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La coopération franco-gabonaise en matière d'armement et d'équipements des forces de défense du Gabon 1960-2017.


par Davy Ndouve Nguema
Université Omar Bongo de Libreville (Gabon) - Master  2018
  

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B- Assistance Militaire Technique française au Gabon (AMT)

La mission d'assistance militaire (M.A.T) naît le 12 février 1961 après l'élection du président Léon Mba à la magistrature suprême et à sa demande. Dans une lettre de ce dernier, adressée au Premier ministre français, il précise que « Conforment aux dispositions de l'accord de défense, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir autoriser la création au Gabon d'une mission d'aide militaire.

Par la suite, la France devrait exercer ses missions auprès des forces gabonaises en mettant à sa disposition son personnel (les assistances militaires), en formant le personnel militaire gabonais et en exerçant l'aide financière et l'équipement. Ainsi, le 1er octobre 1961 le « groupe d'assistance technique » qui était chargé de l'administration de la gendarmerie gabonaise fut dissous, et c'est seulement le 31 décembre qu'il devint la section de la gendarmerie de la mission militaire du Gabon. A partir de ce moment, l'assistance militaire technique a pour mission à la formation, l'entrainement et à l'équipement des forces armées gabonaises selon les termes des accords de défense de coopération militaire signé avec la France. Charles Hernu précisa que

Les pays africains ont droit à leur sécurité. Et si pour assurer cette sécurité, ils ont parfois besoin de l'assistance militaire de notre pays, je ne vois pas pourquoi nous ne le ferons pas dans la mesure où, justement, nous ne posons pas de conditions politiques.

Selon les dispositions juridiques militaires entre l'ancienne métropole et son ancienne colonie, la France pourvoit continuellement le Gabon en sous-officiers pour instruire et former les militaires gabonais. Au départ les assistants militaires exerçaient tous types de fonctions et d'emplois dans l'armée gabonaise. Ils pouvaient occuper les postes de chefs

6 Accord de défense entre la France et le Gabon.

30

d'Etats-majors des forces armées gabonaises ou de commandements en chef. Depuis 1986, ils ne tiennent plus que des fonctions secondaires derrières des nationaux, des responsables gabonais. Ils sont par exemple conseillers, gestionnaires, spécialistes de haut niveau dans les armées dites techniciennes (armée de l'air, marine), formateurs. Les assistants militaires français soumis au régime des forces dans lesquelles ils servent et dont ils portent également l'uniforme et s'inscrivent dans la hiérarchie militaire gabonaise. C'est à ce propos qu'ils sont autorisés à être présent et à participer aux réunions militaires gabonaises. Ce qui explique qu'ils prêtent serment au même titre que les officiers gabonais. Les militaires français sont bien intégrés dans les forces armées et de sécurité gabonaises. Ce qui a fait dire au président Bongo que « Quand un officier français sert dans les rangs de l'armée gabonaise, sous l'uniforme gabonais, il est gabonais7». Il ajoute que « Ils ont accès à tous, ils sont informés de tout8 ». La gestion des assistances militaires technique reste de la responsabilité du colonel, chef de la mission. Dans chaque armée, l'officier le plus ancien tient le poste de chef de détachement d'assistance militaire technique (A.M.T). Ainsi donc, les A.M.T dépendent du chef de la mission près de l'Ambassade de France au Gabon. Depuis l'indépendance, le niveau gabonais en cadre et personnel militaire a permis un niveau relativement élevé d'A.M.T. Ce qui fait que la mission de 1981 est l'une des plus importantes d'Afrique. Elle représentait 15 % des personnels mis à la disposition des 18 Etats et Malgache bénéficiaires de l'assistance militaire technique française. La répartition des coopérants français dans les différentes forces marque une nette préférence pour la gendarmerie 35,17 %, l'armée de l'air 27,89 %, l'armée de terre 24,82 %, le service de santé militaire et la marine restent loin derrière avec respectivement 8,27 % et 4,82 %.

Tableau 2 : Répartition des A.M.T dans les forces armées.

Forces armées

Officiers

Sous-officiers

Total

%

Gendarmerie

8

43

51

35,17

Armée de terre

15

21

36

24,82

Armée de l'air

11

28

39

26,89

Marine

2

10

12

8,27

Santé militaire

6

1

7

4,82

Total

42

103

145

100

Source : Ecole militaire de Paris, Dossier n° 7 Gabon, 1981, cité par Mireille Flore Mengue Moto (2017, p. 45).

7 Confidence d'un entretien avec un officier supérieur des forces de défense.

8 Idem

31

L'effectif des assistances militaires techniques a évolué entre 1967 à 1981. En effet de 1967 à 1971, les effectifs des A.M.T tendent à décroître. Puis une année après, en 1972, l'augmentation redécolle mais le nombre des A.M.T évolue en diminuant jusqu'en 1978 où il revient au même nombre qu'en 1972 c'est-à-dire à 144.

Tableau 3 : Évolution des personnels de l'A.M.T et coûts (million de FF) entre 1967 et 1981.

Années

Nombre d'A.M.T

Coûts

1967

130

6

1968

98

6

1969

94

6

1970

91

7,56

1971

102

9,3

1972

144

10,5

1973

125

12,8

1974

126

14,78

1975

111

18,78

1976

128

20,29

1977

143

22,246

1978

144

25,1

1979

132

32,58

1980

132

NC

1981

145

NC

Source : Ecole militaire de Paris, Dossier n°7, Gabon, 1981, cité par Mireille Flore Mengue (2017, p. 45).

La prise en charge dans les grandes Ecoles militaires françaises, les élèves et les stagiaires gabonais, étaient dans les mêmes conditions que les nationaux français. L'attaché de défense nous fessait ce témoignage : « la majorité des hauts officiers supérieurs gabonais qui sont à la tête de l'armée gabonaise ont suivi le même cursus académique que les Français en France, dans les mêmes écoles à savoir, l'Ecole d'Etat-major et l'Ecole de guerre9».

Les accords de défense représentent une technique juridique et politique à laquelle les deux Etats ont de plus en plus recours. Cela s'exprime par des phénomènes politico-diplomatiques (stratégies globales, ruptures, armements et dépenses militaires, négociations, traités) important et originaux (G. Bouthoul, R. Carrerer, 1740-1970).

Concernant l'aide financière et l'équipement de l'armée gabonaise. L'assistance militaire technique entre la France et le Gabon dans le cadre d'un commun accord, la France s'est engagée à approvisionner son ancienne colonie en équipement nécessaire pour son armée. Le Gabon dans l'optique d'assurer la standardisation de l'armée, s'est engagée à son tour à ne

9 E.O. N° 1. Attaché de Défense de l'Ambassade de France, Libreville, le Jeudi, 27 juin à 11h à l'Ambassade de France.

32

faire appel à la France pour l'entretien et le renouvellement de ce matériel. La contrepartie de la dotation de l'armée gabonaise en équipement français fut donc de convenir, dans le cadre d'assistance militaire technique de l'opportunité d'une standardisation d'armements. Ce qui explique la présence, dans les accords signés entre les deux pays, de clauses.

Il convient tout de même d'examiner un élément important qui est celui de la maintenance des matériels. En effet au Gabon, le matériel est soumis à rude épreuve en raison de l'absence des infrastructures routières. Leur entretien nécessite d'importantes pièces détachées dont le coût est exorbitant par rapport au matériel assemblé. Une nécessaire standardisation de matériels permet de réduire les coûts des pièces détachées. En termes de stratégie économique, on peut reconnaitre que la France au point une véritable politique de ventes d'armes et de services après-ventes selon les besoins de l'armée gabonaise. Charles Hernu10 déclare à cet effet :

Je veux être... l'artisan de la mise en route d'une stratégie internationale de coopération. Tous les pays amis veulent approfondir une relation globale avec une France qui ne souhaite pas des armements sophistiqués pour seulement en retirer un bénéfice commercial mais pour promouvoir, dans le cadre d'une véritable et ample politique d'assistance technique et de coopération militaire, leur émancipation vis-à-vis des deux blocs.

Tableau 4 : Répartition de l'aide directe des forces de défense Gabonaises (million de FCFA) (1986-1988).

Années

Administration

1986

1987

1988

Ministère de la défense

30

18

25

D.G du service de santé militaire

15

9

10

Sécurité mobile

40

24

22

Gendarmerie

100

60

60

Forces armée

200

120

120

Garde présidentielle

55

33

30

Total

500

300

300

Source : Ministère de la défense, Libreville, Lettre n°2241/ GAB/M.A.M, du 26/11/1987.

10 Ancien ministre de la Défense française.

33

34

Tableau 5 : Aide militaire de la France au Gabon (franc CFA), 1983-1987.

 

1983

1984

1985

1987

Total Assistance Technique

227.739.22

234.864.507

278.682.997

267.286.638

Accueil stagiaires

17.300.000

24.000.000

12.100.000

13.800.000

Dons en matériels (véhicules)

12.700.000

9.500.000

8.000.000

6.000.000

Fonctionnement du bureau de la coopération militaire

900.000

900.000

1.859.735

1.894.200

Intervention publique de Fonctionnement

254.154.774.98

241.574.874

 
 

Rémunération

Assistance technique

55.200.000

57.700.000

72.600.000

68.400.000

Total

567.994.505.20

568.539.381

373.242.732

357.380.838

Source : Ambassade de France au Gabon. Bilan de l'aide publique française au Gabon en 1987 Notons que le nombre d'AMT était de : 137 (1983), 127 (1984), 121 (1985) et 114

(1987).

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"Il faut répondre au mal par la rectitude, au bien par le bien."   Confucius