WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

La responsabilité du banquier dispensateur de crédit

( Télécharger le fichier original )
par Aristide CHACGOM FOKAM
Université de Dschang - Master 2 en droit des affaires et de l'entreprise 2011
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Paragraphe 2 : Le financement des déficits de l'entreprise

En réalité, la situation irrémédiablement compromise ne suffit pas pour engager la responsabilité du banquier, celui-ci doit avoir continué à financer l'entreprise. L'établissement de crédit continue à financer l'entreprise qui est vouée inexorablement à l'échec, car la situation irrémédiablement compromise est une cause légitime de rupture de contrat de crédit.

En soutenant financièrement une entreprise dont la situation financière est désespérée, le banquier masque la réalité, prolonge artificiellement la vie de l'entreprise et diffère l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation des biens ; ce qui conduit nécessairement à augmenter les pertes de l'entreprise et donc à diminuer les chances des créanciers de voir leurs créances honorées. Le fournisseur de crédit commet donc une faute dans la mesure où il manque à son devoir de discernement, de diligence.

Un auteur avait même soutenu que la responsabilité du banquier mérite d'être écartée, parce que le plus souvent les tiers ignorent l'existence du crédit. Cette opinion ne doit pas, semble-t-il, être retenue dans la mesure où, le créancier ne prétend pas qu'il a contracté à cause du crédit octroyé par le banquier, mais parce qu'il a été abusé par la situation générale créée par le crédit92.

92 Faire du crédit, c'est avant tout faire confiance. Or, le banquier ne fait pas confiance aveuglement. Il n'accorde

Il est toutefois des cas où, quelle que soit la gravité de la situation financière de l'entreprise, le dispensateur de crédit ne pourra voir sa responsabilité engagée. Il s'agit des crédits dits « légitimes ».

Il s'agit d'abord des concours octroyés dans le cadre d'un plan de redressement. Les juges ont ainsi admis que n'est pas fautif l'établissement de crédit consentant une avance à une entreprise qui offre des possibilités de redressement, alors que des mesures concrètes d'assainissement sont prévues. Il en est de même du changement de dirigent et d'actionnariat, de la mise en place d'une politique de gestion et d'investissement, et ce, même si le plan de redressement s'avère finalement être un échec. Il semble ensuite, que l'intervention des pouvoirs publics puisse légitimer aussi le soutien du fournisseur de crédit.

En effet, il se peut qu'une entreprise en difficulté se voit accorder le bénéfice d'une aide des pouvoirs publics aux côtés des banques privées afin de tenter de surmonter une crise qui peut très bien n'être que passagère, mais aussi s'avérer fatale pour l'entreprise. La difficulté qui se pose alors est celle de savoir si le banquier est susceptible d'engager sa responsabilité pour octroi abusif de crédit, alors qu'elle a agit concomitamment avec l'Etat.

Il est possible de dire que la banque n'est pas responsable puisqu'elle a accordé un crédit aux côtés même des pouvoirs publics. L'intervention des pouvoirs publics dans ce cas constituant une présomption du caractère sérieux du plan de redressement. Aussi les banques pourront toujours faire valoir qu'elles n'ont pas été totalement libres dans leur décision d'apporter ou non leur concours à l'entreprise en difficulté, en raison de la pression exercée sur elles par les autorités publiques.

En plus de la situation irrémédiablement compromise et du financement des déficits de l'entreprise, le banquier doit avoir la connaissance de la situation de cette entreprise cliente.

normalement son crédit qu'à ceux qui inspirent entièrement confiance par les garanties de sérieux et d'honorabilité qu'ils offrent. Le crédit est donc révélateur, en principe, d'une parfaite honorabilité du crédité. Dans la vie des affaires, il est, synonyme de dignité. Dans ces conditions, s'il ne correspond pas dans la réalité à cette image, si en fait il a accordé à une personne peu honorable, il est concevable qu'il soit trompeur et que les victimes de cette dissimulation songent à demander des comptes au banquier. Peu importe que le banquier ait été inspiré par la volonté de masquer la situation le temps de se dégager, qu'il ait été imprudent, incohérent ou qu'il se soit laissé tenter par une fuite en avant.

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Tu supportes des injustices; Consoles-toi, le vrai malheur est d'en faire"   Démocrite