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Historicité et traduction musicale dans yà¹opnke pà¹en kristo me shà¼pamom : essai d'évaluation

( Télécharger le fichier original )
par Christophe Dumas Ngampeyou
Université de Yaoundé 1 - Master en Traduction 2016
  

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4.3.4. LA TRADUCTION DES MÉTAPHORES

La métaphore est un trope fondé sur l'analogie et/ou la substitution. C'est un type particulier d'image sans outil de comparaison qui associe un terme à un autre appartenant à un champ lexical différent afin de traduire une pensée plus riche et plus complexe que celle qu'exprime un vocabulaire descriptif concret. Newmark (1988 :104) dit que la métaphore est

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toute expression figurative. Par exemple, la personnification d'une abstraction, ou la description d'une chose par une autre. Les métaphores peuvent être simples (un seul mot), un idiome, une phrase ou un proverbe. Le but de la métaphore est essentiellement double. La métaphore décrit un processus mental ou un état, un concept, une personne, un objet, une qualité ou une action et le rend plus compréhensif. En même temps le côté pragmatique fait simultanément appel au sens, à l'intérêt, pour plaire, à la surprise.

Exemple:

La fleur de l'âge, le temps c'est de l'argent, la langue de Molière

Dans le domaine de la traduction, cette figure de style, sous ses différentes formes, pose des contraintes importantes dès lors qu'il apparaît dans un énoncé appartenant à une culture particulière et qu'on entreprend de le restituer dans une autre langue. Dans l'environnement textuel où elle apparait, elle demeure spécifique et subit des adaptations dès lors que le contexte cible l'exige. Dans le cadre d'une approche interprétative, le traducteur est le plus souvent contraint à l'utilisation de la paraphrase explicative, d'autres fois, c'est l'équivalence culturelle ou l'innovation qui sont mises en valeur. Kihlström (2006 : 118) cité par Elisabet Akemark (2001) dans son mémoire pense qu'un langage plein de métaphores donne l'impression d'être plein d'inspiration et peut éveiller de fortes réactions émotionnelles. Le traducteur doit traduire dans une autre langue le contenu et les connotations de la métaphore, en gardant en même temps, autant que possible les traits formels de la métaphore.Whittaker (2000) pense qu'il est important pour un traducteur de bien connaître les réseaux métaphoriques utilisés dans un domaine précis dans ses langues de travail. Elle estime que si le traducteur connaît ses domaines, il peut décider s'il va garder la métaphore telle quelle ou s'il va l'adapter et la moduler. Le français regorge d'expressions fleuries, donc plus riche en métaphores que le shüpamom.

Différents théoriciens ont défini des stratégies variées pour la traduction des métaphores. Ann-Christine Hagström (citée par Elisabet Akemark) définit dans sa thèse de doctorat neuf stratégies pour la traduction des métaphores. Les stratégies de traduction sont: traduction littérale ; comparaison pure; traduction d'une interprétation non métaphorique; remplacement par une autre métaphore; omission; omission partielle; ajout métaphorique; même métaphore avec explications et déviation. Les procédés proposés par Peter Newmark (1994) pour traduire la métaphore vont nous servir de grille d'analyse dans la traduction des métaphores.

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Ces procédés se résument comme suit:

- la traduction littérale ou mot à mot,

- la paraphrase explicative,

- l'innovation créative,

- l'équivalence culturelle,

- l'élision totale.

Les résultats de la figure 6 montrent une forte utilisation d'expressions imagées, tant dans la

langue source que dans la langue cible.

10

4

8

0

6

2

7

8

55 55

Métaphores Texte cible Métaphores texte source

44 4

3

7

8

3

5

3

4

3

5

1

3

Figure 6 : graphique de représentation des métaphores dans les textes sources et cibles.

Selon les exigences du contexte, le traducteur a opté pour des procédés de façon à rapprocher, autant que faire se peut, le lecteur ou le chanteur de la traduction à l'idée de l'original. Le traducteur opte tantôt pour la traduction littérale, tantôt pour la paraphrase explicative ou bien l'innovation créative. Dans certains cas, c'est le procédé d'équivalence culturelle qui est choisi, dans d'autres cas, il procède par l'élision totale. C'est dire qu'à chaque situation correspond un choix particulier.

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· Traduction par le procédé littéral

Exemple 6 : traduction des métaphores par procédé littéral

1) Que tout genou fléchisse&&&&&&&&&&&&&.Ngu ntunkushe' pe nto'she

Devant ta majesté Mesù mfon shèt fon fon !

2) En vivant sacrifice&&&&&&&&&&&&&..Me ndâ yusiéne ngumkét Les exemples (1) et (2) présentent des traductions littérales sans grande difficulté. Le

genou qui fléchit est une métonymie pour désigner la soumission de l'être corps et âme à son Dieu créateur. Le traducteur a repris littéralement cette image dans sa traduction. Il en est de même pour vivant sacrifice où le traducteur reprend mot pour mot les termes vivant et sacrifice (adjectif +nom) yusiéne ngumkét (nom +adjectif), termes qui renvoient à l'adoration de Dieu pendant que l'on vit encore. La nuance que le traducteur a apporté dans ces deux exemples est qu'il a traduit le terme majesté par mfon shèt fon fon, et ajoute ndâ devant yusiéne. Dans le premier cas, mfon shèt fon fon signifie littéralement roi des rois, c'est sans doute pour faire la différence entre cette majesté divine et la royauté telle que conçue par le bamoun. Le mot ndâ devant yusiéne exprime la sincérité.

· la paraphrase explicative

Le traducteur est souvent confronté à des ambiguïtés dues à l'absence d'éléments référentiels auxquels se rapporte la métaphore. Il éprouve alors le besoin de rendre le texte cible plus clair et plus compréhensible. Il utilise par conséquent des formes plus explicites et plus étoffées.

Exemple 7 : traduction des métaphores par paraphrase explicative

3) Mon rocher, ma forteresse

&&&&&&&&&&&Ngà-yinkuor Ngâ-yingume a,

 

Mon asile protecteur, Ngà-yintùe' she a me mbue ngam

Mon recours dans la détresse Ngà-fueshe ntu a tù ngùe sha

4) Miséricorde insondable! &&&&&&&&&&&Nyinyi wi Tâta, gà-ghùe' nzén,

Dans (3) le traducteur a procédé à l'explication des termes forteresse, asile protecteur et recours. Ces termes renvoient à Jésus Christ. Dans le texte source, il est représenté par des lieux, tandis que le traducteur utilise une personnification pour relever la nuance. La

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miséricorde insondable de l'exemple (4) est une périphrase métaphorique qui représente Dieu. La traduction décrit juste cette image.

· l'innovation créative

Nous parlons de ce procédé toutes les fois que le traducteur innove selon le contexte et les besoins stylistiques de l'énoncé cible. Il injecte ainsi à ce dernier une forme esthétique, modelée par son don créatif.

Exemple 8 : traduction des métaphores par innovation créative

5) Rends-toi maître de nos âmes&&&&&&&&&.Yâ nkut nshür u tù lamntù shü,

6) Le péché vainqueur règne en moi&&&&&&&&Mbükér a sue wetne ndun me !

Le traducteur utilise l'image d'un palais (nshüt) dans (5) pour décrire l'idée de l'âme dirigée par le maître qui n'est personne d'autre que Jésus Christ. Littéralement la traduction en shüpamom se dirait « viens construire ton palais dans nos coeurs ». Dans (6) le péché est personnifié en français, tandis qu'il est resté abstrait en shüpamom.

· l'équivalence culturelle

L'équivalence concerne beaucoup plus les expressions idiomatiques ainsi que les figements et toute traduction littérale dans un tel cas, aboutirait nécessairement à des contresens.

Exemple 9 : traduction des métaphores par équivalence culturelle.

7) J'ai soif de ta Présence&&&&&&&&&&&&&&&Yésu nji u lo' njâ a

8) Et que sur moi descende &&&&&&&&&&&&&& Ngu' mfa mboutne shu ne pü

La flamme du saint lieu ! Shü' mû Yîéne ndun pü

L'équivalence culturelle de soif est traduite dans (7) par le nom njié qui signifie besoin. Une adaptation culturelle est utilisée dans (8) pour paraphraser la métaphore. Le nom mbouotne signifie bénédiction. Ainsi donc, la flamme qui descend du saint lieu est assimilée à une bénédiction divine.

· l'élision totale

Le traducteur peut toujours innover procédant ainsi à une réécriture dans un style poétique ou comme l'exige le texte cible ou alors, il peut procéder par une élision totale de la métaphore.

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Exemple 10 : traduction des métaphores par élision totale.

9) Que l'ennemi, plein de rage & Satan run ne mbim, nkùe nkû mi

Redouble ses coups Tamshe wu pue mén.

10) Ton sang versé me blanchira&&&&&&&&&&Mo' Nyinyi ndi ', a li na wu,

Ton Saint-Esprit m'affranchira, Ngâ-wume pùen pit nkù ndi wu

Ta richesse m'enrichira, M'a nkù nzé tu mànjé po n'u.

Dans les exemples (9) et (10) le traducteur a réécrit les vers en gardant le fond du message. L'idée de l'ennemi qui redouble ses coups est remplacée par Satan qui, plein de rancoeur, affûte ses armes pour attaquer. Le paradoxe du sang versé qui blanchit a été omis au profit d'un tout autre message qui garde cependant l'idée du Dieu libérateur. Les résultats de notre étude sur la traduction des métaphores nous permettent d'affirmer que malgré les différences culturelles et linguistiques, une approche interprétative dans le processus traductionnel permet d'établir des passerelles entre les cultures.

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"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle