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Politique du développement du secteur privé au Bénin: état des lieux et perspectives

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par Mounirou ABDOULAYE
Université d'Abomey-Calavi - Maitrise sciences économiques option économie 2009
  

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1.2.3 Les travaux empiriques sur le developpement du secteur prive :

Dans le but d'ceuvrer pour l'amelioration significative de la competitivite de leurs economies respectives et pour l'accroissement massif des investissements interieurs et des investissements directs etrangers, plusieurs nations africaines a l'instar du Benin ont developpe des strategies economiques fondees sur les privatisations des entreprises d'Etat dont la plupart etait en faillite et sur la mise en place d'un cadre favorable au developpement du secteur prive. Ainsi, les nombreux travaux empiriques realises sur l'etat des lieux des politiques de developpement du secteur prive, sont alles dans le sens de l'analyse du bilan des privatisations, de la justification des privatisations, de l'examen de la politique de

l'investissement, de l'évaluation du climat des investissements, de l'analyse du cadre réglementaire et institutionnel d'incitation aux initiatives privées ~ travers des enquêtes sur le climat des affaires et enfin de l'analyse des contraintes majeures au développement du secteur privé telles que : la prédominance du secteur informel, la corruption, les difficultés d'accés aux crédits etc.9.

A propos de la privatisation, elle se définit comme le processus suivant lequel la propriété d'une entreprise préalablement détenue dans les girons de l'Etat est transférée aux opérateurs économiques privés. Cette définition traduit un désengagement de l'Etat du systéme de production. Pour justifier l'opportunité d'une telle mesure et lever l'équivoque sur les controverses entourant l'efficacité des secteurs public et privé, des travaux ont été réalisés par plusieurs économistes dans le monde. Ainsi, en comparant les performances des secteurs privé et public dans le domaine de la collecte des ordures ménagéres dans 83 villes du Midwest américain, Petrovic et Jaffee (1977) sont arrivés a la conclusion suivant laquelle le coat de la collecte des ordures ménagéres par les entreprises publiques est 15% plus élevé que celui des firmes privées. De pareilles recherches ont été initiées quelques années plus tard par Boardman et Vining (1989). Ils ont ainsi procédé a la comparaison de la performance de prés de 500 entreprises privées, mixtes et publiques a l'échelle internationale dans les pays industrialisés (a l'exception des Etats-Unis). Les conclusions issues de ces recherches révélent que les sociétés d'Etat sont moins efficaces, moins rentables et productives que les autres formes d'entreprises. Ces travaux justifient en effet la nécessité pour l'Etat de se désengager de la gestion des activités économiques pour favoriser la croissance économique a travers le développement du secteur privé. Plusieurs pays de l'Afrique Subsaharienne se sont donnés a cet exercice avec une trés grande ampleur. Au bilan, les réalités différent d'un pays a l'autre et d'un secteur d'activités a l'autre. En évaluant l'impact des privatisations sur la performance et l'efficacité micro-économique des entreprises privatisées au Bénin, Hachimi Sanni Yaya (2005) est arrivé a une conclusion générale moins reluisante : les résultats induits par la privatisation sur la

performance des sociétés d'Etat en Afrique 0ccidentale notamment au Bénin, sont mitigés. Les résultats du test réalisé sur un échantillon de douze entreprises privatisées indiquent que l'augmentation de la performance de ces diverses entreprises privatisées en termes de rentabilité n'est pas significative. Sur l'échantillon total, seulement 38,26% ; 41,08% et 45,12% des entreprises sont parvenues a améliorer leur performance, respectivement en termes de rendement sur les ventes (R0S), de rendement sur les actifs (R0A) et en termes de rendement sur les capitaux propres (R0E). Cependant, meme si cette derniere these vient relancer le débat sur l'opportunité de la privatisation intégrale, la littérature économique s'accorde sur le fait que la privatisation reste un préalable important dans la politique de développement du secteur privé.

Par ailleurs, une étude de la Banque Mondiale réalisée au Bénin en 2005 sur un échantillon de 320 entreprises formelles du secteur manufacturier, du tourisme, de la construction et du commerce, a révélé que le secteur privé béninois exerce ses activités dans un assez bon cadre macroéconomique marqué par une croissance moyenne d'environ 4,9% notée sur la période 1994-2004. Néanmoins, le climat des affaires au Bénin en 2004/2005 n'est globalement pas favorable au secteur privé, quels que soient les secteurs. En effet, l'environnement macroéconomique favorable n'est pas arrivé a contrer le manque de compétitivité du secteur privé qui demeure confronté a des faiblesses structurelles persistantes. Les faiblesses identifiées dans le cadre de cette étude sont entre autres la corruption qui constitue un motif sérieux d'inquiétude pour 83,9% des entrepreneurs du secteur manufacturier ; les contraintes réglementaires notamment en ce qui concerne les taux d'imposition et leur administration et les défaillances du systéme judiciaire. A ce niveau, l'équipe de la Banque Mondiale a noté qu'environ deux tiers des entrepreneurs ont peu confiance dans la cohérence du cadre réglementaire et judiciaire puisque ils trouvent que l'interprétation et l'application par les fonctionnaires des réglements et lois qui affectent leur établissement sont incohérentes et imprévisibles. Les disfonctionnements du marché financier, l'accés biaisé et trés couteux aux crédits bancaires, les difficultés dans la

fourniture de l'energie electrique et le manque de competitivite du Port Autonome de Cotonou constituent egalement des contraintes majeures identifiees dans le cadre de l'enque-te pour l'Evaluation du Climat des Investissements (ECI) de la Banque Mondiale en 2005.

En utilisant les indicateurs de « Doing Business N, l'Indice de Liberte Economique de Heritage Foundation et l'indicateur risque-pays de la Compagnie Frangaise d'Assurance pour le Commerce Exterieur, la DGAE a procede en 2008 a l'analyse diagnostique du climat des affaires au Benin. Les resultats issus de cette analyse indiquent que le climat des affaires actuel beninois n'est pas des plus attractifs. Il se caracterise par des procedures de creation d'entreprise longues et couteuses pour les promoteurs ; une fiscalite elevee ; un systeme judiciaire peu specialise dans le domaine des affaires ; des droits de propriete peu exerces ; un faible developpement financier qui se traduit par un acces difficile et couteux au credit ; une administration peu performante ; un acces limite en qualite et a moindre couts aux facteurs de production et une fragilite des performances economiques.

Dans le processus de creation par l'Etat d'un cadre propice au developpement du secteur prive, certains economistes ont defendu la mise en place d'infrastructures publiques susceptibles d'attirer les investisseurs prives. C'est le cas d'Easterly et Rebelo (1993). Dans un echantillon compose de cent pays, ils mettent en evidence le role important des infrastructures (specialement les transports et la communication), dans la croissance de la production d'un pays. Ils estiment que les infrastructures jouent un role trés crucial dans la productivite des entreprises privees. Dans le me-me ordre d'idee, J-C Dumont et S. Mesple-Somps (2000) ont analyse l'impact des infrastructures publiques sur la competitivite et la croissance de l'economie senegalaise avec un modéle d'Equilibre General Calculable. Ils sont parvenus a montrer que l'expansion des infrastructures publiques avait des effets importants sur les performances commerciales des secteurs manufacturiers. A travers l'adoption d'une politique de promotion du secteur prive, l'Etat entend faire accroitre l'investissement prive y compris les investissements

directs etrangers. Des lors, l'investissement prive devient un element fondamental qui renseigne sur la nature du climat des affaires dans l'economie. En procedant aux estimations des donnees provenant de Heritage Foundation, la DGAE (2008) est arrivee a la conclusion selon laquelle l'amelioration du climat des affaires entraine une hausse des investissements prives. Plus specifiquement, le renforcement de la lutte contre la corruption et l'amelioration de l'exercice des droits de propriete augmentent positivement et significativement (seuil de 5%) l'investissement prive. Les travaux realises en 2003 par T. Lyssenko a partir d'un echantillon de 26 pays de l'Europe et d'Asie centrale, confirment cette realite avec des chiffres a l'appui : une amelioration de l'environnement des affaires de 0,5 point se traduirait par une augmentation du taux d'investissement de 5%. Ainsi, la politique de developpement du secteur prive pourrait être jugee par rapport a l'evolution de l'investissement prive dans l'economie.

Lorsque la politique de l'Etat en matiere de promotion du secteur prive manque d'efficacite, cela entraine une persistance des entraves au developpement des activites economiques et des faiblesses remarquables au sein du secteur prive. S'il y a une veritable difficulte a laquelle se retrouvent confrontes les operateurs economiques prives, elle serait relative a l'obtention des credits bancaires necessaires pour le financement des differents projets d'investissement. Dans une approche macroeconomique, Emilio Sacerdoti (2009) propose une analyse des problematiques de financement du secteur prive en Afrique Sub-saharienne. Les conclusions de cette analyse publiees dans un article intitule g Credit et secteur prive en Afrique : evolution et enjeux N, Secteur privé et Développement, n°1, pp. 9-13, stipulent que l'Afrique Sub-saharienne reste toujours tres en retard par rapport aux autres regions en developpement en matiere de volume de credit accorde au secteur prive. En dehors de l'Afrique du Sud et de l'Ile Maurice, dans la quasi-totalite des pays d'Afrique Sub-saharienne, la part des credits octroyes par les banques au secteur prive n'a tourne qu'autour de 20 et 25% maximum du PIB en 2007. Les raisons evoquees pour justifier cet etat de chose concernent le niveau relativement eleve des taux d'interêt,

l'importance des garanties exigées et la complexité des procédures prévues a cet effet.

Le dilemme qu'impose la prédominance de l'économie informelle dans les pays sous développés a également fait l'objet de plusieurs travaux. Faisant une analyse du poids du secteur informel dans l'évolution des IDE au Bénin, Laurent Akpo et Raoufou Souleymane (2009) ont conclu que le secteur informel constitue le premier frein a l'implantation des investisseurs dans les secteurs productifs orientés vers la consommation de masse. Allant dans le même sens, Morillon et Afouda (cités par Akpo et Souleymane, 2009) ont indiqué a titre illustratif que le secteur informel pétrolier qui est emblématique du dualisme économique au Bénin, demeure la première entrave a l'installation quantitative et qualitative des firmes de distribution voir d'extraction pétrolière au Bénin. Pour résoudre le problème, ces différents auteurs préconisent l'intervention de l'Etat dans la prise de mesures adéquates visant une intégration progressive du secteur informel au tissu économique formel. Une enquête sur le secteur informel réalisée en juin 2008 par le LARES et dirigée par le professeur John 0. Igué a révélé a ce propos que 70% des enquêtés souhaitent une formalisation de leurs activités a condition que des solutions idoines soient apportées a deux de leurs préoccupations majeures : la pression fiscale et les lourdeurs administratives notées dans la création des entreprises. Ils souhaitent tous une fiscalité simplifiée et 60% d'entre eux sont favorables au guichet unique pour les formalités de création d'entreprises.

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984