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Les comportements sexuels et reproductifs des femmes vivant sous antirétroviraux au Cameroun

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par Moustapha Mohammed Nsangou Mbouemboue
Université Yaoundé I - Master en sociologie 2010
  

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I.3.Normes traditionnelles en matière de sexualité en Afrique

La sexualité dans l'imaginaire collectif des africains, respecte un certain nombre de règles. Elle a d'abord un but utile, ensuite sa pratique, sa nature, sa période de praticabilité relève le plus souvent de la décision de l'homme à cause du statut social de la femme qui est toujours inférieur malgré les dynamiques sociales.

I.3.1.Rapports sexuels naturels et finalité de procréation

Dans la tradition africaine, la sexualité a toujours été pratiquée avec un but utile. Ce but est la procréation. Le modèle de sexualité qui a cours dans l'imaginaire social africain, expose ce continent à une politique nataliste par conséquent à un modèle de croissance démographique. Car, en Afrique la valeur d'un individu est avant tout tributaire de sa descendance. Ainsi, l'acte sexuel avant d'être plaisir, a d'abord une finalité utile.

En situation de mariage, l'acte sexuel n'est plus seulement plaisir, mais il doit se faire utile. C'est dans ce sens que OMBOLO J.P affirme que :

 S'il ya des périodes ou des occasions qui interdisent l'acte sexuel, il en est d'autres qui le rendent obligatoire (...). L'obligation de l'acte sexuel est d'abord liée au culte de la procréation (...), l'obligation de l'exercice de la sexualité s'observe encore dans le cadre des cultes de la fécondité.187(*)

Ainsi, en Afrique noire, la sexualité occupe une place de choix et dans certaines situations comme en union, elle se veut utile c'est-à-dire avec une matérialisation par des enfants.

Or, étant donné que dans ce continent l'individu est un être culturel, la femme est dans l'obligation de respecter ses valeurs socioculturelles pour ne pas être considérée comme déviante. Car, pour PAQUOT, « le comportement de la femme est conditionné par sa culture et sa tradition »188(*).

Au Cameroun, le mariage est un cadre où se matérialise et se valorise la procréation. Il y a parfois des ruptures d'union parce que la femme est incapable de procréer puis que la stérilité est toujours perçue comme ayant une origine chez elle. Dans plusieurs ethnies du Cameroun comme chez les Bulu, les Béti, les Bamiléké..., la dot de la femme est élevée parce qu'on considère celle-ci comme un être qui va aller produire chez son mari. Le mariage devient ainsi comme un marché qui a comme bénéfice : les enfants. A ce titre, L. M. OMGOUM, définit le mariage comme étant «  un marché où la femme est le capital. Lorsqu'elle a des enfants, elle produit des bénéfices, mais, dans le cas contraire, son mari, l'investisseur, tourne à perte »189(*) .

Cette sexualité à but utile amène donc à classer la femme au second plan dans une union, puisque la décision de procréation et de la sexualité ne relève pas d'elle.

* 187 J. P. OMBOLO, Sexe et société en Afrique noire, Paris, Harmattan 1990, p.118.

* 188 PAQUOT (dir) ; Terre des femmes, Paris, La découverte-Maspero, 1982, p.111.

* 189 L. M. OMGOUM, « poème des femmes Bamiléké » in Barbier, J, C, (dir), Femmes du Cameroun, Paris Karthala, 1985, p.294.

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