WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Mobilité résidentielle et processus d'étalement de la ville de Niamey (Niger).

( Télécharger le fichier original )
par Abdoulaye ADAMOU
Abdou Moumouni Dioffo - Doctorat de Géographie 2012
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

Chapitre 5 : Niamey, une ville qui s'étale rapidement

Introduction

La définition actuelle de l'étalement urbain est la connotation négative de la « tâche urbaine » que l'on appelait autrefois l'expansion urbaine, et qui s'appelle aux Etats-Unis l' « urban sprawl »30(*). En clair, l'étalement urbain se définit comme le processus de croissance périphérique d'une agglomération. Il est la forme d'évolution spatiale qui marque la plupart des villes d'Afrique notamment celles de l'espace sahélien (Niamey, Ouagadougou, Bamako, etc.). L'évolution spatiale de la ville de Niamey peut être résumée en quatre étapes, allant de la période coloniale à nos jours :

- la première étape présente Niamey comme une ville coloniale marquée par une dualité de l'habitat ;

- la deuxième présente le développement de la ville de 1960 à 1980 ;

- la troisième comprise entre 1990 et 2000, est présentée comme la période de dilapidation des ressources foncières.

- A partir des années 2000 qui marquent la quatrième étape, on assiste à l'épuisement des ressources foncières de la ville. L'analyse se poursuit par des projections montrant une aggravation possible de l'étalement de ville dans la logique de développement actuelle.

Après avoir analysé ces étapes, l'étude procède à un examen critique du SDAU (1984) en s'appuyant d'abord sur les observations de M. K. Seybou (2005), puis en procédant à une analyse comparative entre le SDAU et le plan actuel de la ville.

Enfin, nous analysons les principales phases de la planification urbaine au Niger ; sachant que chaque phase peut correspondre, plus ou moins parfaitement à une étape du développement spatial de la ville.

5.1. Action publique : un véritable accélérateur de l'étalement urbain

L'étalement urbain doit être perçu comme un enjeu environnemental majeur, du fait de sa conséquence sur la consommation de l'espace et d'énergie. Il est d'autant plus difficile à vivre pour les ménages niaméens que le développement des réseaux (eau, électricité, transport, voirie) et des infrastructures qu'il nécessite dans les quartiers récents, ne suivent pas. De plus, Niamey est une ville piétonne dans laquelle les habitants auraient du mal à supporter l'allongement des distances. Par ailleurs, malgré l'étalement de la ville, la crise du logement persiste puisque les lotissements effrénés qui repoussent sans cesse le front urbain, ne servent qu'à produire de parcelles dont la mise en valeur attend bien longtemps avant d'être effective.

Photo n°5.1: Image Google earth de Dar es-Salaam, 2008

Photo n° 5.2: Image Google earth de Kouara Kano Extension, 2008

L'étalement urbain se présente comme une réponse à la demande de parcelles et de logements exprimée en grande partie par des ménages qui sont dans une logique de mobilité résidentielle intra-urbaine centrifuge. C'est la certitude de ce type de mobilité qui pousse les spéculateurs à thésauriser le foncier par anticipation. D'ailleurs, on constate que les surfaces consacrées à la fonction résidentielle dans les quartiers périphériques augmentent au détriment de celles consacrées aux activités économiques, aux infrastructures et équipements divers. Pire, les surfaces prévues pour les équipements, infrastructures et autres réseaux divers se voient de plus en plus réduites, du fait de morcellements dont font l'objet ces réserves foncières.

Une telle situation fait de certains quartiers périphériques de véritables cités dortoirs. Pour modifier cette situation, la stratégie des habitants de la périphérie a été d'intégrer l'activité économique dans l'habitat ; ce qui fait qu'après le centre ville qui polarise les activités économiques, la state 4 (zone périphérique) représente le deuxième lieu de travail pour les chefs de ménage de la ville (1/5 d'entre eux ont leur lieu de travail dans cette strate, cf. ch. 3).

La présente analyse expose les étapes de l'étalement urbain à Niamey à travers la période coloniale, la période de 1960 à 1980, la période de 1990 à 2000 et celle de 2000 à nos jours. Cette présentation est proche de celle qui existe dans le Plan Urbain de Référence (PUR) de 2009 qui comporte comme phases : la ville coloniale et ses extensions, les années post coloniales et les programmes de lotissement de la ville et enfin, les années 90/2000 (crise économique et dilapidation foncières).

5.1.1. Première période : de 1901 à 1958

On remarque à cette étape une maîtrise de l'extension de la ville. En 1926 existaient déjà les quartiers actuellement centraux comme Maourey, Kouara Tagui, Gandatché, Gaweye et Zongo. Ces quartiers constituent « la zone indigène », à la différence de « Niamey bas  », actuel Terminus qui était « la ville blanche ». Entre ces « deux villes » se trouve une « zone tampon » constituée de la vallée du Gounti Yena et de quelques édifices (camps militaires, établissements scolaires). D'où l'idée d'un dualisme de la ville coloniale qui va de 1901 à 1958. Dans cette optique, dès 1937, un plan d'aménagement fixe la zone du Plateau comme nouvelle « ville blanche ». En dehors de ces quartiers, on relève des villages initiaux tels que Goudel, Yantala, Losso Goungou et Gamkallé qui sont aujourd'hui annexés par la ville par extension des lotissements  (carte 5.1) ; ils deviennent ainsi des villages urbains (PUR de Niamey, 2009).

Des quartiers comme Kouara Tagui et Gaweye ont fait l'objet de déplacement. Ainsi, Gaweye qui était sur la rive gauche du fleuve Niger, à l'emplacement actuel de l'hôtel Gaweye, est transféré sur la rive droite en 1935. Quant à Kouara Tagui, il a fait l'objet de quatre « déguerpissements » avant de se retrouver actuellement carrément à la périphérie nord de la rive gauche.

Carte n° 5.1:Plan d'aménagement de la ville de Niamey de 1937

* 30 Le phénomène d'étalement urbain et la croissance des villes (Daphné Boret)

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote