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La problématique de la formation et du recyclage du pasteur dans l’e.e.c. : une analyse exégético-théologique de Malachie 2 : 5-9.


par Clément Hervé KUATE DJILO
Université évangélique du Cameroun  - Licence  2010
  

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i.4. De la méthodologie d'approche et du plan de travail

Pour notre travail, le plan suivant nous semble mieux indiqué.

Dans le premier chapitre nous nous exercerons d'abord à une approche sémantique des mots-clés du sujet. Ensuite, nous présenterons de manière brève notre Eglise cible (E.E.C.). Enfin, nous jetterons un regard panoramique sur la formation des formateurs dans l'E.E.C.

Compte tenu de la spécificité de notre institution de formation, nous avons jugé mieux de consacrer le deuxième chapitre à l'étude exégétique et théologique du texte de Malachie 2 : 5-9 qui nous aidera à mieux cerner les contours de la formation et du recyclage du clergé tel que voulu par la Bible, ceci, en plus de la présence agissante du Saint-Esprit. Un autre détail qui n'est pas des moindres dans ce chapitre est celui de l'étude herméneutique du texte de Malachie 2 :5-9 afin d'y dégager les applications nécessaires dans le domaine sociopolitique, pédagogique, ecclésial et pastoral.

Notre troisième chapitre sera consacré aux propositions concrètes pour répondre aux défis et enjeux qui attendent actuellement le pasteur, la réforme de la formation et du recyclage, en vue de l'amélioration de la formation et la suscitation d'une envie permanente de se recycler, sans oublier les propositions pour une utilisation rationnelle des compétences pour un développement quantitatif et qualitatif de notre Eglise, corps du Christ.

CHAPITRE I : DES GENERALITES

Introduction

Ce premier chapitre est composé de trois parties importantes. Il s'agit d'abord d'un essai de définition des mots-clés du sujet, ensuite d'une brève présentation de l'Eglise-cible (E.E.C.) et enfin de la présentation de la formation des formateurs dans l'E.E.C. Suivant ainsi la méthodologie annoncée, qu'en est-il des mots considérés comme clés de notre sujet ?

1.1. Essai de définition des mots-clés

Afin d'éviter toute équivoque, nous proposons dans les lignes suivantes le sens que nous donnons aux mots : formation, recyclage et le vocable pasteur. Cela étant, voyons ce que signifie le mot formation.

1.1.1. Le concept de formation

Selon le Dictionnaire Encyclopédique Encarta, la formationest un nom commun, féminin singulier qui a le sens de l'enseignement destiné à une personne ou un groupe. Il s'agit des connaissances théoriques et pratiques nécessaires à l'exercice d'un métier ou d'une activité. C'est ainsi qu'on peut parler de : formation en alternance, formation sur le tas, suivre une formation et formation professionnelle.6(*)

La formation est aussi un ensemble des connaissances théoriques et pratiques acquises dans un domaine, une activité ou un métier. Dans ce sillage, elle prend donc le sens de culture.

1.1.2. Définition du terme recyclage

Notons que ce mot est dérivé du verbe ``recycler'' qui signifie acquérir des formations complémentaires. Selon le Dictionnaire Encyclopédique Larousse, le recyclage est la formation complémentaire à des cadres, à des techniciens ou à des fonctionnaires pour leur permettre de s'adapter aux progrès scientifiques et industriels.7(*) Pour le Dictionnaire Encyclopédique Encarta, le recyclage est un nom commun, masculin qui a beaucoup plus trait au traitement d'un matériau ou d'un élément en vue d'une nouvelle utilisation. On parle alors dans ce cas du recyclage des déchets. Dans le cadre professionnel, le mot recyclage désigne une formation destinée à acquérir ou à compléter les connaissances nécessaires pour l'exercice d'un métier ou pour une reconversion professionnelle.8(*) On peut donc dire que se recycler c'est suivre une formation destinée à acquérir de nouvelles connaissances requises par une  profession. C'est aussi apprendre une nouvelle technique.

1.1.3. Qu'est-ce qu'un pasteur ?

Il nous semble plus judicieux, avant d'élucider le sens de ce mot, que nous puissions examiner le contenu du vocable ministère, car le pasteur exerce sa charge dans un ensemble connu sous le nom de ministère pastoral, avant de définir l'expression pasteur.

Le ministère est un nom commun, masculin singulier. Il est polysémique. C'est ainsi qu'il désigne dans le langage administratif, l'administration centrale dirigée par une personne d'Etat au sein du gouvernement comme le ministère de la Culture par exemple ; mieux encore, ministère désigne le bâtiment où sont installés les différents services. Dans le jargon politique c'est la fonction d'un ministre. Son synonyme ici est le portefeuille. C'est également un groupe constitué par les responsables du gouvernement et les secrétaires d'Etat. Sur le plan religieux, le ministère fait référence à la fonction de prêtre ou de pasteur. Il n'est pas superflu de signaler que ce mot est issu de ministre qui, lui vient du latin ``minister'' et signifie ``serviteur''. Il désigne celui qui fait le prêche et remplit les fonctions du culte dans les Eglises protestantes.
Le terme ``Pasteur'' vient du latin ``pastor''. Il dérive lui-même de ``pasci'' qui veut dire faire paître, en hébreu øòä9(*) (ro'éh). Ce mot, signifiant aussi « prêtre » correspond en hébreu aux vocables ëäï (kohen)ou ëîø (komêr) . Il est celui qui garde des troupeaux, c'est-à-dire le berger en hébreu. Ceux-ci étaient surtout composés de moutons en Israël au temps de Jésus. Ce gardien est alors le berger. Il se trouve dans la liste des ministères de l'Eglise cités dans Eph 4 : 11-15. Il désigne aussi le responsable d'une Eglise (Ac 20 : 28, 1 Pi 5 : 2-3). Cette désignation correspond au travail qu'ils ont à accomplir auprès des brebis, des membres de l'Eglise.

Les pasteurs ont été plus communément désignés du XVIème au XVIIème siècles sous le nom de ``ministres'' ou ``ministres de la Parole de Dieu'', puis de ``ministres du Saint Évangile''. Pour Jean Jacques ALLMEN,

« La réforme a finalement opté pour un titre nouveau. Celui de pasteur. Ce titre est reconnu à tous ceux qui exercent le ministère essentiel. »10(*) Le vêtement sacerdotal des pasteurs est la robe pastorale. Selon Bernard GILLIERON, le titre de pasteur désigne un ministre responsable d'une communauté chrétienne11(*). Associé à la fonction d'épiscope, le pasteur est chargé de veiller sur le troupeau qui est la communauté, de le protéger des loups féroces équivalents aux faux prophètes qui sortiront de ses rangs pour le dévorer (Ac 20 :29ss ; 1Pi 5 :2). Le pasteur a plus le rôle protecteur de la communauté imparti aux anciens qu'un type particulier de ministère. Le pasteur, berger, prêtre ou conducteur spirituel en charge de la paroisse assure le culte dominical et les différents actes cultuels ou actes pastoraux (Baptêmes, Confirmations, Sainte-Cène, Mariages, Enterrements, etc.)

Il anime différentes activités (Etudes bibliques, Groupes divers de réflexions et de partages) et s'occupe de l'instruction religieuse des jeunes (Culte d'enfants ou club biblique, catéchèse, etc.) Il effectue un certain nombre de visites, notamment chez les malades et les personnes éprouvées ou isolées, et représente la communauté paroissiale à l'extérieur. Mais, dans toutes ces tâches, le pasteur n'agit pas seul. La communauté paroissiale est en effet dirigée par un conseil d'Anciens dont le pasteur en est le président.

Cette partie élucidée, que nous réserve alors le deuxième élément de notre chapitre, à savoir la brève présentation de l'E.E.C.  Comment cette dernière est-elle née ? Comment est-elle organisée ? Quels sont les ministères reconnus en son sein ?

1.2. Brève présentation de l'E.E.C.

Le choix de la présentation de cette Eglise n'est pas fortuit. Elle est notre Eglise cible et aussi celle qui nous a aidé à grandir sur le plan spirituel jusqu'à la reconnaissance de notre vocation. Quelles sont les étapes ayant contribuée à la genèse de l'E.E.C. ?

1.2.1. De la genèse de l'E.E.C.

« L'Eglise Evangélique du Cameroun, en abrégé E.E.C, fait partie de l'Eglise universelle, corps du Christ, chargée d'annoncer la bonne nouvelle du salut en Jésus-Christ et de rendre témoignage du Royaume de Dieu jusqu'au retour du Seigneur »12(*)

Cette Eglise est un hybride de trois grandes Sociétés de Mission entre autre la Mission Baptiste de Londres, la Mission de Bâle et la Société des Missions Evangéliques de Paris.

a) La Mission Baptiste de Londres (1841-1886)

Elle est plus connue sous le nom de Baptist Missionary Society. Elle a travaillé au Cameroun d'entente avec les Eglises baptistes de la Jamaïque, de 1841à 1886.13(*)

Son premier contact avec le Cameroun remonte au 1er février 1841 avec la visite du Docteur G.K. Prince et du Pasteur John CLARKE, tous deux Afro-américains de la Jamaïque. En novembre 1843, arrive Joseph MERRICK, âgé d'une trentaine d'année, qui s'installe à BIMBIA près de LIMBE. Il y crée la première station missionnaire. Ce dernier n'eut pas seulement le mérite de persister dans le ministère avec l'apprentissage de la langue douala, mais aussi de frayer le chemin de la Mission vers l'intérieur. Avant sa mort en 1848, il est rejoint par Alfred SAKER d'origine anglaise en 1845. Celui-ci créera une école industrielle. Il a eu le mérite de traduire la Bible en langue douala. SAKER est aidé dans sa lourde et exaltante mission par T.H. JOHNSON, G. NKWE, J.J. FULLER. En gros, la Mission Baptiste de Londres a permis l'essor de l'Eglise à Douala.

b) La Mission de Bâle (1886-1914)

Elle succède à la Mission Baptiste de Londres après la prise de Douala par l'Allemagne en 1884. Les Britanniques abandonnèrent définitivement la mission en 1888. Dès leur arrivée, les missionnaires bâlois créèrent neuf stations missionnaires, deux centres de formation des maîtres et des catéchètes. De ces centres, sortirent les premiers pasteurs camerounais au rang desquels Joseph DIEBOL, Joseph EKOLLO, Joseph KUO ISSEDU, Jacob MODI DIN dont le rôle fut important dans l'implantation de l'Eglise au Cameroun. C'est par la Mission de Bâle que l'Evangile pénétra le GRASSFIELD qui comprend la partie anglophone du Nord-Ouest, et l'actuelle région de l'Ouest. En 1914, la Mission de Bâle comptait quatre cent quatre lieux de culte, quinze mille cent douze membres et vingt et deux mille huit cent dix huit élèves.14(*)

c) La Société des Missions Evangéliques de Paris (1917-1957)

La première guerre mondiale, soldée par la défaite de l'Allemagne entraîna l'expulsion des missionnaires ; car tous les territoires coloniaux de l'Allemagne furent placés sous l'égide de la S.D.N. La partie du Cameroun placée sous mandat français n'eut plus le droit de continuer avec la Mission de Bâle et l'avenir de son immense oeuvre fut alors mis en cause. C'est alors qu'entra en jeu la S.M.E.P. qui commença son travail au Cameroun en 1917 avec une tâche que nous pouvons résumer en deux devoirs impérieux : « Entrer en relation avec les Eglises délaissées pour les rassurer, les réconforter et pour leur montrer des coeurs fraternels. Mais ils furent en même temps chargés d'un devoir patriotique. »15(*)

Les travaux avec cette société de Mission continuèrent jusqu'en 1946. A cette date, la Mission connut une crise financière critique. Elle fit appel aux Eglises-soeurs pour l'aide. Plusieurs autres facteurs vont y s'ajouter pour précipiter les jours de la S.M.E.P. Nous pouvons citer :

Les déclarations de la conférence de Brazzaville qui supprimèrent les travaux forcés et le régime de l'indigénat.

La reconnaissance aux prêtres et aux pasteurs indigènes le statut de citoyens en vue de leur confier l'enregistrement de l'état civil.

La constitution de 1949 qui avait pour but : « De préparer les Eglises lentement et mûrement à leur autonomie »16(*)

Nous n'oublions pas l'« affaire Bamoun » qui fut l'un des conflits opposant la S.M.E.P. et l'Eglise locale. En Août 1956 à Foumban, la Commission Synodale Générale demande l'autonomie à la S.M.E.P. et le nom E.E.C. fut adopté après plusieurs discussions. Ces évènements et bien d'autres ouvrirent grandement la porte à l'autonomie de l'E.E.C. qui fut promulguée de manière solennelle le 10 mars 1957 dans le temple du Centenaire à Douala avec pour premier Président le Pasteur Paul JOCKY.

Depuis son autonomie, l'E.E.C. est bien organisée comme toutes les grandes structures de sa trame. Les lignes qui suivent nous montreront comment est régie son organisation.

1.2.2. De l'organisation de l'E.E.C

Tel que le prévoit son Règlement Intérieur,  « Le champ d'action de l'Eglise Evangélique du Cameroun est le territoire national. »17(*)

Notons en passant que cette Eglise se trouve déjà dans la ville de Lyon en France et projette s'implanter dans d'autres villes européennes dans un futur proche. L'organisation de l'E.E.C. est de type presbytéro-synodal. Elle est  presbytérale, parce qu'à la base les Anciens d'Eglise prennent une part de décisions très importante à la vie de l'Eglise. Elle est dite synodale, car les décisions se prennent en assemblée et non à partir des ordonnances d'un individu. De manière générale, nous pouvons dire qu'on retrouve dans l'E.E.C. quatre grandes structures :

Ø La structure administrative

Elle est composée de la base au sommet du Lieu de culte, de l'Annexe, de la Paroisse18(*), du District ecclésiastique19(*), de la Région synodale20(*) et en dernier ressort du Bureau de l'Eglise Evangélique du Cameroun.

Ø La structure délibérative

Dans le même ordre que plus haut nous avons tour à tour l'Assemblée d'Eglise, le Consistoire, le Synode régional enfin le Synode général.

Ø La structure exécutive

Cette autre structure est constituée du conseil d'Anciens à la base, suivie de la commission synodale régionale, et en dernier ressort de la commission exécutive.

Ø La structure directive

L'organisation ici part du bureau paroissial au bureau d'Eglise en passant par le bureau du district et de la région. Les membres du bureau de l'Eglise sont : un président pasteur, un vice président pasteur, un vice président laïc, un secrétaire pasteur, et un trésorier laïc. Cette configuration du bureau s'étend aussi au niveau de la région et du district.

Pour ne pas être refermée sur elle-même et partager les autres expériences l'E.E.C. est ouverte aux autres Eglises. Sa liturgie ne nous dira pas le contraire lorsque, dans sa préface nous pouvons aisément lire : « L'E.E.C. est en communion avec toutes les Eglises ayant pour fondement Jésus-Christ et collabore fraternellement avec elles au Cameroun et dans le monde »21(*)

Ainsi donc, l'E.E.C. se présente comme une Eglise ouverte qui collabore avec toutes les Eglises reconnaissant Jésus-Christ comme Seigneur et Sauveur. En outre,

- Sur le plan national, elle fait partie du C.E.P.C.A.

- Sur le plan international, elle est membre du C.E.T.A., de la C.E.V.A.A., du C.O.E., de l'A.R.M. et de la M.E.U.

Son organisation et son fonctionnement ainsi parcourus, les données suivantes vont nous permettre de savoir les ministères qui sont reconnus avec leurs contenus dans cette Eglise issue de la Réforme.

1.2.3. Des ministères reconnus dans l'E.E.C.

Selon son Règlement Intérieur, l'E.E.C. reconnaît quatre ministères qui sont : le ministère d'Anciens, des Conseillers, de l'Evangéliste et du Pasteur.

a) Le ministère d'Ancien

Un Ancien est une personne à qui l'on reconnaît une certaine sagesse et une certaine expérience mieux encore quelqu'un qui exerce ses fonctions de chrétien depuis un certain temps et dans une communauté bien déterminée. C'est pourquoi, pour être reconnu comme tel, il faut : «Être chrétien communiant, régulièrement inscrit dans une paroisse depuis cinq ans au moins et être âgé d'au moins 25 ans. »22(*)

Cette élection pour un mandat de cinq ans sera suivie d'une installation après une période de préparation. On peut perdre ce titre pour plusieurs raisons parmi lesquelles la non réélection, la démission, la mise sous discipline, les cas constatés d'immoralité, de malversation, pour ne citer que celles-ci. Les Anciens sont égaux entre eux et assistent l'ouvrier dans sa mission. C'est un ministère de bénévolat et leur tenue de service est bien connue. Si tel est le cas chez l'Ancien, comment est le ministère des conseillers paroissiaux ?

b) Le ministère des Conseillers Paroissiaux

  « L'Eglise Evangélique du Cameroun reconnaît le ministère particulier des conseillers paroissiaux chargés d'aider de leurs compétences au développement de la communauté. »23(*)

Ceux-ci sont des hommes et des femmes qui se sont démarqués dans la communauté et sont choisis par le conseil d'Anciens pour un mandat de cinq ans. Ils sont présentés et sont en réalité les têtes pensantes et les mains agissantes dans la communauté. Le conseil d'Anciens peut mettre fin aux activités d'un conseiller pour inconséquences manifestes avec l'engagement chrétien. C'est un ministère de bénévolat. Est-ce le cas pour l'Evangéliste ?

c) Le ministère de l'Evangéliste

C'est un ministère particulièrement important pour l'Eglise comme son nom l'indique. C'est un officiant dans les Eglises protestantes attachées à une interprétation littérale et étroite des textes bibliques. Ce dernier est celui qui pose en majorité sinon toujours les jalons d'une paroisse. Il est le caterpillar24(*) de l'Eglise. Son travail est un sacerdoce et son traitement laisse parfois à désirer. Ils sont parfois recrutés sans formation et ceux exerçant déjà ne sont pas recyclés. Or souvent c'est parmi eux qu'on sélectionne certains pour les consacrer au saint ministère. L'adoption d'une tenue pour ces derniers par la commission exécutive a été purement salutaire. Comment se présente alors le ministère pastoral ?

d) Le ministère du pasteur

C'est un ministère assez complexe. Il est à plein temps, sauf cas de force majeure. Le pasteur est chargé d'assurer les divers ministères de l'Eglise. En particulier : l'enseignement, la proclamation de l'Evangile, la cure d'âme et l'administration des sacrements.25(*) On accède à ce ministère par la consécration. Son exercice est pour toute la vie avec une mise en retraite à l'âge de soixante et dix ans. Il peut être interrompu par plusieurs facteurs comme la mise en disponibilité, la démission, et la sanction disciplinaire. Le ministère pastoral est un sacerdoce et le traitement qui en découle est là pour le témoigner. Le pasteur de l'E.E.C. porte une robe de couleur noire avec un rabat blanc.

Pour exercer librement et de manière efficace ce ministère, il faut avoir un certain bagage intellectuel, afin de faire face au mercantilisme spirituel que la société moderne nous présente. De ce fait, faisons une brève présentation de la formation des responsables dans l'E.E.C.

1.3. De la formation et du recyclage des formateurs dans l'E.E.C.

Ici, nous présenterons successivement la formation des moniteurs du culte d'enfants, celle des Evangélistes et la formation des pasteurs.

1.3.1. Formation et recyclage des moniteurs du culte d'enfants « Instruis l'enfant selon la voie qu'il doit suivre, devenu grand il ne s'en détournera point » (Pr. 22: 6.)

A travers cette déclaration biblique, nous pouvons dire que l'éducation accompagne en fait l'enfant dans un parcours d'initiation à la condition humaine, le long duquel des acquisitions indispensables doivent être assurées et les expériences réorientées selon les valeurs que l'on adopte comme références. Ainsi donc, poser la pertinence de l'éducation chrétienne, c'est répondre à ces questions avec la Bible, non pas d'une façon formelle mais en appliquant à notre culture les réponses qu'elle donne. Jill MASTERS, présentant le but à atteindre pour la formation des enfants, écrit qu'il faut: «Convaincre les enfants, plongés au coeur d'une société athée, qu'ils ont un créateur et feraient bien de penser à lui pendant leur jeunesse. »26(*) L'éducation chrétienne agit sur la personne de l'enfant, confronté à certaines réalités (culture, tradition, progrès scientifiques et techniques...) ceci pour les faire connaître, les nommer et les démystifier avec la réflexion inspirée par la Parole de Dieu, avant d'intervenir pour fonder une pensée selon les valeurs mentionnées dans la Bible. Pour le culte d'enfants, il s'agit donc d'éduquer les tous petits afin qu'ils soient vraiment imprégnés des valeurs chrétiennes et cette priorité oriente tout naturellement les divers apprentissages. C'est pour répondre de manière affirmative à cette préoccupation que les Eglises ont pensé qu'il faut un cadre approprié pour l'éducation chrétienne des enfants car, comme le signale Jill MASTERS, le culte d'enfants est : « Une manière de répondre aux besoins pastoraux des jeunes croyants et d'assurer les parents (croyants ou non) que leurs enfants reçoivent une éducation biblique. »27(*) Dans l'E.E.C., il existe une classe de personnes, tous âges confondus, qui travaillent de manière bénévole pour la formation des enfants. On les appelle les moniteurs du culte d'enfants. Leur formation est variée et comporte plusieurs étapes. Il faut tout d'abord être chrétien dans l'E.E.C. c'est-à-dire membre inscrit, baptisé et confirmé ou à la rigueur, être au moins inscrit à la catéchèse et suivant régulièrement les cours. Une étape d'observation d'au moins trois mois est de mise avant qu'on confie une charge au nouveau moniteur. Après cette phase d'observation, il doit suivre des formations organisées par la paroisse et appelées journées de formation. Cette journée est suivie par la participation de ce dernier aux week-ends de formation organisés par le district. Il dure en moyenne deux jours. L'étape suivante de la formation du moniteur est sa participation au camp régional qui dure environ dix jours, camp organisé conjointement par la région et la plus haute hiérarchie du culte d'enfants. Après le camp régional que le « Pasteur des enfants » doit faire au moins deux fois, il est attendu alors au camp national qui dure presque vingt et un jours, organisé par le bureau national du culte d'enfants. Le couronnement de cette formation arrive avec la participation du moniteur au camp de recyclage. Après cette étape, le moniteur ayant rempli toutes ces conditions peut désormais participer au camp de cadre en vue de former les autres moniteurs en herbe. Il faut signaler que les moniteurs utilisent un canevas pour la formation des enfants qui s'étend sur deux ans avec des thèmes variés d'où la nécessité pour les nouveaux moniteurs de se former et pour les anciens, de se recycler. De ce fait que se passe-t-il chez les Evangélistes ?

1.3.2. Formation et recyclage des évangélistes Conformément à l'article 17, alinéa a de son Règlement Intérieur,  « Tout ouvrier appelé par l'Eglise à la fonction d'Evangéliste doit avoir suivi une formation organisée et contrôlée par la Commission Exécutive, soit auprès d'une Ecole Biblique, soit sur un programme assuré la Région Synodale »28(*) Ainsi, nous comprenons aisément que dans l'E.E.C. le ministère d'Evangéliste n'est pas subalterne, car il faut au préalable suivre une formation soit à l'Ecole Biblique Nationale de Foumban29(*) où les programmes sont assez étoffés et tiennent sur une période de deux ans intercalée par un moment de stage de trois mois dans une paroisse de l'E.E.C. Les différents cours au programme sont : «L'Histoire d'Israël ; l'Histoire des Religions ; l'Histoire de l'Eglise ; L'Ancien Testament ; le Nouveau Testament ; la Connaissance de l'Islam ; la Dogmatique ; la Théologie Pratique ; l'Ethique ; le Français ; le Catéchisme ; la Gestion des Ressources Humaines et Financières »30(*) Les études s'achèvent par la délivrance d'un diplôme attestant l'aptitude du candidat à servir comme tel. Ce dernier est alors affecté dans une annexe ou directement sous un pasteur dans une paroisse. D'ailleurs, le Règlement Intérieur de l'E.E.C. parlant de l'Evangéliste stipule qu'« Il assure les tâches du pasteur, à l'exception du Baptême, Sainte-Cène, Mariage. »31(*) L'Evangéliste peut également suivre une formation basée sur un programme établi par la région synodale. Dans ce cas, la formation se déroule généralement après les pastorales régionales et peuvent aller de trois à quatre jours selon la consistance de la caisse régionale. Après deux ans ou plus un diplôme est décerné à celui qui occupait autrefois le titre d'Aide Evangéliste et qui a régulièrement suivi ces formations. Il est alors classé au même niveau que celui qui sort fraîchement de l'Ecole Biblique Nationale de Foumban. Une chose est à relever avec force ici, c'est l'écart considérable qui existe entre les deux types d'Evangéliste sur le plan de la formation. On a l'impression que l'un serait mieux outillé et l'autre aurait uniquement le titre. Ici les thèmes sont survolés et les facilitateurs n'ont pas toujours une aisance dans la discipline qu'ils ont à transmettre. Le recyclage des Evangélistes dans l'E.E.C. reste sûrement encore dans les tiroirs des dirigeants. Pour le moment, ils peuvent bénéficier juste en participant à la formation des Aides Evangélistes pour revoir les anciennes notions reçues à l'Ecole Biblique Nationale de Foumban. Quant à un programme de recyclage pour eux, il est peut être encore à l'état embryonnaire ou foetal. Pourtant, leur recyclage devrait être aussi parmi les priorités des dirigeants, vu l'oeuvre importante de ces derniers. Karl BARTH présente cette oeuvre en ces termes : ««L'oeuvre d'un évangéliste »consiste comme son nom l'indique (...) dans la proclamation, la prédication de l'Evangile »32(*)  Cette proclamation n'étant possible qu'à partir d'un suivi intellectuel et un recyclage considérable. Ainsi parcouru la formation et le recyclage des Evangélistes, Comment se déroule la formation du pasteur dans l'E.E.C. ?

1.3.3. Formation et recyclage des pasteurs La Bible affirme que le pasteur devrait s'efforcer à se :«Présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité» (2Tim 2 :15)

C'est sans doute dans cette logique que dans l'E.E.C., la formation du pasteur prend de plus en plus largement de sens et devient parfois l'une des voies incontournables qui conduisent à la consécration comme le stipule son Règlement Intérieur :

« Les futurs pasteurs (hommes ou femmes) doivent recevoir une formation spirituelle et intellectuelle poussée. »33(*) Sur un plan purement historique, c'est dès le XVIe siècle que les réformateurs ont eu le souci de la formation des pasteurs. S'ils devaient correctement prêcher l'Évangile et administrer les sacrements, une formation solide devenait indispensable. C'est pourquoi les pasteurs eurent en général une formation universitaire solide pour un enseignement dépouillé de tout dérapage. Jusqu'à ce jour, la robe noire qu'ils portent est, précisément, l'habit universitaire et non un ornement clérical.

Les pasteurs reçoivent une formation post-baccalauréat de trois ou dix années dans les facultés de théologie, une formation qui accorde une grande place aux sciences bibliques (l'Ancien et le Nouveau Testaments sont étudiés à partir des textes originaux hébreu et grec). De ce fait le pasteur Simon Bolivar NJAMI-WANDI allant dans le même sillage déclare : « L'homme de Dieu doit par ailleurs avoir fait de bonnes études pour être à la hauteur de ses lourdes responsabilités pastorales. Car un bon pasteur doit être un communicateur à travers son contact quotidien avec ses ouailles ainsi que par la prédication constante de la parole de Dieu. »34(*)

Diplômé en théologie, l'étudiant reçoit un complément de formation dans l'Eglise de son choix, Eglise qui le reconnaîtra comme pasteur à travers le rite de l'ordination ou de consécration, encore appelée «reconnaissance de ministère» dans certaines Églises. Ainsi notre Eglise ne fait pas exception de cette pratique historique car, en dehors des Evangélistes qui peuvent d'un moment à l'autre recevoir une grâce particulière et être consacrés au saint ministère pastoral, tous les pasteurs doivent au préalable suivre une formation théologique soit au Cameroun (U.P.A.C., I.P.T.N) soit à l'étranger. L'entrée d'un étudiant de l'E.E.C. dans une institution de formation théologique tient compte d'un certain nombre d'éléments parmi lesquels le passage par : 

« Une période préalable d'observation avant son admission en formation après proposition écrite du conseil d'Anciens, signée par le pasteur et deux témoins, visée par le président du consistoire, le président de la commission synodale et, en dernier ressort par le président de l'Eglise Evangélique du Cameroun ou un des membres pasteurs du bureau. »35(*) Les étudiants sortis de l'I.P.T.N. semblent avoir une base théorique assez considérable comme le souligne le Rév. Dr. Emmanuel TCHUINDJANG.36(*) Cette structure de formation a pour ambition non seulement de former des pasteurs mais aussi et surtout d'assurer un enseignement de qualité en théologie. Elle se veut une institution qui forme à la recherche socio- religieuse, à l'analyse sociale en vue de l'évangélisation et du témoignage chrétien. En fait, son objectif fondamental est de doter les étudiants des diverses Eglises fondatrices d'une nouvelle génération de pasteurs, d'évangélisateurs et d'animateurs théologiques capables de répondre aux besoins profonds des chrétiens et aux quêtes essentielles des populations surtout en ces temps où les Eglises d'Afrique sont appelées à intensifier leur présence dans la dynamique de la renaissance et de la reconstruction deleur continent.

Quant à la fréquentation dans cet Institut, les étudiants viennent des Eglises membres du Conseil des Eglises Protestantes du Cameroun (C.E.P.CA) et de l'Eglise Evangélique du Gabon ou toute autre Eglise qui le sollicite. Ainsi, l'I.P.T.N. en collaboration avec l'U.P.A.C. de Yaoundé reste fidèle et soumis à la parole de Dieu, aux confessions de foi issues de la Réforme, à leur vocation interecclésiastique, internationale et oecuménique. Le nombre des étudiants varie entre soixante et soixante et dix étudiants mais spécialement cette année académique il regorge en son sein quatre vingt et seize étudiants.

L'I.P.T.N. a une bibliothèque même si elle est un peu vétuste, qui aide les étudiants à mener à bien leurs recherches. Elle leurs permet d'être mieux outillés non pas seulement dans les autres disciplines mais aussi et surtout en théologie comme le pense Karl BARTH : « Il nous faut être des écoliers, à l'école de l'Ecriture Sainte. »37(*)

Quant au corps enseignant, les professeurs sont envoyés par les Eglises fondatrices et les partenaires pour les matières d'appui aux matières fondamentales de formation théologique. L'encadrement des étudiants est assuré par une quinzaine d'enseignants dont sept docteurs, un historien, deux néotestamentaires, deux vétérotestamentaires deux historiens de religions, un théopraticien et un éthicien. De temps en temps, l'Institut reçoit aussi des professeurs étrangers et vacataires pour les matières complémentaires comme dans les autres milieux universitaires.

Avec la nouvelle société fondée sur l'informatique, l'intelligence et le savoir, cet Institut se propose de former des pasteurs adaptés à ce contexte. Il faut donner une âme, une spiritualité à la nouvelle société. C'est généralement dans cet optique que les pasteurs de l'E.E.C. sont formés. La formation à l'I.P.T.N. dure trois ans pour ceux qui sont nantis d'un Baccalauréat de l'enseignement secondaire ou de son équivalent. Ces derniers sortent avec une Licence en théologie et sont placés comme pasteurs proposants dans des paroisses. Ceux qui n'ont pas le Baccalauréat toutes séries confondues, font cinq ans d'études avec une année de stage compris et sortent nantis d'un Baccalauréat en théologie.

A l'U.P.A.C. qui devait en principe recevoir uniquement les étudiants préparant une Maîtrise ou un Doctorat en théologie, les conditions d'étude diffèrent légèrement mais l'objectif reste le même qu'à Ndoungué. Les formations reçues à tous ces niveaux permettent aux pasteurs de mieux exercer dans les Eglises et particulièrement dans l'E.E.C.

Conclusion partielle

Nous venons de faire un tour d'horizon pour voir le sens des mots clés de notre sujet. Ces mots nous ont conduit à la présentation de notre Eglise cible. Nous avons également présenté la formation et le recyclage des moniteurs (pasteurs des enfants), des Evangélistes et des pasteurs.

Pourtant, la formation et le recyclage du pasteur semblent avoir un fondement biblique notamment dans le livre du prophète Malachie, le chapitre deux, les versets cinq à neuf. De quoi est-il question dans ce passage sur le plan exégétique ? A-t-il une portée théologique ? Peut-on l'appliquer dans le ministère pastoral actuel ? Le deuxième chapitre de notre travail nous éclairera sûrement. 

CHAPITRE II : ETUDE EXEGETIQUE, THEOLOGIQUE ET HERMENEUTIQUE DU TEXTE DE MALACHIE 2 :5-9.

Introduction

Ce chapitre sera constitué de trois grandes parties essentielles. Nous partirons de l'exégèse de Mal 2 :5-9 à son étude herméneutique en passant évidemment par le parcours théologique de quelques thèmes qui nous semblent importants. Le plan ainsi établi, commençons par l'exégèse de Mal 2 :5-9.

2.1. Exégèse de Malachie 2 :5-9

« L'exégèse est l'étude philologique, philosophique et doctrinale d'un texte. Elle est l'explication d'un texte pour en dégager le sens. »38(*)

Elle comporte plusieurs étapes (introduction du livre, une étude critique et contextuelle et un commentaire exégétique) qui constitueront le socle de cette partie exégétique.

2.1.1. Brève introduction au livre de Malachie et étude des contextes

Il sera question pour nous de faire des recherches sur l'auteur, la date de composition, les destinataires, le but et le plan du livre de Malachie.

a) Du nom de l'auteur et de la date de composition Malachie est le dernier en date des prophètes envoyés à Juda après le retour de la captivité. Le livre de Malachie est un livre totalement anonyme. En effet, il ne s'agit pas d'un nom propre, mais simplement d'un nom commun signifiant «l'envoyé » ou «mon messager». Le livre ne possède aucune section autobiographique et l'auteur ne donne aucun renseignement sur son identité. Malachie nous est connu seulement par ce livre. Les tentatives pour identifier cet anonyme à quelque personnage connu comme http://fr.wikipedia.org/wiki/EsdrasEsdras39(*) par exemple sont de pures hypothèses ne reposant sur aucun élément consistant.

Aggée et Zacharie prophétisaient au milieu des événements rapportés au livre d'Esdras. Malachie est d'un temps postérieur, ou encore connu comme un prophète postexilique,  car il mentionne des circonstances analogues à celles du chapitre 13 de Néhémie. Mais tout porte à penser que sa prophétie a été prononcée après cette période. Quoi qu'il en soit, sa portée dépasse infiniment ce cadre plus ou moins restreint, car Malachie décrit l'état moral du peuple, tel qu'il existait encore en partie sous Jean-Baptiste, dernier prophète de l'ancienne alliance, alors que Jésus, le Messie promis à Israël, était prêt de paraître sur la scène.

On dispose, par contre, d'indices permettant de proposer une datation. En effet, le culte fonctionne à nouveau normalement et la destruction d'Edom paraît bien avancée, ce qui nous amène déjà au début du cinquième siècle avant Jésus Christ. La situation du clergé semble très problématique du fait de la décadence et du relâchement, ce qui vise une époque assez éloignée de la ferveur des recommencements du culte en http://fr.wikipedia.org/wiki/Isra%C3%ABl Israël. On se trouve en fait dans le même contexte que celui des livres d'Esdras et de Néhémie (injustices sociales, problème des mariages mixtes, etc.) et on pourrait dater ce livre quelques années avant l'intervention de http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9h%C3%A9mie Néhémie (-445) probablement vers -460. Donc environ 450 ans av. J-C. C'est probablement les derniers mots de Dieu à son peuple, dans l'ancienne alliance.

Rentré de l'exil de Babylone, en partie dès 536 av. J-C, le peuple d'Israël a retrouvé son pays, son indépendance nationale, sa vie politique (non plus sous un roi, mais un gouverneur, 1.8) et religieuse (sacrificateurs, 2.1). Mais une mentalité nouvelle a remplacé l'enthousiasme des pionniers du retour de la captivité (comme Israël aujourd'hui). L'élan du coeur n'y est plus. La médiocrité s'est installée dans les moeurs. Nous pensons comme G.L. ARCHER concernant la datation qu' « Environ 433 av. J.-C. serait donc une estimation raisonnable. »40(*)

Mais l'activité du prophète s'est déroulée probablement sur plusieurs années ou mêmes décennies, et les derniers oracles peuvent être postérieurs à cette intervention. Malachie ne nous parle prophétiquement ni de l'empire d'Alexandre, ni des temps héroïques des Maccabées, ni de la conquête romaine. Mais il fait le tableau moral très sombre de l'état du peuple, et met en relief, sur ce fond obscur, l'existence d'un petit groupe préparé, par l'épreuve, à saluer la venue du Libérateur.

b) Des destinataires, du but et du plan du livre

Malachie est une personne qui annonce l'avenir et révèle les vérités cachées de Dieu aux hommes :

Il « s'adresse aux judéens en général (1.1) et aux prêtres en particulier en vue de la restauration d'un culte irréprochable. »41(*)

Ainsi, nous pouvons recenser les destinataires de ce livre en partant d'Israël, fils de Jacob (3; 6) représentant le peuple élu de Dieu, à ceux qui craignent l'Eternel (3.16; 4.2) c'est-à-dire les fidèles, en passant par les sacrificateurs (1.6; 2.1) reconnus comme les conducteurs de ceux-ci.

Quant à son but, grosso modo, le livre de Malachie apparaît comme un code de réforme dans les pratiques cultuelles et culturelles juives. Dans les proclamations, ce prophète veut montrer le degré d'amour de Dieu envers Israël. Ce peuple est invité à une vie de prière, d'obéissance et de responsabilité. Pour nous résumer, nous faisons nôtre cette déclaration de Thomas RöMER:

« Comme d'autres livres (...), Malachie commente, voire idéalise l'histoire ancienne du peuple en citant les évènements et les personnages du passée (Hill). Il relit le passé de l'élection, de l'alliance, de la prêtrise de Lévi comme un idéal à retrouver. »42(*)

C'est pourquoi l'amour de Dieu demeure la base de ses relations avec son peuple, même lorsqu'il l'avertit et le reprend. Dieu n'abandonne pas son peuple aux conséquences de ses fantaisies et de ses péchés.

Plusieurs théologiens et exégètes ont proposé, chacun en ce qui le concerne, un plan pour le livre du prophète Malachie. De ces plans, celui qui nous semble le mieux indiqué est celui proposé par HIMBAZA :

-Titre ou suscription qui identifie l'auteur et le destinataire. (1 :1)

-Le Seigneur aime Israël et prouve (1 :2-5)

-Conditions requises pour un culte authentique et dénonciation des prêtres. (1 :6-2 :9)

-Protestation contre le divorce et le remariage avec les femmes idolâtres (2 :10-16)

-Le jour du jugement et de la purification est proche (2 :17-3 :5)

-Appel à la repentance et au payement de la dîme en vue de la bénédiction de Dieu (3 :6-12)

-Annonce de la justice de Dieu et du triomphe final des justes (3 :13-21)

-Appendice : Evocation de deux figures historiques de la foi d'Israël: Moïse pour le passé et Elie pour le futur (3 :22-24).43(*)Après ce plan, les éléments suivants nous permettront de mieux appréhender les contextes.

c) Etude des contextes

Notre texte, comme tous les textes bibliques, n'est pas isolé. Son énonciation44(*) se réfère à des contextes bien déterminés. Nous avons pu identifier le contexte historique et le contexte sociologique.

A défaut d'indications historiques explicites, le livre présente cependant une orientation assez ferme quant à la période et l'origine. Une première donnée situe les évènements après la disparition de ZOROBABEL45(*), c'est-à-dire vers le cinquième siècle av. J-C. Les abus signalés chez les prêtres et les fidèles supposent un certain recul par rapport à la reprise du culte en 515. Le livre de Malachie apporte des informations historiques intéressantes sur la situation religieuse et sociale en Palestine après la captivité des juifs à Babylone entre 586 av. J.-C. et 538 av. J.-C., et avant la réorganisation de la nation juive par Néhémie. Pour les chrétiens, il est important en tant qu'image du précurseur messianique.

La seconde donnée est relative au contexte et à la situation sociologique. A ce sujet, Théophane CHARY déclare :

« La situation sociologique, parallèle à la situation religieuse nous rapproche nettement de la période d'Esdras et de Néhémie »46(*)

Au regard du contexte large et d'après le plan général du livre de Malachie que nous avons adopté, notre portion de texte se trouve dans la partie intitulée ``Conditions requises pour un culte authentique et dénonciation des prêtres (1 :6-2 :9)'' que nous considérons de fait comme notre contexte large.

Notre contexte proche est situé dans la partie contenant les versets 1 à 9 du chapitre 2 intitulée ``Exigences d'un sacerdoce fidèle''. Dans cette partie les prêtres reçoivent des avertissements pour avoir un sacerdoce exemplaire.

Quant au contexte immédiat, en amont de notre texte c'est une réprimande sévère du Seigneur à l'endroit des prêtres qui ont négligé l'alliance conclue avec Lévi. (Mal 2 :1-4). En aval, c'est une recommandation vis-à-vis de la fidélité dans leurs relations sociales et familiales. L'étude des contextes nous ouvre les portes de celle des critiques sur le plan textuel, littéraire et historique.

2.1.2. Critiques textuelle, littéraire et historique de Malachie 2 :5-9.

Nous étudierons tour à tour la critique textuelle, la critique littéraire et enfin la critique historique de notre texte.

a) Critique textuelle

La critique textuelle a pour objectif de tenter de rétablir le texte authentique d'une oeuvre littéraire. Elle compare les variantes des manuscrits en vue de discerner le texte original et authentique en éliminant les déformations les ajouts, les gloses, les corruptions et les commentaires47(*). Pour ce faire, nous allons utiliser la méthode qui exige un passage par une étude de l'apparat critique, l'analyse grammaticale et sémantique ainsi que les traductions littérale et dynamique.

L'étude de l'apparat critique de notre texte d'exégèse présente, trois versets seulement qui posent quelques problèmes.

Le verset 5 a deux  notes : l'une porte sur le mot îåÉøÈà (môrâ') = crainte et l'autre sur le mot ðÄçÇú(nih?ath)= abaisser, terrifier. Pour la première note, l'éditeur moderne nous demande de lire peut-être åøà?åÀäÅ(wemôrâ')= et la crainte en lieu et place de îåÉøÈà (môrâ')= crainte parce que certains mots auraient disparu dans le texte. L'ajout de la conjonction de coordination et de l'article au mot crainte n'influence pas tellement le fond du texte. C'est pourquoi nous optons pour le Texte Massorétique.

Pour la deuxième note, l'éditeur moderne propose ðÆçÈú (nèh?ath) ``terrifier'' au lieu de ðÄçÇú(nih?ath) ``terrifier'' Il s'agit ici d'un problème de conjugaison : l'éditeur moderne propose ce verbe au niphal, tandis que les Massorètes l'ont écrit au piel pour exprimer ainsi l'idée d'intensité. Or, étant devant une action déjà passée et connaissant l'attitude de Lévi devant la loi du Seigneur, nous donnons raison aux Massorètes.

Le verset 7 possède une note relative à tout le verset. L'éditeur moderne pense que ce verset a été probablement ajouté dans l'ensemble du texte. Ceci nous semble un peu anormal car le texte présente une certaine harmonie avec ce verset compris.

Le verset 9 a deux notes portant respectivement sur ìÀëÈì-äÈòÈí(lekhâlhâ`âm)``pour tout le peuple'' et àÂùÑÆø ('aêr)``qui''. Pour la première note, plusieurs manuscrits comme ceux de la LXX et la version latine de Jérôme ou Vulgate ont écrit ce mot (ìÀëÈì-äÈòÈ?) au pluriel. Cet accord ne change pas de manière considérable le fond du texte.

Pour la deuxième note, l'éditeur pense que le mot àÂùÑÆø ('aêr) est à supprimer a cause du mètre48(*) même si cette leçon est incertaine. Sa présence dans le texte rend le message plus compréhensible. Que nous dévoile l'analyse sémantique ?

L'analyse sémantique doit nous permettre d'éclairer en les définissant le sens de certains mots-clés, utiles pour notre travail. Ces mots sont : la vie et le salut, le messager.

åÀäÇùÌÑÈìåÉíäÇçÇéÌÄéí(hah?ayim)(wehaâlôm)ce couple de mots signifie la « vie et le salut(paix) » et insiste sur un maxima de vie , de paix et de bonheur. Malachie retrouve ainsi le Deutéronome qui insiste tant sur cette plénitude de vie, de bonheur et de fidélité. Pour avoir ces grâces, il faut une réelle îåÉøÈ? (crainte de Dieu). C'est cette disposition permanente de révérence qui fait observer la loi divine. Ici, il s'agit aussi du saisissement religieux devant Dieu, traduit par Moïse et Esaïe dans le prosternement face à terre. La désinvolture des prêtres s'observe donc à travers des questions insolentes et le badinage avec les choses saintes. Les conducteurs spirituels d'avant Malachie délivraient aux fidèles un enseignement pur et véridique qui prenait sa source en Dieu seul.

îÇìÀàÇêÀ (male'akh)Traduit par le « messager », c'est la première fois que le prêtre est ainsi qualifié dans la Bible. Ce titre exprime la fonction de médiateur entre Dieu et le peuple et exprime une certaine proximité avec Dieu. Le prêtre est à son service direct à la façon des anges (messagers) de la cour céleste. Il fait partie de ses intimes. Ce titre est lié aux prêtres et ne concerne plus directement Lévi. Que peut-on desceller de la critique littéraire

b) Critique littéraire

Le texte de Malachie renferme un mélange de formes de discours. Avec Théophane CHARY O.F.M nous avons observé que :

« Le texte de Malachie se présente comme un mélange de proses et de vers, au point que la plupart des auteurs renoncent à lui donner une structure métrique bien déterminée.»49(*)

Plus précisément, le texte de Malachie se présente comme un dialogue entre Dieu et son peuple. D'ailleurs, Serges Gautier DJAKOU MBAKOP pense que ce dialogue a une pédagogie divine, unique, cohérente et logique.50(*) Les amendements apportés à ce texte sont minimes avec quelques corrections mineures émanant des critiques. Les manuscrits de Qumram sont d'un faible secours pour le Texte Massorétique. Quant au texte de la Septante, il suit le Texte Massorétique de très près. La Version Latine suit aussi la Septante de près. Bref, à part quelques variantes négligeables, le texte de Malachie semble être loin des problèmes relatifs à sa transmission.

c) Critique historique

L'histoire nous rapporte qu'Israël a été dominé par les puissances assyrienne, perse, babylonienne et grecque notamment avec Alexandre Le Grand. Ainsi les prophètes postexiliques, parmi lesquels Malachie, prophétisent quand Jacob est sous la domination Perse avec son fameux roi CYRUS. Avec lui, ce peuple va connaître de nouveau la liberté avec leur affranchissement du joug babylonien sous l'administration de Nabuchodonosor. Le règne de CYRUS va conduire le peuple élu à la signature d'un décret royal autorisant la reconstruction du temple et le rapatriement des objets cultuels emportés par Nabuchodonosor. On comprend aisément pourquoi le prophète Esaïe parle de CYRUS comme « l'oint de l'Eternel » (Es 45 :1). Que dire alors du commentaire exégétique de notre texte ?

2.1.3. Commentaire exégétique

Beaucoup d'événements, d'une haute importance, eurent lieu pendant les quatre siècles et demi qui s'écoulèrent entre Néhémie, dernier historien de l'Ancien Testament et l'incarnation du Christ. Malachie ne fait aucune allusion prophétique aux événements qui remplirent cette période, tandis que Zacharie, en cela semblable à Daniel, les mentionne distinctement. Le fait est que Malachie n'a en vue que l'état moral du peuple, appelé à recevoir le Messie, et les jugements qui tomberont sur lui, si sa conscience oblitérée ne se réveille pas devant cette visitation; en même temps qu'un vrai reste attendra la venue du Seigneur.

A travers les trois derniers prophètes, Dieu avait fait remonter Juda de la captivité de Babylone pour établir le règne du Christ si le peuple le recevait. Mais, s'il mettait le comble à son incrédulité en rejetant son Roi, Dieu avait en vue d'accomplir un salut merveilleux qui serait offert à toutes les nations. C'est pourquoi, le livre de Malachie accorde une grande place aux problèmes cultuels et rituels. En réalité, le prophète est un ardent défenseur de l'amour de Dieu qui a gratuitement élu son peuple. C'est au nom de cet amour qu'il voudrait voir l'homme répondre par un service sans faille ni faiblesse.

Après les prophéties d'Aggée et de Zacharie, on espérait l'accomplissement de la promesse liée à la reconstruction du Temple. Mais l'attente se prolongeait et le scepticisme s'installait dans les esprits. Face au découragement général, Malachie garantit le rétablissement de la justice de Dieu par l'exaltation des vrais fidèles et le châtiment sans rémission des impies. Malachie réagit contre cette démission. Il mène une lutte vigoureuse contre la dégradation du service cultuel chez les prêtres et les fidèles, contre l'injustice toujours renaissante, et contre le laxisme dans le mariage (divorce et mariages mixtes). Avec un style dur et peu ordinaire, l'Eternel est représenté ici comme dialoguant avec son peuple.

Les fils de Lévi avaient fait preuve de zèle pour l'Éternel en deux occasions mémorables. Après l'érection du veau d'or et le péché d'Aaron, Moïse se tint à la porte du camp et dit :

«A moi, quiconque est pour l'Éternel ! Et tous les fils de Lévi se rassemblèrent vers lui. Et il leur dit: Ainsi dit l'Éternel, le Dieu d'Israël (...) Consacrez-vous aujourd'hui à l'Éternel, chacun dans son fils et dans son frère, afin de faire venir aujourd'hui sur vous une bénédiction» (Ex 32: 26-29).

Le zèle des Lévites pour l'Eternel était leur consécration, en contraste avec la consécration officielle des sacrificateurs (Ex. 29).

Ce zèle s'était montré une seconde fois lors de l'alliance d'Israël avec les filles de Moab, pour adorer Baal-Péor51(*). PINHAS, fils d'Éléazar, dans sa jalousie pour l'Éternel, avait transpercé les coupables de débauches. En effet, l'alliance avec Lévi dont Malachie fait allusion n'est qu'un rappel de ce que l'Éternel avait dit à Moise dans Nb. 25: 10-13.

En vertu de la fidélité de PINHAS, le sacerdoce perpétuel devait rester dans la famille d'Éléazar, dont ce Lévite était fils.

C'est alors ce qui aura lieu à la fin des temps. On voit, en Ez 48: 11, que la famille de sacrificateurs, dont les fils de TSADOK devenus les titulaires sous le règne de David, subsistera pendant le règne millénaire de Christ:

«L'offrande, dit-il, sera pour les sacrificateurs qui sont sanctifiés d'entre les fils de TSADOK, qui ont fait l'acquit de la charge que je leur ai confiée, qui ne se sont pas égarés dans les égarements des fils d'Israël, comme les Lévites se sont égarés.»

Nous avons ici l'un des exemples de la confusion intentionnelle mentionnée, entre les sacrificateurs et les Lévites, car c'étaient les sacrificateurs qui avaient corrompu l'alliance de Lévi. Or, Lévi avait des caractères ou principes résumés en cinq points :

-Quant à son coeur : il craignait l'Éternel ; il différait de ces sacrificateurs profanes, dont Dieu disait : Où est la crainte qui m'est due ? (1: 6)

- Quant à ses paroles : la loi de vérité était dans sa bouche et l'iniquité ne s'était pas trouvée sur ses lèvres

- Quant à sa marche : elle était avec l'Éternel dans la paix et dans la droiture

- Quant à son ministère : il avait détourné de l'iniquité beaucoup de gens

- Quant à son messager : il était l'envoyé de Dieu

La Parole considère ici le faible service des Lévites à la lumière de celui du fils d'Éléazar. Il apprécie ce service selon son origine, de même qu'il considère le nôtre à la lumière de celui de Christ. Tout ce passage, en effet, nous parle de Jésus, et nous offre une image admirable de son activité comme homme. Sur la terre, Jésus n'était pas sacrificateur. Il ne l'est devenu qu'en vertu de sa résurrection d'entre les morts (Ps. 110). Mais toute sa carrière ici-bas correspondait à celle du Lévite fidèle. Il était le parfait serviteur de l'Éternel et de l'homme déchu. Aussi, Dieu lui a-t-il confié un sacerdoce qui ne se transmet point. Il pouvait être désormais dans le ciel, devant Dieu pour les hommes, parce qu'il avait été sur la terre pour Dieu devant les hommes.

Le prophète revient ici aux sacrificateurs qui n'en ont que l'apparence et la profession. Au lieu de marcher dans les voies du vrai serviteur qui aurait dû être leur modèle dès le commencement, ils avaient suivi, tout en portant son nom, des voies de corruption, donnant ainsi l'exemple à beaucoup de gens d'abandonner la loi, ou bien l'appliquant différemment, selon qu'il s'agissait de pauvres ou de gens tenues en haute estime. Aussi, Dieu allait-il les couvrir de mépris aux yeux de tous. Ce commentaire exégétique nous introduit directement dans l'étude théologique de Mal 2 :5-9.

2.2. Etude théologique de Malachie 2 : 5-9

Nous allons nous appesantir, dans cette partie, à l'étude de quelques thèmes parmi lesquels : le prêtre selon Dieu et l'enseignement dans son contenu et sa finalité. Que dire du prêtre ?

2.2.1. Le prêtre selon Dieu.

Mentionné plus de neuf cent fois dans la littérature biblique, prêtre est un mot dérivé de l'hébreu ëÉäÅï (khohén)  qui signifiait avant l'époque royale celui qui gardait un sanctuaire et transmettait des oracles. C'est un personnage toujours en relation avec le culte. Il est intronisé par l'onction. En Ephraïm, Mica construisit une maison de Dieu et installa d'abord son fils, puis un lévite comme prêtre pour s'occuper du temple et de la statue (Jg. 17). Dans les temps anciens, l'administration de l'oracle fut la première chose mentionnée pour la tribu de Lévi. Ensuite, il fut question de l'enseignement de la loi et de l'offrande des sacrifices (Dt.8-10). Les prêtres étaient chargés d'administrer le droit divin. Comme nous l'avons souligné plus haut, le prêtre est un sacrificateur. Edmond JACOB confirme cela lorsqu'il déclare à ce sujet :

« Il doit enseigner les lois de Yahweh et les ordonnances juridiques (torah et mishpatim) et présider à l'offrande des sacrifices. »52(*)

Il est clair qu'autrefois tout chef de famille en avait le droit. Plus tard, il a fallu que ce fût celui qui offrait le sacrifice qui tuât lui-même la victime (Lv.1 :5, 3 :2, 8 :4), et la tâche du prêtre se ramena à répandre le sang sur l'autel et à brûler l'animal.

Le prêtre est également le chargé de mission de Dieu quand il bénit le peuple. Nb.6 :24ss présente cette formule : ``Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse rayonner sur toi son regard et t'accorde sa grâce ! Que le Seigneur porte sur toi son regard et te donne sa paix !'' Le professeur H. RINGGREN nous laisse comprendre que :

« Les prêtres pouvaient aussi prononcer des malédictions dans le cadre du culte (...) Toutefois, ce ne sont pas des malédictions absolues prononcées dans telle ou telle situation, mais des menaces qui se réaliseront si les commandements ne sont pas observés. »53(*)

L'importance grandissante de la fonction sacerdotale poussera les prêtres à s'arroger certaines prérogatives pour mieux exercer leur tâche. Le rôle du prêtre devint de plus en plus important en tant que représentant du peuple (Nb. 3 :12,41 ; 8 : 16-17). Edmond JACOB pousse la réflexion plus loin quand il dit :

« Au temps où la royauté n'existait plus et où l'inspiration prophétique commençait à se tarir, le prêtre éclipse le roi et le prophète et revêt en partie leurs dépouilles. »54(*)

C'est donc dire que les prêtres, de part leur fonction, ont joué et continuent à jouer un rôle important dans la société ancienne et moderne. Nous n'avons qu'à lire avec beaucoup d'intérêt le pasteur John BENTON lorsqu'il résume la mission des sacrificateurs en ces termes :

« Avoir la crainte de Dieu, donner un sain enseignement biblique et vivre une vie de sainteté : voilà les caractéristiques fondamentales du responsable spirituel. »55(*)

Dans la nouvelle alliance, il est beaucoup plus question des hommes et femmes qui ont décidé de tout abandonner pour annoncer le Seigneur Jésus partout. Nous avons comme exemple les disciples de Jésus, l'apôtre Paul, Etienne pour ne citer que ceux-là. Par prolongement de cette mission nous pouvons parler aujourd'hui des hommes et femmes consacrés au Saint Ministère.

2.2.2. L'enseignement : son contenu

L'enseignement de l'hébreuúÌåÉøÇú(tôrâh) (Dt.31 :9 et 27 :33) était d'abord l'apanage des prêtres. Il concernait vraisemblablement d'autres choses que la distinction entre le pur et l'impur seulement. LaúÌåÉøÇú(tôrâh) désigne toutes les décisions et toutes les instructions divines. A cet effet, elle se présente comme les règles et les principes qui guident la société tant civile que religieuse. Le prêtre doit interpréter la loi et promulguer les décisions légales. T. Alexander DESMOND et S. Brian ROSNER résument le contenu de l'enseignement en déclarant qu'il doit être : « Essentiellement composé d'un assortiment de commandements, de règles de droits et devoirs, mais aussi de quelques impératifs moraux (Ex.22.21-23.9). »56(*)

Son message doit être le fondement moral et spirituel de la relation des hommes avec Dieu. Les commandements issus de son contenu sont de nature apodictique, c'est-à-dire que ce sont des commandements absolus principalement négatifs mais pas entièrement. Le contenu de son message peut être résumé en trois thèmes :

1. L'homme pécheur et corrompu : Il est sans force ni espoir pour répondre aux exigences de Dieu et pour être accepté par lui. En langage théologique, cela signifie la corruption totale de l'homme.

2. La grâce souveraine de Dieu : Elle est à la fois à l'origine et le fondement de l'oeuvre rédemptrice du Christ, qui a payé de façon suffisante et de manière efficace pour le péché des hommes.
3. La justification par la foi seule : Elle est offerte librement par l'Evangile à tous ceux qui croient en Dieu. Comme chez Luther, la justification est la pierre d'angle de la prédication et le fondement même de l'appel adressé aux hommes et aux femmes http://www.unpoissondansle.net/rr/9812/index.php?i=3 - fn18 http://www.unpoissondansle.net/rr/9812/index.php?i=3 - fn18.

2.2.3. L'enseignement : sa finalité

La finalité du message de l'Oint de Dieu reste la transformation physique, morale, sociale, financière et surtout spirituelle des hommes et femmes. Ainsi, si le message est tronqué, les auditeurs seront déroutés. Le message doit être une révélation pleine de Dieu à son peuple. D'ailleurs, la remarque du pasteur BENTON est très éloquente et révélatrice :

« Des chefs spirituels peuvent se consacrer à de nombreuses causes très louables. Il est excellent d'amener les gens à une profession de foi en Jésus, mais si cette confession d'amour pour Christ ne produit pas une vie changée et sainte, elle n'a alors aucune valeur, et les espoirs du prédicateur pour cette personne sont vains. »57(*)

C'est donc dire que le message du prêtre doit montrer l'amour véritable de Jésus pour l'homme en général et le pécheur en particulier, malgré les tumultes et les injustices qui existent dans la société, domaine d'action du chrétien. Son message doit en principe amener ce dernier à la haine permanente du péché. Dans cette logique, quelle interprétation pouvons nous faire a partir de ce texte ?

2.3. Herméneutique de Malachie 2 : 5-9

L'herméneutique est la science qui s'intéresse au sens, à l'interprétation, à la compréhension et à l'actualisation des textes. Selon René MARLE,

« Par herméneutique on doit, en effet, entendre la recherche de la nature et des principes d'une juste interprétation de réalités dont la signification n'est pas immédiatement évidente. Le mot vient du grec qui signifie à la fois : exprimer, expliquer, traduire, interpréter. »58(*)

Nous allons mener notre réflexion herméneutique sur un triple plan : sociopolitique, pédagogique et ecclésial ou pastoral.

2.3.1. Sur le plan sociopolitique

Parler de l'interprétation sur le plan sociopolitique, c'est appliquer ce texte aux membres qui constituent la société et plus particulièrement aux différents dirigeants. Ces derniers sont appelés à diriger la population avec droiture et équité. Pour le faire, Malachie les exhorte à se mettre à l'école du dialogue et de l'écoute. Ils doivent éviter de tenir des discours juste pour chercher une place dans une Mairie ou à l'Assemblée Nationale. Ces discours mensongers prononcés par les leaders laissent le peuple perplexe. Combien sont les hommes politiques qui promettent des choses pendant la campagne électorale et les réalisent pendant leur mandat ?

2.3.2. Sur le plan pédagogique

La pédagogie est la théorie de l'enseignement, qui s'est imposée à partir du XIXe siècle comme science de l'éducation ou didactique expérimentale. Elle s'interroge aujourd'hui sur les conditions de réception du savoir, sur le contenu et l'évaluation de celui-ci, sur le rôle de l'éducateur et de l'enseigné dans le processus éducatif. Plus globalement, elle s'intéresse aux finalités de l'apprentissage, indissociable de la norme sociale et culturelle. Ainsi définie, la pédagogie a pour mission de constituer un projet, susceptible de préparer l'intégration sociale de l'enseigné.

Ainsi nous pensons que si les éducateurs que nous assimilons aux prêtres transmettent un enseignement dénoué de toutes fraudes ou de malversations, les récepteurs du message seront bien formés pour affronter voire éradiquer les fléaux qui gangrènent notre société. Pour ce faire, il lui faut recevoir une formation sérieuse et rigoureuse car toute sa vie est en principe un enseignement dans tous les domaines.

Or, Il semblerait que nous souffrons aujourd'hui parce que les leaders n'ont plus sur les lèvres un langage de vérité et de justice. Peut-être, pouvons nous le dire, ils n'ont pas reçus une formation convaincante. Ils se sont écartés des directives du Seigneur pour pactiser avec les milieux proposant des voies faciles pour atteindre un niveau de responsabilité énorme. Ces dirigeants ne prennent plus au sérieux les recommandations des hommes d'Eglise et le résultat est imminent : nous n'avons qu'à le voir dans Mal. 2 :9.

2.3.3. Sur le plan ecclésial et pastoral

Dans ces versets, Dieu explique aux sacrificateurs d'Israël et par ricochet aux pasteurs de nos jours, comment ils ont perdu et continuent à perdre leur saveur, leur influence bénéfique sur la société. Ils attirent ainsi sur eux et sur les autres le jugement divin. Le Seigneur leur présente une comparaison entre la vie et les attitudes des lévites antérieurs et les leurs. Alors il devient intéressant pour nous d'étudier l'attitude et le comportement ainsi que l'enseignement des prêtres.

L'attitude et le comportement des prêtres : C'est l'opinion adoptée par une personne ou par un groupe et qui détermine une façon d'agir ou encore la manière de se comporter qui traduit une disposition d'esprit habituelle ou particulière. Le verset 5 nous enseigne que les sacrificateurs de l'ancien temps répondirent à Dieu avec révérence, se tenaient devant lui avec une crainte respectueuse. Ils avaient un respect profond envers les choses de Dieu et prenaient grand soin de leur conduite. Combien tout cela contrastait avec l'attitude cynique et blasée des contemporains de Malachie et des nôtres. Combien de pasteurs ont de nos jours le souci de la chose sainte ? Pour la plupart, ils sont plus préoccupés par des gains sordides et des choses mondaines au point de ne plus répondre aux attentes de Dieu. La chasse aux trésors a poussé certains hommes d'Eglise à embrasser des milieux occultes aux mépris des recommandations divines, ceci pour avoir un confort matériel, hiérarchique et social considérable.

De toute façon un faux docteur ne met jamais en pratique ce qu'il prêche. Partout, on observe des écarts de comportement (détournement des biens de l'Eglise, acception pour la personne du riche au détriment du pauvre, ivrognerie, gloutonnerie, faux et usage de faux avec des âges truqués et des diplômes pas authentiques, pratiques magiques, désordre sexuel, pédophilie et biens d'autres encore.) Avec ces tares, que disent-ils dans leur message ?

L'enseignement : Le verset 6 nous présente des sacrificateurs antérieurs comme des vrais messagers du seigneur. Ils avaient à coeur de ne rien enseigner de faux contrairement à certains responsables qui, de nos jours au nom d'une théologie pseudo-chrétienne, font malheureusement des affirmations et des déclarations juste pour détourner les nouveaux convertis vers une direction très peu connue. L'enseignement de certains pasteurs, mal formés ou mal intentionnés, résonne comme une simple cymbale aux oreilles des auditeurs. Ils ne sont plus déterminés à donner des principes saints, des jugements justes et des vraies directives en toutes occasions.

Ils sont corrompus et se soucient peu de l'avenir spirituel des fidèles. Ces derniers oublient que « le pasteur est responsable devant Dieu.»59(*) N'avons-nous pas vu et entendu des pasteurs promettre des sacs de ciment ou des camions de sable pour la construction des temples pendant des cultes sans jamais tenir à leurs promesses ? Le pasteur doit vivre ce qu'il prêche et prier sans cesse afin que Dieu le préserve de la chute pour qu'il ne soit pas un obstacle et une occasion de chute pour les chrétiens.

Conclusion partielle

Ce deuxième chapitre était consacré à l'étude exégétique, théologique et herméneutique du texte de Mal. 2 :5-9. L'exégèse nous a permit d'introduire ce livre, d'analyser les contextes ainsi que les critiques et de faire un commentaire sur le plan exégétique. Le prêtre et l'enseignement étaient l'objet de la théologie. L'herméneutique de Mal.2 :5-9 sur le plan sociopolitique, pédagogique et ecclésial a bouclé la boucle de ce chapitre.

CHAPITRE III : NECESSITE DE REFORMER LA FORMATION

ET LE RECYCLAGE DANS LE MINISTERE PASTORAL

Introduction

Comme les autres, ce chapitre sera tripartite. Nous parlerons, d'une part du rôle que joue la formation et le recyclage dans la réalisation des défis et enjeux qui attendent le pasteur. D'autre part, nous analyserons la nécessité de la réforme de la formation et du recyclage. Par ailleurs, nous suggèrerons des propositions concrètes pour former et recycler le pasteur de l'E.E.C.

3.1. Rôle de la formation et du recyclage dans la réalisation des défis et enjeux du pasteur actuel

Aujourd'hui, le pasteur a autant de défis que d'enjeux à relever. Dans cette société pluraliste, il lui faut avoir un certain bagage intellectuel et spirituel solide pour vaincre et convaincre, pour débattre, négocier et convertir. Devant cette exigence, décryptons d'abord quelques défis avant de nous plonger dans les enjeux.

3.1.1. Quelques défis à relever par le pasteur actuel

Évoquer les défis à relever par le pasteur revient à parler des grandes difficultés contemporaines qui demeurent autant d'appels à la mobilisation et à la lutte pour un véritable avenir tant de nos institutions que de notre personnalité. Le Rév. Dr. Emmanuel BISSU fait bien de le remarquer lorsqu'il stipule :

« Le monde bouge et change à grande vitesse et les églises avec. La globalisation fait que l'on ne sait plus de nos jours qui dit quoi sur Dieu. On a l'impression d'avoir dépassé l'époque où Dieu se choisissait des hommes particuliers pour parler en son nom. Aujourd'hui, c'est chacun qui sait tout (ou qui prétend tout savoir sur Dieu). Nous sommes tout simplement à l'heure du défi lancé aux institutions de formation théologique et pastorale. »60(*)

Ces défis, envisagés comme des formes de provocation et d'appel à plus d'engagement, sont simultanément intérieurs et extérieurs au ministère pastoral. Ils s'inscrivent tout autant dans l'Église que dans le monde mais ils ne se confondent pas et n'ont pas la même forme. A supposer, pour de multiples raisons, qu'ils soient esquivés, alors il est à craindre que le ministère pastoral s'atrophie progressivement et perde son rayonnement dans le monde. Par ailleurs, nous savons que la vie n'est dynamique qu'en surmontant ses propres obstacles, jamais en se repliant sur elle-même. C'est pourquoi, Il n'y a pas lieu pour nous ici d'entrer dans une énumération ou un catalogue de défis dont il resterait à mesurer l'importance pour le ministère pastoral confronté à sa propre existence.

L'un des défis est tout autant spirituel qu'institutionnel. Il s'agit ici d'une sorte de réévangélisation de l'Eglise elle-même. Elle passe par la promotion d'une Eglise de la communion dans l'esprit de la hiérarchie à la base. Sans doute y a-t-il une certaine urgence, éprouvée par certains pasteurs aujourd'hui, à sortir de l'enlisement institutionnel dans des structures rigides du passé et même actuelles. Une telle attitude favorisera une solide expérience de la foi dans la pluralité des cultures. Il ne s'agit pas d'une volonté d'effacement de l'autorité, mais d'une reconsidération des avis et aspirations du peuple de Dieu.

Il y a aussi une certaine urgence éprouvée par les pasteurs aujourd'hui à acquérir, devant les multiples évolutions culturelles de la société, une formation théologique en vue de l'approfondissement de la foi et de l'annonce de l'Évangile dans le monde contemporain.

Il y a une autre exigence éprouvée par les pasteurs actuels à pouvoir mettre en valeur au sein même de l'Eglise, la diversité des charismes et des vocations (nécessité de consentir à une utilisation rationnelle des compétences des pasteurs dans l'Église) pour un meilleur rayonnement de la sainteté. Tel est ce défi du renouveau de l'Église qui insiste sur la spiritualité (avec ses effets institutionnels) de la communion comme dynamisme de soutien à la mission de l'Église.

Un autre défi qui n'est pas des moindres, est celui de l'unité des pasteurs eux-mêmes. Il s'agit de récuser l'idée d'un christianisme ou d'un ministère pastoral déchiré. En effet, comment vouloir annoncer l'Évangile de l'unité des hommes dans le Christ et continuer de vivre dans la division au sein du même ministère pastoral ? L'unité des pasteurs reste une exigence fondamentale de l'Évangile, une nécessité pour la mission dans le monde.

Nous pourrons étendre la réflexion plus loin et voir que l'oecuménisme doit constituer un véritable défi à relever par les pasteurs et les autres conducteurs spirituels en particulier et pour l'Eglise en général. Le témoignage à donner pour une humanité nouvelle dans le Christ passe par la réalisation de l'unité du clergé. Sans cette unité, le clergé perd toute crédibilité aux yeux des hommes. Nous sommes là devant une urgence : celle de la réconciliation (à distance de tout syncrétisme61(*) et de tout éclectisme62(*)) qui s'offre aussi comme un témoignage d'espérance pour demain dans notre humanité. Cette tâche suppose un long travail en profondeur pour retrouver en vérité le Christ dans notre propre histoire. Mais il est nécessaire de faire progresser l'unité des pasteurs et des chrétiens à la fois pour donner au christianisme un nouveau dynamisme et pour conforter la crédibilité du témoignage des Eglises dans le monde.

Pour contribuer à la réalisation de ses défis, la formation théologique du pasteur doit avoir des buts à atteindre. La théologie est reliée de manière indissociable à la vie spirituelle. Une définition ancienne de la théologie la considère comme étant la foi en quête d'intelligence. Sans foi, pas d'intelligence; sans intelligence, la foi est aveugle et immature (He.5 : 11-14). Ainsi, l'essentiel de la théologie est de former des disciples libres du Christ (Ga. 5). Libres, c'est-à-dire réfléchis, ayant le sens du discernement et le courage de suivre Christ plutôt que les modes de notre époque. Pour ce faire, le pasteur doit être vertueux et généreux, pieux, sage et ouvert aux autres. L'enseignement théologique ne donne pas des techniques pour faire «grandir l'Eglise». Ce qui importe est que l'Eglise soit fidèle au Christ, recherche le Royaume de Dieu et soit dirigée par l'Esprit, et la quantité de personnes nous sera donnée par surcroît.

C'est mettre la charrue avant les boeufs que de vouloir faire croître l'Eglise avant de s'assurer de donner une formation solide à la fois aux leaders et à l'ensemble du peuple de Dieu. Nous devons être capables de discerner si notre action et nos discours sont vraiment chrétiens, et en cela les aînés dans la foi et les docteurs del'Eglise, sont là pour nous aider, car ils ont une largeur de vue qui vient d'une connaissance approfondie de la Bible et de son contexte (biblistes); de l'histoire de l'Église jusqu'à présent importante pour apprendre les erreurs de nos ancêtres dans la foi (historiens de l'Église); de la situation contemporaine dans laquelle s'insère le discours sur Dieu (théologiens systématiciens); des liens entre notre expérience de Dieu et nos représentations que nous nous faisons de Lui (théologiens praticiens); des liens entre la connaissance humaine et la révélation de Dieu (théologiens philosophes, apologètes). Nous n'oublions pas de signaler l'importance de lire les grands critiques anciens et modernes de l'Église (par exemple, Freud, Marx, Nietzsche) afin de purifier la foi de ce qui est scandaleux (pasteurs exploiteurs, pasteurs remplis de ressentiment envers la vie et les autres, pasteurs qui ne font pas de différence entre Dieu et leurs représentations de Dieu (= idolâtrie)).

Un pasteur ou un enseignant sans connaissances est comme un ouvrier sans outils. Il ne peut rien construire de valable. Le pasteur théologien devient un "bricoleur", il utilise tout ce qui existe comme matériel pour articuler sa théologie (romans, poèmes, films, textes scientifiques, textes philosophiques, etc.). En effet, le monde est rempli de la grandeur de Dieu.

La théologie sert à examiner l'enseignement du pasteur, afin de s'assurer qu'il est porteur de paroles de vie et non de paroles vides, ignorantes ou légalistes. Elle ne doit pas dire au pasteur ce qu'il veut entendre : elle doit demeurer prophétique. Une critique constructive est toujours utile, afin de faire progresser le pasteur vers la sanctification. Le théologien doit être un exégète/interprète pur car pour parler de Dieu de manière compréhensible aujourd'hui, il faut comprendre les préoccupations de nos contemporains (autant les lettrés que les gens de la rue). Il convient de voir Ac 17, où Paul utilise des mots compréhensibles par les gens de son époque : il est donc un véritable pédagogue qui part de ce que les gens savent de Dieu et les mène petit à petit au Christ.

Rien ne diminue davantage un serviteur de Dieu, aux yeux des fidèles, que les erreurs grammaticales. Il est hélas tellement fréquent d'entendre ceux qui détiennent la responsabilité d'annoncer l'Évangile, de prêcher les richesses impénétrables de Christ, se couvrir de ridicule en violant outrageusement les simples règles de langage! Si, en évitant de telles erreurs, nous pouvons travailler plus efficacement au service du Seigneur, qui oserait prétendre qu'un tel effort soit préjudiciable? 63(*)Que dire des enjeux ?

3.1.2. Les enjeux du ministère pastoral sur le plan intellectuel et social

Une formation intellectuelle solide et diversifiée est indispensable pour devenir pasteur et mieux assurer sa mission. Jean RILLET le dit autrement en ces termes :

« Le pasteur doit aujourd'hui tout connaître, tout comprendre, les problèmes sociaux les plus délicats, les propositions philosophiques les plus abstraites. »64(*)

La formation est nécessaire pour remplir le ministère de transmission de la parole de Dieu dans la diversité des situations. D'ailleurs, la nouvelle évangélisation tout comme la première évangélisation exige une éducation de la foi des chrétiens, une formation de la conscience chrétienne dans le monde complexe où de nouveaux problèmes se posent. Il faut annoncer l'Evangile qui est la plénitude de la révélation,c'est-à-dire le faire de manière intelligible, en rejoignant le coeur de l'homme, en tenant compte des cultures, en l'éclairant, de la lumière de l'Evangile et de l'enseignement de l'Eglise, les situations où il se trouve. Cette compétence doctrinale et cette capacité à transmettre la doctrine de la foi, à la manière du Pasteur et pour l'Eglise, sont indispensables. La formation du pasteur a pour finalité une acquisition de cette compétence et non une promotion culturelle. Le Professeur béninois Célestin Gb. KIKI fait si bien de le souligner en ces termes : 

«Les pasteurs doivent s'imposer par leur formation, leur conduite, leur développement spirituel et leur connaissance. Il faut qu'ils inspirent par leur présentation et la maîtrise avec laquelle ils conduisent les rituels »65(*) 

C'est dans cet esprit apostolique que le pasteur est appelé à s'engager dans le travail intellectuel. Le nombre de pasteur est considérable dans notre Eglise. Le Dr. Nestor POUNGUE KEMAYOU fait un constat alarmant quant à la formation de certains d'entre eux, lorsqu'il dit : « le nombre des Pasteurs et Evangélistes dans nos Eglises se compte à la pelle. Mais là où le bât blesse, c'est que certains ont une formation théologique approximative et gèrent de ce fait le service ecclésial comme une épicerie (...) De source digne de foi, nous apprenons que certains ont été formés dans les séminaires des Régions synodales ou dans des structures anonymes, au plan théologique, comme le CAFRAD »66(*) Avec ces pasteurs à la formation douteuse, peut-on espérer qu'ils répondent aux besoins des fidèles sur le plan intellectuel ? Surtout, Il ne suffirait pas seulement d'acquérir un savoir (même si cela est nécessaire), mais aussi et surtout un savoir-faire et un savoir-être. Il doit assimiler personnellement et de manière réfléchie les enseignements qu'il reçoit, progresser dans une intelligence personnelle et cohérente de la foi transmise par les enseignements de l'Eglise. Nous pensons à cet effet que tous les enseignements qui lui sont donnés, sont d'une importance incommensurable. Cette formation intellectuelle s'avère aussi essentielle à la formation sacerdotale. Ceci est spécialement vrai aujourd'hui où les études humanistes et théologiques sont en développement constant. Si le pasteur veut bien remplir son ministère, il doit faire tous ses efforts pour rester au courant des nouveaux développements des études ecclésiastiques, aussi bien que celles des domaines de l'éthique sociale, de la bioéthique et de la psychologie. C'est seulement en faisant cela qu'il sera capable d'entretenir un dialogue effectif avec les hommes et les femmes modernes. D'ailleurs, le Professeur Célestin KIKI corrobore en déclarant ceci : « En général, l'homme peu cultivé est attiré et fasciné par le phénoménal, le miraculeux, le mystérieux et il est facile aux charismatiques d'abuser de la conscience et de la naïveté de leurs brebis. »67(*) La formation intellectuelle doit relayer la prière et y plonger ses racines ; elle doit la nourrir et, en retour, la vie de prière soutiendra l'effort intellectuel. Qu'en est-il des enjeux du ministère pastoral sur le plan pastoral et spirituel ?

3.1.3. Les enjeux du ministère pastoral sur le plan pastoral et spirituel

La formation pastorale se réalise par des insertions apostoliques et pastorales dans une paroisse ou une aumônerie où le pasteur exerce une responsabilité avec une équipe de pasteurs et de laïcs. Les activités sont fort variées : catéchèse, animation liturgique, préparation au baptême et à la confirmation, visite des malades, participation à l'équipe pastorale. A côté de tout ceci le pasteur est appelé à accomplir des services tels que : la célébration des baptêmes, des mariages et des obsèques sans oublier les cultes d'action de grâces, de commémoration et surtout la prédication dominicale. Ces différentes activités et expériences pastorales nécessitent une formation pour leur accomplissement.

La formation spirituelle revêt la plus grande importance dans la formation pastorale. Bien que la vie spirituelle soit nécessaire à tout chrétien, pour le pasteur, elle est le coeur de sa vie. Sans elle, le ministère pastoral perd ses bases. La spiritualité est la relation de la personne à Dieu. Cette relation est un besoin religieux de base pour tout être humain. Naturellement, le pasteur qui agit au nom du Christ doit constamment développer sa relation avec Dieu. En dépit de la faiblesse de la nature humaine, il doit rechercher la perfection. Ceci pour réaliser ce que dit le Seigneur : « Vous devez être parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mat 5 :48).

La spiritualité est aussi la relation de la personne au Christ. Le pasteur doit toujours chercher à imiter le Christ. C'est à travers le Christ qu'il vivra intimement avec le Père dans l'Esprit. Sa nourriture spirituelle importante sera la méditation des Écritures, la prière et l'office divin, le culte et l'union au Christ à travers les sacrements. En plus, il faut trouver le Christ dans les hommes et les femmes, spécialement dans les pauvres, les enfants, les malades, les pécheurs et même ceux qui n'ont pas la foi. La spiritualité du pasteur doit être constituée de divers éléments : la prière, le jeûne, les retraites, la méditation quotidienne de la parole de Dieu.

La formation spirituelle constitue l'élément le plus important de l'éducation pastorale. Elle commence d'ailleurs même à l'I.P.T.N. où chaque jour, les étudiants se retrouvent chaque matin en communauté pour la prière matinale et le dimanche pour la célébration du culte. On leur demande de prendre un temps de prière personnelle avec la lecture méditée de la parole de Dieu. La formation spirituelle comporte également un enseignement de la spiritualité et une découverte des grands auteurs spirituels.

Nous sommes appelés à suivre le Christ, à mettre nos pas dans ses pas, comme le disciple qui adopte peu à peu la pensée de son maître. La spiritualité du pasteur doit l'aider à porter sa croix, afin de s'approcher de la perfection. Le chemin de la perfection, c'est aussi une vie de prière persévérante. Le pasteur continuera à avoir une vie de prière pendant et après sa formation. L'on n'a jamais fini d'apprendre à rencontrer Dieu en vérité. La méditation, la lecture des livres spirituels, les louanges, la SainteCène sont les moyens traditionnels de la vie spirituelle que le pasteur ne doit jamais négliger.

La sainteté du pasteur grandit à travers le ministère vécu dans l'Esprit. Elle suppose la pratique et l'esprit des conseils évangéliques : l'obéissance loyale, la pauvreté dans le détachement, la stabilité de son ménage. Le succès du ministère pastoral est impossible sans une profonde vie de prière. Devant ces multiples enjeux et défis, il y a comme une sorte d'urgence de réformer la manière de former les pasteurs.

3.2. Vers une réforme de la formation et du recyclage des pasteurs de l'E.E.C.

Sans toutefois récuser les techniques traditionnelles de formation, nous voulons montrer ici que la formation doit tenir compte des mutations sociales. Ainsi, nous allons nous focaliser sur la réforme de l'I.P.T.N., celle de la formation et à une revalorisation du recyclage. Que dire de la réforme de notre Institut de formation théologique ?

3.2.1. Réforme des institutions de formation

Notre préoccupation à ce niveau s'étendra plus sur l'I.P.T.N. que sur les autres institutions de formation théologique. Cet institut a la responsabilité de donner une formation de base presque à tous les pasteurs de l'E.E.C. Charly MOUSSIMA le considère comme: « La plus vieille des institutions de formation des ouvriers au Cameroun. »68(*)

Sur ce, la réforme de l'I.P.T.N. peut se faire sur un double plan : infrastructurel et humain.

Sur le plan infrastructurel, cet établissement est vétuste certes, mais on dirait qu'il vieillit avec les mentalités. Il est impensable que depuis sa création cet Institut n'ait pas eu plus de cinq nouveaux bâtiments si oui un nouveau bloc administratif, un bâtiment de trois salles de classe un peu moderne et un logement pour quatre familles récemment construit par la C.E.V.A.A. En dehors de ses dons, plus rien n'est fait pour que le titre d'université que réclame l'I.P.T.N. soit concluant. Les mêmes structures qui, hier, accueillaient moins de trente étudiants célibataires, accueillent de nos jours près de cent familles avec plus du quart marié. Dans ce cas la promiscuité est alors de mise. On constate de ce fait que les logements ne contribuent pas toujours de façon positive à la qualité des études. Des latrines sont pleines, les coupures d'eaux fréquentes, la rareté du bois de chauffage, la vie chère dans cette partie du Moungo pour ne citer que ses quelques tares.

Malgré l'autorisation par les dirigeants de l'I.P.T.N. aux étudiants de loger au quartier, tout laisse croire que cela reste un cadeau empoisonné car, au quartier les maisons sont parfois pires que celles de l'I.P.T.N., la distance par rapport à la bibliothèque est considérable, l'insécurité est de taille et surtout il y a des bourses d'étudiants très limitées.

Face à tous ces problèmes, nous proposons aux dirigeants de notre Institut :

- D'encourager les Eglises fondatrices et les partenaires à investir dans la logistique.

- De faire des prêts auprès des banques pour construire de nouveaux logements dans l'optique de les mettre en location auprès des étudiants désireux, afin de rentrer dans les fonds prêtés et de se décharger auprès des banques.

- D'entretenir les logements qui existent déjà avec notamment les vielles salles de classe.

- D'envisager des mesures sévères pour ceux des étudiants qui négligent les locaux ou les détériorent de manière volontaire.

- D'avoir un bus pour le transport des étudiants pour des sorties et bien d'autres évènements.

- De monter des bons projets et de les soumettre aux dirigeants de notre pays ou aux partenaires en vue de l'obtention d'aides.

- De rendre le sein du campus beau et attrayant avec des bancs publics et des pancartes pour orienter les nouveaux.

- L'I.P.T.N. peut proposer aux âmes de bonne volonté ou aux structures industrielles et commerciales de construire des amphis qui porteront leurs noms à la fin des travaux.

Sur le plan académique, il faut dire que l'I.P.T.N. reste sûrement la seule institution théologique au Cameroun qui forme en même temps les candidats pour l'obtention du Baccalauréat et de la Licence en théologie. Nous remarquons avec beaucoup de regret que les niveaux d'étude pour y être admis varient d'une personne à une autre. C'est ainsi que pour préparer un baccalauréat en théologie on trouvait certains étudiants avec le Probatoire, d'autres avec un B.E.P.C., certains seulement avec le C.E.P.E. et pire encore d'autres sans aucun niveau ou en possession d'un faux diplôme. Ceci discrédite la structure et laisse croire qu'ici, rien n'est pris au sérieux. Face à tout ceci, nous proposons à l'I.P.T.N.

- De faire un contrôle systématique des diplômes avant l'admission d'un candidat, car la disparité observée dans le ministère est traduite sûrement par le fait que, des gens n'ayant pas le niveau requis pour la classe, s'y trouvent et les leçons dispensées ne sont pas à leur niveau de compréhension ; alors soit ils confondent tout, soit ils ne saisissent plus la réalité de leurs responsabilités.

- De rester en droite ligne avec sa logique universitaire en renvoyant la formation des postulants pour le Baccalauréat en théologie dans d'autres centres. Autrement dit, que le cycle de Baccalauréat soit purement et simplement supprimer de l'I.P.T.N. Dans le même ordre d'idée, que le cycle de Maîtrise soit envisagé avec beaucoup de sérieux et sans empressement, car la substance grise est là. Il ne manque que les structures et une bibliothèque capable d'aider les postulants à ce grade académique.

- D'exhorter les Eglises à envoyer des candidats assez jeunes pour faciliter la tâche aux enseignants.

- De recruter les candidats en fonction de la disponibilité des accessoires de formation (tables, chaises, achalandage de la bibliothèque, etc.)

- Que le personnel enseignant soit traité à juste titre comme ceux des autres facultés de théologie du Cameroun, voire de l'Afrique et du monde.

- Que les autres Docteurs en théologie regagnent dans la mesure du possible le campus, ou se rendent au moins disponibles, afin que leurs cadets bénéficient de leurs expériences. Comme le pense Jean COMBY,

« L'office propre des docteurs est d'enseigner les fidèles en saines doctrines, afin que la pureté de l'Evangile ne soit corrompu ou par ignorance ou par mauvaise opinion. »69(*)

En plus ces défenseurs de la doctrine et de la théologie de l'Eglise doivent travailler en permanence sur le plan de la production littéraire. La remarque de Samuel C. NANA-SINKAM est clair :

« Combien d'enseignants camerounais ont écrit et publié 2 articles scientifiques en dix ans d'enseignement ? Très peu. »70(*)

Cette réforme de l'Institution conduit inéluctablement à celle de sa raison d'être : la formation.

3.2.2. Réforme de la formation

Notre préoccupation ici sera beaucoup plus basée sur le contenu de la formation pastorale. Les pasteurs qui sortent d'une formation doivent être différents et non de la trame de ceux que la D.E.C. décrit en ces termes

« La pauvreté, en effet, comme nous le dit le pasteur DJIOKOU, `` fait des vocationnaires de fortune qui remplissent ensuite l'Eglise après quelques années dites de sacrifice passées dans un institut de théologie et où quelques bribes de connaissances et d'arguments de place sont donnés.'' Une fois sur le terrain, on sait ce qui se passe : la ``course à la robe''(...) le manque de conviction et l'absence d'une bonne formation pratique réduisent le futur pasteur en un combattant pour `` les postes juteux des paroisses `` nanties'' ou des oeuvres à moitié mortes''. »71(*)

Il apparaît ainsi clair que c'est chacun qui sait ce qu'il va chercher dans les instituts. Le ministère pastoral est aujourd'hui dépravé comme annonçait déjà Malachie le prophète. Est-ce à raison ou à tort que certains pensent que le pasteur actuel n'est plus comme celui d'hier du point de vue éthique et moral? Le contenu des enseignements a-t-il changé ? Nous pensons le contraire. Les pasteurs en formation doivent s'atteler à mettre en pratique les enseignements qu'ils reçoivent. Si la formation est alors assimilée, elle peut être mise en oeuvre. Ainsi pour éviter l'oubli, il est nécessaire qu'après une certaine période, qu'il soit organisé des moments de recyclage.

3.2.3. Revalorisation du recyclage

Le recyclage professionnel consiste à faire des formations qui permettent aux personnes qui ne peuvent ou qui ne veulent plus exercer leur activité professionnelle habituelle d'en changer pour en exercer une autre. Il s'agit souvent de cours spécifiques élaborés en partie en fonction de l'expérience professionnelle des participants. Le recyclage, qui est pratiquement en perte de vitesse dans le milieu pastoral, doit obligatoirement être revalorisé. Le Dr. Josué NKOAGNE, par rapport à cette situation, pense que  le manque de recyclage crée parfois un complexe chez certains pasteurs au moment où un plus jeune vient avec des choses nouvelles.72(*)Ainsi, lorsque la société évolue avec ses multiples changements, le pasteur doit se remettre à l'école du recyclage pour pouvoir répondre aux besoins de ses fidèles. Tenez, face au phénomène de la crise mondiale, de l'épidémie du S.I.D.A., bref des mouvements politiques, économiques et religieux, plusieurs pasteurs gardent un silence inquiétant et souvent complice. Pour certains, ils connaissent et refusent d'en parler et pour d'autres ils ne savent pas de quoi il est question et ne cherchent même pas à en savoir. Agissant ainsi, l'Eglise perd sa crédibilité devant certains de nos chrétiens. Le pasteur Simon Bolivar NJAMI-NWANDI. le dit autrement en ces termes : « Etre assidu au travail ; se recycler continuellement par la recherche permanente, le perfectionnement de ses études, les séminaires et les stages ; car qui cesse d'apprendre doit cesser d'enseigner. »73(*) Face à tout ceci, nous pensons que la pastorale nationale ne doit plus être seulement l'objet des résolutions lors de nos Synodes généraux ou encore l'occasion pour certains de former des blocs pour intriguer les autres. Qu'elle soit effective et reste des moments de travail, de recherche, d'échange, d'exposition des thèmes faisant l'actualité, de réactualisation des connaissances et bien d'autres bonnes choses encore sur le plan de la connaissance. Ce recyclage doit par ailleurs aider les Evangélistes qui ont eu la grâce d'être consacrés d'améliorer leur niveau de réflexion, étant donné qu'ils représentent pratiquement plus du tiers des pasteurs en service actuellement. Nous n'avons qu'à lire Francis MBECK lorsque, parlant de ces Evangélistes il déclare : « L'EEC en a consacré à trois reprises : environ 65 en 1979 soit antérieurement à l'adoption de l'article 88 sus évoqué qui l'institue ; un seul en 1993 et environ 45 en 1995. »74(*) A ces derniers, il faut augmenter ceux consacrés lors du premier jubilé de l'E.E.C. à FOUMBAN et à DOUALA au nombre de soixante et un. En comptant ceux qui sont en retraite et ceux qui sont décédés, le nombre reste quand même important pour une Eglise qui se veut concurrente sur le marché de la foi où nos produits doivent être revus, polis, bien emballés et bien présentés, pour que les pasteurs évitent d'être : «des sacrés soutaneux très aptes à confondre les articles avec les pronoms lors des prédications. »75(*) L'Eglise regroupe les ``Evangélistes consacrés'' au C.P.F. de MBOUO pendant deux ou trois jours pour essayer de les ``recycler''. C'est bien, mais cela n'est pas suffisant. On ne peut pas penser recycler des gens sans leur avoir au préalable donner une formation initiale. Alors, l'Eglise devrait plutôt penser à un regroupement d'un à deux ans dans un centre de formation théologique, si possible par vague dans le but d'inculquer ne serait ce que les notions théologiques introductives dans leurs têtes et ceci par les hommes doués et bien moulés en la matière : les professeurs de l'I.P.T.N. ou de l'U.P.A.C. car, comme le dit si bien le pasteur Sadrack DJIOKOU : «Il vaut évidemment mieux que le pasteur soit avant tout théologien, ou du moins qu'il soit imprégné de quelques connaissances théologiques nécessaires pour son ministère. Un pasteur sans une base de connaissance théologique est un risque pour l'Eglise ; il peut à tout moment la mettre en danger et la dévier de sa mission. »76(*) Ainsi donc, un futur pasteur devrait d'abord penser à sa formation avant de réfléchir sur la robe pastorale.

3.3. Des propositions concrètes pour une réforme dynamique et profonde Il s'agira pour nous ici de faire des suggestions à la principale structure de formation des ouvriers de l'E.E.C. et à l'Eglise elle-même quant, à la continuité de la formation de ses ouvriers et à sa pluridimentionnalité. Ainsi, quelles réformes l'I.P.T.N. peut-elle apporter dans son programme de formation ?

3.3.1. Pour une refonte des programmes dans nos Instituts et Facultés

Parlant d'une refonte des programmes, nos ambitions sont celles d'une pédagogie qui intègre toutes les dimensions de la formation, la transmission des savoirs, le partage d'expériences et une vision futuriste comme nous l'avons vu plus avec l'herméneutique de Mal.2 :5-9 sur le plan pédagogique. Ainsi un coup d'oeil historique nous a permis de comprendre que les matières enseignées depuis la création de l'I.P.T.N. ont subi des modifications avec le temps. De nos jours, les matières au programme sont :

L'étude des langues bibliques (hébreu et grec), l'introduction scientifique (Ancien et Nouveau Testament) l'Exégèse et la théologie des deux Testaments. A coté de ses matières théologiques fondamentales avec ses huit branches77(*), nous pouvons citer des disciplines complémentaires telles que la Dogmatique, la Systématique, l'Ethique, la Philosophie, la Théologie Pratique, l'Histoire du Christianisme, L'Histoire des Religions, l'Histoire d'Israël, la Psychologie, la Sociologie, la Musicologie, le Français, l'Anglais, la Comptabilité, la Méthodologie, l'Agro-pastoral, et l'Informatique. En plus de ses disciplines, il y a des journées consacrées à l'interdisciplinarité en théologie et des séminaires de formation sur des thèmes variés (théologique ou non). Notons que beaucoup de choses ont été faites au niveau du programme, mais moult éléments restent encore à améliorer. Nous pouvons ainsi relever :

L'agro-pastoral qui a profité seulement à quelques étudiants (ceux de l'année 2007/2008) doit être une réalité permanente pour ceux qui suivent une formation à l'I.P.T.N. surtout que l'espace et la texture du sol s'y prêtent.

L'informatique doit sortir des tiroirs pour être enseignée, car le pasteur illettré de nos jours n'est plus seulement celui qui n'a pas fréquenté, mais celui qui ne maîtrise pas l'outil informatique.

Vu l'importance de la psychologie et de la sociologie, ces matières doivent être enseignées soit tout le long du cycle soit à la dernière année du cycle pour que son applicabilité soit effective directement sur le terrain.

Certaines disciplines comme l'Anthropologie et la Missiologie doivent être au programme et enseignées à l'I.P.T.N. Pour le chercheur KÄ MANA, il faut ajouter  les cours de leadership, de stratégie humaine, et de psychologie humaine.78(*)

Entre la deuxième et la troisième année, l'étudiant doit suivre un stage de 60 jours au moins de sensibilisation à la réalité professionnelle et paroissiale. Ceci pour préparer certains qui sont entrés à l'I.P.T.N. sans être Evangéliste et pour réveiller les anciens réflexes paroissiaux pour les autres qui ont été préalablement Evangélistes avant leur entrée à l'I.P.T.N.

L'I.P.T.N devrait avoir, dans le cadre de la Théologie Pratique, des appareils rétro projecteurs pour la diffusion de certaines cérémonies dans l'optique d'y apporter des modifications ceci pour éviter la disparité dans les actes pastoraux ; car, ces actes pastoraux constituent l'annonce de l'Evangile au carrefour des rites.79(*)

Conscient que l'enseignant ne peut pas tout donner, la structure gagnerait à mettre sur pied, en plus de la bibliothèque, une salle multimédia connectée au réseau Internet pour permettre la fluidité dans les programmes et l'ouverture vers le monde.

Pour éviter une sorte de redite et d'évasion dans les enseignements, l'administration devra établir un planning de cours par année et par matière et veiller scrupuleusement à son respect par les professeurs. En le faisant, les cours seront plus crédibles et respecteront le calendrier universel des programmes théologiques. Alors les étudiants d'ici auront la même promptitude que ceux des autres facultés de théologie, notamment sur la pratique comme le pense si bien Samuel C. NANA-SINKAM :

« Une des déficiences les plus graves de l'éducation au Cameroun, est qu'elle ne dispose pas de mécanismes qui permettent aux étudiants de systématiser ce qu'ils apprennent, du fait de l'accent mis sur la mémorisation »80(*)

L'I .P.T.N doit également penser à la Licence Appliquée qui sera destinée aux étudiants qui ne souhaitent pas dépasser le niveau Licence en théologie. Dans ce sillage, un accent particulier sera mis sur les éléments pré-professionnalisants, proposant un choix multiple: théologie pratique, sociologie, musicologie, diaconie, accompagnement pastoral, psychopédagogie, droit, administration, etc. Cette formation sera plus particulièrement destinée aux étudiants souhaitant devenir catéchètes, éducateurs spécialisés ou travailleurs sociaux dans les oeuvres ecclésiales, musiciens d'Eglise, visiteurs en hôpital, etc.

Vu la grande pluralité du champ de la théologie, une initiation à une recherche interdisciplinaire est un paramètre fondamental dans la formation de l'étudiant. Le travail interdisciplinaire permet de comprendre la cohérence et l'interdépendance des diverses matières composant le champ de la théologie. Dans ce but, la semaine interdisciplinaire ne doit plus seulement faire l'objet des programmations pour meubler le calendrier académique, mais elle doit être une réalité. Nous proposons que, ces séances interdisciplinaires auxquelles participeront obligatoirement tous les étudiants et l'ensemble du corps enseignant soient biannuelles. Ces journées doivent être préparées par des équipes d'étudiants et d'enseignants.

Nous proposons qu'au terme de chaque semestre, celles et ceux qui ont échoué à une ou plusieurs matières ou qui ne se sont pas présentés aux examens, qu'ils reçoivent un courrier les invitant à indiquer les raisons qui peuvent expliquer, de leur point de vue, leur découragement ou leur échec. Ils ont tout intérêt à répondre à ce courrier pour reprendre contact avec l'I.P.T.N. et mettre en place, avec le responsable de l'Équipe de formation, un plan de travail leur permettant de rebondir. Il ne faut pas seulement les appeler à l'oral ou les renvoyer en Septembre. Le conseil des Professeurs doit les écouter (lecture de la réponse au courrier) et dans la mesure du possible jeter un coup d'oeil sur leur copie avant la prise de n'importe quelle décision.

Nous pensons qu'il est temps que l'I.P.T.N. organise un enseignement ``in absentia'' à l'intention des personnes qui sont empêchées de suivre les cours dans les locaux de l'Institut. Ces études conduiront à des grades en théologie selon les études qui seront faites par la structure. Pour le faire, nous suggérons des cours en ligne pour la totalité de ce cursus. La nécessité d'avoir un site Internet s'imposera alors.

Avec les connaissances reçues, le futur pasteur, une fois sur le terrain pourra t-il dormir sur ses lauriers ? Nous pensons que non, car la formation continue est nécessaire.

3.3.2. Pour une formation continue

La formation continue peut se définir comme un processus qui permet à un professionnel d'adapter ses compétences aux exigences spécifiques d'un métier dans une organisation donnée, afin de se spécialiser dans un domaine ou au contraire d'élargir son champ d'intervention. Elle permet à un travailleur de prendre du recul par rapport à sa pratique et de repenser ou repositionner son projet professionnel. Dans cette logique, il apparaît clair que celui qui porte un regard sur l'évolution de la conception de la formation continue professionnelle est amené à constater le passage d'un système fermé (on forme pour former) à un système ouvert à son environnement missionnaire (on forme pour répondre aux besoins de l'Eglise et de ses membres : on forme pour investir).

Néanmoins, les modes de mise en oeuvre d'un système de formation continue sont multiples, tant pour les décideurs que pour les chercheurs, il est intéressant de disposer d'outils qui permettent de caractériser les actions et les systèmes de formation. C'est dans cet esprit que nous proposons ici un essai de modélisation de la formation continue en organisant certaines dimensions qui, selon les réalités de notre société et les attentes des fidèles, structurent différentes modalités de mises en place et d'encouragement d'un système de formation continue. Nous proposons les fonctions suivantes à notre Eglise et à ses ouvriers :

a)La fonction de spécialisation

Par cette fonction, la formation continue vise essentiellement le développement des capacités pastorales orientées vers la productivité (vraie évangélisation) et l'entraînement de compétences existantes et requises par la profession, quelle que soit la paroisse, lieu de travail du pasteur. La formation continue doit alors répondre aux problèmes de l'érosion des connaissances et des compétences.

Elle peut également se comprendre comme une fonction d'entretien ou de réactualisation des capacités nécessaires au ministère pastoral. Dans cette optique, elle maintient et entretient une compétence technique liée à la profession de pasteur. Cette fonction de professionnalisation s'exercera à travers des formations généralement ponctuelles, limitées dans le temps et communes à plusieurs secteurs. D'ailleurs André BIRMELE est du même avis, quand il déclare :

« Le contexte de la société moderne demande la révision des enseignements traditionnels du protestantisme. Des éléments nouveaux doivent être pris en considération. »81(*)

Ainsi donc, elle s'inscrit directement dans le prolongement de la formation initiale et aboutit à améliorer les compétences de base dans l'exercice du ministère pastoral; à actualiser les compétences et à se recycler professionnellement ; à mettre à jour les connaissances et à corriger les pénuries de qualification ; etc.

b) La fonction d'adaptation professionnelle.

Par cette fonction, la formation continue vise essentiellement à former un bon pasteur bien intégré dans sa paroisse et dans la société. Dans ce cas, la formation continue veille à adapter un niveau de compétences actuelles à un autre niveau de compétences requises par l'exercice du ministère dans une paroisse ou un milieu précis. Le souci de changement dans l'Eglise doit entraîner un ensemble de projets qui exigeront de nouvelles valeurs. Car : « Les défis de l'Eglise sont aussi ceux du monde et des autres structures de lutte contre le mal. »82(*)

C'est ainsi que par cette fonction, la formation continue vise à acquérir une maîtrise qui peut prendre deux directions complémentaires : l'adaptation et l'élargissement

- Adaptation dans le cadre d'aspects convergents, car ces formations viseront l'acquisition des compétences spécifiques et pointues en rapport étroit avec la profession du pasteur. Par ces formations, le pasteur accède au statut d'«expert», ce qui semble surtout être le cas en période de crise chez les paroissiens.

-Elargissement dans le cadre d'aspects divergents, parce que ces formations visent l'acquisition de compétences complémentaires à celles qu'exige la profession. Par ces formations, le pasteur élargit son spectre de compétences pour accéder à la «polyvalence».

Les formations qui poursuivent cette fonction peuvent être de courte ou de longue durée, selon le degré d'écart plus ou moins important entre les niveaux de compétences. Elles sont d'habitude très ancrées dans le projet professionnel développé soit par le pasteur, soit par l'Eglise. Dans ce cas les activités de la formation continue viseront à :


· Maintenir un niveau professionnel répondant aux exigences actuelles des chrétiens


· Permettre l'adaptation du pasteur au changement des techniques et des conditions de vie


· Diversifier les compétences


· Spécialiser le personnel (pour les dirigeants de l'Eglise). Pour nous convaincre, le pasteur Sadrack DJIOKOU pense que :

« L'erreur vient de ce que notre Eglise, comme les autres d'ailleurs, ont toujours voulu former des pasteurs pleins de la chose théologique, même en étant consciente que la seule théologie ne suffit pas pour faire de bons pasteurs, bien qu'elle soit indispensable. Elle a semblé ne pas comprendre qu'il y a plus à acquérir si l'on veut servir l'Eglise et non se servir d'elle. »83(*)

D'ailleurs le pasteur KÄ MANA pense pour sa part, qu'il faut « détecter les talents »84(*)pour permettre à chacun de bien faire ce qu'il sait faire, afin de permettre une meilleure compréhension du travail à effectuer dans chaque fonction et donc, à mieux le réaliser.

c) La fonction d'engagement professionnel

Cette fonction a pour objet principal l'adéquation entre le pasteur et son milieu de travail avec une visée transformatrice et anticipative.Par ce type de fonction, la formation continue doit permettre au ministre de culte de gérer le changement et la transformation des trajectoires personnelles, professionnelles ou sociales dans l'Eglise. Ces changements peuvent s'exprimer en des termes aussi différents que ceux :


· D'envisager une promotion et le développement de la paroisse


· De se réorienter selon les besoins la paroisse et même de l'Eglise


· De devenir un agent de changement à l'intérieur de son Eglise, de la paroisse ou dans la société


· De gérer l'apparition de nouvelles technologies et de nouveau comportement dans la paroisse et dans l'Eglise

Ce type de formation se caractérise par un démantèlement des savoirs anciens, le développement et l'appropriation progressive de nouveaux savoirs et de nouveaux outils. La dimension collective des pasteurs en formation est une autre caractéristique de ce type de formation continue. Cette formation pourra aider l'Eglise et les pasteurs à développer l'autonomie et la prise d'initiatives, à la responsabilisation, la recherche et l'anticipation, à la préparation des pasteurs à de nouvelles fonctions, à une réorganisation pour anticiper les besoins et les attentes des chrétiens.

A la fin de notre investigation concernant la formation continue, nous pouvons dire que cette dernière pourrait permettre au pasteur :

- De contribuer à une plus grande attractivité de la profession pastorale

- De répondre à la nécessité de susciter ou de promouvoir de nouvelles idées

- De contribuer au décloisonnement de l'Eglise

- De contribuer à l'élaboration d'une politique d'établissement et de présence

- D'améliorer les relations dans le milieu pastoral

- D'accroître la qualité des services dispensés par le pasteur

- D'augmenter et stimuler la motivation du pasteur au travail

- De permettre la satisfaction du personnel sur le terrain et, par là, une amélioration de la qualité des services. Celui qui doit grandir doit se remettre en cause en apprenant pour mieux connaître, apprendre à regarder ailleurs pour voir si ce qu'on fait est meilleur ou pas.85(*)

La formation cléricale doit être continue. Ceci est un mandat même lorsque la formation de base a lieu dans des conditions idéales. Chaque pasteur doit avoir conscience que cette formation continue fait partie intégrante de sa vie, quels que soient son âge, les circonstances ou les conditions de travail. En plus, cette formation doit être étendue et inclure la théologie et les autres sciences. Une formation continue correspond aux besoins personnels de chacun et en même temps elle répond aux exigences de l'Eglise. Bref, le pasteur est appelé à être un étudiant jusqu'à ce que le Seigneur le rappelle à lui.

La formation continue ne suffit pas. Elle se présente comme un processus pour valoriser le ministère pastoral et doit être complétée par la formation pluridimensionnelle.

3.3.3. Pour une formation pluridimensionnelle

La pluridimentionnalité du pasteur est une exigence sociale incontournable. Le pasteur est un agent de développement dans tous les plans. En ce moment, les yeux sont tournés vers l'Eglise pour sa contribution concrète au changement positif du monde. Une telle transformation passe par la formation globale de l'Homme. Le pasteur actuel doit se former dans plusieurs domaines afin d'acquérir des aptitudes pouvant l'aider dans les différentes situations sociales.

Un pasteur est, pour une grande part, un enseignant ; il est appelé à communiquer l'Evangile. Ministre de la Parole, la prédication, l'exhortation, l'application de l'Evangile à une situation donnée tiennent une place essentielle dans son ministère. Il est donc nécessaire qu'il ait de solides connaissances bibliques et théologiques. Il est condamné à être capable de répondre aux vrais besoins de ceux qui l'écoutent. Non seulement il devra enseigner dans sa paroisse et dans les évènements publics , dans le cadre de la prédication, des études bibliques ou d'autres groupes, mais il devra être apte à répondre à des questions que pourront lui poser les membres de son Eglise et les personnes en recherche. Il est donc souhaitable qu'il ait une bonne culture générale, une ouverture aux questions de notre époque, et une capacité à y réfléchir à partir de la révélation chrétienne.

Il apparaît clair que le pasteur est un homme public et doit de ce fait savoir se tenir. A côté de l'enseignement, le ministère pastoral suppose la capacité d'établir des relations personnelles avec de nombreuses personnes, dans et hors de l'Eglise. Ce sera pour accompagner des personnes dans leur démarche spirituelle, parfois dans leurs difficultés. Le "conseil pastoral", ainsi que la relation d'aide, supposent expérience et sagesse, aptitude à l'écoute, capacité de discerner ce qui peut aider et connaissance de ses propres limites.

Il est bon d'avoir une certaine connaissance des formes variées que peut prendre la croissance spirituelle en fonction des personnes. En effet, un pasteur qui cherche à imposer ce qui a été vrai pour lui peut être néfaste pour certains qui n'ont pas le même profil. Une connaissance minimale en psychologie n'est pas à négliger, ne serait-ce que pour savoir discerner ce qui peut dépasser les compétences personnelles.

L'aptitude à collaborer se manifestera aussi au sein du conseil d'anciens, ou auprès de ceux et celles qui ont des responsabilités dans la communauté. Le pasteur a le devoir de travailler en équipe, d'entendre la contradiction et manifester une certaine capacité à gérer les conflits. Dans ce dernier domaine, une formation spéciale s'avère nécessaire. Cette formation doit également permettre une amélioration de l'image du pasteur en ce sens que ce dernier doit connaître les règles de la déontologie pastorale et accepter pleinement d'y conformer sa pratique du ministère.

Le pasteur est appelé à être le modèle du troupeau que Dieu lui a confié (1 Pi 5 :2 et 3). Pour être formé dans plusieurs domaines il faut du temps ; ce qui permettra aussi au futur pasteur d'avoir une sorte de maturité. C'est pourquoi, être un trop jeune chrétien peut rendre fragile celui qui est appelé à tenir un rôle en vue dans la communauté86(*). La vie de piété du pasteur sera au coeur de son ministère et l'alimentera dans la vie quotidienne. Discipline sans légalisme et liberté sans relâchement seront utiles et au pasteur et à l'Eglise dont il a et continuera d'avoir des charges.

Un pasteur doit aussi pouvoir assumer la relation avec les autres Eglises protestantes ou plus largement chrétiennes, du quartier ou de la ville, ainsi qu'avec les autorités locales (municipale, départementale, régionale et surtout traditionnelle etc.). L'autre atout de la formation pluridimensionnelle est cette adaptation à l'animation

Nous savons que certains pasteurs peuvent être plus doués que d'autres dans ce domaine. Mais l'animation (au sens propre, donner vie et âme) de la communauté fait partie de tout ministère pastoral. Le pasteur est tenu à aider l'Eglise à avancer, favoriser les engagements des uns et des autres et stimuler la capacité d'initiative de la communauté. Conseils et assemblées doivent être formés à une réflexion et une prise de décision qui correspondent à une véritable recherche commune de la volonté de Dieu.

Il est important que le pasteur discerne bien ce qui distingue l'animation de la prise de pouvoir qui impose à une communauté ses vues personnelles.

Un autre avantage de ce type de formation est que le pasteur développe des stratégies pour essayer de satisfaire ses fidèles.

Conclusion partielle

Ce chapitre tripartite avait pour objectif principal de montrer le rôle que joue la formation et le recyclage dans la réalisation des enjeux et défis qui attendent le pasteur actuel. Nous avons également étudié les réformes possibles de la formation et du recyclage des pasteurs de l'E.E.C. Ce chapitre a été refermé par des propositions concrètes pour une réforme dynamique et profonde de la formation du Pasteur.

CONCLUSION GENERALE

Devant les réalités et les mutations sociales, le pasteur est condamné à se mettre à la page pour satisfaire ses fidèles. Une telle oeuvre ne peut aboutir s'il ne se met pas en permanence à l'école du savoir. Face à cette problématique, nous avons fait nos investigations en trois chapitres.

Au premier chapitre, nous sommes parti des définitions des mots-clés du sujet nous permettant de comprendre les contours de notre sujet, pour aboutir à la présentation de la formation des formateurs dans l'E.E.C. en passant par la présentation de l'Eglise-cible.

Au deuxième chapitre, l'étude exégétique et théologique de Mal.2 :5-9 nous a permis de comprendre la notion de la formation dans ce qu'elle est fondamentalement. En effet, selon Malachie, le pasteur est le garant de l'éducation du peuple car c'est à sa bouche qu'on doit rechercher la connaissance. (Mal.2 :7) Ce dernier doit être constamment à l'écoute du peuple pour le guider et le sauver des dangers. L'interprétation de ce texte nous a donné de comprendre que les recommandations faites dans ce livre pouvaient s'appliquer sur les plans sociopolitique, pédagogique, ecclésial et pastoral.

Au troisième et dernier chapitre de notre réflexion, nous avons noté qu'il était temps de réformer la formation et le recyclage des pasteurs de l'E.E.C. au regard des défis et des enjeux de l'heure. Quelques pistes de solutions ont été envisagées avec la réforme des programmes à l'I.P.T.N., le contrôle systématique des diplômes, la suppression du cycle de baccalauréat et une réflexion sérieuse pour la création du cycle de maîtrise afin que l'I.P.T.N. soit une Faculté de théologie, fiable, réelle et non virtuelle. Les étudiants doivent mettre en valeur les enseignements reçus pour ne plus être seulement des chercheurs d'emploi, mais des hommes moulés pour la cause de Christ. Ainsi le passage à l'I.P.T.N. cessera d'être un moyen parmi tant d'autres pour obtenir la robe, pour devenir un moment de préparation, de réflexion, d'initiation et surtout de formation en vue de répondre aux besoins du peuple de Dieu.

Nous croyons que l'Eglise qui déjà, investit des sommes colossales sur la formation des pasteurs gagnerait à y jeter un coup d'oeil parfois pour constater si ses doléances sont assouvies. Dans une société où le mercantilisme spirituel offre des choix variés, le pasteur en particulier et l'Église en général gagneraient à contrôler la qualité de leur marchandise. Une amélioration n'est possible que si l'accent est mis sur une bonne formation et des recyclages périodiques.

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OUVRAGES GENERAUX

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20. ARCHER, L. Gleason. Introduction à l'Ancien Testament, Editions EMMAUS, Saint-légier, 2001.

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28. MARLE, René. LeProblème Théologique de l'Herméneutique, Editions l'Orante, Paris, 1968.

29. MASTERS, Jill. Leçons pour la Vie, Editions EUROPRESSE, Chalon-sur-Saône, 2004.

30. NANA-SINKAM, Samuel C. Le Cameroun dans la globalisation, conditions et prémisses pour un développement durable, Editions CLE, Yaoundé, 1999.

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32. NJOH MOUELLE, Ebénézer. De la Médiocrité à l'Excellence (Essai sur la Signification Humaine du Développement), Editions CLE, Yaoundé, 1996.

33. RINGGREN, H.La Religion d'Israël, Editions Payot, Paris, 1966.

34. RöMER, Thomas ; MACCHI, Jean-Daniel et Al. Introduction à l'Ancien Testament, Editions Labor et Fides, Genève, 2004.

OUVRAGES SPECIALISES

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35. ALLMEN, Jean Jacques (Von). Prophétisme Sacramentel, Editions Delachaux et Niestlé, Paris, 1964.

36. BENTON, John. Plus loin de toi mon Dieu : le message du prophète Malachie, Editions Europresse, Chalon sur Saône cedex, 1989.

37. DJIOKOU, Sadrack. La formation du pasteur proposant à l'Eglise Evangélique du Cameroun, Collection : Pour une Eglise en marche, Bandjoun, 2001.

38. RILLET, Jean. Le Pasteur et son Métier, Editions Fayard, Paris, 1961.

39. SLAGEREN, Jaap (Van). Les origines de l'Eglise Evangélique du Cameroun, Editions CLE, Yaoundé, 1972

MEMOIRES ET THESES

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40. DJAKOU MBAKOP, Serges Gautier. Malachie 3 :10 : Paradigme pour une relecture du système financier de l'E.E.C.Mémoire de fin d'études théologiquesen vue de l'obtention du diplôme de la Licence, I.P.T.N., 2008.

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43. BISSU, Emmanuel. Cours de Théologie du Nouveau Testament,Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

44. KÄ MANA. Cours d'Ethique, Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

45. KOUONGA Benjamin. Cours d'Exégèse de l'Ancien Testament, Cycle de licence, Niveau II, I.P.T.N., Année académique 2008/2009.

46. MBEMI MAKOUA, Charles. Camp National de Formation des Moniteurs du Culte d'Enfants, Mbouo, 2001.

47. NJOUENWET KOPP. Bernard. Cours d'Exégèse de l'Ancien Testament, Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

48. POUNGUE KEMAYOU, Nestor. Cours d'Histoire des Religions etde Missiologie,Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

49. POUNGUE KEMAYOU,  Nestor. ``Apport des valeurs culturelles africaines dans la construction spirituelle de l'Eglise'', Exposé fait lors de la semaine interdisciplinaire, I.P.T.N., Avril 2010.

TEXTES DE BASE DE L'E.E.C

50. SEYAZE TCHOUTCHUI, Claude. Cours de Théologie Pratique, Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

VII-

51. Liturgie de l'Eglise Evangélique du Cameroun, Synode général à Foumban, 02 Mars 2002.

52. Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun,Synode général de Mbouda, 06 Mars 1998.

INTERVIEW

VIII-

53. NKOAGNE Josué, Docteur en Pharmacie et Ancien d'Eglise, âgé d'environ quarante cinq ans, Bafoussam, 15 Janvier 2010.

SITE WEB

IX-

54. http: //www.wagne.net/

* 6 Microsoft Encarta 2007, 1993-2006 Microsoft Corporation.

* 7Dictionnaire Encyclopédique Larousse, 1 volume en couleur, Editions Librairie Larousse, Paris, 1979. P.58.

* 8 Microsoft Encarta 2007, Op.Cit.

* 9 Maurice, HOROWITZ. Dictionnaire Français- Hébreu et Hébreu- Français, Editions Institut de la connaissance hébraïque, Paris, 1974. P.17.

* 10 Jean Jacques, ALLMEN (Von). Prophétisme sacramentel, Editions Delachaux et Niestlé, Paris, 1964, P.85.

* 11 Bernard, GILLIERON. Dictionnaire Biblique, Editions du Moulin, Renens, 1998, P. 151.

* 12Liturgie de l'Eglise Evangélique du Cameroun, approuvée par le Synode Général de Foumban, 02 Mars 2002 P. 5.

* 13 Jaap, SLAGEREN (Van). Les origines de l'Eglise Evangélique du Cameroun, Editions CLE, Yaoundé, 1972, P.17.

* 14 Charles, MBEMI MAKOUA.Camp national de formation des moniteurs du culte d'enfants, Mbouo, 2001,

* 15 Jaap, SLAGEREN (Van), Op. Cit. P.134.

* 16Jaap, SLAGEREN (Van), Op. Cit. P.134.

* 17 Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun adopté au synode général de Mbouda le 06mars 1998, P. 5.

* 18 Une paroisse peut être constituée d'une ou de plusieurs annexes.

* 19 Un district est le rassemblement d'au moins deux paroisses.

* 20 Une région synodale est le regroupement d'au moins quatre districts.

* 21Liturgie de l'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit., P. 5.

* 22Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit. P. 8.

* 23Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit. P. 9.

* 24 Engin destiné à creuser le sol et y frayer un passage pour tous.

* 25 Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit. P. 11.

* 26 Jill, MASTERS. Leçons pour la vie, Editions EUROPRESSE, Chalon-sur-Saône, 2004, P. 74.

* 27 Jill, MASTERS. Op. Cit. P. 3.

* 28Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit. P. 9.

* 29 Selon certaines sources, cette Ecole aurait été fermée.

* 30 Moise, DOUNTIO KENNE. Problématique de la formation du peuple de Dieu dans l'E.E.C. à la lumière d'Osée 4/6, Mémoire de fin d'études théologiques en vue de l'obtention du diplôme de Baccalauréat, I.P.T.N., 2006, P.6.

* 31Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit., P. 9.

* 32 Karl, BARTH. Le ministère du pasteur, Editions Labor et Fides, Genève, 1961, P.33.

* 33Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit., P. 10.

* 34 Simon Bolivar, NJAMI-NWANDI. Traité de déontologie pastorale, Editions CLE, Yaoundé, 2005, P. 75.

* 35Règlement Intérieur de L'Eglise Evangélique du Cameroun, Op. Cit., P. 19.

* 36 http : //www.wagne.net/

* 37 Karl, BARTH.Op. Cit. P. 43.

* 38 Emmanuel, BISSU ; Philémon, MBELE et Al. Initiation à l'exégèse biblique Ancien Testament et Nouveau Testament, Editions CLE, Yaoundé, 2003, P. 9.

* 39 La tradition targumique selon laquelle il s'agirait d'Esdras n'est guère solide.

* 40 Gleason L, ARCHER. Introduction à l'Ancien Testament, Editions EMMAUS, Saint-légier, 2001, P. 480.

* 41 Thomas, RöMER ; Jean-Daniel, MACCHI et Al. Introduction à l'Ancien Testament, Editions Labor et Fides, Genève, 2004, P.472.

* 42 Thomas, RöMER ; Jean-Daniel, MACCHI et Al. Op. Cit. P 473.

* 43Thomas, RöMER ; Jean-Daniel MACCHI et Al. Op. Cit. P. 471.

* 44 Une énonciation est un ensemble d'éléments de communication ayant une signification qui se suffit à elle-même.

* 45 Membre de la famille royale, responsable du rapatriement peu après SHESBATSAR.

* 46 Théophane, CHARY O.F.M.Aggée-Zacharie Malachie, Librairie, Lecoffre, Paris, 1969, P. 224.

* 47Rév. Dr. Bernard, NJOUENWET KOPP. Cours d'exégèse de l'Ancien Testament,Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

.

* 48 Le mètre introduit souvent des conjectures basées sur des hypothèses à propos de la métrique poétique hébraïque.

* 49 Théophane, CHARY O.F.M. Op. Cit., P. 226.

* 50 Serges Gautier DJAKOU MBAKOP. Malachie 3 :10 : Paradigme pour une relecture du système financier de l'E.E.C. Mémoire de fin d'études théologiques en vue de l'obtention de la Licence, I.P.T.N., 2008, P. 20.

* 51 Il s'agit du dieu de la fertilité commun à de nombreux peuple sédentaire, tel qu'il était adoré à Péor.

* 52 Edmond, JACOB. Théologie de l'Ancien Testament, Editions Delachaux et Niestle, Neuchâtel, 1968, P. 200.

* 53 H, RINGGREN. La religion d'Israël, Editions Payot, Paris, 1966, P. 225.

* 54 Edmond, JACOB. Op. Cit., P. 202.

* 55 John, BENTON. Plus loin de toi mon Dieu : le message du prophète Malachie, Editions Europresse, Chalon sur Saône cedex, 1989, P. 45.

* 56 T. Alexander, DESMOND ; S. Brian ROSNER et Al. Dictionnaire de théologie biblique, Editions Excelsis, Charols, 2006, P. 733.

* 57 John, BENTON. Op. Cit., P. 45.

* 58 René, MARLE. Le problème théologique de l'herméneutique, Editions l'Orante, Paris, 1968, P.9.

* 59 Rév. Dr. Emmanuel, BISSU. Cours de Théologie du Nouveau Testament, Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

* 60 Emmanuel, BISSU. Nouveau Testament : Introduction, texte et contexte, Editions CLE, Yaoundé, 2002, P. 6.

* 61 Le syncrétisme est une doctrine constituée d'emprunts philosophiques ou religieux divers, organisés pour former un tout cohérent.

* 62 L'éclectisme est une attitude d'esprit conduisant à faire des choix très divers sans exclusive.

* 63 Remarquons qu'il n'est pas nécessaire de posséder une grande culture pour respecter les règles élémentaires de sa langue.

* 64Jean, RILLET. Le pasteur et son métier, Editions Fayard, Paris, 1961, P.26.

* 65 Célestin, Gb. KIKI. La réforme du culte : une nécessité pour les Eglises d'Afrique, Editions CLE, Yaoundé, 2001, P. 252.

* 66 Nestor, POUNGUE KEMAYOU. ``Apport des valeurs culturelles africaines dans la construction spirituelle de l'Eglise'', Exposé fait lors de la semaine interdisciplinaire, I.P.T.N., Avril 2010.

* 67Célestin, Gb. KIKI. Op. Cit. P. 263.

* 68 Charly MOUSSIMA cité par Moise, DOUNTIO KENNE. Op. Cit., P. 7.

* 69 Jean, COMBY. Pour lire l'histoire de l'Eglise :Des origines au XXIe siècle, Editions du Cerf, Paris, 2003, P. 214.

* 70Samuel C., NANA-SINKAM. Le Cameroun dans la globalisation, conditions et prémisses pour un développement durable, Editions CLE, Yaoundé, 1999, P.183.

* 71 Sadrack, DJIOKOU. La formation du pasteur proposant à l'Eglise Evangélique du Cameroun, Collection : Pour une Eglise en marche, Bandjoun, 2001. 4ème de couverture.

* 72 Interview fait à Josué NKOAGNE, Docteur en Pharmacie et Ancien d'Eglise, âgé d'environ quarante cinq ans, Bafoussam, le 15 Janvier 2010.

* 73 Simon Bolivar, NJAMI-NWANDI. Op. Cit. P. 23.

* 74 Francis, MBECK. Le ministère pastoral : recrutement au saint ministère à l'Eglise Evangélique du Cameroun, Mémoire de fin d'études théologique en vue de l'obtention du diplôme de la Licence, I.P.T.N., 2000, P.44.

* 75 Nestor, POUNGUE KEMAYOU. Op.Cit.

* 76 Sadrack, DJIOKOU.Op. Cit., P.59.

* 77 Emmanuel, BISSU. Op. Cit. P 15.

* 78KÄ MANA. Cours d'Ethique, Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

* 79 Claude, SEYAZE TCHOUTCHUI. Cours de Théologie Pratique, Cycle de licence, Niveau III, I.P.T.N., Année académique 2009/2010.

* 80 Samuel C., NANA-SINKAM. Op. Cit. P.182.

* 81André, BIRMELE. Eglise, Editions Labor et Fides : Cerf, Genève ; Paris, 2001, P.51.

* 82 Sadrack, DJIOKOU. Op. Cit., P.17.

* 83 Sadrack, DJIOKOU. Op.Cit., P.59.

* 84 KÄ MANA. Op. Cit.

* 85Josué, NKOAGNE. Op. Cit.

* 86 Comme la vie sociale, la vie spirituelle est échelonnée. Ainsi, il faut avoir une certaine expérience et maturité spirituelle pour accéder à certains postes de responsabilité.

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