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Analyse socio-économique de l'alphabetisme au Mali

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par Monde MAMBIMONGO WANGOU
Institut Sous-régional de Statistique et d'Economie Appliquée (ISSEA) - Ingénieur Statisticien 2008
  

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III.3. MESURE DE L'ALPHABETISME AU MALI.

Le Mali adopte la définition de l'UNESCO sur l'alphabétisme, mais ce sont les méthodes de mesure qui diffèrent souvent. Aussi, une bonne méthodologie voudrait que les individus interrogés sur les capacités linguistiques, passent des tests relativement simples de lecture ou d'écriture se rapportant à leur vie quotidienne et leur voisinage immédiat. C'est d'ailleurs cette méthodologie qui est utilisée dans la perception de l'alphabétisme, dans le cadre de la quatrième édition de l'enquête démographique et de santé au Mali (EDSM IV).

Cependant, certainement par manque de moyens financiers et de temps, l'ELIM II se propose de collecter l'information sur l'alphabétisme en posant la question suivante à l'enquêté (membre de ménage âgé de 15 ans et plus) : Saviez-vous lire ou écrire dans une langue quelconque? La réponse de l'enquêté est ainsi enregistrée dans le questionnaire. Cette méthode qui se base essentiellement sur la confiance que les enquêteurs accordent à l'enquêté, parait de toute évidence très problématique, car l'analphabétisme à défaut d'être le résultat d'un droit non acquis peut être perçu par certains comme un acte de faiblesse (complexe d'infériorité).

Par ailleurs, sont résumés dans le Rapport d'ELIM 2006, page 46, les résultats suivants : 26,2% de la population malienne de 15 ans et plus sont alphabétisés, dont 47,2% pour le milieu urbain contre 15,2% pour le milieu rural. Bamako qui est la capitale enregistre le taux le plus élevé (52%) et s'oppose à Kayes qui n'en enregistre que 19,2%. Le taux d'alphabétisation des femmes s'élève à 18,2%, nettement inférieur à celui des hommes qui s'établit autour de 34,9% (voir le tableau 3.1 en Annexes A).

Ces proportions semblent tout à fait faibles si l'on tient compte du nombre de langues parlées au Mali. À ce niveau, les questions sur l'âge, le milieu d'habitat, le genre et de la langue ne se posent plus, ce qui nous pousse à s'intéresser à la portée économique de notre étude, et cela à travers la structure de dépendance qui pourrait exister entre les capacités linguistiques et les activités principales des enquêtés de plus de 15 ans.

III.3.1. Structure de dépendance entre les capacités linguistiques et les activités principales.

Nous cherchons, dans cette section, à répondre à la question suivante : Y a t il une structure de dépendance entre les capacités linguistiques et les activités principales des sujets enquêtés pendant l'ELIM II? La réponse à cette question pourra permettre aux opérateurs du milieu des centres d'alphabétisation de mieux cibler leurs actions et atteindre plus facilement leurs objectifs. L'activité principale dont il est sujet ici, concerne l'activité qui rapporte le plus en termes de revenu. En effet cette situation met en compétition deux variables qualitatives ventilées chacune comme suit :

· Dans la base de travail, les capacités linguistiques sont représentées par la variable « Ling » qui enregistre les réponses à la question : saviez vous lire et écrire dans une quelconque langue ? Bien évidement deux modalités sont rencontrées ici, à savoir : Oui = 1et Non = 2 ;

· Compte à elle, les activités principales des enquêtés sont enregistrées dans la variable « act_prin » et éclatées comme suit : 1 = Agriculture/Chasse /Cueillette/Exploitation forestière; 2 = pêche/élevage; 3 = industrie/transformation ; 4 = Construction; 5 = Transport ; 6 = Communication ; 7 = Commerce/Vente; 8 = Administration ; 9 = Education/Santé ; 10=Autres services.

Cependant, avant de se lancer dans la recherche de la dépendance entre les variables citées ci-haut, il serait intéressant d'aller voir la situation des populations maliennes de plus de 15 ans face à l'insertion sociale.

III.3.1.1. Analyse bivariée entre les capacités linguistiques et la fréquentation de l'école.

A ce propos, la lecture du tableau 3.2 en Annexes A, relatif au croisement entre les capacités linguistiques et le fait d'avoir été à l'école, nous relève que sur 21281 individus enquêtés, 13 ont refusé de se prononcer sur la question « savez vous lire et écrire dans une langue quelconque ? » contre seulement 2, à la question « avez-vous été à l'école ? ». La moitié des personnes qui ont refusé de répondre à la première question, ont déjà été à l'école. Cependant, sur 5938 personnes ayant répondu « Oui » à la question sur les capacités linguistiques, 594 n'ont pas été à l'école, ce qui représente environ 2,8% de l'ensemble de l'échantillon concerné.

Toujours, selon ce tableau, sur 15330 personnes reconnaissant ne sachant pas lire et écrire, 463 ont été tout de même à l'école ; ce qui représente 2,17% de l'ensemble. De plus, 72% des personnes de plus de 15 ans, reconnaissent ne pas savoir lire et écrire dans n'importe quelle langue. Simple coïncidence ou parfaite corrélation, 72% de l'échantillon concerné n'ont jamais été à l'école.

L'analyse faite ci-haut, peut cacher certaines informations car elle se rapporte à une vue d'ensemble. Pour la peaufiner, nous nous proposons de visualiser les profils en lignes et en colonnes des variables en jeu. La visualisation du tableau 3.3 en Annexes A, relatif au profil de la variable « Ling » révèle que chez les personnes reconnues comme alphabètes, 10% n'ont pas été à l'école. Cela pourrait s'expliquer par les effets positifs des programmes menés par les centres d'alphabétisation ou tout simplement par le caractère autodidacte de certaines personnes. Ce même tableau, nous apporte l'information selon que 3% des analphabètes, reconnus comme tel, ont été à l'école. Cette dernière situation pourrait trouver ses fondements dans la qualité du système éducatif ou tout simplement par l'abandon de la pratique de la lecture et de l'exercice d'écriture à la fin des études.

Le décryptage du tableau 3.4 en Annexes A, nous renseigne sur la fréquentation scolaire selon les capacités linguistiques des enquêtés. En effet, il apparaît que chez les personnes qui ont été à l'école, 8% reconnaissent qu'ils ne savent ni lire ni écrire, ce qui est raisonnable, car la fréquentation scolaire telle que prise ici, ne nous renseigne pas sur le niveau d'études de l'individu. Sur ce même tableau, on voit bien que presque la totalité des individus qui n'ont pas été à l'école sont analphabètes.

Le graphique suivant ne vient que confirmer, avec une approche visuelle, les résultats décrits ci- haut. Sur ce graphique, on peut facilement constater que chez les analphabètes, très peu ont été à l'école et le phénomène inverse chez les alphabètes. Sans toutefois disposer de beaucoup d'évidence, nous soupçonnons que le fait de ne pas fréquenter l'école est une cause de marque de l'analphabétisme au Mali.

Figure 3.1 : Représentation des capacités linguistiques selon la fréquentation de l'école

Source : ELIM II/DNSI.

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