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Les figures de Joseph Rey (1779-1855): conspirateur libéral, "philosophe" et socialiste "utopique"

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par Nicolas Boisson
Université de Grenoble 2 - IEP 2001
  

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II-2.2 Son entrée en conspiration et le plan des conjurés

« C'est au milieu de ces dispositions que, sur la fin de juin, ou au commencement de Juillet, je rencontrai de nouveau Dumoulin »315(*). Rey se promenait en effet dans les rues de Paris, méditant sur ses nobles recherches scientifiques, lorsqu'il tomba sur le tumultueux Dumoulin, véritable instigateur de la conspiration à venir. Dumoulin, ami d'enfance de Rey, infatigable érudit et impatient homme d'action, tente alors à nouveau de rallier Rey au mouvement conspiratif. Rey nous décrit cette scène des plus instructives sur le caractère de notre personnage et les dispositions des conjurés de l'époque : « A peine m'eut-il aperçu, qu'il s'écria d'un ton amer : « Eh bien ! En êtes-vous encore à vos scrupules de légalité ?...Croyez-vous toujours qu'on puisse lutter politiquement avec ceux qui savent si bien nous faire sabrer ? Non lui répondis-je, non je ne supporte pas à ce point la bonhomie, mais je pense qu'il ne faudrait pas entreprendre une opération inconsidérée, qui ne servirait qu'à fournir de nouvelles victimes à nos oppresseurs... »316(*). Et Dumoulin exaspéré par la passivité de Rey lui répondit froidement : « Et que vous faudrait-il donc, pour vous donner quelque confiance ? Faut-il vous mettre en rapport avec plusieurs colonels, avec des généraux même de l'ancienne armée ? Faut-il aussi vous prouver qu'une partie de l'armée active est avec nous, et que nous sommes assurés de plusieurs officiers ? »317(*). Rey, d'un naturel assez prudent exigeait bien des garanties. « Si vous établissez tout cela, reprit Rey, on aurait la chance de ne pas faire une échauffourée, et alors je pourrais moi-même vous donner d'importants auxiliaires dans le civil ; Mais quel est votre but ?...Pensez-vous toujours à votre Prince Eugène, et à une conspiration bonapartiste ?318(*). Rey fut assez vite rassuré dés lors que Dumoulin lui rappela que les Bonaparte n'avaient pas soutenu le mouvement libéral italien. « Quant au but c'est de faire comme l'armée espagnole qui a su forcer le roi à rentrer dans les voies constitutionnelles »319(*)renchérit le capitaine Dumoulin.

Rey, cette fois convaincu, se serait exclamé : « A la bonne heure ! , mais pardonnez-moi, si je désirerai voir quelques unes des personnes que vous m'avez indiquées... »320(*). C'est ainsi que Rey se résolut à porter son concours à la conjuration. La première rencontre de Rey des conjurés s'organisa chez le général Pajol321(*) puis se poursuivit chez le colonel Duchant, un colonel d'artillerie (demi-solde). Apprenant notamment les collaborations au complot des colonels Sourd, Fabvier, Sauzet...,Rey, assuré de garanties solides, quitta alors Dumoulin, lui promettant de le revoir bientôt. Rey fut cependant assez vite repris par les doutes : « D'abord je ne pouvais me dissimuler les dangers à courir en cas d'échec, bien résolu que j'étais à ne pas manquer au poste qui me serait assigné ; mais je songeai de plus à ceux qui ne manqueraient pas de m'atteindre, même après le succès, étant bien décidé à lutter de tout mon pouvoir contre les mauvaises passions politiques qui ne manqueraient pas de se faire jour dans le parti vainqueur... » 322(*). Mais surtout, sa première source de souci était qu' « enfin, il me fallait renoncer, peut-être, pour toujours, à mes heures d'études, à ma carrière des progrès pacifiques, et ce n'était pas là une de mes moindres douleurs » 323(*).

Enfin, la rencontre de Victor Cousin324(*) mit définitivement terme à ses doutes. « J'étais en proie à ces perplexités lorsque me promenant sur un des boulevards, je rencontre Cousin, qui fit un cri d'exclamation à ma vue et me dit : mais d'où sortez-vous donc ? On vous cherche partout, il s'agit d'un grand mouvement populaire, pour forcer enfin le roi à rentrer dans les voies de la Charte. Plusieurs de nos amis communs y travaillent depuis quelques temps et moi, j'ai complètement organisé la jeunesse des écoles ? J'ai surtout une compagnie de quatre cent des plus jeunes gens les plus dévoués, ayant leur uniforme et des armes, au maniement desquelles ils s'exercent journellement et qui, sous le commandement de Montebello, doivent se présenter au jour convenu devant l'école de droit ou de médecine afin d'entraîner par leur exemple l'ancienne garde nationale et tous les patriotes de ces quartiers. »325(*). Rey était alors plutôt séduit par Cousin : « ....Je me sentis soulagé d'un grand poids, quant aux craintes de fausses directions de l'affaire, sous le rapport des principes... J'avais en effet une grande confiance dans ceux de Cousin et des autres hommes avec qui je savais comment ils devaient agir ; mes doutes furent dissipés sous ce rapport, et je me promis dés ce moment de toutes mes forces à l'accomplissement d'un dessein qui ne se présentait plus à moi que comme un des plus nobles devoirs. »326(*) . Abordons à présent , la question de la mise place d'un plan d'organisation de la conspiration.

Celle-ci devait reposer sur les différents réseaux secrets des mouvements libéraux, qu'il s'agisse bien entendu de l'Union, mais aussi de La Loge des Amis de la Vérité ou encore du Bazar français. Ainsi, la mise en place d'un « réseau » conspiratif fut pensée par le curieux Victor Cousin. Parti pour quelques jours à Turin, faire quelques recherches, Cousin mit auparavant en rapport Rey avec ses principaux agents de Paris, tandis que Rey de son coté lui « fournissait les moyens de communiquer confidentiellement le long de sa route avec les unionistes de Saône et Loire, de Lyon, de Grenoble et même du Piémont si cela était possible »327(*). De même, Cousin avait mis Rey en rapport avec quelques-uns de ses élèves les plus affiliés, entre autres Cariol et Sautelet, tous deux membres de la loge des Amis de la Vérité. Le premier rapporte Rey, devint plus tard banquier à Clermont, puis le second Sautelet, qui fut libraire à Paris finit par se suicider en 1831. Bref, Rey rapporte qu'il fut mis en rapport ensuite avec De la Plesse, jeune avocat qui devint député et qui faisait partie selon Rey de la loge franc-maçonne et bretonne des Amis de l' « Armorique »328(*) . De même, Cousin mit ensuite Rey en rapport avec l'étudiant Lamy, que Cousin désignait comme « son bras droit »329(*). « Doué d'une grande énergie, mêlée à beaucoup d'exaltation »330(*), Lamy était un élément important, au même titre que Mérilhou, de Corcelles et d'Argenson, qui eux étaient affiliés à l'entreprise depuis plus longtemps encore...

Notons au passage des révélations intéressantes de Rey sur les premières percées d'un carbonarisme français au sein même de l'Union parisienne. Rey était semble t-il à peine au courant de l'existence et de la nature de cette société secrète, il écrit dans ses mémoires : « Il paraît ainsi, d'après les renseignements postérieurs, qu'un commencement d'organisation du carbonarisme avait déjà eu lieu à Paris, et que plusieurs de mes amis politiques membres de l'Union en faisaient partie, entre autres Lafayette, De Schonen et Cousin, sans que j'en n'eusse été informé, par suite de la retraite toute scientifique à laquelle on a vu que je m'étais voué quelques temps »331(*) . Ainsi Rey nous apprend par l'intermédiaire de Cousin l'origine des quatre-cents jeunes gens, prêt au combat dont parle Cousin : « ...Il paraissait que l'organisation militaire dont Cousin m'avait révélé l'existence puisait surtout ses éléments dans ce premier noyau de la Charbonnerie et dans les deux loges maçonniques dont j'ai parlé ( la loges des Amis de la Vérité et la loge de l'Armorique) »332(*). Rey qui ne connaissait pas bien le mouvement carbonari présumait que l'organisation « ...ne datait que du moins de juin, époque où le parti libéral était entièrement pris au dépourvu pendant les troubles... »333(*). Rey, à partir de ce point, aux lendemain de la répression des événements de juin 1820, pris donc selon ses mots « une part tout à fait active à l'affaire »334(*), il ajoute : « comme c'était pour moi un objet d'entière conviction que je m'y livrai avec toutes les forces de mon âme »335(*).

Sur ce abordons la question du statut et du rôle de Rey dans l'élaboration pratique du complot. Rey nous révèle que : « ...bien qu'intervenu, lorsque les choses étaient bien avancées, je me trouvai bientôt l'un des trois agents principaux, qui comme on le verra, eurent le plus d'influence dans les phases ultérieures de la conspiration, et qui parvinrent à y mettre quelque esprit d'ensemble. »336(*). En effet, Rey jouera un rôle déterminant dans les tentatives de relance du complot, lors de sa découverte par les autorités... Rey, disons le nettement, était un élément précieux pour les conjurés de part son statut privilégié d'ancien haut fonctionnaire de la Justice et d'avocat qui lui fait dire que : « je me trouvais, par mes diverses relations , placé comme un lien entre le civil et le militaire, d'une part, et d'un autre coté entre les sociétés secrètes et les autres coopérateurs du complot. »337(*). Mais quelles étaient les premières actions envisagées alors par les conjurés ?

Le plan du complot du 19 août 1820 était extrêmement flou et aléatoire. Il laissait ainsi déjà entrevoir l' « amateurisme » de l'entreprise et l'échec qui ne pouvait qu'en découdre...

Cousin avait prévu qu'au soir du 19 août 1820, nous reviendrons sur la question du choix de la date, six-cents jeunes pour la plupart des étudiants, formés en bataillons réguliers et bien armés, se tiendraient prêts au premier signal du grand Cousin à rameuter le quartier latin et la légion du bas Rhin qui stationnait là à cette époque. On distingue déjà la volonté des conjurés de mêler la jeunesse libérale à l'armée, préalablement infiltrée de par ses officiers et sous officiers les plus mécontents vis à vis du pouvoir royal restauré. Les étudiants déjà en juin fort motivés ne prirent pas réellement en compte le sérieux de l'entreprise, le jour dit. Selon Rey, il paraîtrait que, au soir du 19 août, ces derniers « devisaient joyeusement en buvant du punch, et attendant distraitement le signal de l'action... »338(*). Il était ensuite prévu d'ameuter les fédérés des faubourgs, afin de s'emparer du château de Vincennes, d'où Barthe, avocat libéral, déclarerait au peuple de Paris la prise du pouvoir royale et la mise en place d'un gouvernement provisoire....( en attendant de s'entendre sur les formes du nouveau gouvernement...), présidé par la Lafayette. L'entreprise était donc ambitieuse et nécessitait un solide appui militaire. Précisons de même que le mouvement devait ensuite s'étendre en province, notamment au sein des garnisons militaires infiltrées... Abordons cette question de la structuration du réseau « conspiratif ».

Rey et Cousin étaient en charge de convaincre secrètement la province de la solidité de l'entreprise. Cousin lors de son voyage pour Turin fit ainsi quelques haltes à Valence et à Chambéry, d'où il raviva la foi des libéraux de ces villes en les informant du plan en cours.

Rey, quant à lui, avait pour mission essentielle et déterminante de réunir tous ses anciens camarades unionistes. Il devait ainsi rallier tous les libéraux de l'Isère, du Rhône, des Hautes-Alpes, de la Drôme, de la Saône et de la Loire... A Lyon, il rallia ainsi de l'Union lyonnaise, l'avocat Gros de Lyon et Duplan. Avant d'aborder la question de l'intégration de l'élément militaire au complot, que nous allons traiter dans le point suivant, donnons quelques éclaircissements sur la question des fonds déployés.

Rey est en effet très attaché à cette question et tient à rétablir un peu de vérité à ce sujet, à travers ses Mémoires politiques, chose qu'il fait d'ailleurs très souvent339(*)... Il dément ainsi formellement la thèse répandue plus tard d'une « énormité » des fonds financiers dévolus à cette entreprise. Il tient ainsi à démentir toutes les affirmations notamment d'historiens, qui auraient soutenu l'idée d'un large financement par le banquier Laffitte, qu'on aurait ainsi dépeint comme le généreux commanditaire de l'entreprise... Selon Rey, il n'en est rien, les conjurés n'auraient pas dépensé un seul centime pour ce complot, mis à part le maigre capital de base apporté par le capitaine Nantil et Dumoulin. Le financement se serait opéré dans les derniers jours de juillet et d'août. M. de Corcelles, avocat libéral, originaire de Lyon et ancien membre de l'Union lyonnaise, aurait donner à Rey la première somme de dix mille francs puis le lendemain, une seconde somme de mille francs. Puis, Rey évoque la participation financière de Mérilhou, autre avocat parisien et ancien membre de l'Union parisienne, qui aurait fait don aux conjurés de la somme de soixante dix-mille francs ! Tout aussi généreux fut Lafayette, véritable mécène de la conjuration, qui offrit de sa poche la même somme de soixante dix-mille francs. En effet, son adhésion au complot fut du ressort de Rey qui partit le trouver dans sa demeure à « La Grange » où le vieux général s'était retiré. Il le trouva sur son lit ! et Lafayette, pourtant affaibli, fut heureux d'apporter avec son fils son concours au projet... De même, il accepta l'idée des conjurés de le porter à la tête du futur gouvernement provisoire. Lafayette émettait cependant une seule restriction : aucune violence ne devait être exercer à l'encontre des Bourbons...

Le capital formé début août, les conjurés investirent dans une voiture, nécessaire pour envoyer Lafayette à Brest, d'où il devait garantir aux conjurés l'appui de la garnison militaire. Il y parvint et rapporta à nouveau trois mille francs aux conjurés. L'argent étant bien le nerf de la guerre de toute entreprise d'une telle ampleur, les conjurés d'autres émissaires en Province chercher des financements, comme ce fut les cas de Pailhés et de Soffréon. Début août, les questions de financement étaient donc plus ou moins réglées. Il restait désormais à décider collectivement de la date à laquelle l'insurrection devait éclater.

Cette épisode marqua déjà les premières difficultés des conjurés à coordonner leurs actions et à s'entendre. Rappelons que les conjurés étaient dispersés dans tout le pays et que la lenteur des moyens de communication de l'époque ne permettait pas une grande souplesse d'organisation. Le temps pressait et il était impératif de maintenir « le secret » jusqu'au jour « J ». De là se formèrent les premières failles, trouvant leur origine dans l'extrême surveillance policière qui régnait à l'époque...

Aux alentours du 07 août, M de Corcelles envoya à Voyer d'Argenson, qui était alors occupé à ses forges d'Oberbruck en Alsace, par l'intermédiaire de Monchy ( fabricant de bleu de Prusse et marchand de bois à Nancy) , une tabatière à double fond qui contenait un message chiffré. La lettre était adressée à un certain M. Bachelier, qui n'était en fait que Voyer d'Argenson... Le subterfuge fut cependant découvert et le ministère public intercepta la lettre. Rey note que la Police fut ainsi déjà au courant treize jours avant la date clés, des plans de conspiration pour la ville de Paris. La lettre parvint cependant à Voyer d'Argenson dans la deuxième semaine d'août, la police surveillant dés lors de prés les conjurés... A la même époque, l'unioniste Gros de Lyon tentait aussi de joindre d'Argenson à l'aide de messages chiffrés.... Quelles étaient les questions abordées dans ces messages ?

Il fallait parvenir d'une part à lier les mouvements de l'est (Argenson) et du sud-est (Gros de Lyon, Duplan, Bérenger de la Drôme...), et d'autre part à coordonner les suites « provinciales » de la conspiration qui devait d'abord éclater à Paris340(*). La question majeure pour celle des conjurés en ce début de mois d'août était donc celle du choix de la date à laquelle éclaterait le complot. Dumoulin proposait à juste titre d'agir le plus vite possible, proposant la date du 10 août. Mais Rey, de Corcelles et le général Merlin étaient réticents à agir ce jour là, estimant que cette date porterait « mauvaise augure »341(*). Une seconde date reportant au 15 le jour « J » fut alors proposée. Tous s'y accordaient mais le général Merlin encore une fois opposa son veto, devant à cette date présider la fête communale d'Eaubonne dont il était maire... C'est ainsi que les conjurés en vinrent à trancher pour une intervention dans la nuit du 19 au 20 août. Pourquoi cette date ? Rey prétend l'avoir oublié... Ajoutons seulement que les préparatifs à la conspiration annonçait déjà l'échec à venir du complot. Venons-en à présenter ses principaux membres et le but assez flou de l'entreprise.

* 315 Rey, op.cit, T.3938, p.41

* 316 Rey, T 3938, p.41

* 317 Dumoulin cité par Rey, op.cit, T.3938, p.41.

* 318 Rey, T 3938, p.42

* 319 Dumoulin cité par Rey, op.cit, T.3938, p.41.

* 320 Rey, op.cit, T. 3938, p.42

* 321 Pajol : né à Briançon en 1772, servit pour la République et l'Empire mais sera ensuite finalement élevé par Louis XVIII à la dignité de Chevalier de St Louis. Pajol se rallie comme tant d'autres officiers à Napoléon à son retour de l'île d'Elbe. Pair de France, Grand Aigle de la légion d'Honneur, Pajol est mis en inactivité le 22 octobre 1825. Il demeurera toujours un grand ennemi des Bourbons. Dumoulin qui apprécie d'ailleurs beaucoup son « anti-bourbonisme » l'amena à rencontrer Rey... La demeure de Pajol fut à ce titre un lieu privilégié de rendez-vous des officiers mécontents face au monarque ou simplement nostalgiques de l'Empire.

* 322 Rey, T.3938, p.43

* 323 Rey, T.3938, p.43

* 324 Victor Cousin : né à Paris, le 28 novembre 1792, fils d'un ouvrier joaillier et d'une blanchisseuse, Cousin était l'assistant de Royer-Collard qui appartenait au groupe des doctrinaires, se satisfaisant du « juste-compromis » de la Charte du 4 juin. De par ses méthodes d'enseignements qualifiées parfois d'excentriques par ses détracteurs, Cousin exerça une grande influence sur la jeunesse parisienne des années 1815 et plus encore des années 1830...Il fit de brillantes études au lycée Charlemagne puis à l'Ecole normale de 1810 à 1812. En 1815, à vingt-trois ans !, l' « enfant prodigue » (Spitzer) succède à Royer-Collard, comme professeur de philosophie à la Sorbonne et devient par ailleurs le précepteur des enfants du duc de Montebello qui devait prendre la tête de l'ancienne garde nationale lors de l'insurrection du 19 août... A l'origine de la doctrine philosophique de « l'éclectisme », vaste ambition de synthèse des meilleurs éléments de Vérité de chaque philosophie, système jugé parfois brouillon.. , Cousin est connu pour ses Fragments philosophiques et nouveaux fragments (1828-1833) mais surtout pour la grande fascination qu'il exerçait sur ses élèves... Sont souvent mis dos à dos les Eclectiques et les Idéologues, ces derniers étant plus attachés à une certaine rigueur scientifique, et se méfiant des spéculations métaphysiques auxquelles le « sensualisme » cousinien tend à s'adonner. Cousin meurt en 1867 ; « la littérature y a gagné et la philosophie n'y a rien perdu ! » ,dixit le Journal de la France et des Français, Chronologie politique, culturelle et religieuse de Clovis à 2000, op.cit, p.1448.

* 325 Rey, op.cit, T. 3938, p.43/44.

* 326 Rey, T.3938, p.44

* 327 Cf, Rey, T. 3938, p.45

* 328 C.f, Rey, T. 3938, p.46/47

* 329 C.f, Rey, T.3938, p.46

* 330 C.f, Rey, T.3938, p.46

* 331 Rey, T.3938, p.46

* 332 Rey, T.3938 ;p.45.

* 333 Rey, T.3938 ;p.47

* 334 Rey, T.3938 ;p.47

* 335 Rey, T.3938 ;p.47

* 336 Rey, T.3938 ;p.47

* 337 Rey, T.3938 ;p.48

* 338 Cf, Rey, T.3938 ;p.50

* 339 Ces mémoires sont ainsi à la fois un récit historique, biographique et politique, mêlant toujours chaque témoignage aux contingences historiques de l'époque.

* 340 Cf carte des villes où furent recrutés les principaux conjurés, en Annexe.

* 341 Cf, Rey, T. 3938, p.22

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