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Autonomisation de la femme malienne face à  la tradition: mythe ou espoir ? Etude de cas en commune IV du district de Bamako


par Issa DOUMBIA
Institut National de Formation des Travailleurs Sociaux - Diplome Supérieur en Travail Social 2016
  

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II-LA FEMME DANS LES SOCIETES MODERNES MALIENNES

Tout comme dans les sociétés traditionnelles maliennes, la femme dans nos sociétés modernes actuelles reste cet être faible à qui on ne doit pas confier de secrets. Sa faiblesse ressort au niveau de la prise de décisions au sein de la famille. En plus de cela, ajoutons son identité en tant qu'agent de production.

Les femmes dans les sociétés modernes sentent le besoin de s'affirmer, c'est pourquoi elles commencent malgré les difficultés de tout genre, à s'imposer dans tous les domaines : politique, économique, culturel et social.

Notons cependant que le rôle et l'image de la femme comme avant, n'ont pas beaucoup changé, seulement avec la crise économique, elle se sent plus obligée d'avoir le moyen de s'auto-affirmer. De ce fait, au niveau de son image personnelle, on peut parler de changement avec la création des associations, des groupements d'intérêt économiques, des coopératives gérées et financées par elles-mêmes.

La femme était autrefois respectée à cause de ses vertus, qualités et rôle, mais elle est devenue de nos jours un objet de plaisir, une marchandise qui, pour être vendue, se livre à des pratiques honteuses telles que la dépigmentation.

III- LA FEMME DU DISTRICT DE BAMAKO

La femme du district de Bamako est diversiforme pour ne pas dire « multicouche » et leur caractère diffère selon les quartiers, les secteurs et les disparités socioculturelles sont notoires.

Elle est analphabète, instruite et interviennent selon sa classe sociale, dans l'économie, dans la politique sans déroger à sa fonction sociale principale de ménagère. On peut dire que la femme de Bamako est entre la tradition et la modernité.

Dans ce dualisme, les femmes les plus démunies, tout comme leurs homologues de milieux ruraux, pratiquent des activités orientées essentiellement vers la production des biens de consommation alimentaire de la famille. Sans pouvoir d'épargne suffisant, ces femmes arrivent tout de même à tirer de leurs activités assez d'argent pour faire face aux dépenses liées à l'entretien des enfants, aux besoins collectifs de la famille( sucre, savon, sel...) et aux évènements sociaux( mariage, baptême...).

Cette couche généralement analphabète se livre à des activités commerciales surtout dans l'alimentation, le textile, des ustensiles de cuisines et passent presque toute la journée hors de la maison (marché, grandes artères ou autres espaces / places publiques) ; ce qui les oblige à recruter des aide-ménagères pour les travaux ménagères domestiques et la garde des enfants ; elles exercent tout de même des activités libérales (teintures, coiffures, etc.) dans lesquelles elles s'en sortent bien et qui les procurent un plus grand prestige sur les plans esthétique et vestimentaire.

Quant à celles ayant fréquenté l'école, elles sont salariées, et présentes dans tous les secteurs (public et privé) et occupent actuellement dans des domaines comme le Bâtiment et Travaux Pratiques et les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication considérés autrefois comme des «  domaines masculins » du fait de leur technicité.

Leur situation de salariée fait qu'elle n'est plus « esclave » de leur mari dans la mesure où elles gagnent un revenu fixe dont elle peut jouir librement. Le travail salarié a permis à la femme de s'émanciper. Grace à son activité professionnelle et salariale, la femme s'impose comme une personne responsable et consciente. Son travail salarié constitue donc une promotion sociale et économique, si nous nous référons à son statut dans la société traditionnelle. Pour ces femmes, l'emploi est source d'autonomie financière.

La femme du district de Bamako est le prototype de femme qui essaie de joindre les deux bouts tout en préservant son identité de ménagère. Comparativement à leurs consoeurs du village, elle est émancipées car ayant la capacité de transformer son entourage, elles sont libres et osent prendre la parole pour discuter d'égal à égal avec leur époux des problèmes familiaux. Tout au moins elles savent que la femme et l'homme forment le couple et qu'ils sont complémentaires dans le foyer même si elles se heurtent fréquemment aussi à certaines pensées et images socioculturelles stéréotypées dans certaines sphères de l'émancipation de la femme. Elles sont visibles sur la scène politique, à de proportions faibles, et à tous les niveaux (municipal, régional, dans le gouvernement...). A cette époque de démocratie, les bamakoises se regroupent de plus en plus au sein des associations, formelles et informelles, dans de mutuelles de santé ainsi que dans les groupements d'intérêts économiques. C'est ce qui explique la prolifération des associations et groupements féminines à buts divers.

De par sa situation sociale et économique mieux en avance sur celle des autres femmes du pays, la femme de Bamako restent le modèle à copier, une vitrine et un miroir pour leurs consoeurs du pays car jouissant d'un meilleur cadre de vie relativement aux autres femmes. Ne serait-ce que de par son emplacement (sa position, dans la capitale) moins hostile par rapport au village, la bamakoise est un peu à l'abri du besoin, loin des champs, maitrisent sa maternité, ayant plus accès aux services sociaux de base et plus enclin à entreprendre.

La bamakoise milite pour ses homologues des régions mais en réalité, elle-même ne sent pas / subit pas le besoin ou les difficultés contre lesquelles elle revendique au nom de toutes les femmes raison pour laquelle certains n'hésitent pas à les taxer de « MISÔRÔBATIGUI » (littéralement, femme aux grandes voiles), c'est-à-dire grandes dames, déjà émancipées et autonomes et qui crient sans cesse à l'autonomisation et à l'émancipation.

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