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Historicité et traduction musicale dans yà¹opnke pà¹en kristo me shà¼pamom : essai d'évaluation

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par Christophe Dumas Ngampeyou
Université de Yaoundé 1 - Master en Traduction 2016
  

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3.1. PARAMÈTRES THÉORIQUES

La traduction des chants est un sous-domaine de la traduction en général. Par conséquent, elle doit se conformer à un certain nombre de principes, parmi lesquels les théories de la traduction.

3.1.1. La théorie interprétative

La théorie interprétative encore appelée théorie du sens est due aux chercheurs de l'ESIT (École supérieure d'interprètes et de traducteurs, Paris, fondée en 1957) à la fin des années 1970. C'est pourquoi cette théorie est aussi appelée « théorie de l'École de Paris ». Danica Seleskovitch et Marianne Lederer en sont les principaux initiateurs. Il s'agit en fait d'un prolongement de la théorie linguistique de la traduction. Toutefois, la théorie interprétative se distingue de la théorie linguistique en plusieurs points. Selon Delisle, cité par Zuzana RAKOVA (2014), la théorie interprétative ne se base pas sur la comparaison des langues, et ne prend pas pour unités de traduction les phrases. Par contre, elle insiste sur la traduction contextuelle, mettant en relief l'analyse du sens tel qu'il apparait dans le discours

À l'origine de cette théorie se trouve la pratique professionnelle de Danica Seleskovitch, qui s'est appuyée sur son expérience d'interprète de conférence, pour mettre au point un modèle de traduction en trois temps: interprétation, déverbalisation, réexpression. Danica Seleskovitch développe le modèle du processus de la traduction en trois étapes:

· La compréhension: comprendre un texte signifie saisir à la fois sa composante linguistique (signes graphiques) et extralinguistique. Le sens du texte est basé sur les compléments cognitifs de chaque lecteur particulier: il est clair que le sens dépend en grande partie de l'expérience individuelle du lecteur, de ses connaissances encyclopédiques, de son bagage culturel, bref, de sa compétence interprétative.

· La déverbalisation consiste en une isolation mentale des idées ou des concepts impliqués dans un énoncé. Si le traducteur ne déverbalise pas les paroles de l'original, il tombe dans la traduction littérale (en transcodage) et rédige un texte final qui ne dit rien ou presque rien à ses nouveaux destinataires, surtout s'il s'agit d'une traduction entre deux langues très proches où le danger des interférences est le plus grand. Durant l'étape de la déverbalisation, le sens reste dans la conscience du traducteur, tandis que les signes (mots, phrases) de l'original doivent être oubliés; cela est relativement facile pendant l'interprétation, qu'elle soit consécutive ou simultanée, parce que les sons du discours oral apparaissent et disparaissent, mais cela devient très difficile à

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être appliqué dans la traduction écrite où le texte est toujours présent. (Moya, 2010 : 78-79)

· La reformulation/ reverbalisation du sens dans une autre langue consiste en choix, de la part du traducteur, des moyens expressifs multiples que lui offre la langue cible. Le traducteur procède par associations successives d'idées, même si cette succession d'idées peut ne pas être linéaire, et doit avoir recours à l'analogie (Delisle, 1984). La capacité associative, déductive du traducteur, sa créativité, son intuition, son imagination sont très importantes notamment pendant cette étape du processus de la traduction. (Moya, 2010 :79-80)

La théorie interprétative est donc une activité qui allie le comprendre et le dire, pour résoudre les problèmes rencontrés au cours de la traduction d'un énoncé. Dans le cas d'un texte musical, la pratique traductionnelle en fonction des canons propres à la théorie interprétative est la plus indiquée dans la mesure où le texte musical-source possède obligatoirement la même fonction que le texte musical-cible. Aucune action ou aucune attention n'est, de ce fait, portée sur les mots individuels du texte musical, mais plutôt sur l'idée générale de ce dernier. Le traducteur a la possibilité de créer librement un texte musical-cible directement adapté à la mélodie du chant qu'il souhaite traduire.

Dans la critique de cette théorie, Moya (2010), cité par Peter Newmark, précise que

Traduire le sens, en oubliant avant tout les paroles, cela signifie simplifier trop les choses et passer par-dessus plusieurs détails et sèmes. (&) préférer les expressions idiomatiques, les locutions figées, les clichés, les phrases toutes faites qui ne figurent pas dans l'original, cela signifie déformer les nuances du signifié.

3.1.2. La théorie du Skopos

Le mot grec skopos signifie la visée, le but ou la finalité. Il est employé en traductologie pour désigner la théorie initiée en Allemagne (surtout à l'Université de Heidelberg) par Hans Vermeer à la fin des années 1970. Parmi ses promoteurs, on trouve également Christiane Nord et Margaret Ammann. La théorie s'intéresse avant tout aux textes pragmatiques et à leurs fonctions dans la culture-cible. La traduction est envisagée comme une activité humaine particulière, ayant une finalité précise et un produit final qui lui est spécifique (le translatum). Hans Vermeer est parti, en 1978, du postulat que les méthodes et les stratégies de traduction sont déterminées essentiellement par le but ou la finalité (le skopos) du texte à traduire. La traduction se fait en fonction du skopos. Mais il ne s'agit pas

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de la fonction assignée par l'auteur du texte source, mais d'une fonction prospective rattachée au texte cible, et qui dépend du public-cible. D'où le qualificatif de « fonctionnelle » attribué à cette théorie. Le traducteur doit respecter deux autres règles importantes. D'une part, la règle de cohérence (intratextuelle) qui stipule que le texte cible (translatum) doit être suffisamment cohérent pour être correctement compris par le public cible, comme une partie de son monde de référence. D'autre part la règle de fidélité (cohérence intertextuelle) qui stipule que le texte cible doit maintenir un lien suffisant avec le texte source.

Grâce à l'influence de Katharina Reiss , Vermeer a précisé sa théorie en élargissant son cadre d'étude pour englober des cas spécifiques qui n'étaient pas pris en compte jusque-là. Il a intégré, par exemple, la problématique de la typologie textuelle de K. Reiss. Si le traducteur parvient à rattacher le texte source à un type textuel ou à un genre discursif, cela l'aidera à mieux résoudre les problèmes qui se poseront à lui dans le processus de traduction. Vermeer prend en considération les types de textes définis par K. Reiss (informatifs, expressifs, opérationnels) pour mieux préciser les fonctions qu'il convient de préserver lors du transfert. Ainsi, le texte source est conçu comme une offre d'information faite par un producteur en langue A à l'attention d'un récepteur de la même culture. La traduction est envisagée comme une offre secondaire d'information, censée transmettre plus ou moins la même information à des récepteurs de langue et de cultures différentes. La sélection des informations et le but de la communication dépendent des besoins et des attentes des récepteurs-cibles. Le skopos du texte peut être identique ou différent entre les deux langues concernées : s'il demeure identique, Vermeer et Reiss parlent de permanence fonctionnelle et s'il varie, ils parlent de variance fonctionnelle. Dans un cas, le principe de la traduction est la cohérence intertextuelle ; dans l'autre, l'adéquation au skopos.

Baker (2001: 236) dit que le skopos,

Must be defined before the translation begins (&) it must be the intended purpose of the target text that determines translation methods and strategies. (...) The Skopos helps to determine whether the source text needs to be "translated". "paraphrased" or completely "re-edited". This leads to different varieties of translational actions, each based on a specifically defined Skopos.

Le Skopos détermine donc l'action traductionnelle et l'envisage en fonction de son

objectif dans le contexte de la culture-cible, contexte qui peut différer de celui de la langue et de la culture source. La nouveauté de l'approche consiste dans le fait qu'elle laisse au traducteur le soin de décider quel statut accorder au texte source. En fonction du skopos, l'original peut être un simple point de départ pour une adaptation ou bien un modèle à transposer fidèlement. Pour Guidere (2010 : 72-74), un même texte peut avoir plusieurs

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traductions acceptables, chacune répondant à un skopos particulier. Le skopos est le critère d'évaluation suprême. Par ailleurs, le Skopos du texte musical-cible est alors l'élément de primauté. Il doit prévaloir et dominer l'esprit du traducteur lorsque celui-ci entreprend la traduction des airs de musique. D'une manière générale, l'exécution et la chantabilité du texte musical apparaissent comme son Skopos. C'est de ce fait sur cette base que le traducteur devra entreprendre son processus, ses actions, ses choix et ses décisions.

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"Ceux qui vivent sont ceux qui luttent"   Victor Hugo