique, alors que ce sont souvent eux qui décident de la nécessité ou non d'effectuer des entretiens. Ceci suppose l'organisation de formations pratiques dans les conditions d'utilisation des matériels.

En regard des sommes importantes engagées, les responsables doivent avoir une formation en gestion, en programmation et organisation des chantiers. Ces compétences sont indispensables pour avoir une bonne maîtrise technique de la motorisation, préalable indispensable à la maîtrise économique.

1.2.2.4.Importance de la motorisation

La motorisation permet généralement d'augmenter de façon importante la productivité du travail. Elle répond à des besoins d'augmentation de la production ou des surfaces cultivées, de remplacement ou de complément d'une main d'oeuvre insuffisante, non disponible ou plus chère. L'avantage attendu de l'utilisation de nouvelles machines est alors de réduire le coût de production, en substituant la nouvelle technique à la main d'oeuvre, à des animaux de trait ou à de vieilles machines(KABONGO, Op Cit).

Selon la Banque mondiale, les principaux facteurs qui influent sur l'utilisation de tracteurs sont l'intensification de l'agriculture, souvent associée à une extension des superficies irriguées, la croissance des capitaux disponibles et l'amélioration des routes.

1.2.2.5. Le contexte socio-économique

Les choix adaptés techniquement doivent être rentables. Trois éléments économiques sont fondamentaux :

Ø la valeur marchande des produits;

Ø le coût des opérations motorisées ;

Ø le coût de la main d'oeuvre.

En général, la motorisation se développe avec les hausses du coût de la main-d'oeuvre. Mais il est nécessaire que le prix de vente de la production soit suffisamment élevé pour favoriser l'investissement et couvrir les différentes charges d'exploitation.

La diffusion de la motorisation, freinée généralement dans les pays en développement par la faiblesse des revenus des exploitants, doit viser la réduction des coûts de production et l'amélioration de la productivité du travail.

Localement, les résultats économiques de la culture dépendent fortement des contraintes pesant sur la productivité de la terre, du travail et des plantes.

1.2.2.6. Volonté politique d'équiper le monde agricole

Les deux principaux objectifs que peut poursuivre un Etat afin de favoriser la mécanisation agricole sont les suivants :

Ø Prendre en compte l'apprentissage technique du matériel introduit, les écarts entre les normes et les utilisations réelles; connaissance de l'emploi réel du matériel indispensable à l'analyse économique.

Ø Etudier en détail la diversité et la stabilité des capacités de financement des agriculteurs.

Bonne connaissance de ces deux objectifs permettra de définir les rôles respectifs des divers agents économiques concernés, et l'Etat en tout premier lieu, non seulement pour évaluer l'importance de son appui, mais aussi pour en établir les modalités (KABONGO, Op Cit).

Equiper les campagnes signifie aborder l'ensemble des problèmes de mécanisation :

Ø études sur les politiques et stratégies de mécanisation ;

Ø mise en oeuvre de programmes de recherche sur l'étude de la mécanisation dans le milieu;

Ø élaboration de nouvelles approches de la mécanisation dans les programmes de formation.

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