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Autonomisation de la femme malienne face à  la tradition: mythe ou espoir ? Etude de cas en commune IV du district de Bamako


par Issa DOUMBIA
Institut National de Formation des Travailleurs Sociaux - Diplome Supérieur en Travail Social 2016
  

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B. LA FEMME MALIENNE DANS LA SOCIETE

Son rôle et son image sont des plus stéréotypés car découlant d'une éducation patriarcale reçue et renforcée par des préjugés socioculturels crées et entretenus par la société. N'est-il pas dit au garçon depuis l'adolescence « qu'un homme ne doit pas confier son secret à une femme ? » une telle pensée exclut toute confiance, voire toute complicité entre l'homme et la femme même dans le couple. La femme est plutôt vue comme un être léger ne sachant pas garder les secrets, donc elle doit mériter aucune confiance de la part de l'homme. Ces pratiques traditionnelles néfastes exercées, voire imposées à la femme, aux filles du fait de son genre. Ce sont entre autres : le mariage précoce ou forcé, la répudiation, lévirat, sororat et les mutilations génitales féminines communément appelé excision. Cette situation de violence et de violation des droits de la femme est aussi favorisée par l'option de polygamie qui est la pratique la plus courante, laquelle met souvent les femmes en compétition face aux faveurs distribuées par l'époux commun. Ainsi, cette option permet légalement à l'homme d'épouser jusqu'à quatre(04) sans en remplir les conditions requises par les textes ou même les percepts de l'islam.

La société malienne tolère et même accepte cette injustice dont sont victime les femmes. Au-delà de cette acceptation, elle va jusqu'à reconnaitre à la pratique de la polygamie le signe d'un pouvoir de l'homme, pouvoir qui peut être social, culturel ou simplement économique.

Le plus intéressant est que les femmes elles-mêmes l'acceptent car dans bien des cas, elles disent y trouver leur « compte ». Après tout, ce « compte » dont elles parlent est plus imposé par la société malienne qui est moins tolérante vis-à-vis du célibat de la femme. Tout en lui donnant des « responsabilités » dans la famille, la société ne reconnait pas à la femme le droit de participer officiellement aux prises de décision, ou celui de représentation.

Aussi, le cadre de l'affirmation de la responsabilité de la personnalité et de l'exercice du pouvoir par la femme, si on peut parler de pouvoir à ce niveau, est-il délimité par cette même société qui lui laisse la sphère privé, un domaine moins visible, moins reconnu et plus contraignant, la sphère publique étant le domaine réservé à l'homme avec plus d'opportunité de s'affirmer, de prendre ou d'exercer le pouvoir, quel qu'il soit.

Toute femme qui essaie d'occuper une partie de ce « no man's land »est mal acceptée, mal jugée et mal vue par la société et par certaines femmes aussi. Malheureusement, elle est souvent accusée à tort de vouloir «  porter le pantalon », c'est-à-dire devenir homme; une manière de dire encore que le pouvoir est d'essence masculin. Ce rôle secondaire et cette image stéréotypés imposés à la femme par la société ne sont pas, bien sûr, exempts de violence.

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