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La valorisation des parcs nationaux

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par Stéphane ANGO
Ecole Nationale d'Administration - Conseiller des Affaires Etrangères 2009
  

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B - Le statut des aires protégées

Comme les différentes lois de protection de l'environnement, le statut des aires protégées a évolué, il requière qu'on se place dans une perspective chronologique pour le comprendre.

Il est toutefois utile de savoir qu'à l'indépendance, « il existait quatre aires protégées au Gabon : la Lopé, Wonga-Wongue, Petit Loango et Ngové-Ndogo, et l'ensemble Ndendé, Mont Fouari et Nyanga (réserve de faune de Nyanga nord). Deux ans après l'indépendance, le 17 novembre 1962, sont créés : l'aire d'exploitation rationnelle de faune de la Moukalaba-

Dougoua, et, sous le nom d'aire d'exploitation rationnelle de faune de Setté-Cama, les secteurs d'Iguéla, de Setté-Cama et de la plaine Ouanga (...). Le 13 septembre 1967, est créé le domaine de chasse du Mont Kouri, et le 02 octobre 1971, la réserve naturelle intégrale d'Ipassa », (P. Christy et al. 2003, pp. 160-161). Une distinction pouvait cependant être faite, en effet « les réserves pourront être soit des aires dans lesquelles les espèces seront protégées pendant un certain nombre d'année, soit des aires dans lesquelles ne seront autorisées à chasser que les détenteurs de permis nettement définis. L'article 17 de la loi du 08 juin 1960 règlementant l'exercice de la chasse précise que : « sont maintenus les parcs nationaux, les réserves de faune et domaines de chasse existant à la date de promulgation de la présente loi seront groupés en aire d'exploitation rationnelle de faune et feront l'objet de règlements d'exploitation. »

La réserve de faune n'assure que la protection des animaux, et non celle de l'écosystème. C'est donc légalement que les concessions forestières et les concessions minières ont été attribuées dans les réserves de faunes avant 1982.

La loi 1/82 dispose dans son article 38 que : « la réserve de faune est un périmètre dans lequel la flore et la faune bénéficient d'une protection absolue ». Cet article est complété par l'article 46 qui interdit toutes formes d'exploitations susceptibles de modifier l'environnement et ses ressources. Les concessions forestières s'avèrent dès à présent illégales dans ces zones, sauf si on procède préalablement, au déclassement de la zone protégée.

Les aires protégées de l'époque au Gabon sont soumises à de fortes pressions économiques. Jusqu'alors, la pression économique la plus forte qui s'est exercée sur les aires protégées est celle de l'exploitation forestière.

Toutefois, l'exploitation forestière ne devrait pas s'accompagner comme l'enregistre la pratique de l'exercice de la chasse. Bien que l'attribution de permis forestiers dans les réserves de faune ait conduit l'administration à prendre des dispositions relatives à l'exercice de la chasse et de la protection de la faune, il n'en demeure pas moins qu'on a cependant plus souvent laissé faire que restreint les droits d'exploitation de la faune. Après avoir brossé globalement le statut de ces aires protégées nous verrons successivement les premières aires protégées qui sont au nombre de quatre.

La Lopé

Dans un premier temps, le parc national de l'Okanda et la réserve naturelle intégrale de l'Offoué qui sont des zones adjacentes sont créés le 27 septembre 1946. Les statuts pré-cités auraient dû assurer une protection intégrale de ces zones contre la chasse et l'exploitation forestière. Ce ne fut pas le cas. La loi du 08 juin 1960 transforme l'ensemble en aire d'exploitation rationnelle de faune. Toutefois, « l'arrêté n°3494/MEFPTE du 02 mai 1996 modifie les appellations, les limites et les superficies en créant un noyau central, d'une superficie de 167.018 ha classé en réserve naturelle intégrale, et en constituant les superficies périphériques du noyau central (369.000 ha) en zone-tampon ou périphérique ou les activités économiques et cynégétiques peuvent être autorisées par décret et où les activités forestières conservent leur droit tout en étant soumise à un cahier de charge particulier. La superficie du noyau central est agrandie par l'arrêté du 23 mai 1996. La principale activité dans la réserve fut l'exploitation forestière.

Au sein de cette réserve, il a été installé en 1983, la station d'études des gorilles et chimpanzés de Franceville. « Cette station de recherche a mené de nombreux projets de recherches et les résultats ont été publiés dans des revues scientifiques, des livres, des thèses de doctorat et des journaux à plus large audience ».(P. Christy et al. 2003, pp. 164-165).

Setté Cama

Le domaine de chasse de Ngové-Ndogo est créé par l'arrêté du 08 février 1956, il couvre 250.000 ha dans l'Ogooué-Maritime. Le décret du 20 février 1956 crée le parc national de Petit Loango, d'environ 50.000 ha.

Cette aire est agrandie, elle passe à 700.000 ha et recouvre l'Ogooué Maritime et la Nyanga, elle change aussi de dénomination, pour devenir l'aire d'exploitation rationnelle de faune de Setté-Cama. L'aire protégée de Setté Cama présente la plus grande variété d'écosystèmes parmi les aires protégées du Gabon : cordons littoraux, mangroves, forêts marécageuses, forêt de terre ferme, savanes herbeuses, marécages ouverts.

Comme dans l'aire protégée de la Lopé, l'exploitation forestière s'y est déroulée très tôt, elle s'est limitée aux secteurs côtiers du fait de sa situation.

« La découverte du gisement on shore de Rabi-Kounga remonte à 1985. (...) La déforestation pour l'activité d'exploitation a été évaluée à 6 km2/an » (P. Christy et al. 2003, p. 165). On voit bien que cette aire protégée a connu une très forte pression du fait de la découverte en son sein du plus grand gisement pétrolier du Gabon. Cette découverte a ainsi mis en veilleuse la vocation de protection d'une très grande partie de l'aire protégée.

Moukalaba

L'aire d'exploitation rationnelle de faune de Moukalaba-Dougoua fut créée le 17 novembre 1962, elle comprend la réserve de faune de Moukalaba-Dougoua (80.000 ha) et le domaine de chasse de Moukalaba (20.000 ha). Cette aire protégée recouvre le versant oriental des monts Doudou secteur forestier, et à l'est la plaine de Moukalaba, couverte de savane. C'est la seule aire protégée ou soient représentées les savanes arbustives à herbes hautes caractéristiques des deux couloirs de la Nyanga et de la Ngounié. Tout comme les précédentes aires protégées, Moukalaba a fait l'objet de l'exploitation forestière.

Monts Doudou

L'aire d'exploitation rationnelle du massif forestier des monts Doudou est classée par décret du 23 janvier 1998. D'une superficie de 332.000 ha, elle s'insère entre l'aire d'exploitation rationnelle de faune de Setté-Cama à l'Ouest, et celle de Moukalaba, à l'Est : elle permet la création de ce qui est aujourd'hui appelée complexe de aires protégées de Gamba. La protection d'un élément du massif du Mayombe et la richesse botanique de cette région, ou deux espèces endémiques venaient d'être décrites ont été les principales motivations scientifiques ayant joué pour l'érection de cette zone en aire protégée.

En somme, avant 2002, le statut des aires protégées au Gabon était de trois types (réserve de faune, domaine de chasse et aire d'exploitation rationnelle). Ce statut ne permettait pas l'exploitation des ressources naturelles à des fins touristiques. Ces réserves de faune n'assurait que la protection des animaux et non de l'écosystème c'est-à-dire, des habitats et de l'ensemble des espèces végétales.

Ainsi, c'est légalement que des concessions forestières et des concessions minières purent y être attribuées (loi du 08 juin 1960).

La modification de cette loi par la loi d'orientation en matière des eaux et forêts du 22 juillet 1982 dit que : « la réserve de faune est un périmètre dans lequel la flore et la faune bénéficient d'une protection absolue » et interdit toute forme d'exploitation susceptibles de modifier l'environnement et ses ressources.

Comme nous venons de le voir, les parcs nationaux avaient déjà été créés dans notre pays, toutefois, ils n'existaient que dans les textes, sans être dotés d'une administration et sans gestion appropriée. Ils furent à terme transformés ou rétablis en réserves de faune.

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