WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Impacts des changements climatiques sur les migration humaines dans la commune rurale de Garalo, cercle de Bougouni.


par Gaoussou KANE
Ecole Normale Supérieure de Bamako (Mali) - Master en histoire géographie 2019
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

4. Impacts des changements climatiques sur le phénomène migratoire

En Afrique de l'Ouest, particulièrement le Mali, tout au long de son histoire humaine, le climat et les migrations ont toujours été liés, mais, aujourd'hui les effets de la crise climatique provoquée par l'homme sont susceptibles de modifier considérablement la distribution spatiale des populations. Faute de perspectives, de nombreux jeunes Maliens et Maliennes quittent la campagne pour se rendre dans les villes, dans les mines d'or (orpaillage) ou encore à l'étranger.

C'est le cas de la commune rurale de Garalo. Cette migration ou déplacement provoquée par les changements climatiques se fait à phase de :

3.4 Exode rural

3.4.6 Exode rural intrarégional

L'exode rural, est le déplacement de population des zones rurales vers les zones urbaines. En ce qui concerne l'exode intraregional en Afrique, c'est le déplacement des populations d'une région à une autre région. Actuellement le phénomène de l'exode rural est un phénomène qui touche principalement les pays en développement. L'Afrique est l'un des continents, où l'urbanisation parait plus importante. Cependant, en dehors de la pauvreté et des conflits, les changements climatiques ou le réchauffement climatique seraient à l'origine de cet exode rural intraregional en Afrique.

Dans ces deux dernières décennies les pays sahéliens,notamment,le Mali est confronté à d'énormes problèmes climatiques tels que : la sécheresse, les canicules, les inondations, les déficits pluviométriques, les vagues de chaleurs et la dégradation des ressources en eaux et celles desforestières, la désertification et l'érosion induit par les CC affectent les populations du pays en termesdes migrations. La commune rurale de Garalo n'est pas en marge de cette remarque générale.En effet, La crise climatique a déjà impacté, selon l'observatoire des personnes déplacées interne, 17,2 millions de personnes ont dû quitter leur domicile l'année dernière en raison de catastrophes qui ont eu une incidence négative sur leur vie selon l'OIM. De lents changements climatiques, tels que l'acidification des océans, la désertification et l'érosion ont également un impact direct sur les moyens de subsistance des populations et sur leur capacité à survivre dans leur lieu d'origine.

Comme l'explique Mme Ionesco, il est fort probable que davantage des personnes migreront à l'avenir à la recherche de meilleures opportunités, alors que les conditions de vie se détériorent dans leurs lieux d'origine.Le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), principale autorité des Nations-Unies en matière de climat,

a répété à maintes reprises que les changements induits par la crise climatique risquent d'influencer les schémas migratoires. La Banque mondiale a présenté des projections selon lesquelles 143 millions migreront d'ici à 2050, si aucune action n'est entreprise pour lutter contre les changements climatiques.Selon le GIEC, il est fort probable que les changements environnementaux indésirables directement dus aux changements climatiques ou amplifiés par celui-ci vont considérablement modifier les modèles d'établissement humain.La dégradation future des terres utilisées pour l'agriculture, la perturbation des écosystèmes fragiles et l'épuisement de précieuses ressources naturelles telles que l'eau douce auront un impact direct sur la vie et les domiciles des êtres vivants. Plusieurs recherches confirment l'impact des changements climatiques sur les migrations au Mali en Afrique de l'Ouest(rapport FAO 2007, 50 pages) sur les conséquences d'un réchauffement planétaire de 1,5°c et infographie. Ce sont principalement les déficits pluviométries, les canicules, les sécheresses ainsi que la dynamique du couvert végétal qui influencent de manière remarquable l'exode intraregional et cela à plusieurs niveaux. Les destinations, les plus convoitées sont celles des centres urbains à l'intérieur du pays ou sous régional, comme le cas de la commune rurale de Garalo.Au Mali, les motifs de départ déterminants seraient la pauvreté, de plus en plus importante, notamment, en raison de la croissance démographique, l'augmentation du chômage et les conditions climatiques difficiles.7(*)Le milieu rural constitue le principal pourvoyeur de l'exode intraregional au Mali, pour un pays comme le Mali, l'exode intraregional constitue un moyen d'ajustement conjoncturel ou structurel qui a mobilisé un nombre considérable d'actifs à la fois dans les zones rurales et au sein des populations rurales (Fall et al., 2013). Comme moyen d'adaptation, les migrations internes au Mali est sous forme d'exode rural ou intraregional, se sont fortement accentuées depuis la fin des années 1970 et ledébut des années 1980,

période qui correspondent aux deux grandes sécheresses qu'a connu le pays. Selon les données de l'enquête malienne sur les migrations et l'urbanisation au Mali : Profil National 2009. Entre 1992-1993, près de la moitié des flux migratoires proviennent du milieu rural (454 500), et 62 % de ces flux sont dirigés vers l'étranger (Afrique). Les facteurs géo-climatiques ont également contribué à amplifier les mouvements migratoires dans le pays. Différents d'une région à l'autre, ces facteurs sont notamment : la présence d'un écosystème fragile, les déficits hydriques et l'irrégularité des pluies et la pression sur les ressources naturelles dans des contextes de densité depopulation élevée.A cause de l'insuffisance des sources nationales, l'analyse de l'immigration et de l'émigration au Mali prendra appui également sur les sources internationales, principalement les bases de données d'organisations comme la Banque mondiale, l'OCDE, le UNHCR, l'UNESCO, l'OIM, etc. Il apparaît également que les choix des destinations sont influencéspar l'environnement. Si principalement les zones urbaines semblent être préférées auxzones rurales (Pedersen, 1995 ; Dillon et al. 2011), dans certaines conditions spécifiques cen'est pas le cas. Finalement les aléas environnementaux peuvent augmenter la migrationsur des courtes distances mais ils peuvent aussi simultanément réduire les fluxmigratoires internationaux. L'économie malienne étant principalement basée sur le secteur primaire, les conditions de vie, notamment en milieu rural, sont étroitement liées aux conditions climatiques. Les populations sahéliennes ont toujours dû faire face à des déficits hydriques plus ou moins durables. Les sécheresses, en fonction de leur intensité et de leur durée, engendrent des déplacements massifs ou des mouvements cycliques de courte durée.

EFFETS NEFASTES DES CHANGEMENTS CLIMATIQUES SUR LE PHENOMENE MIGRATOIRE DANS LA COMMUNE RURALE DE GARALO

8(*)Des déplacements massifs ont notamment eu lieu lors des grandes sécheresses des années 1972-73 et 1983-84.

Dans ces deux cas, des flux migratoires ont été observés essentiellement du nord-est au sud-ouest du pays. Les principales zones de départ étaient les régions de Gao, Tombouctou et Mopti, à destination avant tout des régions de Sikasso et Ségou et du district de Bamako, mais aujourd'hui sous l'effet des CC ces zones d'arrivéesont tendance à devenir des zones de départ. Au niveau des flux internes, les probabilités d'émigrer et d'immigrer sont plus élevées entre les régions de Koulikoro, Ségou et Sikasso d'une part, et le district de Bamako d'autre part pour ces flux, l'intensité migratoire est quatre fois supérieure à la moyenne. Ceci résulte non seulement d'un effet de proximité de ces régions par rapport au district de Bamako, mais également de leur facilitéde communication avec ce district, soutenue par des circuits économiques fortement établis. Mais cet effet de proximité n'est pas systématique. Par exemple, outre Bamako, Ségou est la région la plus attractive au niveau interne et son influence va au-delà des régions limitrophes. En somme, on peut considérer Bamako comme le principal carrefour de la migration interne (la migration internationale ne représente que 16 % des flux en provenance ou à destination de Bamako). La région de Ségou est un carrefour secondaire de la migration interne, marqué aussi par son rôle dans la migrationinternationale (qui représente plus de 38 % des flux en provenance ou à destination de la région de Ségou). Les pays du Réseau et Bamako sont à la fois les destinations et les origines les plus fréquentes (en valeur absolue) des flux en provenance ou à destination des régions du Mali. On remarque aussi que les pays étrangers sont la destination de plus de 40 % des flux. Par ailleurs, le milieu rural apparaît comme incontournable dans l'étude de la migration malienne, avec 712 000 migrations en provenance ou à destination de ce milieu (sans compter les migrations internes au milieu) (CERPOD 1996). Ces migrations représentent 77 % du total des flux. 73 % des migrations internes et 80 % des migrations internationales se font en provenance ou à destination du milieu rural. Les taux d'émigration et d'immigration sont inversement proportionnels au degré d'urbanisation. Il en résulte que le taux de migration net est positif pour la capitale (1 %) et négatif 9(*)pour le milieu rural (-1.4 %). Par ailleurs, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les flux du milieu rural vers et en provenance de la capitale se compensent. S'il y a exode rural, ce n'est pas tant en direction du milieu rural qu'en direction des pays étrangers d'Afrique de l'Ouest (plus de 70 %) (CERPOD, 1996).Selon les résultats d'une enquête plus récente (l'Analyse approfondie sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité (PAM/UNICEF, 2005), réalisée sur un échantillon représentatif de la population rurale, 57 % des ménages avaient au moins un membre en migration au moment de l'enquête (66 % à Kayes, 61 % à Mopti, 58 % à Sikasso) et l'essentiel des mouvements migratoires se déroule à l'intérieur du pays.La population brutalement déracinée par le fléau de la sécheresse et de la désertification était constituée de 63 % d'hommes et de 37 % des femmes, et de seulement 26,6 % d'actifs (Falls, 2008). Il semble qu'aucun des enfants de 0 à 14 ans qui représentaient 30 % de l'effectif de ces migrations.Les facteurs géo-climatiques jouent également un rôle important dans les mouvements migratoires dans d'autres parties du pays. On peut à cet égard mentionner la région de Kayes, le plateau Dogon et la région de Sikasso. Le bassin du fleuve Sénégal, à cheval entre le Sénégal, le Mali et la Mauritanie, est un domaine de transition entre deux zones bioclimatiques à l'écosystème fragile, la zone saharienne et la zone soudanienne. Cette région se caractérise surtout par une alternance entre bonnes et mauvaises années par l'irrégularité des pluies et par leur intensité très variable. Particulièrement au cours des 30 dernières années, cette région a connu une grande variabilité climatique et des risques sérieux de déficit hydrique qui pousse les habitants de cette région vers la migration, c'est aussi le même cas de la commune rurale de Garalo.De nombreux auteurs soulignent qu'en Afrique sub-saharienne, la migration a toujoursété utilisée comme un moyen de sécuriser des moyens de subsistance et des stratégies d'adaptation dans les milieux ruraux. Nous observons que les CC et ses effets négatifs amplifient la détérioration des conditions de vie des populations de la commune et à cet effet l'exode interrégional comme stratégie d'adaptation des populations vers principalement les zones côtières (Côte d'Ivoire, Ghana, Nigéria, Togo etc.), l'Afrique du Nord (Algérie, Maro, etc.) et les zones «urbaines». Ausein des zones rurales préexistait à la colonisation française et s'est accentué avec lacapitalisation de la société traditionnelle (Van der Land et al, 2018). La mobilité est doncancrée dans les structures culturelles de l'Afrique de l'Ouest (Mortimore, 1989 ;Mounkaïla, 2002 ; Hummel, 2015).

Voici quelques donnés chiffrés par rapport à l'exode rural et intraregional

Tableau 4 : destinations des émigrants par région de provenance au Mali

Régions

Taux de

migration

(en %)

Destinations des migrants (en %)

Campagne/

Autres Villes

Bamako

Autres villes du Mali

Autres pays d'Afrique

Kayes

0,16

8,9

19,6

16,3

31,5

Koulikoro

0,12

15,2

25,1

29,9

27,8

Sikasso

0,16

6,6

26,2

21,4

39,7

Ségou

0,12

7,9

46,2

24,2

21,7

Mopti

0,16

22,6

30,7

15,0

28,0

Tombouctou

0,32

6,6

50,6

16,8

24,8

Gao

0,23

4,3

25,0

30,1

35 ,9

Kidal

0,32

19,0

2,4

11,9

66,7

Source : Mirabet, Gendreau, 2011

Le tableau 4 ci-dessus relatif à des destinations des émigrants par région de provenance au Mali, il fait ressortir des résultats obtenus que dans toutes les régions du pays, les mouvements migratoires vers d'autres localités rurales, vers Bamako ou vers d'autres villes du Mali sont importants, sauf à Kidal, qui est une ville tournée vers l'Algérie. Par ailleurs, la région de Kayes, Sikasso, Gao et Kidal se distinguent par l'importance relative des ménages ayant des membres dans les autres pays d'Afrique, qui varie de 31.5 à 66.7%.

La photo 5 ci-dessous montre le départ des jeunes de la commune rurale de Garalo vers l'extérieur

Photo 5 :jeunes ressortissants du village de Garalo en direction de Bamako (capitale) et de la Côte d'Ivoire

Source : cliché personnel, novembre 2019

La photo 5 ci-dessus prise en novembre 2019 après les récoltes, montre la fuite des jeunes ressortissants de la commune rurale de Garalo notamment dans le village de Garalo vers la capitale (Bamako) et la Côte d'Ivoire dans le but de se procurer de l'argent pour couvrir leur besoin quotidien.

4.1.2. Exode rural extrarégional

4.2. Migration continentale

La réalité des migrations africaines se joue donc principalement sur le continent lui-même, avec autant de vagues d'immigration et de contextes de départ ou d'arrivée. Selon l'Office Internationale de la Migration (OIM) 80% des migrations s'opèrent à l'intérieur du continent Africain. Ce sont les populations de l'Afrique de l'Ouest le Mali, le Burkina Faso, la Guinée... qui se déplacent ou circulent de plus au sein de leur ensemble régional. En comparaison,les populations d'Afrique Centrale circulent ou se déplacent moins à l'intérieur de leur pays en lien avec les problèmes politiques importants dans ces zones. Quelques pôles de migration continentale : la Côte d'Ivoire, il existe un premier pôle autour de la Côte d'Ivoire. Au départ, la Côte d'Ivoire est un pays peu peuplé qui avait besoin de la main d'oeuvre pour exploiter ses richesses. Cela a donc attiré des populations environnantes plus pauvres, principalement en provenance du Mali, Burkina, de la Guinée et du Sénégal, bien que cettedernièredisposedes richesses. Le second pôle s'est construit autour du Nigéria qui lui aussi a attiré des populations originaires d'autres pays notamment du Ghana, du Bénin, en raison de son exploitation pétrolière. Le troisième pôle est le Sénégal qui a pour des raisons historiques, brille d'une certaine reconnaissance d'un certain prestige. En effet, elle reste l'ancienne capitale de l'AOF (Afrique Occidentale Française) attirant les ressortissants de tous les pays voisins, comme la Guinée ou le Cap-Vert. Le dernier pôle est concentré autour de l'Afrique du Sud avec ses mines d'or et ses diamants. Il attire énormément le Zimbabwe, le Mozambique ou encore des habitants de l'Afrique Centrale et Occidentale. Ces migrations continentales sont provoquées par la détérioration des conditions de vie, par les conflits et enfin par les changements climatiques. Ces personnes qui se déplacent se dirigent prioritairement vers les pays voisins pour exploiter, soit les terres, soit les richesses minières ou pétrolières.La commune rurale de Garalo n'est pas en dehors de cette remarque générale.

* 7 (Profil national 2009), Migration au Mali

* 8 Rapport FAO 2007, 50 pages

* 9 (Profil national 2009), Migration au Mali

précédent sommaire suivant






Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy








"Aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années"   Corneille