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Les figures de Joseph Rey (1779-1855): conspirateur libéral, "philosophe" et socialiste "utopique"

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par Nicolas Boisson
Université de Grenoble 2 - IEP 2001
  

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II-3.2 Dernière tentative de reprise du projet sous l'égide de Rey et Dumoulin

Rey se chargea alors de gagner Lyon et Grenoble, d'où il pensait relancer le mouvement : « Je devais partir pour Lyon et Grenoble, en traversant le département de Saône et Loire, et en touchant, si il était possible, ceux de la Loire et de la Haute- Loire, où l'Union était bien organisée, afin d'entraîner le mouvement de tout le sud-est de la France » 369(*). Dans la précipitation, Rey décide imprudemment de rendre une dernière fois visite à Dumoulin, afin de peaufiner le plan de relance à partir des comités grenoblois et lyonnais de l'Union. Grave erreur de Rey, qui sans la présence d'esprit de Dumoulin aurait été probablement arrêté le jour même que lui... Rey nous livre ainsi un épisode assez burlesque de son arrivée chez Dumoulin, au beau milieux d'agents de police : «  ...il demeurait au rez- de chaussée et ses fenêtres étaient ouvertes. Je le vis me faire des signes que je ne compris pas, en sorte que ce fut sans défiance que je frappa à sa porte. Elle me fut ouverte par un individu à figure sinistre que je pensai être tout de suite un agent de police et qui me demanda impérieusement ce que je voulais et qui j'étais... »370(*). Par chance, Dumoulin parvint à simuler une dispute avec Rey, au sujet d'une grandiloquente histoire de dettes... Rey qui compris la nature de la situation, se prit alors au jeu jusqu'à empoigner Dumoulin ! Les agents exaspérés mirent Rey dehors sans autre forme de procès... Rey, en fuite, s'en alla trouver quelques unionistes de Lyon.

De passage à Macon , vient alors à Rey une idée de soulèvement populaire, en lançant simplement une rumeur : « Pour y exciter simplement le gros de la population, on aurait répandu le bruit que notre territoire était de nouveau menacé, qu'une troisième invasion se préparait aux frontières de la Suisse et de l'Italie...et qu'il fallait absolument une levée en masse pour seconder notre armée....en même temps, on aurait fait sonner un tocsin général et l'on se serait tenu prêt à organiser régulièrement la garde nationale, ainsi mise en mouvement » 371(*) . Il s'agissait donc de créer un mouvement de foule...

Arrivé à Lyon, Rey se rend chez Duplan. Ce dernier lui apprend que « le colonel Pailhés, en charge du mouvement de Lyon, s'était conduit d'une extrême maladresse et avait éloigne de lui toute confiance... »372(*). Le mouvement de Lyon avait donc aussi échoué et peu d'espoir pouvait encore y être porté... Rey se rend alors en vitesse à Grenoble, où il y place ses derniers espoirs... De plus en plus inquiet de la menace policière, pesant sur lui, il court trouver Bérenger de la Drôme qui habitait sur les quais de l'Isère. Montant chez Bérenger, il y trouve non sans surprise le fameux Cousin, encore enthousiaste et non moins convaincu de pouvoir relancer le mouvement... Apercevant de la fenêtre de Béranger les canons de la garde, il suggéra, vu la faible surveillance des gardes d'en enlever quelques-uns afin de les mettre à la disposition d'une insurrection devant éclater à Romans !373(*) . Cependant, Cousin ne convainquit naturellement personne, lui même n'en était pas convaincu, de la crédibilité de son plan et chacun s'en alla (re)prendre sa fuite.

Rey déçu de l'échec de la conspiration et se sentant poursuivi, à juste titre d'ailleurs, décide alors de s'enfuire pour la Suisse, en passant par la Savoie, toujours muni d'un faux passeport ! De là, date le renoncement de Rey à toute entreprise de conspiration. Apprenant de plus sa condamnation à mort, par contumace, il choisit de s'exiler en Angleterre, et de partir retrouver son ami Jeremy Bentham... Mais revenons d'abord brièvement sur le sévère récit qu'il donne du procès des conjurés du 19 août 1820.

* 369 Rey, T.3839, p.148

* 370 Rey, T.3839, p.148

* 371 Rey, T.3938, p.151

* 372 Rey, T.3938, p.152

* 373 Cf, Rey, T.3938, p. 163

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