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Dépenses Militaires, Gouvernance et Efficience Economique: le cas de l'Afrique sub-Saharienne

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par Thérèse Félicitée AZENG
Université de Yaoundé 2-SOA - DEA 2008
  

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2.1.1. Analyse théorique de l'instabilité politique

D'abord Azam et al. (1996) s'intéressent à la mesure de l'instabilité politique. Une mesure souvent employée consiste à quantifier l'instabilité politique par un indice composite. Cet indicateur est construit, le plus souvent par la méthode des composantes principales, à partir de l'observation directe de l'occurrence de troubles de diverses natures (coups d'Etat, complots, manifestations, etc.). Cette méthode repose sur une quantification souvent hasardeuse d'évènements discontinus. Toutefois, l'impossibilité de construire une mesure quantitative fiable de l'instabilité politique conduit les auteurs à privilégier une démarche différente en termes de probabilité de troubles politiques. Dans cette approche, il estime par un modèle probit les facteurs qui influencent la probabilité d'apparition de ces troubles, et cette probabilité est utilisée comme variable explicative dans l'équation de croissance, ce qui permet de mieux saisir le risque politique.

Ensuite, Azam et al (1996) montrent qu'il est probable que l'instabilité politique se manifeste plus dans les régimes non démocratiques que dans les régimes démocratiques, et notamment plus encore dans les « dictatures prédatrices » que dans les « dictatures bienveillantes ». De même, la nature du régime peut influencer les performances économiques, indépendamment de son instabilité. Il n'y a certes pas de démonstration très ferme de l'effet positif de la démocratie sur la croissance, mais il est évident que les dictatures prédatrices ont un impact négatif sur la croissance quel que soit leur degré d'instabilité.

L'instabilité politique est une fonction croissante de la pauvreté (Londegran et Poole, 1990) et décroissante du taux de croissance de l'économie (Alesina et al. 1992). Il est de ce fait préférable de ne pas mélanger les pays de régimes politiques différents dans les estimations à moins de contrôler les résultats pour en tenir compte, quoi que qualifier le régime politique soit très délicat. Quelques auteurs ont abordé le sujet de l'instabilité politique dans le cadre africain, avec des conclusions intéressantes. Notamment, Fosu (1992) examine, avec des données transversales sur 31 pays africains, l'effet de l'instabilité politique sur la croissance. Il trouve un effet négatif significatif, suggérant que la productivité des facteurs est affectée négativement par l'instabilité politique, ceci du fait qu'elle réduit la qualité des facteurs de production, notamment par un effet de fuite du capital humain. Mais le fait de travailler en coupe transversale réduit beaucoup le nombre d'observations, et rend les résultas fragiles.

Gyimah-Brempong (1995) adopte une démarche différente, avec un panel de 38 pays africains sur la période 1975-1988. Il tient notamment compte non seulement de l'instabilité mesurée par des changements ou tentatives de changements de dirigeants (coups d'Etat, complots), mais aussi de celle qui n'affecte pas directement les élites (grèves, manifestations...). Par ailleurs, il étudie l'interaction entre l'instabilité politique et progrès économique, mettant en lien simultanément l'épargne, l'investissement, la croissance et l'instabilité politique. Toutefois, l'influence des politiques économiques mises en oeuvre par les dirigeants n'est pas prise en compte, les résultats obtenus par l'auteur ne fournissent alors aucune recommandation de politique économique.

Morrison et al. (1995) travaillent avec un panel de 23 pays africains dans la décennie 1980, et centrent leur analyse sur la politique économique. Ils montrent comment les politiques d'ajustement influencent l'instabilité politique, et comment les gouvernements ajustent leurs décisions en fonction des réactions hostiles qu'ils rencontrent.43(*) Ces travaux permettent de comprendre les enchaînements politico-économiques qui font déboucher des politiques d'ajustement nécessaires, mais impopulaires, sur des échecs politiques et économiques, si les contraintes de leur faisabilité politique ne sont pas prises en compte. Toutefois, l'effet en retour sur la croissance économique transite presque exclusivement par les inflexions de la politique d'ajustement plutôt que par l'instabilité politique. Comme le montre Azam et al. (1996), si l'effet négatif de l'instabilité politique sur la croissance par le biais de l'inflexion des politiques qu'elle provoque est indéniable, il reste qu'elle peut aussi avoir des effets plus directs, par l'intermédiaire des décisions des agents privés en matière d'accumulation et d'allocation des facteurs.

* 43 Calipel et al. (1994) montrent qu'un accord signé avec le FMI a un impact négatif sur l'instabilité politique, étant donné la politique de dépenses sociales du gouvernement, suggérant que cela réduit sa responsabilité aux yeux de la population (Capitel S., Donsimoni M., 1994, « politique de stabilisation et instabilité politique » dans GUILLAUMONT P. et S. (dir.), Ajustement et développement, l'expérience des pays ACP, p. 371-382, Paris, Economica. In AZAM J.P. (1996) « Risque politique et croissance en Afrique ».

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"I don't believe we shall ever have a good money again before we take the thing out of the hand of governments. We can't take it violently, out of the hands of governments, all we can do is by some sly roundabout way introduce something that they can't stop ..."   Friedrich Hayek (1899-1992) en 1984