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La réhabilitation de la CEPGL comme solution à  la crise sécuritaire dans la région des grands lacs africains


par Giresse NGOIE KALOMBO
Université de Likasi - Licence 2013
  

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1.3. Pression démographique et conflits fonciers

Ces premières tensions, conséquences des migrations antérieures et de migrations plus récentes dues à la pression démographique, ainsi que la résurgence de plus en plus fréquente de conflits fonciers entre chefs locaux et populations rwandophones vont aider à exporter de manière durable la logique politique et territoriale d'exclusion réciproque selon laquelle fonctionne déjà le binôme Hutu/Tutsi au Rwanda et au Burundi. Cette logique sera portée à l'échelle supérieure et imposée comme applicable à un binôme Bantou/ non Bantou, rendant ainsi la régionalisation du conflit possible. Cyril MUSILA10(*) fait la même analyse : « la systématisation des antagonismes entre Hutu et Tutsi, au Rwanda comme au Burundi et leur régionalisation progressive sous forme d'ethno nationalismes à l'échelle de la région renvoie à l'intensification des luttes agraires dans ces pays et surtout dans le Kivu du Congo Zaïre où il y a encore des terres disponibles. Alors, sur les territoires des trois pays, lorsqu'une de ces entités est menacée, ses `congénères' se sentent en devoir de solidarité pour intervenir ».

D'autres populations originaires du Rwanda, installées dans la région d'Uvira au Sud Kivu (RDC) bien avant la conférence de Berlin de 1885 qui fixa les limites territoriales des colonies (limites qui deviendront les bases des politiques d'octroi de la nationalité), vivent depuis le 18ème siècle de manière relativement paisible. Ce groupement ethnique dit des Banyamulenge, reste cependant absent de toutes les cartes ethniques coloniales décrivant le paysage humain du Sud Kivu et cela jusqu'aux indépendances. Ceci s'explique peut être par le fait que le terme « Banyamulenge » ne constitue pas encore, à l'époque, une dénomination ethnique. Il fait plutôt référence aux habitants du village de Mulenge, situé sur le plateau de l'Itombe (RDC).

Le terme se généralise autour de 1967, sur l'initiative propre des Banyamulenge, dans un souci de différenciation avec les groupes d'immigrés venus du Rwanda dans des vagues d'immigration plus récentes connus sous l'appellation Banyarwanda. Ces derniers feront, comme nous le décrirons plus tard, cause commune avec les Banyarwanda une fois que leurs intérêts seront menacés, particulièrement sur le dossier épineux de la `congolité' tournant autour du droit à la nationalité Congolaise.

2. LA SITUATION SECURITAIRE DANS LA REGION DE GRANDS LACS AFRICAINS

Depuis bien longtemps un climat de tension est établi dans la région. On observe des mouvements rebelles dans un grand nombre de pays. La plupart d'entre eux trouvent des bases arrière et un soutien au Zaïre de Mobutu avec ou sans le parrainage tacite du dictateur. Des chefs rebelles comme John GARANG du Soudan, MUSEVENI de l'Ouganda ou encore SAVIMBI de l'Angola se serviront longtemps du Zaïre comme terrain d'entraînement et de retraite. MUSEVENI avait été soutenu par MOBUTU pour passer au pouvoir en chassant les hommes du président MILTON OBOTE en 1986.11(*)

* 10 Cyril MUSILA, les défis de la paix dans la région africaine des Grands Lacs après les massacres de 1994, fiche d'analyse. www. Irenees.net, consulté le 21 décembre 2014.

* 11 Scholastique MUKOSONGA, op cit, P. 192.

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