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Culture et football au Cameroun. le cas du canon sportif de Yaoundé dans la région du centre; une contribution à l'anthropologie du football

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par Mouafo Nopi ARNOUX
Université de Yaoundé I - Master en Anthropologie 2014
  

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II.1.5 Le football comme un système économique

On distingue trois postulats dans le système économique : les substantialistes, les formalistes et les marxistes. Il est important de noter que ces trois postulats sont présents au Cameroun. Le football s'érige en une entreprise, un business pour les pratiquants, pour les dirigeants et pour les supporteurs. Selon Evariste TSHIMANGA (2001), la vente des joueurs est due au déficit des moyens financiers pour les besoins de fonds de roulement. A cet effet ils prennent directement attache avec les clubs d'accueil et négocient les prix et les conditions de transfert, ou, préfèrent passer par les managers ou recruteurs qui connaissent mieux le marché. Tandis que les clubs affiliés sont soumis à la réglementation, ceux non affiliés ou associations sportives n'ayant pas de licence ni répertoires, font l'objet d'une corruption et pillage systématique des jeunes joueurs. Ce sont les présidents, coachs, joueurs et leurs familles qui eux-mêmes se constituent en vendeurs et prennent contact avec d'autres clubs. C'est la raison pour laquelle les jeunes footballeurs préfèrent la clandestinité, à l'insu des dirigeants sportifs. Les principales motivations ont trait à:

- l'argent, qui détruit les valeurs humaines et culturelles voire la suprématie sportive ;

- la libéralisation des marchés d'achats (prêt, vente et revente) ;

- l'insertion des hommes d'affaires dans le football ;

- la priorité au niveau qualitatif et à la plus-value.

Cela a comme incidences positives l'image des joueurs dans le club d'accueil, son intégration sociale (bonheur familial), les retombées financières et matérielles. Quant aux incidences négatives, on note l'affaiblissement de la qualité et de la quantité de joueurs, le non paiement des indemnités de formation par les clubs acheteurs et l'insuffisance des retombées financières. En clair, Evariste TSHIMANGA (2001) veut faire ressortir les différentes phases d'un système économique : la production ou la formation des joueurs ; la distribution ou la vente ou encore le prêt, l'emprunt ou le transfèrement des joueurs ; et la consommation ou utilisation de ces derniers. Le club qui produit ou achète les joueurs n'est pas forcément celui qui utilise. L'argent du football tel que vu par Patrick MIGNON (2002) dans L'argent du football, mérite d'être dichotomisé selon l'évolution du temps :

- avant 1920, l'argent du football était destiné aux propriétaires des grandes sociétés (Peugeot), et aux hommes nantis, buveurs de grands vins, pour les dépenses au profit du club afin de recherché la paix, le prestige.

- de nos jours, de Guy ROUX à Alex FERGUSON en passant par Nicolas ANELKA, le football n'a rien à voir avec l'affectif, ce n'est plus un passe-temps pour les hommes fortunés car l'argent du football est aussi professionnalisé. C'est dire que la logique rationaliste de la rentabilisation a pris le pas sur celle du prestige et de la dépense. C'est devenu le « foot business » ou « foot mafia » (Charles NGUINI : 1996). Dans ce foot-commerce, plusieurs couches de la population y trouvent leurs comptes car lorsqu'il y a rencontre entre deux équipes, les caves réalisent d'énormes revenus par les fans actifs et passifs et l'on constate que le match se joue non plus au stade ou sous le petit écran, mais autour d'une table couverte de bière.

Aussi, ce jeu présente une relation patrons-clients, identique à celle du parent à l'enfant en ce sens que plus le revenu du président du club augmente, plus la situation du joueur se stabilise. Ce système capitaliste fait penser aux joueurs, dont la paie serait sous forme de salaire ou d'aumône. Force est aussi de constater que l'activité footballistique favorise le développement des infrastructures telles que les routes, les stades et hôtels, ainsi que la multiplication dans la fabrication des gadgets pour joueurs et supporteurs. L'intensification de l'activité touristique, de transport, culinaire et surtout des relations interculturelles n'est pas en reste. (Charles ATEBA EYENE : 2011).

D'après Nkou MVONDO (2009) «  le sport au Cameroun est en péril parce que l'argent à lui destiné est détourné y compris celui des clubs ». Il met en scène selon MANIRAKISA (2002) des rapports de force entre aînés et cadets, patrons et clients, parrains et protégés, puissants et faibles. C'est ce qui pourrait aussi expliquer les contres performances des formations sportives. Le fait de l'imprécision du jour de la finale du championnat au Cameroun, amenuise la rentrée des devises en matière de tourisme. Pour Evariste TSHIMANGA (2001) agit dans son ouvrage intitulé Le commerce et la traite des footballeurs africains et sud-américains en Europe que « les officiels commettent souvent des erreurs lors de l'exercice de leur fonction, ce à cause de l'ethnocentrisme et de l'atmosphère du jeu ». Le club d'accueil a souvent développé climat peu clément, défavorable à l'intégration des joueurs allochtones, qui ne savent ni mentalités, ni moeurs et coutumes, ni langues du milieu. Cela suscite aussi un enjeu local lié aux rapports territoriaux car d'après Olivier Le NOE (2002), «  le sport le instrumentalisé aux fins économiques et politiques.  »

La force de la croyance dans ce support d'images et d'identités, conclut à l'acceptation de l'utilité sociale du football au plan local, l'impact sur la propriété culturelle du football (animation des spectateurs et groupes de danse) et la responsabilisation des collectivités locales (rencontre entre les communautés locales dont les socles peuvent être socioculturels, religieux ou ethniques) qui entretiennent des relations de concurrence et d'incertitude liées aux statuts individuels et collectifs. Ce sport devient dans de nombreuses cultures un symbole de modernité et l'expression idéale d'un sentiment ethnocentrique. Dans les bars arborant les effigies des joueurs, leurs noms (clubs et joueurs) ou numéros sur la muraille, montrent un certain repli sur l'identité culturelle.

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"Ceux qui rêvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rêvent de nuit"   Edgar Allan Poe