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Musique Numérique

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par Pierre-Louis Gatineau
ISCOM-Paris - Master 1 Communication 2009
  

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1.3 La difficile adaptation de l'économie musicale à l'ère numérique

1.3.1 Une offre commerciale qui tarde à se mettre en place

Face à cette demande de musique dématérialisée, accessible immédiatement à moindre coût (voire nul) l'industrie du disque (les 4 grandes majors et les labels indépendants), qui avait - pendant des décennies - tiré des profits colossaux grâce au support physique, semble déstabilisée et se heurter à la difficulté d'appréhender un avenir maîtrisable de la consommation. La dépréciation du support CD, fondement du business model de l'industrie depuis plus de 20 ans, associée aux échanges massifs et « sauvages » des oeuvres protégées ne tardera pas à remettre en question son organisation. Cependant, on constate depuis 2004 l'émergence d'une offre commerciale sur Internet. Trop timide pour compenser la chute du CD, cette offre s'est enrichie au fil des années pour proposer des ventes à la carte et abonnements sur Internet (42% des ventes) et téléphonie mobile (58% des ventes).

Taux d'évolution de l'offre commerciale physique et en ligne du marché musical
Source : SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique)

Un cadre juridique « inadapté » ?

Longtemps protégés par le système des droits d'auteurs et des droits voisins, les acteurs de l'industrie musicale se sont rapidement employés à obtenir des ajustements juridiques pour se protéger de la « menace numérique ».

Estimant que le développement des pratiques de consommation porte atteinte aux droits des auteurs et complique la mise en place d'une offre commerciale en ligne, le législateur français s'est engagé dans la voie « hasardeuse » de la construction d'un arsenal juridique complexe. Au préalable nous examinerons en quoi consiste le régime juridique actuel puis nous décrirons les évolutions annoncées faisant débat.

1 .3.2 Un ensemble de dispositions protectionnistes

Les droits d'auteurs et droits voisins

- La Loi n° 57-298 du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique est le texte fondamental régissant les droits d'auteurs en France. Toute oeuvre intellectuelle appartient à un auteur qui peut choisir souverainement de sa diffusion pendant un temps donné.

- La loi n°85-660 du 3 juillet 1 985 est relative aux droits dits voisins des droits d'auteurs. Les artistes interprètes jouissent à présent d'un droit exclusif qui leur donne la possibilité d'autoriser ou d'interdire l'utilisation et l'exploitation de leur prestation et de prétendre à une rémunération en contrepartie de leur autorisation.

Les droits d'auteurs et les droits voisins sont protégés pénalement : toute reproduction ou représentation d'une oeuvre sans l'autorisation de son auteur est un délit spécifique de la contrefaçon, punie de trois ans de prison et 300.000 euros d'amende. La loi prévoit cependant plusieurs exceptions à ce principe, notamment le droit à la copie privée.

Le droit d'exception à la copie privée.

La copie privée est une exception au droit d'auteur français. L'exception de copie privée autorise une personne à reproduire une oeuvre de l'esprit pour son usage privé. L'usage privé implique l'utilisation de la ou des copies dans le cercle privé, notion incluant la famille et les proches. C'est par exemple, faire une copie d'un CD audio pour emporter dans la voiture sans crainte d'abîmer ou de se faire voler l'original. Le droit à la copie privée suppose le paiement d'une taxe sur l'achat de tous les consommables et appareils permettant de stocker des données numériques (CD/DVD vierge, clés usb, mémoire flash, disque dur etc...). Cette taxe est redistribuée au profit des ayants droits par les organismes spécialisés.

Les dernières initiatives du législateur

Incité par les puissants lobbys de l'industrie musicale à légiférer dans la régulation des échanges non autorisés sur Internet, l'Etat décide d'adopter dans l'urgence des mesures destinées à condamner les échanges illégaux via P2 P.

Le 1er août 2006 est votée la loi DADVSI (Droit d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information) à la suite de débats virulents. Destinée à protéger les droits des artistes, cette loi condamne, au titre de contrefaçon, toute personne qui met à disposition et télécharge via logiciel P2P, un contenu protégé par des droits d'auteurs. A cette époque, près de 9 millions d'internautes français sont recensés au titre de « pirates ». Devant l'impossibilité d'appliquer la--dite sanction, la chancellerie adressera au parquet une circulaire pour inviter les juges à l'indulgence, c'est-à-dire, ne pas appliquer la loi.

Bien décidé à sauvegarder le business model de l'industrie musicale, le législateur poursuit ses actions répressives en vue d'endiguer tout ou partie des échanges P2P, considérés comme des actes de « vols à l'étalage ». C'est ainsi que le 23 novembre 2007, le Président de la république, Nicolas

Sarkozy, confie à Denis Olivenne (à l'époque PDG de la FNAC) la mission15 de lutte contre le téléchargement illicite et le développement des offres légales d'oeuvres musicales, audiovisuelles et cinématographiques. Le projet de loi « Création et Internet » dit HADOPI voit le jour. Après avoir été voté par le sénat le 31 octobre 2008 en commission mixte paritaire, le texte est rejeté à l'assemblée nationale. Il est représenté le 12 mai 2009. Ce texte de loi garantit une alternative « pédagogique » à la loi DADVSI, en donnant pouvoir à une autorité administrative indépendante de contrôler les échanges illégaux sur Internet et de sanctionner les contrevenants dans une logique dite « de riposte graduée » : envoi de mails de mise en garde puis d'un courrier recommandé annonçant une possible coupure de l'accès à Internet allant de 2 mois à 1 an si le « pirate » ne cesse pas son activité illégale. Cette loi doit compléter le dispositif précèdent (DADVSI).

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"Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe leur portée"   François de la Rochefoucauld