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Evaluation de la pratique transfusionnelle au Rwanda

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par Fulgence Nzabintwali
Université libre de Bruxelles - Master complémentaire en médecine transfusionnelle 2008
  

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IV. INDICATIONS DE LA TRANSFUSION

+ La transfusion sanguine est pratiquée dans les 37 hôpitaux de districts et les 4 hôpitaux de références. Il existe encore un certain manque de standardisation car on observe une relative hétérogénéité selon les hôpitaux sur le plan du volume transfusé, certains hôpitaux utilisant 1,5 poche par patient alors que d'autres transfusent jusqu'à 6 poches par patient. 11

Tableau 2 : Répartition des patients transfusés selon le service ( 2006) 12

Pédiatrie

Méd Interne

Gynéco-Obstétrique (a)

Chirurgie

Autres

6.943

4.471

3.926

2.469

1.187

37%

24%

21%

13%

6%

(a) Surtout ruptures utérines.

Ce tableau d'interprétation difficile en raison de notre mode de collecte de données ne nous permet pas de différencier ce qui est lié à la malaria et à la drépanocytose dans les services de Médecine interne et de Pédiatrie. En outre, en ce qui concerne la Médecine, il reflète selon nous, un phénomène nouveau lié à l'introduction de traitement pour le SIDA et la TBC ; ces malades qui mourraient par le passé sont maintenus à l'état chronique et nécessitent des transfusions qui sont passées de 5% en 2003 à 24% en 2006.

Les complications obstétricales consomment 21% de nos réserves de sang, en grande partie pour des ruptures utérines nécessitant de grandes quantités de sang et associées à un taux de mortalité très élevé. Le Rapport de 2006 révele en outre : « Beaucoup de femmes ayant eu des complications obstétricales avaient l'age de 45 ans et plus, ce qui était un nouveau phénomène en transfusion sanguine. Auparavant, c'étaient des affections tumorales (cancer du col etc. ) qui étaient la cause principale de transfusion dans cette tranche d'age. Le problème de transfert et d'accouchement à domicile sont également les causes majeures de ces complications obstétricales qui mettent la vie des femmes en grand danger ».

11 Nkurunziza J., utilisation du sang dans les hôpitaux du pays en 2006, Kigali mars 2008 , 1p (annexe N°3 )

12 Nkurunziza J., Ibidem 1p

Fig 8 : Evolution de la consommation de sang dans la malaria

Cette figure montre que la consommation de sang pour la malaria qui atteignait la valeur de 70% de nos réserves a pu être réduite de moitié en espace de deux ans grâce aux mesures de prophylaxie. ( Les décès d'enfants de moins de cinq ans ont suivi la méme évolution favorable passant de 51% à 38%).

V. DISCUSSION

+ Notre travail montre que le système Rwandais présente diverses caractéristiques en rapport avec sa centralisation et son recrutement de donneurs bénévoles et d'origine rurale. Ceci nous confère une sécurité transfusionnelle satisfaisante, affirmation qui mériterait une étude de suivi post transfusionnel. On sait néanmoins que ce type d'approche est difficile même dans les pays à haut revenus.

+ Les tests de sélections sont vraisemblablement plus fiables dans une structure centralisée, qui permet des économies d'échelle, comme l'ont suggéré Field et Allain 13 car ils sont réalisés par des personnes expérimentées et bien équipés et qu'aucune poche n'échappe au contrôle biologique comme cela se passe parfois, en urgence dans les zones rurales dans certains pays d'Afrique.

+ Nos donneurs sont dans l'entièreté bénévoles et appartiennent de façon prédominants à la classe rurale. En outre, nous collectons dans les écoles, ce qui nous assure une réserve de recrutement importante pour le futur. Ce dernier groupe est par ailleurs aisément accessible aux campagnes de sensibilisation pour disposer de donneurs motivés et responsables quant au caractère altruiste de la transfusion.

6. Étant pour l'instant en état d'autosuffisance, nous ne devons pas faire appel aux dons de remplacement, plus aléatoires pour le plan de la sécurité comme c'est le cas dans beaucoup de pays africains.

+ Le Rwanda fait donc partie des 15 / 41 pays de la zone OMS/Afrique du groupe A (Annexe N°4) ; il a mis en place une politique de transfusion basée sur le don volontaire non rémunéré à 100% , ce qui est supérieur à la moyenne de 77,9%14.

+ Avec une relève très satisfaisante, et en état d'autosuffisance, nous pouvons aborder pour l'instant des problèmes récurrents de transfusion avec sérénité. Est-ce dire qu'avec les besoins transfusionnels qui vont augmenter en raison de la croissance des maladies chroniques que nous soignons, nous ne risquons pas de pénurie dans le futur ? Le don

13 Field S.P and Allain .J.P :Transfusion in sub-Saharan Africa: does a Western model fit? In Clin Pathol.2007; 60: 1073-1075

14 Tapko,JB et al, : Status of blood safety in the WHO/Africa region :report of the 2004 survey. WHO/regional office for African. Brazzaville.2007, 35p

par 1000 habitants/an est de 4,7 unités est proche de la moyenne de la zone OMS/Afrique ( 5,1 unités) groupe A, de loin supérieur à la situation d'un pays comme la RDC (0,4 unités), mais insuffisant par rapport à des pays comme de la Côte d'Ivoire et d'autres qui atteignent 10 unités ; la part des volontaires réguliers de 57,4 % supérieure à la moyenne africaine (50%°) est cependant rassurante. 15

+ L'amélioration de la sélection de donneurs qui a été observée au cours du temps résulte incontestablement de la diminution de la séroprévalence des maladies transmissibles parmi eux. Les mesures préventives prises dans la population générale et la trithérapie bien appliquée peuvent constituer une explication. Les résultats de 1'étude du VIH en 1986 (17,8% en milieu urbain et 1,3% en milieu rural) comparés à une deuxième étude en 2005 montrent des valeurs en diminution remarquable surtout en milieu urbain (7,7% en milieu urbain, et 2.2% en milieu rural ).16

+ Notre travail confirme que les donneurs réguliers constituent la population de choix comme c'est le cas dans le groupe A de l'OMS/Afrique. 17

+ Le sang utilisé l'est encore en majorité sous forme de sang total non déleucocyté. Les concentrés globulaires déplasmatisées sont réservées aux poches pédiatriques, les moyens n'existant pas encore pour transfuser la population adulte. Cette caractéristique qui différencie le Rwanda avec les pays du groupe A de l'OMS/ Afrique est cependant la situation qui prévaut dans beaucoup de pays d'Afrique18.

15 Tapko,JB et al, op cit ,35p

16 CNLS Rwanda : http://www.cnls.gov.rw/vih_sida_rwanda.php, consulté le 7/04/2008

17 Tapko,JB et al, Ibidem ,35p

18 Tapko, JB et al, Ibidem ,35p

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984