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Du declin du mythe imperial a l'affirmation de l'identite noire dans Au coeur des tenebres (1902) de Joseph Conrad, Batouala (1921) de Rene Maran et Cahier d'un retour au pays natal (1939) d'Aime Cesaire

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par Amadou Hame NIANG
Université Cheikh Anta Diop de DAKAR - DEA 2008
  

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UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP DE DAKAR

FACULTE DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES

DEPARTEMENT DE LETTRES MODERNES

Mémoire de DEA

(Littérature Comparée)

Du déclin du mythe impérial à l'affirmation de l'identité noire : Au Coeur
des ténèbres
(1902) de Joseph Conrad, Batouala (1921) de René Maran et
Cahier d'un retour au pays natal (1939) d'Aimé Césaire.

Présenté Par : Sous la direction de :

M.Amadou Hamé Niang M.Amadou Falilou Ndiaye

Professeur titulaire

Année académique
2007-2008

REMERCIEMENTS

Nous tenons, tout d'abord, à adresser nos plus profonds et sincères
remerciements à notre directeur de recherche Mr Amadou Falilou Ndiaye, qui a
dirigé ce travail, pour tous ses conseils et ses encouragements avisés ainsi que
pour ses travaux de recherche qui nous furent d'une aide précieuse. On lui
exprime notre gratitude pour nous avoir guidés dans ce travail, ménageant son
temps, son savoir, sa patience pour que ce travail arrive à son terme.

Nos remerciements sont aussi adressés à nos professeurs Mr Bakary Sarr,
Mr Alain Juillard, Mr Souleymane Faye, Mr Ousmane Dia, Mr Pape Mody
Niang, Mme Sarré, Mr Modou Ndiaye et Mr Diarra.

Nous tenons à remercier également le chef du département des Lettres Modernes
Mr Ibra Diene.

Un grand merci à Fatou Konaté et à Augustin Coly qui nous ont assistés,
conseillés, soutenus tout au long de ce travail.

Merci à vous tous.

DEDICACE

A notre père auquel nous tenons la force, la ténacité et qui a tout sacrifié pour notre éducation.

A notre mère cet ange de tendresse, de patience et de générosité, dont la voix
résonne encore dans nos oreilles pour nous

réveiller à l'aube et veiller ainsi au bon déroulement de nos études.

A la mémoire de notre défunt grand-père Mamadou Abdoulaye Niang, de nos
amis Aly Fall et Awa Yombé, de notre oncle Mamadou Yaya Lo.

Ma reconnaissance est grande vis-à-vis de mon frère Mamadou qui, en dépit de
la lourde charge familiale, tient à me mettre dans les meilleures conditions pour
mon épanouissement intellectuel.

A ma famille : Mamadou, Kadia, Woury, Racky Diop, Mohamed, Boubou,
Abou, Dieynaba, Kadia Pam, Néné Lo, Racky Mama, Néné Hawa, Kadia
Samba, Oumouyel, Malick, Ousmane, mes trois homonymes, ma fiancée
Meissa.

A mes amis de toujours Chérif Guèye, Korguel Niang, Mohamadou Diop, Abou
Guèye.

A mes camarades de promotion.

A tous nos amis.

SOMMAIRE

Remerciements Dédicace

Sommaire

Plan détaillé de la thèse 1

Glossaire 3

Introduction ..4

Plan raisonné 8

Partie rédigée : « Chap.III : Manifestations de la décadence du mythe » ..12

Bibliographie commentée 25

- Commentaire d'un ouvrage ..26

· Homi K Bhabha, Les lieux de la culture. Une théorie postcoloniale

(2007) 27

- Commentaire d'un article .31

· Jacques Chevrier, « Les romans coloniaux : enfer ou paradis ? » .32

Bibliographie générale 37

PLAN DETAILLE DE LA

THESE

INTRODUCTION GENERALE

Première partie : Mythe de l'Afrique et de l'Africain Chapitre I : Imaginaire exotique du cadre naturel

I.1 : L'Ailleurs comme subversion du décor littéraire traditionnel

I.2 : Evolution du mythe vers une altérité géographique

Chapitre II : D'autres hommes : perception mythique de la différence

II.1 : Opposition Sauvage et Civilisé

II.2 : Permanence du mythe de l'indigène

Deuxième partie : Déclin du mythe impérial

Chapitre III : Manifestations de la décadence du mythe

III.1 : Expression du malaise impérial

III.2 : Emergence d'un contre discours colonial

Chapitre IV : Formes de résistance à l'Empire

IV.1 : Nature hostile

IV.2 : Indigènes insoumis

Troisième partie : Identité et esthétique négro-africaine Chapitre V : Revendication de la différence

V. 1 : Négritude : conquête d'une identité

V.2 : De l'expérience impériale à l'attitude du Noir face à l'avenir

Chapitre VI : Processus de contestation de la domination européenne

VI.1 : Modes d'expression du discours négro-africain

VI.2 : Rhétorique pour une civilisation de l'universel

CONCLUSION GENERALE

BIBLIOGRAPHIE GENERALE

GLOSSAIRE

Nous utiliserons les abréviations suivantes tout au cours de cette étude :

Cahier : Cahier d'un retour au pays natal C .t. : Au Coeur des ténèbres

Batouala : Batouala

INTRODUCTION

L'expansion de l'impérialisme occidental est accompagnée de la volonté de mythifier les terres et les hommes que l'Europe soumettait à sa domination. Il fallait justifier les conquêtes puis la colonisation. Aussi l'Afrique et les Africains sont-ils vus à travers des prismes enchanteurs. La « vacuité » et la « sauvagerie » sont les ténèbres dont l'Occident se voit investi de la « mission » de civiliser.

Le mythe est érigé en doctrine dans les textes littéraires, les travaux anthropologiques et ethnologiques encourageant la volonté impérialiste. Dans son livre Le Nègre romantique (1961), Léon-François Hoffman remonte jusqu'à la Chanson de Roland, pour passer en revue les images successives que les écrivains français se sont formés du Nègre. Dans cette présente étude, notre champ d'analyse étudiera le mythe de l'Afrique et de l'Africain dans la période comprise entre la seconde moitié du XIXe siècle et l'aube du XXe siècle. Cette période coïncide aussi bien avec l'apogée du mythe impérial que l'apparition des premiers signes de son déclin. Elle se caractérise par une curiosité grandissante des « terrae incognitae ». En France ainsi qu'en Angleterre, la conscience collective de l'époque est fortement influencée par les textes évoquant la grandeur de l'Empire, avec la mission impérative d'apporter ailleurs la Civilisation. Les récits exotiques, en particulier Le roman d'un spahi (1881) de Pierre Loti et de Kim (1901) de Rudyard Kipling cristallisèrent le mythe de « l'homme blanc supérieur ». Ainsi, on retrouve dans la masse textuelle, allant des revues et aux périodiques de tous genres, la volonté de percer le mystère des espaces inconnus et la mentalité des populations indigènes. L'interprétation de la culture de l'Autre s'effectue à travers des stéréotypes et clichés racistes. Par ailleurs, l'imagination narrative établit une dualité manichéenne entre l' « ici » et l' « ailleurs », chargeant le récit de métaphores et de symboles dégradants. Il s'agissait de présenter l'Autre, appelé aussi « sauvage » avec des attributs démoniaques, l'Ailleurs, comme une terre de désolation, marquée par la malédiction. Ces discours justifiaient et légitimaient la colonisation.

Mais au tournant du siècle, des voix s'élèvent pour dénoncer les conditions déshumanisantes dans lesquelles sont réduites les populations indigènes. Notre analyse partira des études postcoloniales pour voir que malgré l'apologie de la grandeur impériale, s'insinuent en filigrane dans les récits des doutes bouleversant la stabilité de l'Empire. Dans Culture et Impérialisme (1993), Edward Said s'appuie sur la critique littéraire pour revenir sur les interprétations erronées de la représentation du monde non occidental, évoquées déjà en 1978 dans L'Orientalisme. L'Orient crée par l'Occident. Il montre comment apparaît implicitement l'esthétique de la résistance à l'empire chez des auteurs tels Joseph Conrad, Rudyard Kipling, Albert Camus, Giuseppe Verdi, Charles Dickens. Homi Bhabha prolonge cette pensée dans Les lieux de la culture. Une théorie postcoloniale (1994). Mais ce sont les travaux de Frantz Fanon, Albert Memmi, Patrick Chamoiseau, Aimé Césaire qui vont tenter de redécouvrir et de se réapproprier le passé des indigènes que l'autorité coloniale a toujours nié. Quant à Homi Bhabha, il invite même à dépasser l'ordonnancement du monde, construit sur l'opposition binaire entre « eux », les Autres, et « nous », les Européens. Le caractère éminemment conflictuel de ces notions sera exploré par Bernard Mouralis dans Les contre-littératures (1975) où il montre que l'avènement du texte négro-africain change la conception de la différence.

C'est dans ce contexte dense de la critique postcoloniale que nous allons soumettre l'étude des textes de notre corpus : Au Coeur des ténèbres (1902) de Joseph Conrad, Batouala (1921) de René Maran et Cahier d'un retour au pays natal (1939) d'Aimé Césaire.

Ces trois textes illustrent chacun une période donnée de l'histoire du malaise dans la relation entre colonisateurs et colonisés. L'Afrique qui se profile dans la nouvelle de Conrad est un lieu mythique, à la fois distant et vaguement familier. Pour Maran, le mythe de l'Afrique « sauvage » et particulièrement de l'indigène « irréfléchi » relève du stéréotype déstabilisateur. Aimé Césaire, dans son poème, va au-delà du doute conradien, de l'inhumanité supposée des Noirs et de

la dénonciation des abus coloniaux chez Maran. Il préconise un homme noir débarrassé de ses complexes pour revendiquer son identité culturelle.

Ce schéma n'est pas exhaustif des nombreuses questions que soulève notre sujet. Les contextes de production et de réception expliquent la complexité de la problématique.

Quels sont les traits caractéristiques du mythe de l'Afrique et de l'Africain dans le discours littéraire ? Comment la relation du texte à l'environnement socioculturel peut-elle engendrer le mythe et son déclin ? Sur quoi repose l'existence de la différence ? Quelles sont les modalités de construction et de représentation de l'identité ?

Nous nous intéresserons à la manière dont les textes de notre corpus s'ouvrent sur « leurs différences par rapport aux assertions du centre impérial »1. Il est probable que l'expérience des écrivains ait déteint sur leurs récits. Pour autant qu'ils ne restituent qu'une vision généralisée de leur époque, le mythe de l'Autre ne parait-il donc pas, avant tout, lié à la subjectivité et à la position de l'observateur ? Dans Mythologies (1957), Roland Barthes note que « l'astuce profonde de l'opération -Bichon, c'est de donner à voir le monde nègre par les yeux de l'enfant blanc : tout y a évidemment l'apparence d'un guignol »2. De même, dans Mimésis. La représentation de la réalité dans la littérature occidentale (1969), Auerbach s'interroge sur l'ambivalence entre l'imitation fictionnelle du réel et l'écart signifiant par rapport à ce réel.

Dans la première partie de cette étude, nous étudierons le mythe de l'Afrique et de l'Africain. La deuxième partie sera une réflexion sur le déclin du mythe impérial et la troisième partie sera consacrée à l'analyse de l'identité et de l'esthétique négro-africaine.

1 B. Ashcroft, G. Griffiths, H. Tiffin, The Empire Writes back. Theory and Practice in Post-colonial Literatures, Londres, Routledge, 1989, p.3, Cité par J-.M. Moura, Littératures francophones et théorie postcoloniale, Paris, PUF, 1995, p.5.

2 Roland Barthes, Mythologies suivi de Le Mythe, aujourd'hui (1957) in OEuvres complètes Tome I 1942-1965, Editions établie et présentée par Eric Marty, Paris, Seuil, 1993.

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