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Contribution des activités touristiques au développement territorial : une étude cas de la commune de Port-Salut.

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par Charly Camilien VICTOR
Universite d'Etat d'Haiti - Licence 2016
  

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II-1-f Perspectives d'un développement territorial durable du tourisme

Pour un tourisme durable exigeant la prise en compte des aspects environnementaux, économiques et socio-culturels, des efforts doivent être encouragés en vue d'un dépassement du rapport gagnant-gagnant pour gérer les conflits habituels qui y découlent en effectuant des choix et des renoncements. Soulignons qu'il y'a différentes acceptions du tourisme durable à savoir tourisme équitable, écotourisme, tourisme solidaire, tourisme responsable, tourisme

30 PECQUEUR, Bernard. 2005. Le développement territorial : une nouvelle approche des processus de développement pour les économies du Sud In : Le territoire est mort, vive les territoires ! Une (ré) fabrication au nom du développement [en ligne]. Montpellier : IRD Éditions, (généré le 12 avril 2016). Disponible sur Internet : < http://books.openedition.org/irdeditions/3408>. ISBN : 9782709918046

31 Krugman, Paul.2000 La mondialisation n'est pas coupable. Vertus et limites du libre-échange, Paris, La Découverte, cité par Juanchich.

32 Juanchich, op .cit

30

social. Il est possible d'adopter la définition suivante de la Charte Européenne du tourisme durable33 signée en 1998 :

Toute forme de développement, aménagement ou activité touristique qui respecte et préserve à long terme les ressources naturelles, culturelles et sociales, et contribue de manière positive et équitable au développement économique et à l'épanouissement des individus qui vivent, travaillent ou séjournent dans les espaces protégés.

Dans l'espoir d'un développement touristique durable qui soit supportable sur le plan écologique à long terme, il est nécessaire de considérer l'environnement ou le milieu écologique ou le territoire comme une maison commune contenant à la fois la nature et la faune, le patrimoine paysager, historique et architectural ainsi que le patrimoine de vie.

Cela suppose également de compter sur les vertus d'une planification stratégique globale, qui aidera sans nul doute à une prise en compte des besoins et des impacts. Ce type de planification permettra de se vouer à un processus d'amélioration permanent, encourageant la participation de tous les acteurs à savoir les institutions publiques internationales, nationales et locales, ONG, la population aux différentes décisions à prendre dans un esprit de partenariat. Cette planification en vue d'un meilleur développement du secteur touristique ajoutera une considération spéciale à l'égard de tous les impacts et les liens au niveau du secteur touristique sur les communautés locales. Celles-ci devront assurer un contrôle local, puis un travail en commun qui facilitera la possibilité pour tous ceux impliqués dans le tourisme d'influer sur sa gestion et sur son développement à travers leur territoire. Ainsi, ajoute El Bayed34 :

Le tourisme durable serait donc l'organisation d'une véritable rencontre respectant les valeurs locales et le milieu physique, et développée en partenariat volontaire avec les parties intéressées, notamment la population locale. Il s'agit donc de considérer le territoire en tant

33 Behnassi, Mohamed. 2008. tourisme durable: fondements, indicateurs et apport au développement des pays du Sud. En ligne : http://cdurable.info/IMG/pdf/Article-behnassi.pdf,p.13

34 EL Bayed H., 2003. «Tourisme durable et développement local: Approche par la dynamique

Territoriale et les indicateurs de durabilité». XIIIème conférence internationale du RESER,

Services et développement régional, Mons, 9-10 Octobre, Ateliers de la Fucam cité par Behnassi Mohamed

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qu'espace façonné par l'histoire. Ce qui revient à dire qu'il ne faut pas espérer mettre au point une forme de tourisme durable qui prévaudrait quel que soit le prix. Ce serait nier sa propre définition, c'est-à-dire considérer les processus de développement comme uniformes, et par là ignorer les spécificités du territoire (son histoire, sa propre logique, etc.).

L'Organisation Mondiale du Tourisme en donne aussi une définition en essayant d'éviter de confondre tourisme durable et écotourisme développé surtout pour un petit groupe mais de préférence dans l'intention de rendre toutes les formes de tourisme durable:

Un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l'environnement et des communautés d'accueil.35

Tout au long de cette réflexion, il est possible de voir un penchant pour une approche volontariste du développement liée à une vision centralisée de l'Etat où il convient d'accorder une importance particulière aux aspirations et aux besoins des habitants d'un territoire. Cette approche souvent appelée développement par le bas insiste sur le privilège à accorder aux ressources endogènes puis sur le respect des valeurs culturelles suivant des modalités de coopération. Cette vision du développement a été prônée par des auteurs comme John Friedman36 et Walter Stohr37 au cours des années 1979 à 1981 dans un contexte économique dominé par la désurbanisation, la reconversion industrielle, et la décentralisation. Ces auteurs-là se sont questionnés sur les options alternatives à la crise des modèles de développement traditionnel38. Cette approche participative mise sur la responsabilisation des populations locales.

35 Programme des nations unies pour l'environnement(PNUE) et Organisation Mondiale du Tourisme.2006.Vers un tourisme durable. Guide à l'usage des décideurs.

36 Friedmann, John et Clyde Weaver, 1979, Territory and function - the evolution of regional planning. Berkeley, University of California Press, 234 p. cité par Capron Henry

37 Stöhr, Walter B. et D.R. Fraser Taylor (eds.), 1981, Development from above or below, Toronto, John Wiley, 488 p. cite par Capron Henry.

38 Capron Henry, SBS-EM. Année académique 2008-2009.Notes de Cours d'économie régionale et urbaine. En ligne : http://homepages.vub.ac.be/~hcapron/sylere1_ro.ppt

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Il faut centrer l'attention sur la concertation, l'ajustement continu, et les compromis contractuels entre différents acteurs locaux. Il s'agit bien d'une approche axée sur la volonté de ces acteurs se trouvant sur un territoire à taille humaine pour envisager son avenir. Il ne s'écarte pas de la vision du local dans le global en raison du fait que le territoire se voit comme un système de mise en relation avec d'autres systèmes. Pourtant, il y'a une certaine ambiguïté concernant ce terme de participation pour ceux qui le voient comme encourageant une présence obligatoire et centrale d'une intervention exogène. Cela est loin de correspondre à une dynamique endogène du développement. M.Seck et D'Aquino cités par Ahmadou Diallo39 en viennent avec un nouveau principe d'endogéneïté. D'entrée de jeu, ces auteurs exigent à ce que l'acteur local soit transformé en décideur local dont la règle est que l'accompagnement technique ne fixe aucun objectif préalable à sa démarche d'appui, si ce n'est d'être disponible pour une dynamique endogène.

Le développement endogène se place comme alternative afin de rompre avec d'autres conceptions du développement assimilées à la croissance et à la modernisation vis à vis desquelles il est critique compte tenu de son rôle d'anticipateur d'une nouvelle rationalité et d'une nouvelle pratique du développement. Autrefois, dans le discours occidental40 du développement, le sous-développement était vu comme résultant de la naïveté des dirigeants du tiers-monde, du manque de ressources scientifiques et humaines capables de soutenir de véritables projets de société, du manque des moyens financiers, scientifiques et techniques. Ce type de développement se comporte comme nouveau discours en intégrant la culture comme fondement, et finalités essentielles du développement.

L'ancienne pratique telle que décrite précédemment qui occasionnait sans nul doute la pauvreté de masse à cause d'un trop grand privilège autrefois accordé à la dimension économique. Ceci n'a fait qu'augmenter les écarts entre les nantis et les déshérités. De plus, l'uniformisation socio-culturelle résultant surtout de la prédominance des pôles de diffusion des savoirs, des savoir-faire, et des savoir-vivre propres aux sociétés industrielles, a été mise de côté pour se

39 D'AQUINO, Patrick et SECK, Sidi Mohammed, 2001, Et si les approches participatives étaient inadaptées à la gestion décentralisée de territoire ? Géo carrefour cité par Ahmadou, Lamarana DIALLO.2008.Participation des populations au développement local: cas de la commune de Koumban, préfecture de Kankan

40 Voir l'introduction du travail.

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servir du développement endogène comme alternative. Ainsi le développement endogène comme possibilité de rupture se trouve centré spécifiquement sur l'homme et tend à la valorisation humaine et culturelle. Referons-nous à cette définition de Sinaceur M.A41 :

Ainsi, il est possible de comprendre que c'est à travers la culture que se trouve l'impulsion fondatrice du développement suivant les besoins et aspirations des collectivités territoriales dans ce qu'elles visent d'obtenir dans les projets qu'elles concrétisent. La culture peut être vue comme étant la matrice du développement, ce qui permet d'avoir unité et cohérence au déploiement du développement à travers les projets de peuple ayant chacun leur spécificité et leur style particulier. François Perroux avance même que la culture est un défi au calcul et plus particulièrement au calcul économique42.

Cependant, il est aussi important d'encourager une endogénéïsation du développement en prenant en compte l'identité collective ou culturelle. Celle-ci se définit comme principe dynamique permettant à une société de se transformer sans perdre sa configuration originale, d'accueillir le changement sans s'y aliéner, et de poursuivre le processus continu de sa création, selon une dialectique incessante de la tradition et de la nouveauté, de la continuité à la rupture, du patrimoine à l'innovation43 au niveau des politiques. Le développement endogène demande une volonté politique ferme de l'Etat pour soutenir les initiatives des populations locales et des projets de développement afin que les populations deviennent non des spectateurs mais plutôt des acteurs. Ainsi, elles pourront mieux valoriser et intégrer leurs savoirs locaux qui paraissent souvent dotés d'une forte performance en raison des moyens matériels dont disposent les sociétés en question.

41 Sinacoeur M.A.1981.Introduction, pour une philosophie du nouveau développement de Perroux François. Aubier, Unesco, p.19

42 Sinacoeur M.A.1981, citant Perroux, p.20

43 UNESCO.1983.Deuxieme plan à moyen terme(1984-1989),doc.4Xc/4.p.45

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